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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

mercredi 30 juin 2010

video/audio: Agnès Van Zanten, Choisir son école. Logiques et médiations

Regarder Agnès Van Zanten, Choisir son école. Logiques et médiations, jeudi 5 février 2009

écouter: Agnès Van Zanten, Discrimination positive et lutte contre les inégalités territoriales et individuelles, Approches Cultures & Territoires, 15 mai 2008

Agnès van Zanten est sociologue, directrice de recherche au CNRS.
La section de sociologie de l'ENS-LSH de Lyon a accueilli Agnès Van Zanten le 5 février 2009.


Agnès van Zanten
Choisir son école
PUF
2009

Présentation de l'éditeur
Les enquêtes montrent que la plupart des parents souhaitent avoir le droit de choisir l’établissement de leur enfant. Beaucoup optent pour le secteur privé, mais d’autres contournent la carte scolaire du secteur public en exprimant des préférences pour certaines options ou en demandant des dérogations. Un autre type de choix est celui de parents qui, envoyant leurs enfants dans les établissements du quartier, s’y investissent fortement pour surveiller leur scolarité. Si l’on ajoute à cela le fait que les choix résidentiels sont souvent motivés par le désir d’habiter à côté d’un « bon » établissement, force est de constater que le choix de l’école est un phénomène social majeur.
On ne disposait cependant que d’analyses encore partielles des stratégies de choix des parents. Prenant appui sur une enquête par entretiens dans quatre communes de la périphérie parisienne, cet ouvrage s’intéresse plus particulièrement aux parents des classes moyennes. Il étudie finement les clivages entre les différentes fractions de ce groupe social autour de choix qui constituent pour leurs membres d’importants enjeux tant du point de vue des carrières scolaires de leurs enfants que de la protection de leur statut collectif.
Mobilisant une vaste littérature sociologique, l’auteur développe une analyse compréhensive originale. Elle intègre l’étude des différents déterminants des choix : les visées, valeurs, « bonnes raisons » et ressources des parents. Elle examine aussi comment ces choix se construisent dans les espaces familiaux et les réseaux de voisinage en interaction avec l’offre éducative et la régulation locale.

à paraître: Ecole, les pièges de la concurrence, Choukri Ben Ayed, Sylvain Broccolichi, Danièle Trancart


Ecole: les pièges de la concurrence
Choukri Ben Ayed, Sylvain Broccolichi, Danièle Trancart
Collection Cahiers libres
La Decouverte
septembre 2010

mardi 29 juin 2010

Anne Fagot-Largeault, Médecine et philosophie


Anne Fagot-Largeault
Médecine et philosophie
PUF
2010



Présentation de l'éditeur
L’engagement médical implique toute une philosophie. Une métaphysique, parce que la médecine trouve sa raison d’être dans le constat de la réalité des maux qui affligent les vivants. Une épistémologie, parce qu’une connaissance du normal et du pathologique est la nécessaire condition d’une lutte intelligente contre ces maux. Des dilemmes moraux, parce que cette lutte associe la recherche du bien des malades individuels, le respect de leur autonomie, et la prise en compte de l’intérêt collectif.
C’est cette philosophie de l’acte médical que les essais ici réunis entreprennent d’expliciter, en abordant notamment les défis méthodo­logiques et ethiques de cet art, tout armé de technologies et au carrefour de multiples sciences, qu’est la médecine. L’auteur, philosophe et médecin, expose avec rigueur et clarté les stratégies utilisées par la recherche médicale pour détecter, identifier et classer les éléments pathogènes (étiologie des affections, logique de l’inférence diagnostique, recherche épidémiologique), les procédures employées pour évaluer les coûts et bénéfices des interventions thérapeutiques (notion de qualité de vie), et les problèmes moraux soulevés par la mise à disposition de services de santé (procréation médicalement assistée, suivi de la grossesse). De cette lecture, on sort convaincu que la sagessse médicale tient à un fragile équilibre entre dévouement à ceux qui souffrent, rationalité incluant l’acceptation du risque, et lucidité sur les limites de nos connaissances.

Table des matières

Introduction

I. — La philosophie de l’hygiène en 1878

II. — Calcul des chances et diagnostic médical

III. — Variation sur les notions de causalité et d’imputabilité

IV. — Approche médicale de la causalité dans les systèmes complexes

V. — Les droits de l’embryon (fœtus) et la notion de personne humaine potentielle

VI. — Le concept de maladie sous-jacent aux tentatives d’informatisation du diagnostic médical

VII. — La réflexion philosophique en bioéthique

VIII. — Enquête sur la notion de qualité de la vie

IX. — Procréation responsable

X. — Sur la compassion

Index des noms
Index des notions


Anne Fagot-Largeault, philosophe et psychiatre, est professeur au Collège de France, où elle occupe la Chaire de philosophie des sciences biologiques et médicales. Elles est notamment l’auteur de L’homme bioéthique. Pour une déontologie de la recherche sur le vivant (Maloine, 1985), Les causes de la mort. Histoire naturelle et facteurs de risque (Vrin & IIEP, 1989), et, avec D. Andler et B. Saint-Sernin, Philosophie des sciences (Gallimard, 2002).

