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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

vendredi 30 avril 2010

E-Book et video: Béatrice Joyeux-Prunel (éd.) L'art et la mesure. Histoire de l'art et méthodes quantitatives


Béatrice Joyeux-Prunel (éd.)
L'art et la mesure.
Histoire de l'art et méthodes quantitatives

Éditions Rue d'Ulm
E-Book
2010






Présentation de l'éditeur
Parler de chiffres en histoire de l’art est souvent malvenu, car cela semble considérer que l’on pourrait codifier des données dont on aime àpenser qu’elles relèvent de l’immesurable, de l’insondable, du spirituel : « On ne met pas la beauté en boîte. » Mais pourquoi ? On met bien les tableaux dans des cadres, sur des murs et dans des musées, et on sait bien aussi que les œuvres d’art vivent d’abord par leur rang dans un classement élaboré depuis des siècles, dont les musées et les histoires de l’art, mais surtout le marché, sont les meilleurs comptables.
Cette question préoccupait depuis plusieurs années les participants du séminaire « Art et Mesure », tenu à l’École normale supérieure, à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine, depuis 2006 : aucun n’aurait jugé honnête de ne pas reconnaître ce qu’apportait l’approche quantitative à ses recherches – et d’abord la constitution d’une base de données rigoureuse. Les premiers travaux ayant abouti à un numéro spécial de la revue Histoire et Mesure (déc. 2008), le présent volume va plus loin : il réunit, outre des historiens, des économistes, des sociologues, des mathématiciens, des statisticiens. Il se veut un outil de travail pour les historiens de l’art qui souhaiteraient, en cohérence avec les questions suscitées par leur objet de recherche, passer par l’analyse quantitative, qu’elle soit très simple ou plus raffinée.
Les articles qu’il contient proposent, à partir des exemples les plus divers, une approche très méthodique de l’analyse quantitative, qui vise d’abord à faire comprendre ce qu’est une base de données, comment il faut la construire et ce qu’elle peut apporter. Mais on a veillé à ce que les auteurs ne se dérobent pas à la question heuristique des effets du chiffre sur l’interprétation des arts…
L’ouvrage s’articule ainsi en trois grandes parties : «L’approche quantitative est-elle utile à l’histoire de l’art ? », « De la sociologie à l’histoire de l’art » et « Défis pour l’approche métrique ». Indispensable à la formation des spécialistes de l’histoire de l’art, il ne veut cependant pas les faire renoncer à l’originalité de leurs approches : la connaissance de l’histoire des styles et des formes ; le désir de comprendre les arts sans les déconnecter de leurs époques, tout en gardant la conscience de leur rayonnement jusqu’à nos jours ; l’intérêt jamais démenti pour la dimension matérielle des objets qu’ils étudient, pour la manière dont ils ont été faits, et pour la philosophie ou l’esthétique qui en a inspiré la création ; l’amour des belles choses, et le désir de comprendre pourquoi on les tint ou on les tient pour belles ; et plus généralement une curiosité affirmée pour l’intimité : celle des artistes, celle des amateurs, celle des contemplateurs, comme celle qui s’instaure, on ne sait comment, entre un objet et celui qui l’apprécie.


écouter le Colloque L’art et la mesure : Histoire de l’art et approches quantitatives, sources, outils, méthodes. Organisé par : Béatrice Joyeux-Prunel (ENS)

mercredi 28 avril 2010

parution: Christiane Chauviré et Stéphane Chevallier, Dictionnaire Bourdieu


Stéphane Chevallier
Christiane Chauviré
Dictionnaire Bourdieu
(Version revue et augmentée du vocabulaire de Bourdieu par Chauviré et Fontaine)
Ellipses Marketing
2010









présentation du Dictionnaire

« Il faut prendre les concepts au sérieux […]. » (QS, 121)

« Pour un tas de raisons - notamment parce que ceux qui auraient pu y être attentifs, comme les philosophes, n’ont pas voulu les voir, mais aussi et surtout parce qu’elles étaient occultées par ce qui était perçu comme la dimension politique, critique, voire polémique de mon travail -, les implications théoriques, les fondements anthropologiques - la théorie de la pratique, la philosophie de l’action, etc. - de mes recherches sont passées presque complètement inaperçues en France » (R, 134). Sans doute doit-on relativiser quelque peu la validité de ce jugement désabusé de Bourdieu à l’égard de la réception française de son œuvre théorique en rappelant qu’il est daté du séminaire de Chicago de l’hiver 1987. Durant la dernière décennie de sa vie, qui fut aussi la dernière de son siècle, l’auteur du Sens pratique a en effet activement œuvré à la reconnaissance de l’intérêt, pour la connaissance anthropologique, de l’idée de l’homme et de l’action humaine qui se dégageait de son travail sociologique. L’écho rencontré par des textes à dimension plus ouvertement théorique comme Réponses. Pour une anthropologie réflexive, Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action ou Méditations pascaliennes a permis que la discussion de la philosophie de Bourdieu ne soit plus seulement l’apanage de quelques grands esprits étrangers (Habermas, Taylor, Searle, etc.). Il reste qu’il n’est pas illégitime d’estimer que le compte n’y est toujours pas et que la réception de la pensée de Bourdieu demeure encore, à bien des égards, à venir.

Une telle affirmation peut sembler paradoxale pour qui a à l’esprit la place considérable occupée par Bourdieu dans la vie scientifique et intellectuelle depuis un demi-siècle. L’auteur du Sens pratique a non seulement profondément marqué les sciences sociales, transformant les pratiques de recherche (il suffit de songer, pour ne prendre que deux exemples particulièrement marquants, à la très large adoption des principes de « construction d’objet » ou d’« objectivation du sujet objectivant ») et suscitant un nombre impressionnant de recherches empiriques dans les domaines les plus variés, mais le paradigme qu’il a proposé, à partir des concepts d’habitus, de champ, de capital ou encore de stratégie, a rencontré un immense retentissement dans l’ensemble des champs de production culturelle. Pourtant, un moment dominante, en dépit, mais aussi en raison, des polémiques qui ont souvent contribué à en occulter l’intérêt réel et les intentions profondes, la pensée du sociologue a fini par être considérée à tort comme acquise. Avec le temps, son assimilation, sincère ou polémique, à une vulgate sommaire menace même de la faire définitivement disparaître derrière l’interprétation simpliste ou erronée de quelques concepts et de quelques titres de livres.

A leur manière, les travaux de sociologie qui se réclament de Bourdieu ne sont pas épargnés par ce danger qui consiste, dans leurs cas, à transformer le corpus conceptuel du fondateur en un dispositif théorique dogmatique, purement académique, appliqué de manière routinière à tous les champs de la recherche et de la production de connaissance sur le monde social. Si le paradigme ne cesse, aujourd’hui encore, d’activer de nombreuses recherches, la qualité de ces dernières exige qu’elles ne se contentent pas de faire un usage mécanique de son opus operatum, mais qu’elles s’efforcent d’en ressaisir le modus operandi. Pour ce faire, il convient de ne pas se contenter d’une appréhension superficielle et fétichiste des principaux concepts que Bourdieu nous a légués, il faut s’efforcer de redonner vie à son activité conceptuelle, ou, pour le dire autrement, à sa pratique philosophique. L’auteur du Sens pratique ne réclame, en effet, pas seulement à être lu comme le sociologue considérable qu’il a été, mais comme un grand philosophe, l’un n’allant en réalité pas sans l’autre. Car, s’il entretenait une relation complexe avec la philosophie, s’il souhaitait que celle-ci, en tant qu’investigation conceptuelle, s’efface dans son œuvre, ce n’était certainement pas pour en consacrer la disparition, mais parce qu’elle devait n’être présente qu’à l’état pratique, à travers la construction de modes de pensée directement opérant dans le travail sociologique.

