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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

lundi 30 novembre 2009

videos: colloque Mai 68 en quarantaine




Colloque co-organisé par les laboratoires Triangle, CEP et l’Equipe CERPHI (UMR 5037) : "Mai 68 en quarantaine"
22 mai 2008 - 23 et 24 mai 2008, à l’ENS LSH
Responsables scientifiques

* Boris Gobille (ENS-LSH/ Triangle ),
* Emmanuel Renault (ENS-LSH/ CERPHI),
* Anne Sauvagnargues (ENS-LSH/ CERPHI).





Jeudi 22 mai 2008

Effets sociaux et politiques de mai 68.
Pratiques, acteurs, représentations

dimanche 29 novembre 2009

Projection de Einsatzgruppen. Les Commandos de la Mort (1re partie), film réalisé par Michaël Prazan (2009)



SOIREE ORGANISEE PAR

LE DÉPARTEMENT DE SCIENCES SOCIALES DE L’ENS (BÉNÉDICTE REYNAUD),

AVEC LA COLLABORATION DU DÉPARTEMENT D’HISTOIRE (SOPHIE COEURÉ)

Projection de

EINSATZGRUPPEN

LES COMMANDOS DE LA MORT (1ère partie)

Film Réalisé par Michaël Prazan (2009)

École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005

MERCREDI 2 DECEMBRE 2009 A 20H30

SALLE DUSSANE

Projection suivie d’un débat en la présence de Michaël Prazan et avec la participation de :


- Tal Bruttmann, historien, chargé de mission de la ville de Grenoble

- Sophie Coeuré, historienne, Maître de conférences à l’ENS

- Nadine Fresco, historienne, chercheur du CNRS au Centre de Sociologie Européenne

- Marceline Loridan-Ivens, cinéaste

- Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste

- Bénédicte Reynaud, chercheur du CNRS au Département de Sciences Sociales de l’ENS (modératrice)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

LE SYNOPSIS

Juin 1941, les armées allemandes envahissent l’URSS. À leur suite, les Einsatzgruppen, 3000 hommes répartis en quatre « groupes d’intervention » affectés chacun à une zone géographique définie, sont chargés d’exterminer les Juifs et les opposants au Reich. Au mois de décembre 1941, les pays Baltes sont déclarés « Judenfrei » - libres de Juifs.

Qui étaient les hommes qui organisèrent et pratiquèrent l’assassinat de masse des Juifs, des Tziganes et des prisonniers soviétiques ? D’où venaient-ils ? Quelles étaient leurs motivations ?

Quel fut leur destin après la destruction des Juifs d’Europe et la débâcle allemande ?

Par des témoignages recueillis dans les pays Baltes, en Ukraine, en Allemagne, mais aussi en Israël et aux États-Unis, les témoins du crime, les rares survivants et leurs bourreaux, révèlent la terrible et méconnue réalité de l’extermination par fusillades. Les archives inédites, les lieux du crime, les témoignages et les plus grands spécialistes internationaux, décrivent l’enfer qui, durant quatre ans, a établi son règne au centre de l’Europe.

AVANT PROPOS AU DEBAT

Rares sont les documentaires consacrés aux Einsaztgruppen, qui en donnent, au risque de choquer, une approche sans détour. Faisant oeuvre d’historien, Michaël Prazan s’appuie sur une analyse précise de la continuité entre les meurtres de masse des juifs dans les territoires soviétiques occupés et dans les camps d’extermination. Les frontières géographiques n’endiguent pas le fracas de cette atteinte au plus profond de l’humain. Entre l’intime et le Politique, l’image contribue à extraire de la mort de masse, un par un, les êtres assassinés.
http://www.sciences-sociales.ens.fr/

vendredi 27 novembre 2009

Journée d'études: JULES VUILLEMIN ET LES SYSTEMES PHILOSOPHIQUES

Pierre Bourdieu avait dédié son dernier cours au Collège de France à la mémoire de Jules Vuillemin
Science de la science et réflexivité
Cours du Collège de France 2000-2001
Éditions Raisons d’Agir
2001
http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/
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Le 12 décembre 2009 aura lieu à Nancy une journée d'études sur What are philosophical systems ? de Jules Vuillemin (et plus généralement sur la conception et la genèse des systèmes philosophiques selon Vuillemin). Sont prévues des interventions de Jacques Bouveresse (Collège de France), Marwan Rashed (ENS Ulm), Joseph Vidal-Rosset et Thomas Bénatouïl. Contact : Thomas.Benatouil@univ-nancy2.fr.

Journée d'études

JULES VUILLEMIN ET LES SYSTEMES PHILOSOPHIQUES

samedi 12 décembre 2009, 10h15-17h30

Salle internationale
MSH Lorraine
91 avenue de la Libération
54000 Nancy

Organisé par le Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré (UMR 7117 CNRS/Nancy-Université) et le Master Philosophie, Sciences et Arts.
Avec le soutien de l'Institut Universitaire de France et dans le cadre des Archives Jules Vuillemin.

PROGRAMME

10h15 Gerhard Heinzmann (Univ. Nancy 2, directeur de la MSH Lorraine)
Ouverture de la journée

10h30 Jacques Bouveresse (Collège de France)
Vuillemin et Gueroult

11h30 Pause

11h45 Joseph Vidal-Rosset (Univ. Nancy 2)
Jules Vuillemin et la fin des systèmes philosophiques

12h45 Pause-déjeuner

14h30 Marwan Rashed (ENS, Paris)
Le "critère de vérité" comme outil hellénistique de classification des systèmes philosophiques

15h30 Pause

15h45 Thomas Bénatouïl (Univ. Nancy 2 et IUF)
La genèse antique des systèmes philosophiques selon Jules Vuillemin

16h45-17h30 Discussion générale

Participeront aux discussions G. Vuillemin-Diem, H. Barreau, H. Bouchilloux, G. Heinzmann, R. Pouivet


Contact : Thomas.Benatouil@univ-nancy2.fr
Page web de la journée : http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=6745
Page web des Archives Jules Vuillemin : http://poincare.univ-nancy2.fr/Outilsetfonds/?contentId=1477

jeudi 26 novembre 2009

à redécouvrir: Pierre Bourdieu " Wittgenstein, le sociologisme et la science sociale "

Parmi les dernières publications de Bourdieu on peut trouver sa contribution intitulée " Wittgenstein, le sociologisme et la science sociale ", dans les actes du colloque international « Le Dernier Wittgenstein », qui s’est tenu au Collège de France du 14 au 16 mai 2001.

