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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

jeudi 30 septembre 2010

LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2010 – 2011 -Séance du vendredi 8 octobre 2010

LIRE LES SCIENCES SOCIALES
2010 – 2011
- Rencontres organisées par Gérard Mauger et Louis Pinto -


Vendredi 8 octobre 2010
14 h 00- 18 h 00
Salle de conférences 1
CNRS/Site Pouchet, 59-61, rue Pouchet, 75017 Paris
Métro ligne 13 (Guy Moquet/Brochant), Bus 66 (La Jonquière)
Contact : lirelessciencessociales@gmail.com




Marie‐France Garcia
Le marché de l'excellence : les grands crus à l'épreuve de la mondialisation
Paris, Le Seuil, 2009
présenté par Céline Bessière

La viticulture française a dominé historiquement le marché mondial avec ses grands crus et sa recherche de l'"excellence ".
Elle traverse depuis quelques années une crise inédite. Pour comprendre ce phénomène, faut-il opposer les pays du " Nouveau Monde " aux producteurs traditionnels ? Les enjeux de la concurrence internationale sont-ils réductibles à une guerre des prix ? A partir d'une analyse alliant enquête ethnographique et démarche sociologique, Marie-France Garcia-Parpet montre comment les batailles de classement sont au cœur des transformations récentes du marché mondial de ce produit et dans quelle mesure les " ressources " mobilisées dans cette compétition vont bien au-delà de l'investissement d'entrepreneurs individuels et de l'intervention de l'État dans la construction du marché.
Les caractéristiques sociales des agents économiques, leur style de vie, les modes de socialisation des consommateurs et les stratégies commerciales associées sont autant de variables essentielles pour rendre raison de cette compétition mondialisée. En cela, la portée de cet ouvrage dépasse le cas du marché du vin : elle s'étend à la plupart des marchés dont le fonctionnement repose sur une logique de qualification d'excellence.





Céline Bessière
De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac ?
Paris, Raisons d'agir, « Cours et Travaux », 2010
présenté par Yolène Chanet

Impossible aujourd'hui de soutenir la thèse de la disparition des entreprises familiales dans le capitalisme contemporain : implantées sur tous les continents, les entreprises familiales représentent plus des trois quarts des entreprises enregistrées dans le monde et contribuent aux deux tiers de la production totale chaque année. Dans le secteur agricole en France, elles sont massivement prédominantes.
C'est alors tout à la fois un métier, un statut de chef d'entreprise indépendante, un patrimoine, un lieu de travail et de résidence qui sont transmis de génération en génération. L'école républicaine promeut le mérite individuel. La société salariale fait du travail un accomplissement personnel. Et, désormais, la famille serait davantage centrée sur les relations affectives plut, que sur la transmission de patrimoine ! Dans ces conditions, comment comprendre que des jeunes gens reprennent une entreprise familiale ? Est-ce une charge ou une chance ?
À contre-courant des analyses qui n'en finissent pas d'annoncer la fin des paysans, ce livre propose une enquête de terrain sur les transformations des entreprises viticoles de la région de Cognac, au début des années 2000. Céline Bessière, enseignante-chercheuse à l'Université Paris-Dauphine, a enquêté pendant huit années auprès de jeunes viticulteurs et viticultrices, mais aussi de leurs parents, leurs grands-parents, leurs compagnes (ou compagnons), leurs frères et sœurs. En poussant la porte des exploitations, on mesure l'imbrication des rapports économiques et familiaux ainsi que les tensions entre les aspirations personnelles des individus, leurs appuis et leurs devoirs familiaux.
Contribution à une sociologie économique de la famille et de la reproduction sociale, ce livre montre comment, dans les exploitations de Cognac et bien au-delà, se fabriquent des entrepreneurs qui sont aussi des héritiers.