Alain Babadzan, LE SPECTACLE DE LA CULTURE


Alain Babadzan
LE SPECTACLE DE LA CULTURE
Globalisation et traditionalismes en Océanie

L'Harmattan
2009



Présentation de l'éditeur
Dans tout le Pacifique Sud, la réhabilitation actuelle des traditions, longtemps stigmatisées, s'exprime par des mises en spectacle ritualisées donnant à voir la culture en tant que symbole d'identité nationale. L'auteur montre que la sacralisation de la " Coutume " (kastom) par les États de la région, loin de représenter une forme de résistance à la mondialisation, est une des traductions de la planétarisation du rapport occidental à la culture. La célébration nationaliste des cultures traditionnelles, désormais officialisée en idéologie d'État, est mise au service de la légitimation de rapports sociaux et politiques proprement modernes. L'auteur étudie le cas des traditionalismes postcoloniaux de Mélanésie aussi bien que le dossier de la " renaissance maorie " et de la crise du biculturalisme en Nouvelle-Zélande. Il replace la question des " politiques de la tradition " dans le Pacifique dans le cadre interprétatif de l'anthropologie du nationalisme comme de l'anthropologie religieuse, en examinant notamment le recours aux ressources spécifiques de l'activité rituelle dans la sacralisation de la culture et la construction de nouvelles formes d'identifications collectives. L'ouvrage invite ainsi à une réflexion renouvelée sur l'occidentalisation du monde, les conditions de la permanence et de la résistance culturelles, mais aussi sur les discontinuités majeures instaurées par les transformations actuelles du rapport à la culture.

Alain Babadzan, né à Paris en 1953, est professeur d'ethnologie à l'université Montpellier III et membre de l'Institut universitaire de France. Ses recherches ont porté sur les syncrétismes religieux, les cultes et les objets rituels en Polynésie, et sur l'anthropologie des nations. Il est l'auteur de " Naissance d'une tradition " (Paris, ORSTOM, 1982) et des " Dépouilles des dieux " (Paris, MSH, 1993).

Recension par Franck Poupeau

Marshall Sahlins, La Nature humaine: une illusion occidentale


Marshall Sahlins
La Nature humaine: une illusion occidentale
Réflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Renaut
Édition originale: The western illusion of human nature, Prickly Paradigm Press, Chicago, 2008.
Éditions de l'éclat
2009




Présentation de l'éditeur
Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature : une nature humaine si cupide et si violente qu'elle livrerait la société à l'anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu'il s'agit d'une conception typiquement occidentale, où l'opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes. Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l'espèce humaine modernes, l'homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l'apprend : nous sommes des animaux de culture ; notre patrimoine biologique, c'est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s'enracine aussi dans la culture.

Reflecting the decline in college courses on Western Civilization, Marshall Sahlins aims to accelerate the trend by reducing "Western Civ" to about two hours. He cites Nietzsche to the effect that deep issues are like cold baths; one should get into and out of them as quickly as possible. The deep issue here is the ancient Western specter of a presocial and antisocial human nature: a supposedly innate self-interest that is represented in our native folklore as the basis or nemesis of cultural order. Yet these Western notions of nature and culture ignore the one truly universal character of human sociality: namely, symbolically constructed kinship relations. Kinsmen are members of one another: they live each other's lives and die each other's deaths. But where the existence of the other is thus incorporated in the being of the self, neither interest, nor agency or even experience is an individual fact, let alone an egoistic disposition. "Sorry, beg your pardon," Sahlins concludes, Western society has been built on a perverse and mistaken idea of human nature.

Lire l'ouvrage en ligne sur Lyber-éclat

Marshall Sahlins is the Charles F. Grey Distinguished Professor Emeritus of Anthropology at the University of Chicago. The author of numerous books, Sahlins is a fellow of the American Academy of Arts and Sciences and a member of the National Academy of Sciences.

dimanche 27 juin 2010

Pierre Bourdieu, Préface in La construction de l'inconscient colonial en Alsace


Pierre Bourdieu, Préface (1999) in La construction de l'inconscient colonial en Alsace : un village nègre sous le froid, Emmanuel AMOUGOU, L'Harmattan, 2002, P.9-10.

Quand les Canaques prennent la parole, entretien d'Alban Bensa avec Pierre Bourdieu

Quand les Canaques prennent la parole
Alban Bensa, Pierre Bourdieu
, Actes de la recherche en sciences sociales, 1985, Volume 56, pp. 69-85

à paraître: Alban Bensa, Après Lévi-Strauss, pour une anthropologie à taille humaine

Alban Bensa
Après Lévi-Strauss
Pour une anthropologie à taille humaine

Textuel
(22 septembre 2010)

Présentation de l'éditeur
Contre une posture surplombante de l’ethnologue comme divin interprète des choses humaines, Alban Bensa défend une anthropologie radicalement empathique et politique qui rende la parole aux sans voix. Parce que comprendre les raisons de l’autre, en ces temps de peurs et de crispations identitaires, ce n’est pas l’étiqueter, le réduire, l’assigner mais bien prendre langue avec lui et, osons le mot, l’aimer et lui donner la parole.

vendredi 25 juin 2010

Michel Bozon, Sociologie de la sexualité (2ème édition refondue)


Michel Bozon
Sociologie de la sexualité (2ème édition refondue)
Armand Colin
2009




Présentation de l'éditeur
La sexualité ne s’identifie plus à la procréation, au mariage et à l’hétérosexualité, et les institutions ne contrôlent plus la morale publique. Plus qu’à une libération sexuelle, ces évolutions correspondent à une diversification des trajectoires individuelles et à une prolifération des discours et des images, qui obligent chacun à élaborer lui-même sa ligne de conduite.
La médicalisation participe de ces transformations.
Cette nouvelle édition s’appuie notamment sur les résultats de la dernière enquête sur la sexualité en France, confrontés à ceux d’autres pays. Elle intègre l’approche de la théorie queer et analyse la mondialisation du désir. L’ouvrage montre aussi la persistance dans les rapports amoureux d’une dissymétrie de genre, que le sens commun continue d’attribuer à des différences indépassables entre femmes et hommes.