" Wittgenstein, le sociologisme et la science sociale ", in J. Bouveresse, S. Laugier, J.-J. Rosat, Wittgenstein, dernières pensées, Marseille, Agone, 2002, p.345-353.
http://atheles.org/agone/bancdessais/wittgensteindernierespensees/

mercredi 25 novembre 2009

dvd: Jacques Bouveresse, Le besoin de croyance et le besoin de vérité et Les intellectuels et les médias





Jacques Bouveresse

Le besoin de croyance et le besoin de vérité
et Les intellectuels et les médias


Les politiques, publicitaires, experts, journalistes, philosophes et autres nous racontent des histoires à propos desquelles il est légitime de se demander si on doit les croire. Doit-on croire que de passer de l’opposition à la majorité n’est qu’une mise à disposition de compétences ? Que la berline qui roule en silence sur une petite routé d’Ecosse n’a qu’à être désirée ? Qu’il faut boire deux litres d’eau minérale par jour ? Que le marché du travail n’existe que pour permettre aux gens de se réaliser ? Que l’Amour gouverne le monde ? Qu’il y a une vie après la mort ? Que réduire l’impôt des riches va relancer la croissance ? Où est la vérité et quel poids lui reste-t-il ? Mais tenons-nous vraiment à la connaître ? Le faux et l’erreur ne seraient-ils pas plus importants pour nous que la vérité, à laquelle nous sommes censés tenir passionnément ? Nietzsche a même dit que la naissance d’une illusion a été une exigence de la vie. Cependant … les dangers de l’illusion sont bien réels… Ces questions et bien d’autres du même genre sont traitées dans ces deux films par Jacques Bouveresse. Influencé par Wittgenstein, le Cercle de Vienne et la philosophie analytique, Jacques Bouveresse plaide pour une forme de rationalisme que l’on pourrait appeler « satirique ». Il a étudié aussi bien les oeuvres d’écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus que celles de la philosophie de la logique et du langage, de la philosophie des mathématiques et de la philosophie des sciences. Il est aussi connu pour des ouvrages critiques sur les impostures issues d’une partie de la philosophie française des années 1970-1990 et sur celles de la presse, en particulier du journalisme philosophique à sensation. Il est aujourd’hui Professeur au Collège de France, où il occupe la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, succédant à un de ses maîtres et amis, Jules Vuillemin.



Contenu
Chapitrage, biographie et bibliographie de Jacques Bouveresse Suppléments vidéo: Pierre Bourdieu et le regard méchant de la science, La liste du journaliste, Le savoir libère-t-il ? Croyance et Marché

Film de Gilles L'Hôte
Durée : 240 min
Éditeur : A LA SOURCE DU SAVOIR http://www.a-la-source-du-savoir.com/

écoutez: Conférence de Gérard Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire.

Conférence de Gérard Mauger
Les bandes, le milieu et la bohème populaire. L’espace des styles de vie déviants des jeunes des classes populaires et ses transformations
donnée le 14 avril 2009 à la MESHS.




Dans le cadre de ses conférences mensuelles, la MESHS a accueilli Gérard Mauger le 14 avril. Sociologue, directeur de recherches au CNRS et chercheur au Centre de Sociologie Européenne (CNRS-EHESS), ses recherches ont porté sur la jeunesse, la déviance, les pratiques culturelles et les intellectuels.

Les bandes, le milieu et la bohème populaire. L’espace des styles de vie déviants des jeunes des classes populaires et ses transformations

« L’émeute » de novembre 2005 puis, sporadiquement, les « bastons » entre bandes rivales ont remis sur le devant de la scène politico-médiatique les jeunes des classes populaires et leurs pratiques « déviantes ». Comment les expliquer sociologiquement ?
En mettant en perspective une double série d’enquêtes ethnographiques séparées par une trentaine d’années, on peut décrire un espace des styles de vie « déviants » structuré par trois pôles - « le monde des bandes », « le milieu » et « la bohème populaire » - et analyser les permanences et les transformations de cet univers au fil du temps. Les pratiques du monde des bandes ont pour principe unificateur l’affirmation des valeurs de virilité, celles du milieu, le culte de la richesse, celles de la bohème populaire, la bonne volonté culturelle qui, au cours de la deuxième moitié des années 1970, trouvait à s’investir dans la « contre-culture ».
Quels sont les effets de la crise de reproduction qui affecte les classes populaires depuis la deuxième moitié des années 1970, sur ces pratiques « déviantes » ? Si les aspirations culturelles frustrées s’expriment aujourd’hui comme hier dans une « bohème populaire », on peut maintenant y distinguer deux pôles : l’un tourné vers la « culture hip hop », l’autre vers la quête du salut religieux. L’extension du chômage et de la précarisation conduit à la recherche d’alternatives au salariat (« deal » et « bizness »), brouillant les frontières entre le milieu et le monde des bandes.
Gérard Mauger

écouter la conférence : ici http://www.meshs.fr/page.php?r=47&id=411&lang=fr


Références bibliographiques
- Gérard Mauger, L’émeute de novembre 2005. Une révolte protopolitique, Bellecombe-en-Bauges, Éditions du Croquant, Coll. « Savoir/Agir », 2006.
- Gérard Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire. Études de sociologie de la déviance des jeunes des classes populaires (1975-2005), Paris, Éditions Belin, Coll. « Sociologiquement », 2006.
- Gérard Mauger, La sociologie de la délinquance juvénile, Paris, Éditions La Découverte, Coll. « Repères », 2009.
http://www.meshs.fr/

mardi 24 novembre 2009

Sandra Laugier, Wittgenstein Les sens de l’usage



Sandra Laugier
Wittgenstein
Les sens de l’usage

Vrin, « Moments Philosophiques ». 360 p., 11 × 18 cm. ISBN : 978-2-7116-2230-6

Présentation de l'éditeur

Ludwig Wittgenstein (1889-1951) est désormais reconnu pour l’un des plus grands philosophes du XXe siècle; il reste cependant à part. Philosophe phare de la philosophie analytique naissante, il ne cadre pas avec elle, ou ce qu’elle est devenue. C’est évidemment un philosophe, mais il fait une critique de la philosophie. Il paraît « ne faire que détruire tout ce qui est grand et important (… en ne laissant que des débris et des gravats.) » (Recherches Philosophiques, §118). Mais c’est pour détruire ou renverser notre idée de ce qui est « grand et important », nous ramener à la vie et au langage ordinaires.

Video: Images d'Algérie, Pierre Bourdieu - France 3

Images d’Algérie; Pierre Bourdieu, un photographe de circonstance
(Extrait video: journal 19/20 sur France 3, édition locale de Marseille, diffusée le 6 novembre 2009)
http://www.dailymotion.com/video/xb99uh_images-dalgerie-pierre-bourdieu-fra_creation

Marseille, November 5 to December 6 2009. For the first time in France, this exhibition presents the complete selection of Pierre Bourdieu's photographs taken in Algeria from 1958 to 1961.