Gestes théoriques précis, opérés dans un contexte théorique précis, pour répondre à des problèmes théoriques et empiriques précis, les concepts de la théorie de la pratique doivent, pour être réellement entendus et maîtrisés, être resitués en relation avec les mouvements de pensée en fonction desquels ils ont été construits. Le Dictionnaire Bourdieu ne peut évidement être qu’un modeste jalon de cette vaste entreprise d’éclaircissement conceptuel. Il ne revendique comme ambition, au regard du format qui est le sien, mais surtout de l’envergure de l’œuvre de Bourdieu, que de préparer le terrain, d’indiquer des directions essentielles à qui cherche à l’arpenter, c’est-à-dire à en comprendre la structure et à en mesurer l’ampleur. Privilégiant l’explicitation des intentions théoriques ayant conduit à l’invention de concepts (habitus, champ, illusio, etc.) ou au renouvellement de notions classiques issues de la tradition philosophique (le corps, la domination, le temps, etc.), il se veut, en effet, une voie d’accès privilégiée à la lecture éclairée de la sociologie de Bourdieu et à la découverte de la dimension majeure de la philosophie qu’elle engage.

Au premier abord, un tel projet semble se heurter frontalement à toutes les mises en garde du sociologue contre les dangers d’une approche scolastique - c’est-à-dire, en l’espèce, à la fois théorétique et scolaire - des concepts, la plus célèbre de ces mises en garde étant sans doute celle qui accompagnait la caractérisation de l’habitus dans Le Sens pratique : « Il faudrait pouvoir éviter complètement de parler des concepts pour eux-mêmes, et de s’exposer ainsi à être à la fois schématique et formel » (SP, 89, note 2). En prenant le parti de considérer les concepts de Bourdieu en eux-mêmes et pour eux-mêmes, il est certain que nous nous exposons, d’une part, à trahir la richesse d’une pensée qui se voulait à la fois systémique, ses principales notions ne se définissant qu’à l’intérieur du système qu’elles constituent, et plastique, ses mêmes notions étant suffisamment évolutives pour prétendre s’adapter à l’investigation empirique ; d’autre part, à transformer des instruments de pensée construits pour et par la recherche en objets formels taillés pour la glose, pour le commentaire académique ou même mondain.

Bourdieu n’a eu de cesse de rappeler que la posture de lecteur, comme celle d’exégète, instaure un rapport abstrait et décontextualisé au concept, dont elle encourage la réification et la fossilisation. Moins encore qu’une autre, sa pensée n’est conçue pour être disséquée en laboratoire ou exposée dans un musée. Contre la perspective de tels enfermements, le sociologue mettait en avant le caractère instrumental, perfectible et ouvert des concepts qu’il construisait. Il aimait, pour illustrer cette conception, reprendre la métaphore de Wittgenstein et affirmer qu’il s’efforçait de constituer une « boîte à outils théorique ». De même que c’est à l’usage, en pratique, que l’on découvre la qualité d’un outil, c’est à l’usage, en pratique, que l’on découvre la qualité d’un concept : « Il faut prendre les concepts au sérieux, les contrôler, et surtout les faire travailler sous contrôle, sous surveillance, dans la recherche. C’est ainsi qu’ils s’améliorent peu à peu, non par le contrôle logique qui les fossilise. » (QS, 121). Pour Bourdieu, les concepts ne sont donc pris au sérieux qu’en tant qu’ils participent d’une théorie appliquée, qu’ils sont inséparables d’activité scientifique d’expérimentation et d’observation qui permet d’en évaluer effectivement les effets d’intelligibilité.

Le lecteur du Dictionnaire Bourdieu doit donc être averti des limites inhérentes à l’exposé théorique de concepts savants créés pour être mis au travail dans la pratique scientifique. Il n’en reste pas moins qu’il ne peut manquer d’y avoir du sens à parler des concepts en eux-mêmes, comme l’a d’ailleurs fait longuement Bourdieu lui-même dans les nombreux textes sur lesquels s’appuie, en prenant le parti de les citer abondamment, la rédaction de ce dictionnaire. En premier lieu parce que la réalité de la recherche scientifique l’exige, dans la mesure où, même si le contrôle de la dimension opératoire et fonctionnelle du concept échoit, en définitive, au travail d’expérimentation du chercheur, ce dernier ne peut compter sur cette pratique elle-même pour s’auto-interpréter et se transmettre ; ou, pour le dire autrement, parce qu’il faut bien établir la connaissance des outils et en enseigner le mode d’emploi avant de pouvoir en évaluer l’usage. En second, parce la science de l’homme que pratiquait Bourdieu a débouché sur des prises de positions philosophiques dont il est essentiel de donner à voir « les implications théoriques et les fondements anthropologiques ». A l’exemple de la notion d’habitus, la plupart des notions fondamentales de la pensée de Bourdieu présentées dans ce dictionnaire dérivent de ou sont en dialogue avec la tradition philosophique. En cherchant à construire une sociologie et une anthropologie capable de dépasser à la fois le structuralisme et la phénoménologie, Bourdieu a abordé et traité, avec une originalité qui n’est pas étrangère à son effort pour s’abstraire du « point de vue scolastique », la plupart des questions classiques de philosophie générale. Et, en définitive, les effets d’intelligibilité produits par le dense réseau de concepts qu’il a progressivement élaboré ont non seulement représenté des effets de rupture et de dépassement de problématiques antérieures, mais ont contribué à forger une philosophie qui, même si elle est présentée par son auteur comme une philosophie négative, ne peut manquer d’avoir sa propre identité conceptuelle. En dépit de sa défiance à l’égard du théoricisme, Bourdieu savait que le travail du concept appelle de lui-même un travail sur le concept et que celui-ci comporte son propre effet d’intelligibilité. De ce point de vue aussi, il est important de prendre les concepts au sérieux.

(Merci à Stéphane Chevallier pour le texte de présentation et à Christiane Chauviré pour l'info, G.Q.)

Lire le compte-rendu par Christian de Montlibert

Loïc Wacquant , “Pierre Bourdieu”


Loïc Wacquant, “Pierre Bourdieu” (updated and expanded chapter)
Pp. 261-277 and 411-414 in Rob Stones (ed.), Key Contemporary Thinkers. London and New York: Macmillan, new ed., 2008.

mardi 27 avril 2010

video et article: Pierre Bourdieu, Les sciences sociales et la démocratie, HEC 1995




Vidéo de la conférence de Pierre Bourdieu à HEC 27/11/1995 honoris causa


article Pierre Bourdieu, «Sciences sociales et démocratie» (version modifiée), in P. Combenale, J.P. Piriou (eds), Nouveau manuel de sciences économiques et sociales (terminale ES), Paris, Ed. La Découverte, 1995, p.673-674 ; aussi, «Les sciences sociales et la démocratie» (Paris-HEC, novembre 1995), in Conférences des professeurs Honoris Causa du Groupe HEC, Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, 1997, p.9-23.


(Merci à Ghilène Hazem pour l'info sur la vidéo)

Joseph Jurt, "Pierre Bourdieu: universalité éthico-politique et compétence scientifique"


Joseph Jurt
"Pierre Bourdieu: universalité éthico-politique et compétence scientifique"

in: Ursula Bähler (Hrsg.), Ethique de la philologie. Ethik der Philologie.
Berlin, BMV. Berliner Wissenschaftsverlag, 2006, p. 41−47.

jeudi 22 avril 2010

Pierre Bourdieu, " Foreword ", in J.D. Le Sueur, Uncivil War. Intellectuals and Identity Politics During the Decolonization of Algeria


Pierre Bourdieu, " Foreword ", in J.D. Le Sueur, Uncivil War. Intellectuals and Identity Politics During the Decolonization of Algeria, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2001, p. IX-X.

