Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 7 septembre 2009

Éric Brian, Comment tremble la main invisible. Incertitude et marchés

Comment tremble la main invisible
Incertitude et marchés
Brian, Éric
ISBN: 978-2-287-99664-1
à paraître: septembre 30, 2009




À propos de ce livre

Il est largement admis aujourd’hui que la crise financière amorcée en 2007, et accentuée à l’automne 2008, a révélé une faille dans les systèmes de gestion des risques, une défaillance des techniques de fixation des prix et une démesure des interventions spéculatives. Répondant à ce constat, ce livre propose une nouvelle approche de la cohérence des marchés – de ce que Adam Smith a appelé la « main invisible ». Il analyse les conséquences de cette hypothèse sur la modélisation des phénomènes financiers et le comportement des investisseurs.

Issu d’une vingtaine d’années de recherches en épistémologie des sciences économiques et sociales, l’ouvrage s’adresse aux économistes, aux sociologues et aux mathématiciens. En six chapitres, il présente une esquisse de l’histoire des rapports entre économie et mathématiques du hasard ; une définition du cadre hypothétique retenu pour l’analyse ; un bilan de la perspective probabiliste sur la cohérence des marchés ; une critique des conceptions de la valeur fondée sur des cadres désormais dépassés ; une exploration de l’incertitude des marchés financiers ; enfin, un élargissement de la « théorie de l’action rationnelle ». Il s’agit finalement de rendre compte aussi bien des actions de donneurs d’ordres surinformés que de celles d’exclus du monde économique régulier.

Au fil de l’ouvrage, il apparaît clairement que la « main invisible » tremble aléatoirement, et pas toujours là où on l’imagine. Les institutions et les calculs économiques enregistrent et transforment cette incertitude. Les attentes de chacun lui répondent, les plus mesurées comme les plus extravagantes.



Éric Brian, historien des sciences et sociologue, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et dirige la Revue de synthèse. Il est membre de la direction du CNRS.

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