Michel Bozon, sociologue, est directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Lennart Rosenlund, Exploring the City with Bourdieu


Lennart Rosenlund
Exploring the City with Bourdieu
Applying Pierre Bourdieu's theories and methods to study the community

Foreword by Loïc Wacquant
VDM Verlag
2009




Présentation de l'éditeur
Exploring the City with Bourdieu is a study of social structures, lifestyles and socio-cultural change of Stavanger. The time period covered is the last thirty years when oil activities became the major economic venture. At the end of the 1960s, Stavanger was a poor city. Today it is prospering as a result of the impact of the oil industry. It has become the oil capital of Norway. The book examines this city using the analytic framework outlined by Pierre Bourdieu in Distinction (1984). The study provides a practical illustration of how this approach may be applied to study complex social formations. It offers a theoretical chart and methodological instruments for readers wishing to understand social structures and change in today?s world. The study brings forth very different imageries of a society in change than dominating views of ?postmodern disorder?. Underneath the apparent flux there are social regularities to be revealed that encompass social positions, personal dispositions as well as spatial, geographical structures.

Lennart Rosenlund is a professor at University of Stavanger, Norway. His research interests are in the domain of the methodology of the social sciences and the sociology of culture.

jeudi 24 juin 2010

Loïc Wacquant, Punishing the Poor: The Neoliberal Government of Social Insecurity


Loïc Wacquant
Punishing the Poor
The Neoliberal Government of Social Insecurity

Translator: James Ingram
Duke University Press
2009

Description
The punitive turn of penal policy in the United States after the acme of the Civil Rights movement responds not to rising criminal insecurity but to the social insecurity spawned by the fragmentation of wage labor and the shakeup of the ethnoracial hierarchy. It partakes of a broader reconstruction of the state wedding restrictive “workfare” and expansive “prisonfare” under a philosophy of moral behaviorism. This paternalist program of penalization of poverty aims to curb the urban disorders wrought by economic deregulation and to impose precarious employment on the postindustrial proletariat. It also erects a garish theater of civic morality on whose stage political elites can orchestrate the public vituperation of deviant figures—the teenage “welfare mother,” the ghetto “street thug,” and the roaming “sex predator”—and close the legitimacy deficit they suffer when they discard the established government mission of social and economic protection. By bringing developments in welfare and criminal justice into a single analytic framework attentive to both the instrumental and communicative moments of public policy, Punishing the Poor shows that the prison is not a mere technical implement for law enforcement but a core political institution. And it reveals that the capitalist revolution from above called neoliberalism entails not the advent of “small government” but the building of an overgrown and intrusive penal state deeply injurious to the ideals of democratic citizenship.


Loïc Wacquant is Professor of Sociology at the University of California, Berkeley, and Researcher at the Centre de sociologie européenne, Paris. He is a MacArthur Foundation Fellow and recipient of the 2008 Lewis Coser Award of the American Sociological Association. His recent books include Urban Outcasts: A Comparative Sociology of Advanced Marginality, Body & Soul: Notebooks of an Apprentice Boxer, and Pierre Bourdieu and Democratic Politics. He is a co-founder and editor of the interdisciplinary journal Ethnography.

mercredi 23 juin 2010

video-article: "Les prisons de la misère, dix ans après. Figures et gestes de l'État pénal", autour de Loïc Wacquant


"Les prisons de la misère, dix ans après. Figures et gestes de l'État pénal". Avec la participation de : Loïc Wacquant, Laurent Bonelli, Gilles Chantraine, Grégory Salle, conférence-débat, (Organisation : Maison verte, revue Mouvements, Société Louise Michel), 10 juin 2010


Article
: Loïc Wacquant, La tornade sécuritaire mondiale. Néolibéralisme et châtiment à l’aube du XXIe siècle, Mouvements, 2010 (A l’occasion des 10 ans de la parution de son ouvrage Les Prisons de la misère, Loïc Wacquant revient dans un exercice d’auto-sociologie sur la réception intellectuelle et militante du livre. Il revient également sur les analyses livrées alors et revisite le modèle d’articulation entre néolibéralisme et État pénal à lumière des développements récents)

Livre: Loïc Wacquant
Les prisons de la misère (nouvelle édition)
Raisons d'agir
à paraître en 2010






Loïc Wacquant
Prisons of Poverty
University of Minnesota Press
2009

An international best seller dissects the globalization of penal policies “made in U.S.A.” as part of the spread of neoliberalism

In the early 1990s, Mayor Rudolph Giuliani launched a zero-tolerance campaign aimed at street disorders and petty offenders, incarnated in the infamous “squeegee man.” New York City soon became a planetary showcase for an aggressive approach to law enforcement that, despite its extravagant costs and the absence of connection to the crime drop, came to be admired and imitated by other cities in the United States, Western Europe, and Latin America.

In Prisons of Poverty, Loïc Wacquant tracks the incubation and internationalization of the slogans, theories, and measures composing this new punitive “common sense,” fashioned to curb mounting urban inequality and marginality in the metropolis. He finds that a network of Reagan-era conservative think tanks (led by the Manhattan Institute) forged them as weapons in their crusade to dismantle the welfare state and, in effect, to criminalize poverty. He traces their import and export through the agency of the media and the pro-market policy institutes that have mushroomed across the European Union, particularly in Tony Blair’s Britain. And he shows how academics helped smuggle U.S. techniques of penalization into their countries by dressing them up in scholarly garb.

Now available in English for the first time in an expanded edition, Prisons of Poverty reveals how the Washington consensus on economic deregulation and welfare retrenchment was extended to encompass punitive crime control because the invisible hand of the market necessitates and calls forth the iron fist of the penal state.