James D. Le Sueur, Algeria Since 1989. Between Terror and Democracy


James D. Le Sueur
Algeria Since 1989
Between Terror and Democracy

Zed Books
2010




About the Book

Algeria's democratic experiment is seminal in post-Cold War history. The first Muslim nation to attempt the transition from an authoritarian system to democratic pluralism, this North African country became a test case for reform in Africa, the Arab world and beyond. Yet when the country looked certain to become the world's first elected Islamic republic, there was a military coup and the democratic process was brought sharply to a halt. Islamists declared jihad on the state and hundreds of thousands of civilians were killed in the ensuing decade of state repression.

Le Sueur shows that Algeria is at the very heart of contemporary debates about Islam and secular democracy, arguing that the stability of Algeria is crucial for the security of the wider Middle East. Algeria Since 1989 is a lively and essential examination of how the fate of one country is entwined with much greater global issues.



Contents

Acknowledgments - Chronology - The principals - Abbreviations and acronyms - Map
Introduction: democratic reform, terrorism and reconciliation
1 Building a postcolonial state
2 The road to reform
3 The kingmakers: generals and presidents in a time of terror
4 The Bouteflika era: civil sociaty, peace, and sidelining generals
5 Energy and the economy of terror
6 A genealogy of terror: local and global jihadis
7 The future of radical Islam: from the GSPC to AQMI
8 Killing the messengers: Algeria’s Rushdie syndrome
Conclusion: a historian’s reflections on amnesty in Algeria
Notes - Index


About the Author

James D. Le Sueur is Associate Professor of History at the University of Nebraska, Lincoln, and has been a Senior Associate Member of the Middle East Centre at St Antony's College, Oxford. He is an internationally recognized expert on Algeria and political Islam, French history and decolonization. He is currently producing a documentary film on the Algerian civil war. His books include Uncivil War: Intellectuals and Identity Politics during the Decolonization of Algeria (2005) and The Decolonization Reader (2003).

parution: Yvette Delsaut, Reprises: cinéma et sociologie






Yvette Delsaut
Reprises : cinéma et sociologie
Collection Cours Et Travaux
Raisons D'agir
2010











Présentation de l'éditeur
Ce livre présente une réflexion de sociologue-spectateur de cinéma, face à des films documentaires réalisés, non par des sociologues, mais par des professionnels de l’audiovisuel travaillant en particulier sur un terrain déjà bien investi par la sociologie, le milieu populaire. La question posée est celle-ci : quand un film documentaire est susceptible d’une lecture sociologique, peut-on dire de l’auteur-cinéaste qu’il fait œuvre de sociologie ? qu’il est en quelque sorte un sociologue moderne, qui traduirait une façon sociologique d’appréhender le réel en se servant d’images en guise de mots ? L’auteur propose une réponse à cette question, en dressant une comparaison entre les productions cinématographiques et sociologiques portant sur des sujets parallèles et en donnant libre cours aux développements plus contingents suscités par ce rapprochement.
Prenant pour référence rémanente le film majeur d’Hervé Le Roux, Reprise, dont tout le monde connaît désormais la scène célèbre de sortie d’usine où une jeune femme exprime avec vigueur son désarroi au moment de reprendre le travail après la grève, Yvette Delsaut décortique de manière aussi concrète que minutieuse les moyens par lesquels sont produits l’adhésion et l’empathie du spectateur mais elle montre également les modes de connaissance que permet d’atteindre l’enregistrement d’images filmées. Elle fait également apparaître le décalage entre le point de vue du cinéaste et le point de vue du sociologue, décalage parfois recherché notamment lorsque le cinéaste conteste ou même refuse par principe le point de vue sociologique. Après avoir lu ce livre, on comprend pourquoi la posture naïve d’observateur innocent ou de cinéaste sans parti pris est en réalité intenable et jamais tenue.

Ce livre écrit par une sociologue qui a particulière ment travaillé sur les questions d’inégalités sociales devant l’école et sur les milieux populaires s’adresse aux étudiants et chercheurs en sciences sociales qui s’intéressent aux nouvelles méthodes de recueil d’information et d’observation, mais aussi aux auteurs de films documentaires qui se confrontent à des objets « sociologiques » et, plus généralement, aux lecteurs d’ouvrages portant sur la question sociale comme aux spectateurs de films décrivant le monde social. Il permet de décrypter ou du moins de fournir des instruments d’analyse permettant de maîtriser un peu mieux les effets de l’évidence immédiate du réel que porte en elle l’image et, plus particulièrement, l’image filmée.

The International Circulation of Sociological Ideas: The Case of Pierre Bourdieu, Part three








The International Circulation of Sociological Ideas: The Case of Pierre Bourdieu, edited by Marco Santoro / Part three

Sociologica
N. 2-3/2009
Doi: 10.2383/31374
Copyright © 2009 by Società editrice il Mulino, Bologna



Marco Santoro
Introduction to the Third Part

Ian Woodward, Michael Emmison
The Intellectual Reception of Bourdieu in Australian Social Sciences and Humanities


Alexander Bikbov
A Strange Defeat: The Reception of Pierre Bourdieu’s Works in Russia


Marco Santoro
How “Not” to Become a Dominant French Sociologist: Bourdieu in Italy, 1966-2009

Fernanda Beigel
“Sur les Tabous Intellectuels”: Bourdieu and Academic Dependence


Gisèle Sapiro, Mauricio Bustamante
Translation as a Measure of International Consecration. Mapping the World Distribution of Bourdieu’s Books in Translation


(Merci à Mauricio Bustamante pour l'info, G.Q.)

mercredi 21 avril 2010

à paraître: Bourdieu, théoricien de la pratique, Raisons Pratiques, n° 21

Bourdieu
Théoricien de la pratique
Michel de Fornel & Albert Ogien (eds.)
Coll. : Raisons pratiques
EHESS
à paraître 2011


Ce livre propose une clarification inédite du cœur de la théorie sociale de Bourdieu : sa conception de la pratique. Sociologues, philosophes et linguistes suivent son raisonnement, le confrontent aux nouvelles approches sociologiques.
Alors que le « moment Bourdieu » et les débats passionnels qu’il a suscités commencent à s’estomper, ce livre examine l’usage des notions que Bourdieu a introduites dans le lexique de la sociologie et de l’anthropologie et qui en font désormais partie : champ, habitus, capital, réflexivité, familiarité, intérêt, désintéressement, critique, position scolastique. Sociologues, philosophes et linguistes s’attachent ainsi, chacun à leur manière, à rendre compte d’un aspect de la théorie de la pratique de Bourdieu, en ouvrant une réflexion sur sa pertinence et sur les lacunes et contradictions qui ont provoqué sa remise en cause ou son rejet.
Ce livre n’est pas un plaidoyer pour ou contre Bourdieu. Il cherche plutôt à présenter une confrontation raisonnée de ses thèses avec celles qui ont été élaborées par les approches qui, depuis une vingtaine d’années maintenant, ont renouvelé l’enquête en sciences sociales, en l’orientant résolument vers l’analyse empirique de la pratique, dont la collection « Raisons pratiques » a été l’un des lieux majeurs de développement en France.