For further information on Bourdieu's photographs, see Camera Austria: Pierre Bourdieu in Algeria http://www.camera-austria.at/ausstellungen.php?ausid=1043237563&check=&sel=2003. Details on the exhibition in Marseille: Marseille Expo http://www.marseilleexpos.com/?p=1279
Organized by: La Traverse, Camera Austria and Fondation Bourdieu.

dimanche 22 novembre 2009

à paraître: Bourdieu et la littérature

Bourdieu et la littérature
Collectif
Editeur Cecile Defaut
ISBN 2350180883
Date de parution mars 2010

Le Mot de l'éditeur :

« L’œuvre littéraire peut parfois en dire plus, sur le monde social, que nombre d’écrits à prétentions scientifique » (Les règles de l’art, p. 130).
Cet ouvrage collectif se propose de confronter des points de vue différents au sujet de l’apport de Bourdieu à la réflexion sur la littérature. Les contributeurs (des littéraires, des sociologues, des philosophes, des écrivains) se proposent d’analyser, de comprendre, de clarifier, d’interroger, dans des perspectives diverses, les rapports de Bourdieu à l’objet littérature comme à la critique littéraire qui lui fut contemporaine. Façon aussi, pour chacun, de faire le point sur la place que Bourdieu, en tant que théoricien de la littérature, occupe aujourd’hui dans sa propre histoire intellectuelle.
Ce livre ne se limite pas à définir l’importance de l’approche sociologique de la littérature dans le système de Bourdieu, le rôle qu’elle joue dans l’évolution de sa pensée (ou bien dans ses ritournelles et ses obsessions) : il tente d’interroger la valeur sociologique de la littérature comme la valeur de l’approche sociologique de la littérature, de faire l’inventaire critique, hors de toute attitude dogmatique ou épigonale, de la boîte à outils que Bourdieu nous ouvre, et de l’intérêt qu’elle présente aujourd’hui, pour un littéraire, un sociologue ou un philosophe.
Il est plus que jamais nécessaire d’historiciser l’approche spécifique de Bourdieu, de l’articuler aux réflexions contemporaines sur la littérature, d’en expliciter les enjeux et les aspects polémiques, de le faire dialoguer avec d’autres approches - sans rapport de révérence, mais aussi, sans préjugé.

Sommaire

"Jean-Pierre Martin, avant-propos : « La leçon de Bourdieu »
Pierre Bergounioux, « Un savant lettré »
Anna Boschetti, « Le problème du changement »
Pierre-Marc de Biasi, Entretiens avec Bourdieu et texte d’accompagnement
Pascale Casanova, « Une critique critique »
Pascal Durand, « Vers une sociologie des formes et des styles »
Jacques Dubois, « Bourdieu est Flaubert »
Annie Ernaux, « La preuve par corps »
Michel Jarrety, « Marginalia »
Bernard Lahire, « Le champ et le jeu : le cas de l'univers littéraire ».
Marielle Macé, « Bourdieu, logiques de la stylisation »
Pierre Macherey, ""Bourdieu critique de la ""raison scolastique"": le cas de la lecture littéraire""
Jérôme Meizoz, « Ce que préfacer veut dire »
Hélène Merlin-Kajman, « Ne… que ou la traque amère des vanités »
Jean-Claude Pinson, « Habitus et ethos »
Dominique Rabaté, « Révélations. La part de la littérature et la sociologie »
Gisèle Sapiro, « Ce que le champ n’est pas »
Dominique Viart, « Des biographies sans illusions »
Fatima Youcef : Index des références littéraires dans les écrits de Pierre Bourdieu"

vendredi 20 novembre 2009

à paraître: Pierre Tevanian & Sylvie Tissot, Les mots sont importants

Pierre Tevanian & Sylvie Tissot
Les mots sont importants
Éditions Libertalia


Les mots sont importants : vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés. Depuis dix ans, le site « Les mots sont importants » publie des analyses sur la manière dont est socialement construit l’espace public légitime, et sur ce qu’il produit : entretien des préjugés et des politiques racistes ; légitimation de l’oppression dite « sécuritaire » ; occultation des questions dites « mineures » comme le sexisme ou l’homophobie ; triomphe du mépris de classe et de la « guerre des civilisations »…

Ce recueil rassemble 28 contributions.

- Le premier chapitre analyse de quelle manière la parole populaire est confisquée par ceux qui prétendent la recueillir et la publiciser : les éditorialistes, armés de sondages, qui font dire à « l’opinion publique » absolument tout ce qu’ils veulent.

- Le second chapitre revient sur le tournant antipopuliste de ces mêmes éditorialistes à chaque fois qu’émerge une expression populaire authentique et autonome (grève, émeute, victoire du « non » au référendum sur l’Europe).

- Le troisième chapitre analyse, sur des cas précis (émeutes, faits divers, commémorations), quelques formes de « mauvais traitements médiatiques » : stigmatisation des pauvres et des étrangers, légitimation de la violence économique, raciste, sexiste, homophobe.

- Le quatrième chapitre est consacré au deux poids deux mesures qui se manifeste dans la manière de publiciser, réprouver et combattre les différentes formes de violence raciste ou sexiste (affaires Dieudonné, Redeker, Devedjian, etc).

- Le cinquième chapitre déconstruit quelques « gros concepts » : des mots comme « communautarisme », « diversité », « mixité sociale », « repentance » ou « honte d’être français », qui ont pour fonction essentielle d’intimider et d’empêcher de penser.

- Dans le sixième chapitre, nous proposons des analyses qui ont en commun d’aller à contre-courant des interprétations dominantes de divers phénomènes : le racisme, la nature du sarkozysme et les raisons de son succès, les enjeux de la lutte contre le sexisme en banlieue, mais aussi la construction même de cet objet politique très particulier qu’est « la banlieue ».

- Nous avons enfin réuni, pour finir, plusieurs textes sur le sexisme, et plus précisément sur les formes machistes et virilistes du sexisme telles qu’elles se manifestent dans les hautes sphères de la politique, de la culture et de la communication, aussi bien chez Julien Dray que chez Eric Zemmour, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy...

Les auteurs
Pierre Tevanian est philosophe. Il a notamment publié Le Voile médiatique (Raisons d’agir, 2005), La République du mépris (La Découverte, 2007), Les Filles voilées parlent (La Fabrique, 2008, en collaboration avec Malika Latrèche et Ismahane Chouder), La Mécanique raciste (Dilecta, 2008).
Sylvie Tissot est sociologue. elle a publié L’Etat et les quartiers - Genèse d’une catégorie de l’action publique (Seuil, 2007) ; et en collaboration avec Pierre Tevanian Stop quelle violence ? (Esprit frappeur, 2001) et Le Dictionnaire de la lepénisation des esprits (Esprit frappeur, 2002).
http://editionslibertalia.com/

jeudi 19 novembre 2009

Sylvain Laurens, Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France


Sylvain Laurens
Une politisation feutrée
Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France

Collection : Socio-Histoires
Editeur : Belin


Présentation de l'éditeur

De l’indépendance algérienne à l’accession au pouvoir de François Mitterrand, cet ouvrage revient sur une séquence historique fondamentale pour comprendre l’actualité des débats publics autour de l’immigration. Pour ce faire, il propose au lecteur d’adopter le temps d’un livre le point de vue de ces hauts fonctionnaires qui n’ont pas eu nécessairement à « croiser » des travailleurs étrangers pour prescrire un cadre législatif, refuser le financement de logements sociaux, signer des accords de circulation avec des pays d’émigration, ou même couper au montage une émission télévisée sur le racisme pouvant potentiellement « choquer », selon eux, un public français…
Cette enquête s’attache à décrire la contribution de ces « grands commis » mais aussi de ces fonctionnaires plus anonymes à des décisions qui ont
marqué tout à la fois l’histoire des politiques d’immigration et l’histoire du militantisme de solidarité en faveur des travailleurs étrangers : circulaires Marcellin-Fontanet de 1972, suspension de l’immigration de 1974, regroupement familial de 1975, lois du retour (Bonnet-Stoléru) de 1977-1979…
S’inscrivant dans une perspective socio-historique, cet ouvrage entend ainsi porter au jour comment ce qui se joue dans le champ du pouvoir peut avoir des effets sur ceux qui, à l’autre extrémité de l’échiquier social, se voient assignés à l’arbitraire du droit des étrangers et à des discours potentiellement stigmatisants.