à paraître: Ioana Popa, Traduire sous contrainte

Ioana Popa
Traduire sous contrainte
Les Ecrivains et le communisme (1947-1989)

CNRS Editions
(21 octobre 2010)

mardi 22 juin 2010

Séminaire Lichtenberg, organisé par les Prs. Bouveresse et Recht, 24 et 25 juin

Séminaire
Georg Christoph Lichtenberg et la physionomie du monde : philosophie, physique, littérature, critique
Chaire de Philosophie du langage et de la connaissance
Chaire d’Histoire de l’art européen médiéval et moderne

Jeudi 24 juin 2010

10h00 Récapitulation de la première journée du séminaire du 2 avril et Introduction : Jacques BOUVERESSE et Roland RECHT
10h45 Ernst OSTERKAMP (Berlin et Hamburg, Warburg Haus)
La potence et la putain. Les obsessions de Lichtenberg
12h00 Fin de matinée
14h00 Rolf WINTERMEYER (Université Paris III)
Se penser soi-même et penser le langage : le dilemme
de Lichtenberg
15h15 Roland RECHT (Collège de France)
Les yeux de Lichtenberg
16h30 Pause
17h00 Récital de chant par Sylvie ROBERT, soprano, avec
18h15 Jeanne Marie CONQUER et Frédéric STOCHL de l’Ensemble InterContemporain dans l’amphithéâtre Marguerite de Navarre
• György Kurtág, Einige Sätze aus den Sudelbüchern/Quelques
phrases des cahiers de brouillon/ Georg Christoph Lichtenbergs. Neufassung für Sopran und Kontrabass/Nouvelle version pour soprano et contrebasse/ opus 37a (1999).
Annette und Wolf Lepenies gewidmet ; avec Frédéric Stochl, contrebasse
• György Kurtág, Kafka-Fragmente für Sopran und Violine/Fragments de Kafka pour soprano et violon/ opus 24. Marianne Stein gewidmet ; avec Jeanne Marie Conquer, violon

Vendredi 25 juin 2010

9h15 Hans-Georg VON ARBURG (Université de Lausanne)
Anamorphoses. Lichtenberg interprète de Hogarth
10h30 Pause
10h45 Thomas KIRCHNER (Johann Wolfgang Goethe-Universität, Frankfurt)
Les problèmes d’un illustrateur, Daniel Chodowiecki : entre Lavater et Lichtenberg
12h00 Fin de matinée
14h00 Ségolène LE MEN (Université Paris 10 Nanterre)
Gombrich lecteur de Lichtenberg
15h15 Florence VATAN (University of Wisconsin, Milwaukee)
Lichtenberg et Musil
16h30 Pause
16h45 Jacques BOUVERESSE (Collège de France)
Forces et faiblesses de l’Aufklärung : le rationalisme sceptique de Lichtenberg (2e partie)
18h00 Fin
télécharger le programme

lundi 21 juin 2010

Mireille Delmas-Marty, Libertés et sûreté dans un monde dangereux


Mireille Delmas-Marty
Libertés et sûreté dans un monde dangereux
Seuil
2010



Présentation de l'éditeur
Le monde est dangereux. Aujourd’hui, à l’heure du terrorisme, des effets conjugués de la pauvreté, de la maladie et des guerres civiles, les États doivent faire face à de nouveaux défis : une menace pour l’un d’entre eux est une menace pour tous. Si les dangers ont existé de tout temps en tous lieux, les attentats du 11 Septembre en ont sans doute changé la perception. Si bien que les responsables politiques se trouvent libérés, symboliquement et juridiquement, de l’obligation de respecter les limites propres à l’état de droit. Dès lors, l’enchevêtrement des espaces normatifs (nationaux, européens et mondiaux) induit des mouvements d’autant moins contrôlables qu’ils échappent de plus en plus aux États.

Ce livre explore cette nouvelle donne et l’incertitude des réponses face aux dangers bien réels que courent les personnes, les États, voire la planète tout entière. Au-delà, il s’interroge sur les voies qui s’ouvrent à nous : sociétés de la peur ou communauté de destin ?

Mireille Delmas-Marty est titulaire de la chaire « Études juridiques comparatives et internationalisation du droit » au Collège de France et membre de l’Institut. Elle est notamment l’auteur de Le Flou du droit (PUF, 1986, rééd. 2004), Pour un droit commun (Seuil, 1994), Trois défis pour un droit mondial (Seuil, 1998) et Les Forces imaginantes du droit (3 vol., Seuil, 2004, 2006, 2007).

Frédéric Lebaron, L’analyse géométrique des données dans un programme de recherche sociologique: Le cas de la sociologie de Bourdieu


Frédéric Lebaron L’analyse géométrique des données dans un programme de recherche sociologique: Le cas de la sociologie de Bourdieu in Revue MODULAD, numéro 42 (été 2010), p.103-109.

Articles de Henry Rouanet à propos de Bourdieu et l'Analyse des Données



Henry Rouanet Conférence internationale "Empirical Investigation of Social Space"
Cologne, 7-9 Octobre 1998

THE GEOMETRIC ANALYSIS OF QUESTIONNAIRES:
The Lesson of Bourdieu's La Distinction

Henry Rouanet, Werner Ackermann & Brigitte Le Roux (Corrected version Sept 2004)
[This paper was read at the Conference on the investigation of social space, Cologne, October 7-9 1998; the conference was organized by J. Blasius and H. Rouanet with the cooperation of Bourdieu, and held with his participation. The paper appeared in Bulletin de Méthodologie Sociologique, 2000, 65, 5-15.]

Henry Rouanet, NOTE DE LECTURE: Bourdieu et «les Stats»

Henry Rouanet Bourdieu and Geometric Data Analysis
(Summary of a talk at the Sociology Department of the University of Bergen, October 2006)

In memoriam Henry Rouanet (1931-2008) P. Bonnet, Brigitte Le Roux, F. Lebaron. La revue MODULAD, numéro 42, 2010.

dimanche 20 juin 2010

Saskia Sassen, Critique de l’État. Territoire, Autorité et Droits, de l’époque médiévale à nos jours


Saskia Sassen
Critique de l’État
Territoire, Autorité et Droits, de l’époque médiévale à nos jours

Traduit par Fortunato Israël
DEMOPOLIS/Le Monde Diplomatique
2009





Présentation de l'éditeur
Qu’est-ce que l’État ?