SOMMAIRE
I. THÉORIE
James Bohman – Réflexivité, agentivité et contrainte : les paradoxes de la sociologie de la connaissance de Pierre Bourdieu
Frédéric Vandenberghe – Pierre Bourdieu et le réalisme critique
Cyril Lemieux – Le crépuscule des champs. Limites d'un concept ou disparition d’une réalité historique ?
II. POLITIQUE
Bruno Karsenti – De Marx à Bourdieu. La critique et le dilemme de la pratique
Albert Ogien – L’antinomie oubliée. Ou la critique sociale a-t-elle besoin d’une théorie de la pratique ?
Bertrand Geay – Objectivation et auto-analyse : une sociologie de la pratique militante.
III. LANGAGE
Michel de Fornel – Bourdieu et l’anthropologie linguistique
Bruno Ambroise – Quelle rationalité de l’efficacité performative ?
IV. ACTION
Ilana Silber – L’intérêt de Bourdieu pour le désintéressement. Un exemple de « double vérité » ?
Laurent Perreau – « Quelque chose comme un sujet » : Bourdieu et la phénoménologie
Claude Gautier – Critique et criticisme : de l’extériorité des points de vue chez P. Bourdieu

Bruno Ambroise, Bourdieu et Wittgenstein : contributions à une critique de la vision scolastique


Bruno Ambroise
Bourdieu et Wittgenstein : contributions à une critique de la vision scolastique

Europe, 906 (2004) 258-271





Lire également:

Bruno Ambroise, La sociologie comme socio-analyse, Congrès Hopos, ENS, le 14 juin 2006

Bruno AMBROISE & Valérie AUCOUTURIER
L'objectivité de la subjectivité : l'objectivation contre la grammaire (Ryle et Bourdieu vs. Wittgenstein et Anscombe sur la connaissance de soi)
, WITTGENSTEIN : EXPERIENCE ET SUBJECTIVITE. Des manuscrits des années 30 aux Remarques sur la philosophie de la psychologie, colloque Collège de France les 30 et 31 mai 2006.

Pierre Bourdieu, Bref impromptu sur Beethoven, artiste entrepreneur


Pierre Bourdieu
Bref impromptu sur Beethoven, artiste entrepreneur

Sociétés & Représentations 1/2001 (n° 11), p. 013-018.

Rémi Lenoir, Espace social et classes sociales chez Pierre Bourdieu


Rémi Lenoir
Espace social et classes sociales chez Pierre Bourdieu

Sociétés et Représentations
n° 17, 2004/1
Page 385 à 396
Nouveau Monde éditions

Louis Pinto, Voir autrement


Louis Pinto
Voir autrement

Revue internationale de philosophie, p. 299-325.
2002/2 (n° 220)

écoutez: autour de la Sociologie est un sport de combat






écoutez Pierre Carles, Franck Poupeau, Serge Halimi, Pierre Rimbert, Gilles Balbastre et Thierry Discepolo, à propos de La sociologie est un sport de combat
Là-bas si j'y suis, par Daniel Mermet, (2001, 2012)

mardi 20 avril 2010

à paraître: Maurice Halbwachs, La Théorie de l'Homme moyen. Essai sur Quetelet et la statistique morale


Maurice Halbwachs
La Théorie de l'Homme moyen. Essai sur Quetelet et la statistique morale
Préface d'Éric Brian
éd. ScienceS en Situation
(1ère édition 1912)
A paraître en mai 2010











Présentation de l'éditeur

Le lecteur du XXIe siècle trouve aussi dans l’ouvrage des éléments décisifs pour saisir l’itinéraire intellectuel d’un docteur studieux et tenace, que son acharnement savant conduira à des œuvres qui en font aujourd’hui l’un des sociologues du XXe siècle considérés comme les plus importants, réformateur du durkeimisme initial ; annonciateur de multiples variantes de la sociologie des Trente glorieuses telles les vastes enquêtes quantitatives, la démographie moderne, les études différentielles des classes sociales et des niveaux de vie, les études sur les genres et les styles de vie ; et enfin fondateur de la sociologie de la mémoire collective.

L’analyse porte ici sur les techniques statistiques en vigueur vers 1900 – moyennes, indices, tendances, tableaux croisés – et elle donne les éléments les plus importants à propos de l’objectivation des phénomènes sociaux sans égarer le lecteur dans le labyrinthe des techniques mises au point depuis 1912 – méthodes multivariées, tests modernes, régressions en tous genres, procédés factoriels ou analyses de réseaux – ni sans lui cacher les zones d’ombre couvertes aujourd’hui par l’informatisation du travail empirique.

Halbwachs, enfin, animé par une combinaison rare de réalisme scientifique, de souci de méthode et de systématicité dans l’enquête, offre à ses successeurs un jeu de pistes toujours neuf.

23-24-25 avril 2010. La pensée et l'action dans le pouvoir. Colloque international de théorie politique
















Colloque international de théorie politique

La pensée et l'action dans le pouvoir.
Colère: Dynamiques soumission - insoumission et création politique.






Programme détaillé


Organisation pratique
Dates: 23-24-25 avril 2010.
Lieu: Le colloque se déroulera à l’Université de Lausanne – bâtiment Anthropole,
métro UNIL-Dorigny à 15 minutes du centre de Lausanne.

Delphine Chapuis-Schmitz, Le sens à l’épreuve de l’expérience




Delphine Chapuis-Schmitz
Le sens à l’épreuve de l’expérience
Vrin
2010









Présentation de l'éditeur
Que nos énoncés aient une signification, cela semble aller de soi. Mais en quoi consiste la signification d’un énoncé? Wittgenstein répondait qu’elle réside dans l’usage qui en est fait.
L’intention du présent ouvrage est de préciser cette idée pour un type d’usage spécifique : l’usage cognitif qui consiste à décrire des choses ou des processus observables et, plus généralement, à délivrer des connaissances sur le monde.
Contre l’idée largement répandue selon laquelle le vérificationnisme ne serait plus qu’une curiosité historique, nous tentons, en prenant pour point de départ les positions de Carnap et de Schlick, d’en montrer tout l’intérêt pour comprendre nos attributions de signification cognitive. A cette fin, nous proposons non pas une théorie, mais une explication où il apparaît que les normes de notre langage jouent un rôle essentiel et que l’empirisme fondationnaliste doit laisser place à un réalisme empirique, plus conforme à nos usages du langage naturel, ordinaire ou scientifique.
Delphine Chapuis-Schmitz est titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université Paris 1- Panthéon Sorbonne.


lundi 19 avril 2010

résumé des cours de Bourdieu au Collège de France consacrés à Manet, 1998-1999

Pierre Bourdieu
Résumé des cours consacrés à Manet en 1999
Annuaire du Collège de France 1998-1999, P. 591-593.
2000






dimanche 18 avril 2010

écoutez: 7 cours de Bourdieu au Collège de France consacrés à Manet
















En attendant la publication de son ouvrage sur Manet, on peut écouter 7 cours de Bourdieu au Collège de France consacrés à Manet (en 1999) et lire la Bibliographie des cours. G.Q.

Cours 1 (95M)

Cours 2 (72M)

Cours 3 (75M)

Cours 4 (91M)

Cours 5 (73M)

Cours 7 (36M)


Cours 8 (80M)

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La bibliographie (voir ci-dessous) a été réalisée en écoutant les 7 cours de Pierre Bourdieu. Gilbert Quélennec

Sous la direction de Pierre Bourdieu, Robert Castel, Un art moyen, Minuit, 1965
Pierre Bourdieu, Alain Darbel. En collaboration avec Dominique Schnapper, L’Amour de l’art, Minuit, 1966.
Pierre Bourdieu, ESQUISSE D'UNE THÉORIE DE LA PRATIQUE précédé de TROIS ETUDES D'ETHNOLOGIE KABYLE, édition revue et augmentée, points essais, Seuil, 2000.
Pierre Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Minuit, 1979.
Pierre Bourdieu, Le sens pratique, Minuit, 1980.
Pierre Bourdieu, Langage et pouvoir symbolique, points essais, Seuil, 2001.
Pierre Bourdieu, LES REGLES DE L'ART. Genèse et structure du champ littéraire, édition 1998 revue et corrigée, points essais, Seuil, 1998.
Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, édition revue et corrigée, points essais, Seuil, 2003.