Sylvain Laurens , sociologue, est maître de conférences à l’université de Limoges. Ses recherches se situent au croisement de la socio-histoire de l’Etat, de la sociologie de l’immigration et de la sociologie des élites. Le REDIMI (Réseau d'études et de documentation sur les migrations) soutient la publication de cet ouvrage


http://www.editions-belin.com/

mercredi 18 novembre 2009

à paraître chez Raisons d'Agir: Yves Gingras, Propos sur les sciences et leurs transformations dans les sociétés contemporaines




Propos sur les sciences et leurs transformations dans les sociétés contemporaines
de Yves Gingras


* Editeur :Raisons d'Agir
(15 janvier 2010)
* ISBN-10: 2912107504
* ISBN-13: 978-2912107503

mardi 17 novembre 2009

Pierre Bourdieu, L'assassinat de Maurice Halbwachs


L'assassinat de Maurice Halbwachs

Texte de Pierre Bourdieu, professeur au Collège de France, paru dans la revue , n°16, automne 1987.
http://www.college-de-france.fr/media/ins_dis/UPL41150_halbwbourd.pdf

Pierre Bourdieu, Marcel Mauss aujourd’hui




Sociologie et sociétés

Volume 36, numéro 2, Automne 2004, p. 15-22

Présences de Marcel Mauss / The Presences of Marcel Mauss

Sous la direction de Marcel Fournier et Jean-Christophe Marcel

Directeur : Marcel Fournier

Rédacteur en chef : Marianne Kempeneers

Éditeur : Les Presses de l'Université de Montréal

ISSN : 0038-030X (imprimé) 1492-1375 (numérique)
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Pierre Bourdieu

Marcel Mauss, aujourd’hui / Marcel Mauss, Today

(Pages 15–22)

Une communication de Pierre Bourdieu sous forme d’hommage à Marcel Mauss prononcée à l’occasion du colloque sur « L’héritage de Marcel Mauss », organisé au Collège de France, à Paris, le 15 mai 1997.






1 Je ne suis pas à mon aise généralement dans les actions de célébration, que j’en sois l’objet, comme cela m’arrive de plus en plus souvent avec l’âge ou, comme aujourd’hui, le sujet. Que faire dans le cas où, comme ici, je suis appelé avec d’autres que j’estime beaucoup, à célébrer la mémoire d’un penseur que je respecte infiniment ? Un penseur dont j’estime qu’il n’a pas eu, en dépit de tout, la reconnaissance qu’il mérite et cela, il faut le dire, bien que la postérité, académique ou autre, ait été infiniment moins injuste pour lui — et je suis sûr qu’il l’aurait déploré — que pour son maître et oncle tant admiré Émile Durkheim, ce paria que la philosophie et la science françaises, la philosophie surtout, ont traité et traitent encore en « chien crevé », comme disait Marx à propos de Spinoza. Je me souviens du succès en d’autres temps du livre intitulé Les faits sociaux ne sont pas des choses, encore célébré tout récemment par la revue Critique, dont l’auteur, Jules Monnerot, est membre du conseil scientifique du Front national, ce qui donne à réfléchir sur ce que signifie souvent la haine de la sociologie.

2 « Citer, disent les Kabyles, c’est ressusciter. » J’ai donc pensé à vous proposer, plutôt qu’un témoignage sur mon rapport à Marcel Mauss, genre éprouvé où l’autocélébration se dissimule souvent sous une célébration annexionniste ou plutôt qu’un commentaire plus ou moins académique sur tel ou tel aspect de l’oeuvre de Mauss, la lecture d’un certain nombre de phrases ou de paragraphes de Marcel Mauss, parfois sans commentaire, parfois accompagnés d’un bref discours. Je sais que ce projet pourra apparaître comme une dérobade, ou une démission — ce qui serait sans doute excusable tant il est difficile d’être à la hauteur d’une oeuvre aussi immense —, et cela bien que l’exercice auquel je vais me livrer puisse s’autoriser des exemples littéraires glorieux, à commencer par celui de Montaigne.


3 J’ai conscience de l’arbitraire du choix de textes que j’ai fait et qui fait se côtoyer des pensées que j’ai retenues et rangées depuis longtemps, à côté des éclats et des éclairs des grands moralistes ou mémorialistes, comme une part de mon trésor personnel, et des textes plus triviaux, plus prosaïques, mais directement ajustés au monde qui est le nôtre et qu’il faut essayer de réactiver. En isolant des phrases, je voudrais appeler à une lecture qu’on accorde très souvent aux philosophes et très rarement aux sociologues. Si on lisait Mauss comme je vais essayer de le faire aujourd’hui, c’est-à-dire un peu comme on lit Wittgenstein ou Heidegger, peut-être qu’on découvrirait une profondeur chez les auteurs de sciences sociales qu’on accorde dérisoirement aux auteurs de philosophie qui ne la méritent pas toujours.
Sur la méthode et l’objet de la sociologie


4 « Tout phénomène social a en effet un attribut essentiel, qu’il soit un symbole, un mot, un instrument, une institution, qu’il soit même la langue, même la science la mieux faite, qu’il soit l’instrument le mieux adapté aux meilleures et aux nombreuses fins, qu’il soit le plus rationnel possible, le plus humain, il est encore arbitraire » (Mauss, 1929 [1968], p. 244).


5 « Tout en elle [la société] n’est que relation. Tout dans la société, même les choses les plus spéciales, est avant tout fonction et fonctionnement. Rien ne se comprend si ce n’est par rapport au tout. » Je n’ai pas besoin de souligner la modernité et la rigueur de cette formule. « Une institution n’est pas une unité indivisible distincte des faits qui la manifestent, elle n’est que leur système » (Mauss, 1909 [1968], p. 401).


6 Autre formule : « Le personnel ne se conçoit que par rapport à l’impersonnel » (Mauss, 1906 [1968], p. 34).


7 Et ici un texte que je trouve tout à fait splendide et que je vais lire lentement : « Ce caractère de pénétration intime et de séparation, d’immanence et de transcendance est, au plus haut degré, distinctif des choses sociales. Elles aussi existent, à la fois selon le point de vue auquel on se place, dans et hors de l’individu » (Hubert et Mauss, 1899 [1968], p. 306, tome 1, p. 66). C’est un point sur lequel, à mon sens, Mauss s’est arraché à des difficultés dans lesquelles s’est enfermé Durkheim, et que Durkheim a essayé de résoudre par des concepts comme celui de conscience collective, etc. Je pense qu’une formule comme celle-là, dans laquelle l’institution est décrite dans sa double inscription dans les choses et dans les corps, est extrêmement moderne et, pourrait-on dire, post-structuraliste.