La définition classique d’une « organisation délimitée par des frontières territoriales à l’intérieur desquelles les lois s’appliquent et des institutions exercent l’autorité » est caduque. Les entreprises internationales opèrent localement sur chaque territoire de façon globale. Le marché financier mondial échappe à l’autorité des États. Le contrôle des migrants et la redéfinition des droits et devoirs des citoyens sont devenus des enjeux politiques majeurs.

Territoire, Autorité et Droits constituent une nouvelle grille d’analyse des métamorphoses de l’État. Point de rencontre de l’histoire, de la géographie, de l’économie politique et de la sociologie, voici la première critique de l’État de l’époque médiévale à nos jours.



Where does the nation-state end and globalization begin? In Territory, Authority, Rights, one of the world's leading authorities on globalization shows how the national state made today's global era possible. Saskia Sassen argues that even while globalization is best understood as "denationalization," it continues to be shaped, channeled, and enabled by institutions and networks originally developed with nations in mind, such as the rule of law and respect for private authority. This process of state making produced some of the capabilities enabling the global era. The difference is that these capabilities have become part of new organizing logics: actors other than nation-states deploy them for new purposes. Sassen builds her case by examining how three components of any society in any age--territory, authority, and rights--have changed in themselves and in their interrelationships across three major historical "assemblages": the medieval, the national, and the global.

SASKIA SASSEN est professeur à l’université Columbia. Elle a étudié la philosophie, les sciences politiques, l’économie et la sociologie. Elle a créé le concept de ville globale. Ce livre est la synthèse de trente années de recherche sur les migrants, la globalisation et l’État.

Saskia Sassen is professor of sociology and a member of the Committee on Global Thought at Columbia University, and Centennial Visiting Professor at the London School of Economics and Political Science. She is the author of The Global City (Princeton), The Mobility of Labor and Capital, and Globalization and its Discontents, and coeditor of Digital Formations (Princeton). She has written for the New York Times, Financial Times, and International Herald Tribune.

samedi 19 juin 2010

revue Agone 43 « Comment le genre trouble la classe »


revue Agone 43
« Comment le genre trouble la classe »
Agone
2010


Présentation de l'éditeur
Il est rare que l’épouse soit la seule femme qui réalise, « hors marché », le travail domestique au sens large : bonnes et prostituées, pour ne citer qu’elles, souvent migrantes, interviennent également, contre une rémunération plus ou moins sonnante et trébuchante. Cela implique-t-il pour autant que la classe des femmes n’existe pas, parce que les antagonismes entre « Madames » et migrantes sans papiers l’auraient fait voler en éclats ? Ce serait aussi simpliste que de penser que le prolétariat est un concept dépassé parce qu’on trouve en son sein des contremaîtres. La classe des femmes existe dans la mesure où existe une très nette division sexuelle du travail, qui exige des unes qu’elles réalisent le travail de reproduction sociale et qui en exempte les membres de la classe des hommes. Et il convient d’observer un organisateur du travail beaucoup plus à même de dresser des stratégies à moyen et long terme : l’État, en tant qu’agent des logiques d’accumulation de capital.




SOMMAIRE

Éditorial: Ce que le tournant postmoderne fait au féminisme, la rédaction

Le marxisme et l’origine de l’oppression des femmes : une nécessaire réactualisation, Christophe Darmangeat
De tous les thèmes qu’aborda il y a cent trente ans Friedrich Engels dans L’Origine de la famille, celui de l’oppression des femmes est sans aucun doute l’un de ceux qui continue de nos jours à être le plus chargé d’enjeux. L’ensemble des féministes conséquents ont en effet toujours considéré que le combat pour l’émancipation des femmes devait s’appuyer sur une claire compréhension des causes et des mécanismes de leur oppression. Les lignes qui suivent se proposent d’indiquer autour de quels axes il convient d’actualiser les raisonnements marxistes sur ce sujet à la lumière des innombrables découvertes qui se sont accumulées depuis un siècle.

Une force féminine consciente et responsable qui agisse en tant qu’avant-garde de progrès. Le mouvement des Mujeres Libres (1936–1939), Miguel Chueca
Dans sa « double lutte » pour l’émancipation sociale et féminine – pour la « liberté extérieure » et la « liberté intérieure » de la femme –, un des principaux mérites de Mujeres Libres fut certainement de mettre en évidence les points aveugles de l’organisation syndicaliste révolutionnaire dont elles étaient issues. Mais cela ne doit pas faire oublier que ce mouvement avait mis aussi à découvert les limites du seul combat contre les injustices issues de la différence de genre, qui pouvait éclipser – voire nier – le combat contre les différences de classe et la domination sociale, des sujets auxquels les femmes ouvrières de Mujeres Libres ne pouvaient rester indifférentes.

Une femme de mineur à la tribune de l’Année internationale de la femme (1976), Domitila Barrios de Chungara
Traduit de l’espagnol par Louis Constant et présenté par Elsa Laval
Je suis montée à la tribune et j’ai parlé. Je leur ai montré qu’elles ne vivaient pas dans le même monde que nous. Je leur ai montré qu’en Bolivie on ne respecte pas les droits de l’humanité. Que les dames qui s’organisent pour jouer à la canasta et applaudir le gouvernement ont droit à toutes les garanties et à tous les respects. Mais les femmes comme nous, les ménagères, qui nous organisons pour que se lèvent nos peuples, nous sommes battues, nous sommes poursuivies. Elles ne voyaient pas nos compagnons cracher leurs poumons sanglants, morceau par morceau… Elles ne voyaient pas la dénutrition de nos enfants. Et, bien sûr, elles ne savaient pas, comme nous, ce que c’est de se lever à quatre heures du matin et de se coucher à onze heures ou à minuit, rien que pour arriver à accomplir son travail domestique, parce que nous manquons de tout.