Emmanuel Bourdieu, Savoir Faire. Contributions à une théorie dispositionnelle de l'action, Paris, Seuil, 1998.
Louis Pinto, Pierre Bourdieu et la Théorie du monde social, points essais, Seuil, 2002.

Michael Baxandall, L'oeil du Quattrocento - L'usage de la peinture dans l'Italie de la Renaissance, Gallimard, 1985.
Albert Boime, The Academy and French Painting in the Nineteenth Century London, 1971 Second Edition with new introduction New Haven, 1986.
Albert Boime, Thomas Couture and the Eclectic Vision, Yale University Press New Haven and London, 1980.
Jean-Paul Bouillon
Alan Bowness, “A note on 'Manet's compositional difficulties”, Burlington Magazine 103, June 1961.
Pascale Casanova, Beckett l'abstracteur. Anatomie d'une révolution littéraire, Éditions du Seuil, 1997.
Timothy James Clark
Gustave Flaubert, L'Education sentimentale.
Michel Foucault, La peinture de Manet suivi de Michel Foucault, un regard, Seuil, 2004.
Michael Fried, Absorption and Theatricality: Painting and Beholder in the Age of Diderot, Berkeley: University of California Press, 1980. Awarded 1980 Gottschalk Prize.
Dario Gamboni, La plume et le pinceau. Odilon Redon et la littérature, Paris, Editions de Minuit (collection « Le sens commun »), 1989.
Marie-Claude Genet-Delacroix,
Ernst Gombrich, Symbolic Images. Studies in the Art of the Renaissance, 2, 1972.
Jack Goody, La raison graphique. La domestication de la pensée sauvage, Minuit, 1998.
Lionel Gossman,
Clement Greenberg, Modernist Painting, Forum Lectures (Washington, D. C.: Voice of America), 1960
Jerzy Grotowski,
George Heard Hamilton, Manet and His Critics (New Haven) 1954.
Francis Haskell, Rediscoveries in Art: some aspects of taste, fashion and collecting in England and France (London, 1976).
Joseph Jurt, "La peinture et le paradigme littéraire au XVIIe siècle", Papers on French seventeenth Century Literature, XIV, 226, 1987, p. 61-81.
Rosalind Krauss,
Jean-Marie Laclavetine et Jean Lahougue, Ecriverons et liserons en vingt lettres, Champ Vallon, 1998
Patricia Mainardi,
Stéphane Mallarmé,
John Milner, The Studios of Paris. The Capital of Art in the Nineteenth Century, (New Haven, Yale University of Press, 1988).
Linda Nochlin,
Erwin Panofsky,
Rainer Rochlitz,
Robert Rosenblum, De David à Delacroix, la Peinture française de 1774 à 1830, Paris-Detroit-New York, 1974.
Daniel J. Sherman,
Debora Silverman, L'Art nouveau en France - Politique, psychologie et style fin de siècle, Flammarion, 1994.
Joseph C. Sloane. French Painting Between the Past and the Present: Artists, Critics, and Traditions, from 1848 to 1870. [reprint 1973]. Princeton, 1951.
Spinoza, Tractatus theologico-politicus
Iouri Tynianov,
Pierre Vaisse,

Marcel Fournier, La dernière leçon de Pierre Bourdieu

Marcel Fournier
In Memoriam Pierre Bourdieu (1930-2002) / La dernière leçon de Pierre Bourdieu

Sociologie et sociétés, Volume 33, numéro 2, Automne 2001, p. 217-221

samedi 17 avril 2010

biblio pour compléter le livre de Laurent Cordonnier, L'économie des Toambapiks

Pour aller plus loin après la lecture du livre de Laurent Cordonnier (L'économie des Toambapiks. Une fable qui n'a rien d'une fiction, Raisons d'Agir, 2010), on peut lire les trois références ci-dessous proposées et présentées par Laurent Cordonnier:


i) Une manière de se mettre vraiment au niveau concernant les idées de Keynes est de lire le recueil de ses essais traduits en français chez Gallimard. Cet ouvrage permet de se familiariser avec la théorie de Keynes, sans affronter directement la /Théorie Générale/ (1936)... sans doute un peu ardue pour des non-économistes. Mais tout y est !


John Maynard Keynes
LA PAUVRETÉ DANS L'ABONDANCE
trad. de l'anglais par Laurent Cordonnier, Thierry Demals, Laurence Duchêne, Henri Philipson, Nicolas Postel et Franck Van de Velde, préface de Jean-Paul Fitoussi et Axel Leijonhufvud
Gallimard, [2002]

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ii) Pour connaître les développements de la pensée keynésienne depuis la publication de la /Théorie Générale/, l'ouvrage de référence est celui de Marc Lavoie, à la Découverte. Ecrit par l'un des meilleurs spécialistes du courant postkeynésien, et l'un de ses contributeurs les plus influent (les postkeynésiens sont les économistes qui ont intégré au coeur de leurs raisonnements le principe de la demande effective formulé par keynes), ce petit livre fait le point de manière fort pédagogique sur les apports de cette théorie à la compréhension du capitalisme contemporain.


Marc LAVOIE
L'économie postkeynésienne
Repères 384
La Découverte
2004









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iii) Pour connaître de manière précise et condensée l'ensemble des transformations institutionnelles qui ont contribué à configurer le capitalisme financiarisé que nous connaissons depuis un quart de siècle, et dont les crises vont crescendo, l'ouvrage incontournable est celui de Dominique Plihon.


Dominique PLIHON
Le nouveau capitalisme
Repères 370
La Découverte
2009









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(Merci à Laurent Cordonnier, G.Q.)

Journées d’étude: POLITIQUES DE LA LITTERATURE: BOURDIEU, SARTRE, FOUCAULT, 29 et 30 avril 2010

POLITIQUES DE LA LITTERATURE: BOURDIEU, SARTRE, FOUCAULT

Journées d’étude du Groupe belge d’Etudes Sartriennes (groupe de contact FNRS)

Université de Liège, 29 et 30 avril 2010

Programme:

Jeudi 29 avril

9h30 Jean-François Louette (Paris IV – Sorbonne), « Le deuxième sexe dans Les Mains sales »
10h30 Gianluca Vagnarelli (ULg), « Démocratie et communication littéraire dans Qu’est-ce que la littérature ? de Sartre »
11h30 Jacques Lecarme (Paris III – Sorbonne Nouvelle), « Sartre et Bourdieu: Refus de l’autobiographie, passage à l’acte autobiographique, présence inévitable de Flaubert »
12h30 – 14h Pause midi

14h Jacques Dubois (ULg), « Flaubert analyste de Bourdieu »
15h François Provenzano (FNRS/ULg), « L’ellipse du sujet. Bourdieu et Foucault face à la littérature comme discours »
16h Thomas Bolmain (FNRS/ULg), « Une éthique de la littérature : Foucault, de Kant à Lacan »

Vendredi 30 avril

10 h Daniel Giovannangeli (ULg), « Entre littérature et philosophie. Mallarmé et Derrida »
11h Julien Pieron (FNRS/ULg), « De l’ »hermétisme » à l’émancipation – réflexion sur le Mallarmé de Rancière »
12h – 14h Pause midi

14h Philippe Sabot (Lille III), « L’engagement imaginaire de Jean-Paul Sartre »
15h Fabio Caprio Leite de Castro (CAPES/ULg), « Le public et l’esprit objectif chez Sartre »
16h Grégory Cormann (ULg), « « Des muets qui veulent parler ». Politique, langue et littérature chez le dernier Sartre »