8 Et pour en finir avec ce préambule sur la méthode, c’est-à-dire sur ce qui est le plus connu d’ordinaire de l’oeuvre des durkheimiens, une phrase que je vous livrerai sans commentaire : « En réalité, tout ce qui est social est à la fois simple et complexe » (Mauss, 1909 [1968], p. 358).


9 Les durkheimiens n’ont pas reçu la lecture qu’ils méritaient. Comme les marxistes, ils n’ont pas été gâtés par l’histoire (ni, pour Marx, par les marxistes), Si on avait lu Mauss comme on a lu Bergson, dont cette maison célèbre le culte, il est probable que la science et la philosophie françaises auraient échappé à un certain nombre d’erreurs. Mais ils ont été victimes aussi de leur écriture, même Mauss, qui a eu un destin posthume plus favorable au fait qu’il échappait le plus souvent à la lourdeur du style durkheimien (style qui était sans doute imposé à Durkheim par son travail et son statut de fondateur d’école), n’échappe pas complètement à la vieillerie stylistique. (Cela dit, si Mauss avait écrit en allemand, si nous avions des traductions de Mauss avec des mots allemands entre parenthèses, il est probable qu’il aurait été beaucoup mieux lu.) La lecture que je vais faire, même si elle est contraire à ce que j’ai l’habitude de demander d’une lecture de textes, à savoir qu’elle réhistoricise, est faite, je pense, pour appeler une autre compréhension de la sociologie, même si, pour actualiser, pour rendre vivants et actifs les textes de Mauss, cette lecture déshistoricise délibérément par le simple fait de mettre en exergue, d’extraire de l’oeuvre et d’isoler des phrases et des formules.


10 Évidemment, actualiser, réactiver, c’est inévitablement, même si on s’en garde, rappeler au présent et rappeler à soi, tirer à soi. Il est évident que si les phrases que je vais citer m’ont paru, non seulement intéressantes, mais éminentes, extraordinaires, c’est qu’elles étaient évidemment très proches de ce que je crois être la vérité sur la question considérée comme vous allez le voir dans un passage que je vais citer et que j’aurais pu mettre en exergue de tel ou tel de mes travaux.


11 « Ces principes de jugement et de raisonnement sans lesquels on ne les croit pas possibles, c’est ce qu’on appelle en philosophie les catégories. Constamment présentes dans le langage, sans qu’elles y soient de toute nécessité explicites, elles existent d’ordinaire sous la forme d’habitudes directrices de la conscience elles-mêmes inconscientes. » Sans commentaire.


12 Sur le langage, une phrase qui aurait dû être utilisée à titre prophylactique dans la période de sémiologie aiguë, par laquelle la science française est passée : « Les gens ont surtout parlé “pour agir” et pas seulement pour communiquer » (Mauss, 1925b [1969], p. 260).
Sur la pratique et la logique pratique


13 Sur la croyance, la foi, ou la mauvaise foi (au sens de Sartre), qui est au fondement des sociétés : « La société se paie toujours elle-même de la fausse monnaie de son rêve » (Mauss, 1925a [1966]). Mauss avait fait un voyage au Maroc, qui est une sorte d’enquête de terrain un petit peu rapide, mais beaucoup d’autres ethnologues n’ont pas fait mieux depuis. Il avait fait des entretiens très approfondis avec des cheikhs et toutes sortes de gens. Il avait notamment observé des artisans et, à leur propos, avait écrit ceci : « L’enfant marocain est technicien et travaille bien plus tôt que l’enfant de chez nous. Sur certains points, il raisonne donc plus tôt et plus vite et autrement — manuellement — que les enfants de nos bonnes familles bourgeoises. Même dans nos jardins d’enfants, les enfants ne font pas de travail manuel proprement dit, mais seulement des jeux » (Mauss, 1933 [1969], p. 300). Réflexion sur la logique pratique et la logique scolastique qui me paraît extrêmement importante.


14 Et il est remarquable que quelques pages plus loin, dans le même tome, Mauss fasse un grand éloge de Dewey, le philosophe américain, qu’il est de bon ton en France de mépriser (dans ma jeunesse, il suffisait de prononcer le nom de Dewey pour être jeté aux enfers de la philosophie, mais comme il va revenir prochainement à la mode aux États-Unis, le chic du chic sera d’être deweyien si on peut dire). « Du côté des moralistes et des philosophes, il est certain que le professeur Dewey est celui qui se rapproche le plus des sociologues » (Mauss, 1930 [1969], p. 500). Dans un autre texte, Mauss rappelle le contenu d’un cours sur le pragmatisme, cours disparu et inconnu jusqu’à ce jour, dans lequel Durkheim avait consacré une place très importante aux philosophes pragmatistes. On comprend pourquoi avec la phrase que j’ai citée sur l’intelligence manuelle, sur la dimension manuelle de la compréhension pratique, de la pensée comme handwork (quand c’est Heidegger qui le dit, on l’écoute autrement). Mauss se rapproche évidemment de Dewey, qui est un grand penseur des logiques pratiques.


15 Sur la conscience et la pratique et encore une fois sur la logique de la pratique : « Il nous arrive sans cesse d’accomplir un acte dont il nous est impossible de percevoir les raisons, le sens, la portée, la nature véritable. Souvent nos efforts pour être conscients n’arrivent qu’à nous tromper nous-mêmes, à nous tromper sur nous-mêmes. L’idée que nous pouvons nous faire même d’une pratique qui nous est habituelle n’en est qu’une expression tout à fait inadéquate » (Mauss, 1909 [1968], p. 376).


16 Cet ensemble de textes que je viens de citer trouve sa cohérence, me semble-t-il, dans une référence très originale à une philosophie de la pratique que Mauss a esquissée dans Les Techniques du corps mais qu’il n’a jamais complètement développée, sans doute parce qu’il balançait entre une philosophie de la conscience de type kantien, dans laquelle les durkheimiens ont été formés et ont baigné, et une philosophie que développaient à la même époque de manière beaucoup plus explicite les pragmatistes anglo-saxons.