Pourquoi le post-structuralisme est une impasse pour le féminisme, Barbara Epstein
Traduit de l’anglais par Philippe Olivera
Les hypothèses qui sous-tendent le postmodernisme vont à l’encontre des fondamentaux du radicalisme politique et sa structure implicite est en contradiction avec les valeurs progressistes. La version du poststructuralisme adoptée par les féministes a principalement eu pour effet de saper l’analyse du monde social, en remplaçant les préoccupations sociales par des préoccupations intellectuelles et esthétiques. Bien que n’étant pas motivé par le dessein secret d’anéantir les mouvements progressistes, le postmodernisme a pour effet de déstabiliser les efforts tendant vers une analyse progressiste et décourage l’intérêt pour la réalité sociale.

Féminisme et postmodernisme, Sabina Lovibond
Traduit de l’anglais par Bruno Ambroise et Valérie Aucouturier
Il est difficile de voir comment quelqu’un pourrait se considérer comme
féministe et demeurer indifférent à la promesse moderniste d’une reconstruction sociale. Et la théorie féministe est largement redevable envers les analyses matérialistes des institutions – les écoles, les universités, etc. –, qui ont rendu possible la mise en évidence des rôles inégaux joués par différents groupes sociaux dans la détermination des normes de jugement. Elles ont ainsi révélé le caractère idéologique de systèmes de valeur qui passaient auparavant comme objectifs ou universellement valides. Le féminisme peut bénéficier, tout autant que n’importe quel mouvement radical, de la prise de conscience de ce que nos idées à propos de l’intelligibilité ou la puissance d’un argument sont médiatisées par un processus quasi interminable d’apprentissage et d’entraînement sociaux.

Peut-on penser une construction performative du genre ?, Bruno Ambroise
Une véritable attention aux conditions de fonctionnement des éventuels performatifs définissant l’identité sexuelle, une attention au concret de la vie du langage montre que celui-ci est tout à la fois plus affecté par les conditions concrètes des agents et moins « matériel » que ne le pensent les déconstructionnistes. Vouloir combattre réellement l’identité sexuelle des personnes, c’est-à-dire l’identité de genre, en tant que celle-ci est injurieuse et coercitive doit conduire à affronter les conditions réelles de réalisation des performatifs qui les instaurent et à se confronter aux conditions sociales, économiques, juridiques qui les sous-tendent. Car celles-ci, outre qu’elles conditionnent ces derniers (ou leurs fantômes), sont probablement plus effectives, dans la construction des identités sexuelles et leur hiérarchie, que les éventuelles normes qui les énoncent.

Cent ans de sollicitude en France. Domesticité, reproduction sociale, & migration, Jules Falquet et Nasima Moujoud
L’assignation des femmes au travail domestique et de reproduction sociale est une constante et constitue l’un des points nodaux des rapports sociaux de sexe. Mais il faut redimensionner le cadre d’analyse, sortir du foyer et de la gratuité : depuis le début du XXe siècle, il est rare que l’épouse soit la seule femme qui réalise, « hors marché », le travail domestique au sens large ; ainsi, bonnes et prostituées, pour ne citer qu’elles, souvent migrantes, interviennent également, contre une rémunération plus ou moins sonnante et trébuchante. Cela implique-t-il pour autant que la classe des femmes n’existe pas, parce que les antagonismes entre « Madames » et migrantes sans papiers l’auraient fait voler en éclats ? La classe des femmes existe bel et bien ; mais il convient d’observer un organisateur du travail autrement puissant que les « Madames » ou les « Messieurs » : l’État.

La leçon de choses
Au service de Robert Walser. Notes éditoriales, Anne-Lise Thomasson et Thierry Discepolo
Un point c’est tout, Robert Walser ; traduit de l’allemand par Lucie Roignant
Note du traducteur, suivi de Curriculum. À propos de L’Homme à tout faire, Walter Weideli

Histoire radicale
Victor Serge (1890–1947). De la jeunesse anarchiste à l’exil mexicain. Présentation par Charles Jacquier
De Paris à Barcelone, Rirette Maîtrejean
Un homme de pensée et d’action au service de la vérité et de la liberté, Julian Gorkin
Le groupe Socialisme y Libertad. L’exil antiautoritaire d’Europe au Mexique et la lutte contre le stalinisme (1940–1950), Claudio Albertani ; traduit de l’espagnol par Miguel Chueca

Christian BAUDELOT, Travail et classes sociales : la nouvelle donne


Christian BAUDELOT
Travail et classes sociales : la nouvelle donne
Éditions Rue d'Ulm
2010




Présentation de l'éditeur
Le travail n'est plus ce qu'il était, les classes sociales non plus. Au schéma d'avant-hier, tout entier centré autour de l'affrontement entre la bourgeoisie et le prolétariat, a succédé dans les années 1970 une représentation moins conflictuelle de la stucture de classe opposant une vaste classe moyenne, englobant l'immense majorité de la population, à une minorité grandissante d'exclus. Simplificatrice, cette représentation est erronée : elle ne rend pas compte de la réalité d'aujourd'hui où la structure de classe s'est transformée, compliquée et fragmentée en fonction de profondes métamorphoses intervenues dans l'univers du travail. Alors qu'une nouvelle classe est apparue dans notre société – celle des travailleurs pauvres.