Lieu : Université de Liège, Salle de l’Horloge, place du XX-Août, 7. Bât. A1
Contacts : tbolmain@ulg.ac.be ou gregory.cormann@ulg.ac.be

vendredi 16 avril 2010

Pierre Bourdieu, Hommage à Michael Pollak






Pierre Bourdieu, Hommage à Michael Pollak
Actes de la recherche en sciences sociales
Numéro 94
pp. 106-107
1992

entretien: Pierre Bourdieu & Jacques Derrida, Pour Louis Marin

Pierre Bourdieu & Jacques Derrida
Pour Louis Marin
Liber. Revue européenne des livres, n. 12
1992


Derrida — Oui, du fond de ma tristesse, aujourd’hui, je n’ai pas le cœur d’écrire. Pour éviter les éloquences d’une oraison ou la fixité du portrait, je préfère les signes de vie et donc parler, parler avec toi de notre amitié et de notre admiration pour celui avec lequel nous avons tant partagé depuis plus de 40 ans : Louis Le Grand, la rue d’Ulm, etc. Avant de le retrouver aux Hautes Études, il y a dix ans, je l’avais souvent revu aux États-Unis et en Italie par exemple. S’il faut parler de son rayonnement à l’étranger, ce n’est pas seulement pour rappeler son autorité internationale, comme on dit, l’influence de ses écrits et de son enseignement (qu’on mesure peut-être mal en France, mais on ne tardera pas à le faire – et il faudrait interroger, dans l’institution académique et hors d’elle, les motivations et les mécanismes de cette disproportion, qui est aussi une injustice. Il est vrai que la trajectoire proprement débordante de ses projets et la diversité des champs explorés pouvaient inquiéter les normes de la réception, telles qu’elles se stabilisent dans chaque discipline). Mais le mot de rayonnement s’impose aussi autrement : je n’ai connu personne dont l’intelligence fût d’elle-même aussi lumineuse et généreuse à la fois, immédiatement claire, brillante, gaie, toujours prête à communiquer l’enthousiasme de la découverte et à donner l’impression du premier matin : l’éveil, la vigilance émerveillée, aussitôt donnée en partage. Ce fut pour moi une jouissance sans cesse renouvelée, non seulement à la lecture de ses livres mais au cours de séminaires communs où l’immensité de sa culture et l’impressionnante diversité de son savoir ne l’empêchaient pas de jubiler à chaque instant devant un nouveau paradoxe, le pli imprévu d’une interprétation, une connexion inédite, etc., toujours avec ce rire inoubliable dans la respiration de la phrase, cette joyeuse impatience avec laquelle il prenait l’autre à témoin. Dans ce qu’il donne alors à penser, à lire ou relire, il y a la philosophie, d’abord et toujours. Ce fut là sa première formation et son souci constant, bien sûr. Ce penseur profond et lucide est d’abord un philosophe de grande envergure, ouvert aux champs les plus vastes, les plus divers, dans leur expansion même. Il y a aussi la théologie. Son travail sur le récit évangélique ou sur la doctrine de l’Eucharistie traverse plusieurs de ses livres. Nouveau et fort, il déplace et réorganise un grand nombre d’enjeux (rhétoriques, logiques, sémiotiques, anthropologiques, et chaque fois politico-institutionnels). Sa pensée du théologico-politique croise de façon aussi originale une histoire, elle-même formalisée, des théories du signe et de la représentation. Ses textes inauguraux sur le portrait (par exemple le portrait du roi, la réflexion sur le corps glorieux du monarque) comme sur l’autoportrait, aussi bien dans la peinture (à commencer par Poussin) que dans la littérature (il faut relire ses extraordinaires « autoportraits » amoureux de Montaigne et de Stendhal) forment un dispositif différencié et conséquent, un dispositif analytique mais aussi spéculatif qui concentre les lumières venues de tous les champs auxquels je faisais allusion (philosophique, théologico-politique, logico-rhétorique, sémiotique, iconographique). Or ce sont aussi, précisément, des travaux à la loupe, des réflexions exemplaires sur la fonction du miroir mais encore, d’Augustin à Leiris, sur l’écriture autobiographique dont elle démonte les logiques et dénonce les « pièges ».

Bourdieu— Il ignorait les frontières. Prolongeant les recherches de Kantorowicz, qui montrait sur quelles fictions théologico-juridiques reposent nos institutions et nos représentations politiques les plus communes, et de Panofsky (et de l’école de Warburg), qui tentait de donner des réponses historiques à l’interrogation transcendantale, il a mené sa recherche, à la fois historique et philosophique, sémio-logique et sociologique, hors des sentiers battus et des limites, si étroites, du corpus canonique : Pascal, les Messieurs de Port-Royal, mais aussi Pellisson, Racine et Boileau, historiographes royaux, et Philippe de Champaigne, et tant d’autres. Cela parce que, d’emblée, il a associé la question de la représentation et la question du pouvoir : la question du pouvoir de la représentation, de l’efficace du signe, et la question de la représentation du pouvoir, c’est-à-dire de l’utilisation par le pouvoir de l’extraordinaire pouvoir qu’ont l’écrit et surtout l’image de rendre présente une personne qui ne l’est pas ou ne l’est plus.
Représentation, l’ambassadeur qui agit au nom du gouvernement de son pays, représentation, l’ange au tombeau vide qui dit « il n’est pas ici, il est ailleurs », représentation, la peinture figurant l’ange de l’Annonciation. Dans tous les cas, ce qui est en question, c’est le mystère de l’incarnation. Dans une peinture figurant le mystère de l’incarnation du Christ, le véritable mystère réside dans l’incarnation symbolique du mystère ; dans la formule, « l’État c’est moi », il est dans le mysterium du ministerium, comme disaient les canonistes, le mystère du ministère, de la délégation. Partout, comme dans le « ceci est mon corps » de l’Eucharistie, il est question de la « présence réelle » d’un absent représenté, c’est-à-dire présent, mais seulement in effigie.

Derrida— Le « ceci est mon corps » reconduit en apparence à « l’autobiographie ». Avec la voix qui lui est propre, celle que je voudrais entendre encore et encore, Marin parle surtout d’une fatale « autobiothanatographie ». Aujourd’hui, je serais tenté de suivre à travers ses livres le fil coupé d’une médiation – obstinée, inlassable, sans cesse renouvelée – sur toutes les figures, expériences ou approches de la mort. Du deuil et de la survie. Et de toutes les singularités du « Ceci est mon corps et je vous le donne… ». À la fois anxieuse et allègre, la pensée y chemine auprès de l’« épitaphe » ou du « cénotaphe », elle revient toujours, comme si elle y précédait jusqu’à son ombre, auprès des « figures du tombeau », de l’« intermède funéraire », de l’inscription inscrite sur le « monument de son tombeau » (du « je mourus » au « je vais naître »). Avec les références pascalienne et stendhalienne, qui insistent partout, avec le « Tombeau de Montaigne » (La Voix excommuniée), le déchiffrement exemplaire des Bergers d’Arcadie (Et in Arcadia ego) de Poussin et de La Tête de Méduse du Caravage (Détruire la peinture), pourrait bien introduire à cette grande œuvre interrompue, à ce qui y reste le plus constant – une certaine fidélité à soi dans la pensée de la mort – comme à tout ce qu’elle nous laisse encore à découvrir, à aimer, à penser…

Bourdieu— Je pense à ce passage du Traité de la peinture d’Alberti qu’il rappelle quelque part (et que je cite de mémoire) : « La nouvelle peinture fait revenir les morts, elle les fait revivre, elle les évoque en quelque sorte magiquement ». Ce pouvoir de ressusciter l’absent, le mort, même sur le mode du presque, nous voudrions l’avoir un peu aujourd’hui, pour donner à voir ce beau visage généreux et toujours bienveillant, faire entendre cette parole chaleureuse, enthousiaste, ce « ton de la voix qui, comme dit Pascal, en impose aux plus sages », et pour faire revivre ainsi ce qu’a été, ce qu’est Louis Marin, pour Françoise, Anne, Frédérique et Judith, pour tous ses amis et ses élèves, français et étrangers, pour nous-mêmes. Nous pouvons, pour nous consoler, évoquer l’exemple, cher aux Messieurs de Port-Royal, de la cendre qui cache comme chose matérielle ce qu’elle désigne comme signe, le feu : la disparition, l’absence, par les effets d’imagination qu’elles produisent, le chagrin qu’elles nous inspirent, ne doivent pas nous faire oublier, dans leur opacité, la présence de l’œuvre, et de celui qui s’est incarné à jamais dans cette représentation permanente.