17 En hommage à Françoise Héritier et pour vous faire moins regretter son absence, une phrase très belle de Mauss qui est à la fois un bilan et un programme : « Notre sociologie sur ce point [c’est-à-dire en ce qui concerne la division par sexe] est très inférieure à ce qu’elle devrait être. Nous n’avons fait que la sociologie des hommes et non pas la sociologie des femmes ou des deux sexes » (Mauss, 1932 [1969], p. 15).
L’homo academicus


18 Dernier point, dans le prolongement de la référence aux petits Marocains, une phrase qui me paraît être une anticipation quasi explicite des analyses d’Austin, que j’ai prolongées, sur l’illusion scolastique : « L’une des erreurs communes de la sociologie est de croire à l’uniformité d’une mentalité qu’on se figure, en somme, à partir d’une mentalité — je dirai académique — du genre de la nôtre » (Mauss, 1924a [1966], p. 306). Autrement dit, Mauss pour moi, dans cette phrase, montre du doigt, sans vraiment l’analyser, cette forme radicale d’ethnocentrisme qu’est l’épistémocentrisme, l’illusion qui consiste à appliquer aux autres non seulement les catégories de pensée que nous devons à notre nation, à notre classe, à notre ethnie, etc., mais les catégories de pensée qui sont constitutives de notre « mentalité » académique. Et on pourrait trouver dans cette phrase une incitation à une sociologie de l’homo academicus comme préalable à toute sociologie. Mauss n’était pas un homme polémique. On est tellement bien dans l’académie, quand on est un homo academicus, que si on n’est pas un petit peu de mauvaise humeur, on n’a rien à en dire. Les peuples heureux n’ont pas d’histoire, les universitaires heureux n’ont pas de sociologie de l’université.


19 Mauss, qui était un universitaire heureux, bien qu’il ait beaucoup souffert pour des causes externes, a cependant esquissé une sociologie de l’homo academicus (Durkheim, en tant que fondateur, l’a fait beaucoup plus et si j’avais eu à faire cet exercice avec Durkheim, cela aurait été beaucoup plus facile de trouver des citations parce qu’il a dit beaucoup de choses, et des choses très dures, sur les limites de l’entendement académique). Mauss, donc, dit très vite, en passant (dans une évocation des morts, des disparus) quelque chose qui pour moi est absolument capital : « Sans compter que nous montrerons ce que peut, même dans notre pays, si peu habitué au travail en commun, être une société de jeunes savants animés du sincère désir de coopérer » (Mauss, 1925c [1969], p. 474). D’une incise, Mauss évoque cette répugnance particulière, spéciale, du monde français pour le travail en commun. Et chez Durkheim, on trouve des éléments d’explication historique fondés sur la comparaison entre la France et l’Allemagne par exemple, qui a hanté Durkheim. La France est une nation littéraire, qui, parce qu’elle place au-dessus de tout la littérature, répugne particulièrement au travail collectif, antinomique à la représentation du créateur inspiré, seule acceptable, etc. qui fait que l’existence même d’une école, d’un collectif est difficile. Marcel Fournier a fait allusion au courage d’être disciple ; il faut un courage particulier pour être disciple en France parce qu’il faut abdiquer sa singularité, et son originalité, valeur des valeurs. Il y a eu, dans les années 1960, des textes de Lazarsfeld, grand fondateur d’empire scientifique, des pages absolument terribles sur les durkheimiens qui revenaient à décrire Durkheim comme une sorte de chef de bande mettant en carte, en quelque sorte, la France savante à travers les instituteurs fantassins du durkheimisme. Cette image est permanente, et tous ces textes sont très actuels.


20 Autre formule, qui est une manière de décrire aussi en négatif la tradition française : « Les vraiment grands ethnologues ont été aussi éclectiques dans le choix de leurs problèmes que dans celui de leurs méthodes (...) » (Mauss, 1929 [1968], p. 457). Autre tare impardonnable du point de vue de la tradition nationale : l’éclectisme est le pauvre brouet lamentable des professeurs, des lectores. Les auctores, les créateurs, les écrivains sont singuliers et n’empruntent qu’à eux-mêmes, ils sont fils de leurs oeuvres, etc. On voit à quel point l’éloge de l’éclectisme est aussi un éloge de la science. Dans les éloges que Mauss fait de Durkheim, il insiste toujours sur le fait que Durkheim a pris partout et à tout le monde et que ce n’est que parce qu’il a pris à tout le monde qu’il était unique, particulièrement dans un pays comme la France où, dans l’espoir d’être unique, on ne prend nulle part, ce qui fait qu’on est souvent très ignorant.


21 « Notre pays ne sut jamais bien utiliser ses hommes » (Mauss, 1925c [1969], p. 485). C’est une phrase à propos de Durkheim. Ici Mauss fait allusion à la vieille façon française de dire qu’il n’est pas possible de faire la science de l’homme et il conclut : « La résistance continue » (Mauss, 1927 [1969], p. 290), cette résistance à la science que les durkheimiens ont éprouvée de manière particulièrement aiguë.
La sociologie : une science rigoureuse et engagée


22 La sociologie française a toujours été en difficulté avec son univers social. Cela parce qu’elle se donnait des fonctions qui finalement ne lui étaient pas accordées. Dans un texte assez long que je ne le lirai pas, Mauss fait une description de ce qu’il appelle les enthousiasmes excessifs pour la science, pour la sociologie (Mauss, 1927b [1969], p. 293). Il développe un paradoxe qui est toujours actuel. La sociologie est l’objet d’une attitude formidablement ambivalente, qui est très funeste pour elle : d’une part, elle est l’objet d’enthousiasmes excessifs, d’attentes extraordinaires (il n’est pas de jour qu’on ne me demande mon avis sur les choses les plus extraordinaires de l’ordre social et qu’on s’étonne que je dise que je ne peux pas répondre, ni en bonne science ni en bonne conscience), et en même temps, on lui refuse ce qu’elle est capable de donner, à savoir des réponses scientifiques aux problèmes qu’elle est en mesure de se poser. Les mauvais sociologues (Mauss ne le dit pas comme ça ; par un effet d’époque ou d’habitus, je n’en sais rien, il est beaucoup plus courtois que moi : il ne dirait pas ce que je dis aussi brutalement mais je crois qu’il serait assez content de me l’entendre dire) profitent formidablement de cette ambiguïté de l’image de la sociologie ; les mauvais sociologues qui prolifèrent (il dit qu’il y en a partout) répondent à tout, à tort et à travers, et discréditent la science dont il veut défendre l’intégrité.


23 Autre exigence, Mauss insiste sur le fait que la sociologie doit être appliquée et appliquée rigoureusement ; il va même jusqu’à dire — je dédie cette proposition aux responsables de l’éna (École nationale d’administration) — que la sociologie devrait être obligatoire pour les fonctionnaires (Mauss, 1927a [1969], p. 240). Cela dit, le sociologue est voué à décevoir les attentes démesurées qu’il suscite. Dans « Divisions et proportions des divisions de la sociologie », Mauss conclut : « La sociologie n’est que le moyen principal d’éducation de la société, elle n’est pas le moyen de rendre les hommes heureux. Même l’art social et la politique en sont incapables quoiqu’ils poursuivent ce but illusoire (...) » (Mauss, 1927a [1969], p. 245). (Il continue, mais ce serait trop long.)