Christian Baudelot est sociologue. Professeur émérite à l'Ecole normale supérieure, il est, avec Roger Establet, l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : La Petite Bourgeoisie en France (Maspéro, 1974), Qui travaille pour qui ? (Maspéro, 1979), Le Niveau monte (Le Seuil, 1989), Suicide, l'envers de notre monde (Le Seuil, 2006) et L'Elitisme républicain (Le Seuil, 2009). En 2007, il a codirigé aux éditions Rue d'Ulm le volume Maurice Halbwachs, sociologue retrouvé.

vendredi 18 juin 2010

Appel à contribution: Colloque hommage à Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

Appel à contribution colloque

« La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques »
Colloque en hommage à Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon


13 et 14 janvier 2011 - Paris
Journée co-organisée par le RT « sociologie des élites » de l’AFS et le LaSSP de l’IEP de Toulouse

« Hauts fonctionnaires », « capitaines d’industries », « responsables politiques », « top managers », « think tank », « intellectuels influents »... Les terrains et travaux sociologiques analysent volontiers les membres des classes dominantes mais distinctement. La « grande bourgeoisie » ou, si l’on préfère, « les classes dominantes », apparaît peu tel un objet de plein droit, ne serait-ce que pour interroger la pertinence du concept, de la cause et du groupe « en pointillé » bien qu’ « en soi » et « pour soi », pour tenter de comprendre dans quelle mesure ses membres pourraient s’affranchir des enjeux, règles du jeu et frontières ailleurs admises entre différents champs d’activités.

Inlassables « enquêteurs auprès de la bourgeoisie et de l’aristocratie », Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon comptent sans nul doute parmi les rares chercheurs a avoir résolument tenté de rendre compte dans le détail du fonctionnement de ce groupe social « dont la position se définit par la possession des moyens de production, qui peut aller de pair avec l’exercice du pouvoir économique, en tant que PDG par exemple, mais qui peut très bien se contenter d’une attitude rentière, assortie ou non d’une activité professionnelle » (2000).

Un colloque sur la « sociologie des classes dominantes » offre l’opportunité de saluer le travail mené par ces deux sociologues au profit d’un état des lieux sur les travaux classiques, en cours et à venir sur la grande bourgeoisie française ou internationale, sur son assise sociale, ses fondements sociaux mais aussi sur ses lignes de clivage et sur les éventuelles lignes de démarcation qui traversent les différentes fractions des « sommets de la société ».

Table ronde n°1 : sociologie des « Lieux de rencontre » : intronisation, consécration, éviction…

Les lieux de rencontre peuvent être compris selon une double acception. D’une part, il s’agit d’encourager les propositions de communication qui rendraient compte du fonctionnement de lieux ou d’institutions favorisant le développement de formes d’entresoi spécifiques assurant la reproduction de la grande bourgeoisie (rituels, grandes écoles, clubs fermés, entresoi mondain mais aussi plus largement clubs de décideurs, sommets du type Davos…). La difficulté tient notamment à la nécessité d’articuler les jeux d’échelle entre micro et macro, entre « espace social et espace géographique »... tant les exigences démocratiques, méritocratiques ou légales-rationnelles mais aussi l’internationalisation, la féminisation, la médiatisation et la financiarisation des économies ou la montée en puissance de dynasties concurrentes plus ou moins « tard venues » ou « parvenues » aux côtés de tant d’autres transformations des morphologies sociales renouvellent inévitablement les conventions symboliques en interne mais aussi les conditions de la domination et de la prééminence de la grande bourgeoisie dans l’espace social.

D’autre part, et dans la continuité reconnaissante d’une perspective réflexive constante chez Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, le « voyage en grande bourgeoisie » pose avec une acuité particulière la question de la complexité et de la spécificité des échanges qui s’opèrent entre enquêteurs et enquêtés. Les travaux sur la haute société sont d’autant plus rares que la grande bourgeoisie « tient en respect » l’enquête en sciences sociales. Comment le sociologue peut-il alors « rencontrer » les élites, à travers quelles méthodes (exploration des bottins mondains, entretiens, ethnographie participante…) ? Comment gérer l’inversion du rapport de force symbolique, les « aises et malaises » du chercheur, mais aussi l’écriture et la valorisation, notamment médiatique, des travaux qui impliquent autant d’anticipations - plus ou moins rationnelles - des réceptions. Bref, il s’agit ici de la question du journal d’enquête et des stratégies d’échanges entre enquêteurs et enquêtés qui se poursuivra avec certains des acteurs étudiés ou associés en conclusion du colloque.

Table ronde n°2 : « La grande bourgeoisie mobilisée »
Cette deuxième table-ronde sera consacrée aux modes d’organisation ou de mobilisation de la grande bourgeoisie. Organisations de défense des propriétaires, organisations patronales, organisation de défense de tel ou tel quartier, recours au prétoire ou aux médias, participation et mobilisation politiques, vote, lobbying… Cette table ronde donnera bien sûr la parole aux chercheurs travaillant sur les institutions permettant la défense des intérêts de classe de la grande bourgeoisie. Mais elle se donnera aussi pour objet les formes de mobilisation plus localisées et moins durables de ces groupes sociaux face à l’Etat ou « dans l’Etat » : contournement de l’impôt, négociations autour des classements en « patrimoine historique », rapport historique de la grande bourgeoisie aux « grandes écoles »... Les contributions mettant en exergue les relations entre institutions partisanes, syndicales ou militantes et grande bourgeoisie et plus généralement les rapports entre l’Etat et ce groupe social sont également les bienvenues.