Jean-Michel Faure - Sébastien Fleuriel, Excellences sportives


Jean-Michel Faure - Sébastien Fleuriel
Excellences sportives Économie d’un capital spécifique
Éditions du Croquant
2010









Présentation de l'éditeur
Qu’est-ce qui fait l’excellence sportive ? Que faut-il pour réaliser des performances dans des disciplines aussi diverses que l’athlétisme, le cyclisme, l’équitation, le football, la gymnastique, le rugby et la voile. Les enquêtes rassemblées dans ce livre mettent en évidence un « droit d’entrée » propre à chacune d’elles et étudient les modalités d’acquisition du « capital spécifique » requis, les formes d’incor­poration des compétences et des habiletés corporelles et sociales qui le définissent.
Elles analysent, par ailleurs, la dynamique des luttes incessantes dans l’espace des sports qui ont pour objet la définition du « capital sportif », tantôt amateur, tantôt professionnel, selon l’état de développement de chaque discipline.
Elles étudient enfin les possibilités et les modalités de conversion ou de reconversion du capital sportif à l’issue d’une carrière, mettant en évidence sa faible convertibilité. Il apparaît ainsi que, si les champions sont célébrés pour leurs exploits, les titres et les records accumulés contribuent surtout au prestige des institutions sportives.

Jean-Michel Faure est sociologue, professeur émérite à l’université de Nantes, membre du CENS et chercheur ­associé au Centre de sociologie européenne. Il a été directeur adjoint du Réseau national de recherches sur le sport du CNRS (1992–2004). Il a écrit, avec Charles Suaud, Le football professionnel à la française, Presses universitaires de France, 1999.

Sébastien Fleuriel est sociologue, professeur à l’université de Lille 1 et membre du Clersé (UMR CNRS 8019). Il a écrit, avec Manuel Schotté, Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs, Éditions du Croquant, 2008.

Auteurs :
Claude Boli, Vérène Chevalier, Jean-Michel Faure, Sébastien Fleuriel, Nicolas Lefèvre, Fanny Le Mancq, Bruno Papin, Marc Pelletier, Manuel Schotté, Joris Vincent.


à paraître: Sandra Laugier, Wittgenstein Le mythe de l’inexpressivité





Sandra Laugier
Wittgenstein
Le mythe de l’inexpressivité
Vrin
à paraître mai 2010








Wittgenstein est un philosophe du langage, de l’esprit, et en particulier un philosophe de la subjectivité; pas seulement de la grammaire de la première personne, ou de la logique du scepticisme, mais de la subjectivité comme exprimée dans le langage, comme articulation du dedans et du dehors : comme voix humaine.
Le mythe de l’intériorité se révèle, dans cette approche, comme un mythe de l’inexpressivité : on préfère un « privé » inaccessible, muet, à la réalité (corporelle) et à la fatalité du vouloir-dire. C’est bien le réalisme (« la chose la plus difficile », dit Wittgenstein) qu’on découvre alors au bout du scepticisme.
Sandra Laugier, professeur de philosophie à l’université de Picardie Jules Verne, membre du CURAPP (UMR 6054), a publié de nombreux ouvrages sur la philosophie du langage ordinaire et sur la philosophie américaine


jeudi 15 avril 2010

à paraître: Agone 43, « Comment le genre trouble la classe »


Agone 43
« Comment le genre trouble la classe »
Agone
À paraître le 18/06/2010










SOMMAIRE

Éditorial: Ce que le tournant postmoderne fait au féminisme la rédaction

Le marxisme et l’origine de l’oppression des femmes, une nécessaire réactualisation, Christophe Darmangeat

« Une force féminine consciente et responsable qui agisse en tant qu’avant-garde de progrès ». Le mouvement des Mujeres Libres (1936–1939), Miguel Chueca

Une femme de mineur à la tribune de l’Année internationale de la femme (1976), Domitila Barrios de Chungara ; traduit de l’espagnol par Louis Constant et présenté par Elsa Laval

Féminisme et postmodernisme, Sabina Lovibond ; traduit de l’anglais par Bruno Ambroise et Valérie Aucouturier

Pourquoi le post-structuralisme est une impasse pour le féminisme, Barbara Epstein ; traduit de l’anglais par Philippe Olivera

Peut-on penser une construction performative du genre ?, Bruno Ambroise

La leçon de choses
Au service de Robert Walser. Notes éditoriales, Anne-Lise Thomasson et Thierry Discepolo
Un point c’est tout, Robert Walser ; traduit de l’allemand par Lucie Roignant
Note du traducteur, suivi de Curriculum. À propos de L’Homme à tout faire, Walter Weideli

Histoire radicale
Victor Serge (1890–1947). De la jeunesse anarchiste à l’exil mexicain. Présentation par Charles Jacquier
De Paris à Barcelone, Rirette Maîtrejean
Un homme de pensée et d’action au service de la vérité et de la liberté, Julian Gorkin
Le groupe Socialisme y Libertad. L’exil antiautoritaire d’Europe au Mexique et la lutte contre le stalinisme (1940–1950), Claudio Albertani ; traduit de l’espagnol par Miguel Chueca

entretien avec Jean-Jacques Rosat à propos de l’édition des Écrits Politiques de George Orwell

À propos de l’édition des Écrits Politiques de George Orwell chez Agone

Entretien avec Jean-Jacques Rosat
Propos recueillis par Jean-Mathias Fleury

première partie de cet entretien pour L’Émancipation syndicale et pédagogique (n° 7, mars 2010)

deuxième partie de cet entretien pour L’Émancipation syndicale et pédagogique (n° 8, avril 2010).

mardi 13 avril 2010

à paraître: Thomas Bernhard, Mes prix littéraires

Thomas Bernhard
Mes prix littéraires
Traducteur: Daniel Mirsky
Gallimard
le 07/05/2010




Présentation de l'éditeur
Sous prétexte de parler de tous les prix littéraires qu’il a reçus, Bernhard se livre, dans ces textes inédits, à ce qu’il fait le mieux : exercer sa détestation. Jurés, organisateurs, notables allemands ou autrichiens, personne n’est épargné par l’humour vengeur d’un auteur hypersensible à la médiocrité. Irrésistiblement méchant et drôle, Bernhard excelle aussi dans l’art de la miniature. Chaque récit est un joyau, et se lit comme une courte nouvelle. Derrière une apparente désinvolture, Bernhard interroge la nature de l’industrie littéraire et la vanité des distinctions honorifiques. Tout cela, dans un style acéré et ironique à la fois – du grand art. Terminé en 1980, ce petit volume, resté pour des raisons obscures inédit du vivant de l’auteur, associe neuf récits de remises de prix et les discours de réception correspondants, poétiques et violents. On comprendrait presque pourquoi un certain ministre autrichien, à l’audition d’un de ces discours assassins, s’est retenu de justesse de frapper Bernhard...