24 Ce qui ne veut pas dire que le sociologue se retire du monde social et de l’action politique : « L’histoire et l’ethnographie ne doivent servir qu’à mieux comprendre le présent, afin d’aider l’humanité à prendre conscience de son avenir » (Mauss, 1904 [1968], p. 194). Autrement dit, contrairement à une vision qui s’est développée dans l’après-guerre sous l’influence de sociologues américains invoquant l’autorité de Max Weber avec ses topos sur la « neutralité axiologique », etc., et contre la représentation de la sociologie comme science neutre, les durkheimiens voulaient une science rigoureuse mais également engagée dans la pratique. Cela conduit Mauss à lancer un appel assez magnifique aux intellectuels :


25 « Pourquoi les philosophes désespéreraient-ils [c’est un sociologue qui parle], il y a déjà une étape de franchie ? S’il n’existe pas encore de droit humain (...), il existe déjà des choses, des groupes, des intérêts humains, et derrière ceux-ci il peut y avoir toute la masse de l’humanité capable de sanctions autrement dures que la simple désapprobation (...). Enfin, pourquoi les philosophes ne prendraient-ils pas une position d’avant-garde dans cette marche ? Ils l’ont bien prise quand il s’est agi de fonder la doctrine de la démocratie et celle des nationalités. Anglais et Français furent en avance sur leur temps, il ne faut oublier ni Kant, ni Fichte. Pourquoi choisiraient-ils de rester à l’arrière-garde au service des intérêts acquis ? Leur voix n’eut jamais plus de chance d’être écoutée si elle est sincère et trouve les formules sages et nécessaires. Tout comme au temps de la guerre du Péloponnèse ou à celui des formations des premières dynasties chinoises, à celui de Confucius et à celui de Socrate, les peuples se tournent vers ceux qu’ils appellent leurs sages et que les réactionnaires appellent des “sophistes”. » (Mauss, 1920 [1969], p. 633-634)


26 Mauss appelait un chat un chat. Dans un débat avec Aftalion, à propos de la rentabilité économique du système socialiste, il commence : « C’est comme sociologue d’une part et comme socialiste d’autre part que je me permettrai de vous répondre », et, après une longue intervention, il conclut : « La différence entre vous, Aftalion, et moi est que vous avez a priori, peur d’un changement, et qu’en principe, au contraire, je n’ai peur d’aucun changement, aussi radical soit-il, pourvu qu’il soit sagement décidé et sagement réalisé » (Mauss, 1924[1969], p. 638). Il y a de magnifiques éloges du réformisme rationnel chez Mauss.


27 « J’irai donc, s’il le faut et s’il se peut, jusqu’au collectivisme. Mais, encore une fois, je n’attribue aucune importance à ces questions de mots. Si vous admettez la définition que Durkheim a donnée du socialisme, et si vous admettez qu’il consiste dans “le contrôle par la nation du pouvoir économique”, alors, à mon sens, vous êtes socialiste, et je suis d’accord avec vous. » (Mauss, 1924 [1969], p. 638)


28 Encore une dernière citation, que je dois à Marcel Fournier. C’est un très beau texte de Marcel Mauss qui m’a donné beaucoup de joie parce qu’il fait voir qu’il y a des constances structurales dans l’histoire. Marcel Mauss, dont j’occupe aujourd’hui la chaire d’une certaine façon, a écrit en 1938 une lettre adressée à Roger Caillois pour le rappeler un petit peu à l’ordre, parce qu’il trouvait que Caillois s’aventurait sur le terrain de l’irrationalisme (vous mettez postmodernisme à la place d’irrationalisme et vous verrez que cette lettre est d’une actualité extrême) :

« Ce que je crois un déraillement général dont vous êtes vous-même victime, c’est cet espèce d’irrationalisme absolu par lequel vous terminez au nom du labyrinthe et de Paris, mythe moderne, mais je crois que vous l’êtes tous en ce moment, probablement sous l’influence de Heidegger, bergsonien attardé dans l’hitlérisme, légitimant l’hitlérisme, entiché d’irrationalisme et surtout cette espèce de philosophie politique que vous essayez d’en sortir au nom de la poésie et d’une vague sentimentalité. Autant je suis persuadé que les poètes et les hommes de grande influence peuvent quelquefois rythmer une vie sociale, autant je suis sceptique sur les capacités d’une philosophie quelconque et surtout d’une philosophie de Paris, à rythmer quoi que ce soit. »

Mauss, 1938

29 C’est la conclusion de Marcel Mauss. Je la fais mienne.

Note

[1] Séance d’ouverture, colloque sur « L’héritage de Marcel Mauss », Collège de France, Paris, 15 mai 1997. Pierre Bourdieu (1930-2002) a été, à partir de 1964, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (ultérieurement, l’École des hautes études en sciences sociales) avant d’être élu, en 1981, au Collège de France où il devient titulaire de la chaire de sociologie. Il a aussi fondé en 1975 la revue Actes de la recherche en sciences sociales.

Bibliographie



Hubert, Henri et Mauss, Marcel (1899), « Essai sur la nature et la fonction du sacrifice », in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 1, Paris, Éditions de Minuit, 1968, p. 193-307.


Mauss, Marcel (1904), « Philosophie religieuse, conceptions générales », L’Année sociologique, 7, in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 1, Paris, Éditions de Minuit, 1968, p. 93-94.


Mauss, Marcel (1906), « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux », in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 1, Paris, Éditions de Minuit, 1968, p. 3-39.


Mauss Marcel (1909), « La Prière », in Marcel Mauss, Oeuvres, t. l, Paris, Éditions de Minuit, 1968, p. 357-477.


Mauss, Marcel (1920), « The Problem of Nationality », communication en français, in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 626-634.


Mauss, Marcel (1924a), « Rapports réels et pratiques de la psychologie et de la sociologie », Journal de psychologie normale et pathologique, in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1966, p. 283-310.


Mauss, Marcel (1924b), Intervention à la suite de la communication d’A. Aftalion, « Les fondements du socialisme », in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 634-638.


Mauss, Marcel (1925a), « Essai sur le don », L’Année sociologique, n.s., in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1966, p. 145-279.


Mauss, Marcel (1925b), compte rendu de C. K, Ogden et I. A. Richards, The Meanings of Meaning, L’Année sociologique, n.s., in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 258-261.


Mauss, Marcel (1925c), « L’oeuvre inédite de Durkheim et de ses collaborateurs », L’Année sociologique, n.s., in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 473-499.


Mauss, Marcel (1927b), « Divisions et proportions des divisions de la sociologie », L’Année sociologique, n.s., in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 178-245.


Mauss, Marcel (1927b), « Notes de méthode sur l’extension de la sociologie, énoncé de quelques principes à propos d’un livre récent », L’Année sociologique, n.s., in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 283-297.


Mauss, Marcel (1929), « La civilisation. Éléments et formes », in Marcel Mauss, Essais de sociologie, Paris, « Points » Éditions de Minuit, 1968, p. 231-252.


Mauss, Marcel (1930), Intervention à la suite d’une communication de J. Dewey, « Trois facteurs indépendants en matière de morale », in Marcel Mauss, Oeuvres, t.3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 500.


Mauss, Marcel (1932), « La cohésion sociale dans les sociétés polysegmentaires », in Marcel Mauss, Oeuvres, t.3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 11-26.


Mauss, Marcel (1933), Interventions à la suite de communications de P. Janet et de J. Piaget, « L’individualité », in Marcel Mauss, Oeuvres, t. 3, Paris, Éditions de Minuit, 1969, p. 298-302.