L'auteur
Thomas Bernhard (1931-1989) est fils d’un cultivateur autrichien. Il fait ses études secondaires à Salzbourg et suit des cours de violon et de chant, puis de musicologie. Son premier recueil de poèmes paraît en 1957, suivi deux ans plus tard d’un livret de ballet. Il écrit des pièces dont plusieurs sont jouées dans de nombreux pays et en France à partir de 1960. Thomas Bernhard a obtenu en 1970 le prix Georg Büchner, la plus importante récompense littéraire d’Allemagne occidentale. Aujourd’hui, il est unanimement considéré comme un des plus grands prosateurs de la langue allemande.

jeudi 8 avril 2010

28 mai, colloque organisé par Jacques Bouveresse - Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky

Vendredi 28 mai, colloque organisé par le Pr. Jacques Bouveresse
Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky

Collège de France
Amphithéâtre Marguerite de Navarre
11 place Marcelin-Berthelot, Paris 5ème

Accès libre sans réservation dans la limite des places disponibles.

Ce colloque sera intégralement retransmis en direct (vidéo) sur le site web du Collège de France

Des vidéos intégrales en français et en anglais seront téléchargeables une semaine plus tard sur la page de la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance.

Programme

9 heures : Jean-Jacques ROSAT, maître de conférences au Collège de France
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action

10 heures : Pascal ENGEL, professeur à l’université de Genève
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?

11 heures : Pause

11h15 : Thierry DISCEPOLO, directeur de la revue et des éditions AGONE
Tout ça n'est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d'une ligne éditoriale

14 heures : Jacques BOUVERESSE, professeur au Collège de France
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité

15 heures : John NEWSINGER, professeur à Bath Spa University
George Orwell and Democratic Socialism (conférence en anglais)

16 heures : Noam CHOMSKY, professeur au MIT
'Power-hunger tempered by self-deception' (conférence en anglais)

17 heures : Discussion générale

18 heures : Fin du colloque

mercredi 7 avril 2010

Abdelmalek Sayad, Immigration et "pensée d'État"










Lisez Abdelmalek Sayad, Immigration et "pensée d'État" in Actes de la recherche en sciences sociales, 1999, Numéro 129, Délits d'immigration, pp. 5-14

écoutez: Smaïn Laacher, Abdelmalek Sayad et la sociologie de l’immigration

UniverCité
Jeudi 18 mars 2010

Abdelmalek Sayad et la sociologie de l’immigration
Écouter Smaïn Laacher, sociologue, Centre d’étude des mouvements sociaux, EHESS (1h21)


Abdelmalek Sayad (1933-1998) est un sociologue connu et reconnu du monde de la recherche sur l’immigration. Mais ses textes, articles et ouvrages le sont beaucoup moins. Ce n’est pas seulement vrai en France. Sans aucun doute encore plus au Maghreb, et particulièrement en Algérie, son pays de naissance dont il a toujours gardé la nationalité. Cette conférence se propose de relier l’homme, le sociologue et sa sociologie. Une sociologie de l’immigration, qui se construit dans les années 70-80, une période très « politique ». Mais aussi une sociologie liée à un auteur, Pierre Bourdieu, et à une théorie sociologique de la domination.

mardi 6 avril 2010

à paraître: Bourdieu, Language and Linguistics

Bourdieu, Language and Linguistics
Bourdieu, Language and Linguistics
Edited by
Michael James Grenfell
Continuum
Nov 2010






Présentation de l'éditeur


Pierre Bourdieu is regarded as one of the foremost social philosophers of the twentieth century. His output included extensive studies of education, culture, art and language. He went beyond being a sociologist to being regarded in the same 'public intellectual' role as Sartre, de Beauvoir and Foucault.
Issues surrounding language permeate Bourdieu's entire oeuvre. Although he did undertake empirical studies on language in a range of contexts, very little of this was published. This book redresses this balance; it sets out what Bourdieu has to say about language and why, and exemplifies this approach through a series of empirical language studies.
This book will appeal to researchers across the world in fields such as sociology, philosophy, cultural studies, anthropology but is of especial interest to language and linguistics scholars.

Table of Contents

1. Introduction \ Part I \ 2. Bourdieu: A Theory of Practice, Michael Grenfell (University of Southampton, UK) \ 3. Bourdieu, Language and Linguistics, Michael Grenfell University of Southampton, UK) \ Part II \ 4. Language Variation (Phonetics and Phonology), Michael Grenfell (University of Southampton, UK) \ 5. Language and Ideology, Robert Vann (Western Michigan University, USA) \ 6. Linguistic Ethnography, Adrian Blackledge (University of Birmingham, UK) \ 7. Language Policy, Stephen May (University of Waikato, New Zealand) \ 8. Language and Education, Allen Luke (University of Queensland, Australia) \ Part III \ 9. Towards a Bourdieusian Linguistics, Michael Grenfell (University of Southampton, UK) & Adrian Blackledge (University of Birmingham, UK) \ 10. Conclusion
Bibliography \ Index

Michael Grenfell is Professor in the School of Education, University of Southampton. He has researched and published extensively in Applied Linguistics and the Philosophy of Education. He had a longstanding association with Bourdieu and is author of four other books on his work, including Agent Provocateur (Continuum).




dimanche 4 avril 2010

Re-découvrir et écouter: Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001 Science sociale et action politique

écouter la présentation du livre "Interventions" de Pierre Bourdieu, 07 Juin 2002, Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, avec Franck Poupeau, Annick Coupé, Annie Ernaux, Christian De Montlibert, Thierry Discepolo.
Daniel Mermet - Présentation du livre sur Bourdieu
Found at abmp3 search engine




Pierre Bourdieu
Interventions, 1961-2001
Science sociale et action politique
Textes choisis et présentés par Franck Poupeau & Thierry Discepolo
Agone
2002








Présentation de l'éditeur
Les interventions de Pierre Bourdieu depuis les grèves de décembre 1995 ont été l’objet de condamnations souvent virulentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le pouvoir. Il fut alors accusé de découvrir l’action politique « sur le tard », d’abuser de sa notoriété scientifique ou encore de revenir à des figures intellectuelles surannées. Ce qui semblait choquer avant tout, c’était qu’un savant intervienne de la sorte, portant le fer de la critique dans le domaine politique.
Les interventions du sociologue dans l’espace public datent pourtant de son entrée dans la vie intellectuelle, au début des années 1960 à propos de la guerre d’Algérie. Dès lors, une réflexion constante sur les « conditions sociales de possibilité » de son engagement politique l’incite à se démarquer aussi bien d’un scientisme donneur de leçons que du spontanéisme alors si courant chez les « intellectuels libres ».
Ce recueil n’a pas seulement pour but de regrouper les nombreux textes « politiques » ou « critiques » souvent peu accessibles ou inédits en français. Il tient avant tout de la mise en situation : invitation à la lecture d’une œuvre souvent neutralisée par ses conditions académiques de réception. Il s’agit de montrer, à travers les étapes de l’itinéraire du sociologue, replacé dans son contexte historique, une articulation certaine entre recherche scientifique et intervention politique ; le travail de conversion des pulsions sociales en impulsions critiques.
À travers ce parcours, c’est finalement la genèse d’un mode d’intervention politique spécifique qui est retracée : science sociale et militantisme, loin de s’opposer, peuvent être conçus comme les deux faces d’un même travail d’analyse, de décryptage et de critique de la réalité sociale pour aider à sa transformation. La trajectoire illustrée par les textes de ce recueil montre comment la sociologie elle-même se trouve enrichie par l’engagement politique et la réflexion sur les conditions de cet engagement.

Pierre Bourdieu (1930–2002) était sociologue et professeur au Collège de France. À partir des années 1960, ses livres (Les Héritiers, La Distinction, La Misère du monde, etc.) et ses interventions ont joué un rôle majeur dans la vie intellectuelle et politique en France. Aux éditions Agone : Bourdieu, savant et politique de Jacques Bouveresse, Agone 2004, Introduction à une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu de Alain Accardo, Agone 2006 et Le sociologue et l’historien, (avec Roger Chartier) Agone 2010.