Mauss, Marcel (1938), Lettre à Roger Caillois, in Marcel Fournier, « Marcel Mauss et Heidegger : une lettre inédite de Marcel Mauss à Roger Caillois », Actes de la recherche en sciences sociales, 1990, p. 86-87.
Auteur : Pierre Bourdieu
Titre : Marcel Mauss, aujourd’hui / Marcel Mauss, Today
Revue : Sociologie et sociétés, Volume 36, numéro 2, Automne 2004, p. 15-22
URI : http://id.erudit.org/iderudit/011044ar
Tous droits réservés © Les Presses de l'Université de Montréal, 2005

mardi 10 novembre 2009

à paraître chez Raisons d'agir: Céline Bessière, De génération en génération , Reprises et exploitations dans le Cognac




Céline Bessière, De génération en génération, Reprises et exploitations dans le Cognac


Raisons D'agir Eds
Collection Cours Et Travaux
ISBN 2912107512
Date de parution janvier 2010

dimanche 8 novembre 2009

à paraître: Actes de la recherche en sciences sociales, numéro 180

Ecole ségrégative, école reproductive: l'envers de la mixité sociale


Revue Actes Recherche Sc.sociale, numéro 180
ISBN 2021012166
SEUIL
janvier 2010

vendredi 6 novembre 2009

"Education is NOT for $A£€ - Global Week of Action"


"Education is NOT for $A£€ - Global Week of Action"

(05/11 + 09 - 18/11/2009)


Emancipating Education For All
español -- deutsch -- français -- italiano

Welcome to the
" I n t e r n a t i o n a l S t u d e n t M o v e m e n t " !

An independent platform for groups and activists around the world to exchange information, network and unite in their struggle against the commercialisation of [and for free and emancipatory] public education!
http://www.emancipating-education-for-all.org/

mardi 3 novembre 2009

Claude Lévi-Strauss 1908-2009


Claude Lévi-Strauss 28/11/1908-30/10/2009





Claude Lévi-Strauss
Chaire d'Anthropologie sociale (1959-1982) Collège de France http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/historique/claude_levistrauss.htm




Bourdieu about Lévi-Strauss http://www.youtube.com/watch?v=_1_SjJ-rB_I

Pierre Bourdieu "La maison kabyle ou le monde renversé", in: Jean Pouillon und Paul Maranda (Hg.): Échanges et communications. Mélanges offerts à Claude Lévi-Strauss à l'occasion de son 60e anniversaire, Paris & Den Haag: Mouton, S. 739-758, 1970

Frédéric Keck
Texte écrit à l'occasion du Séminaire de Pierre Macherey : "La philosophie au sens large"
Séance du 8 novembre 2000 : "A partir de Bourdieu, penser la pratique"
La logique de la pratique est-elle une pensée sauvage ?
A partir de Bourdieu, relire Lévi-Strauss http://stl.recherche.univ-lille3.fr/seminaires/philosophie/macherey/Macherey20002001/Keck.html

session 30 novembre , « Les classements internationaux des universités »

« Les classements internationaux des universités »

Responsables scientifiques :

France

Yves WINKIN, Directeur adjoint, École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, Lyon
Yves GINGRAS, Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Université du Québec à Montréal

Québec

Yves GINGRAS, Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Université du Québec à Montréal
Roland PROULX, Professeur honoraire et conseiller en planification institutionnelle et veille stratégique, Université de Montréal.

Date : Lundi 30 novembre 2009

Lieu : Conseil Général du Rhône, 29 cours de la Liberté 69003 LYON

Thème :

Le monde universitaire, particulièrement en Europe, vit depuis quelques années une véritable fièvre des classements. Classements des universités, classement des revues savantes, il semble que ce soit incontournable de “classer” pour évaluer et décider. Mais les classements actuels (ceux du Times Higher Education Supplement et de l’Université Jia Tong Shanghai, par exemple) mesurent-ils vraiment la « qualité » des établissements d’enseignement et de recherche ? Peut-on vraiment mesurer la qualité de la recherche ? Si oui à quelle échelle : celle de l’individu, de l’établissement, du pays ? Les classements sont-ils vraiment utiles à la prise de décision en matière de politique de l’enseignement supérieur ? A-t-on vraiment besoin de tels classements pour prendre des décisions ou ne servent-ils en fait que de caution à des décisions politiques déjà prises ? Comment évaluer ces classements de façon rigoureuse ? Comment expliquer l’usage opportuniste de classements fondés sur des indicateurs douteux ou mal construits ? Quels sont les effets pervers de tels classements ? Quels principes devraient être à la base de classements valides ? Qui devrait assurer la production et la validité de ces classements ?

Entrée gratuite - inscription obligatoire
Dans le cadre du colloque Dans le cadre du colloque Villes de savoirs http://cjc.univ-lyon2.fr/354-1-Ville-savoirs.html

Lire l'entretien Yves Gingras Touteleurope.fr : "On ne peut pas considérer que les universités européennes sont à la traîne" http://www.touteleurope.fr/fr/actions/social/education-formation/actualite/actualites-vue-detaillee/afficher/fiche/4053/t/43985/from/2322/breve/yves-gingras-on-ne-peut-pas-considerer-que-les-universites-europeennes-sont-a-la-traine.html?cHash=b26c99240a
Lire sa critique méthodologique intitulée, «Le classement de Shanghai n’est pas scientifique», parue dans La Recherche en mai 2009.
http://wwt.ost.uqam.ca/Portals/0/docs/articles/2009/Evaluation.Recherche.pdf

vidéo: La réception du darwinisme au Québec - une conférence d’Yves Gingras, historien des sciences





La réception du darwinisme au Québec

de 1860 à 2009



Yves Gingras, historien des sciences

Comme partout dans le monde, la publication en 1859 de L'Origine des espèces a suscité beaucoup de discussions et de réserves de la part des savants qui étaient à l'époque à peu près tous croyants. On verra donc les réactions d'opposition de William Dawson de McGill et des abbés J.C.K. Laflamme et Léon Provancher de Québec de même que les discussions dans les journaux et les revues de l'époque. À compter de la fin des années 1880, on peut dire que l'idée d'évolution des espèces (plantes et animaux) a fait son chemin dans le monde catholique – même si le cas de l'homme continuera longtemps à faire problème.


Yves Gingras est professeur au département d’histoire de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM). Chercheur prolifique, il est aussi un communicateur reconnu que le public a le plaisir d’entendre régulièrement à la radio de la Société Radio-Canada à l’émission Les Années lumière, où il tient une chronique depuis 1997. Auteur de plusieurs ouvrages, il vient de rééditer le collectif Histoire des sciences au Québec de la Nouvelle-France à nos jours, Boréal, 2008.

extrait de la vidéo http://assohum.org/2009/11/bientot-disponible-la-reception-du-darwinisme-au-quebec-une-conference-dyves-gingras-historien-des-sciences/

Compte-rendu rédigé par Louis Dubé et révisé par le conférencier http://www.sceptiques.qc.ca/activites/conferences/juin-2009