Table ronde n°3 : « Stratifications sociales et inégalités : ressources et capitaux des plus riches »

Cette troisième table-ronde sera principalement consacrée à l’approche quantitative et statistique de la stratification sociale et des inégalités tant culturelles qu’économiques. Se pose notamment la question de la pertinence de la division chiasmatique chez Bourdieu entre capitaux culturels et économiques (l’évolution des taux de changes entre types de capitaux, les difficultés de la mesure, la transmission, le risque de fétichisation des concepts…) mais surtout celle d’un état des lieux des formes d’inégalité de distribution des savoirs et des richesses dans les sociétés contemporaines. L’accent pourrait être mis sur le temps long et la comparaison internationale… Les propositions de contribution centrées sur une analyse structurale ou une analyse de réseaux de différents champs du pouvoir nationaux sont également encouragées.
Discussion conclusive « Les réceptions d’une œuvre : aller- retours entre sujets et objets »

Cette dernière table ronde, que les organisateurs ont décidé d’exclure de l’appel à communication afin de pouvoir inviter celles et ceux qui ont eu l’occasion de croiser la route de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sera l’occasion de revenir sur une triple réception des travaux de ces derniers : d’abord avec leurs « enquêtés privilégiés » sans lesquels rien n’eut été possible, ensuite avec les journalistes qui ont pu différemment contribué à la valorisation plus ou moins « réussie » de leurs travaux, enfin avec les lecteurs invités à cette occasion à prendre une part active au débat et au colloque. L’idée étant d’initier une discussion libre et ouverte, plus informelle sans doute, avec tous ceux, parmi les volontaires, que Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont pu rencontrer et avec qui, pour différentes raisons, ils ont tissé des liens tant affectifs qu’intellectuels.

Comité d’organisation : Eric Darras (LaSSP) ; Julien Fretel (CERAPS) ; Sylvain Laurens (Gresco-GSPE)
Les propositions de communication, sous format libre, devront être adressées par mail : HYPERLINK "mailto:sylvainlaurens@free.fr" sylvainlaurens@free.fr ) avant le 31 octobre 2010.
Le lieu exact des deux journées d’études sera précisé ultérieurement.


« La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques », Appel à contribution, Calenda, publié le vendredi 18 juin 2010, http://calenda.revues.org/nouvelle16971.html

jeudi 17 juin 2010

à paraître: Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Le président des riches


Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot
Le président des riches
Zones
(9 septembre 2010)

Présentation de l'éditeur
Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sont les meilleurs spécialistes de la bourgeoisie française. Dans ce livre-enquête, ils mettent en lumière les relations incestueuses du système Sarkozy avec les puissances de l’argent. Au-delà des scandales en cours, ils décrivent le fonctionnement d’une politique cohérente et systématique au service des nantis : bouclier fiscal, abattements et exonérations en tout genre, dépénalisation du droit des affaires ne sont que les éléments les plus visibles d’une véritable de guerre de classe au service de l’aristocratie de l’argent. Au-delà des anecdotes révélatrices, il s’agit aussi de confronter le discours aux actes, Les rodomontades du Sarkozy "irréprochable" qui prétendait vouloir refonder le système capitaliste ne furent guère suivies de mesures : paradis fiscaux, fonds spéculatifs, bonus des traders, stock-options, cadeaux aux banques ont permis au capital financier de retrouver de sa superbe. Derrière la façade d’un régime démocratique se dessine ainsi le tableau inquiétant d’un régime oligarchique : un gouvernement des riches pour les riches.

Les grands patrons en France. Du capitalisme d’État à la financiarisation, François-Xavier DUDOUET, Éric GRÉMONT



François-Xavier DUDOUET, Éric GRÉMONT
Les grands patrons en France
Du capitalisme d’État à la financiarisation

Lignes de repères
2010


Présentation de l’éditeur
Alors que la crise renforce les interrogations quant à la légitimité des élites, les grands patrons du CAC 40, constituent toujours un univers mal connu. Ou prompt à susciter tous les fantasmes, des retraites chapeaux au Fouquet’s !
Reposant sur une solide analyse socio-économique du capitalisme français moderne, l’ouvrage montre comment les élites patronales françaises, souvent d’origine étatique, se sont converties aux vertus de la financiarisation ; non contentes d’accompagner la mutation du capitalisme d’Etat vers la financiarisation, ces élites l’ont bien souvent conduite, protégeant ainsi leurs positions sociales.
Analysant en détail parcours scolaire, réseaux et relations d’affaires, les auteurs soulignent un paradoxe : les élites patronales, de plus en plus tournées vers l’international, sont toujours profondément enracinées dans les milieux d’affaires français.
Comment parvenir, dans ce contexte, à relever les défis de l’après krach financier et d’une mondialisation toujours plus exacerbée ?

François-Xavier DUDOUET, chercheur au CNRS et enseignant à Paris Dauphine, est spécialiste des élites économiques et de la gouvernance d’entreprises.
Eric GRÉMONT, économiste, est président de l’OpesC (Observatoire politico-économique des structures du capitalisme).

Lire le compte-rendu par Laurent Jeanpierre

lundi 14 juin 2010

Actes de la Recherche en Sciences Sociales n° 183 – juin 2010 // Les classes populaires dans l’enseignement supérieur français


Actes de la Recherche en Sciences Sociales n° 183 – juin 2010
Les classes populaires dans l’enseignement supérieur français
Politiques, stratégies, inégalités

Seuil



« 30 % de boursiers » en grande école… et après ?

Stéphane Beaud – Bernard Convert

Espace de l’enseignement supérieur et stratégies étudiantes
Bernard Convert

Le choix du BTS
Entre construction et encadrement des aspirations des bacheliers d’origine populaire

Sophie Orange

Déscolarisation universitaire et rationalités étudiantes

Sandrine Garcia

L’emploi étudiant et les inégalités sociales dans l’enseignement supérieur
Vanessa Pinto

« Le CAPES ou rien ? »
Parcours scolaires, aspirations sociales et insertions professionnelles du « haut » des enfants de la démocratisation scolaire

Cédric Hugrée

Les déplacés de « l’ouverture sociale »
Sociologie d’une expérimentation scolaire

Paul Pasquali

Le comblement inachevé des écarts sociaux
Trajectoire scolaire et devenir professionnel des élèves boursiers d’HEC et de l’ESSEC

Anne Lambert

videos: André Schiffrin à propos de L’argent et les mots

Rencontre avec André Schiffrin autour de son ouvrage L’argent et les mots, publié aux éditions La Fabrique. le vendredi 30 avril 2010 au Cinéma Utopia de Bordeaux.

Extraits de l'entretien avec André Shiffrin recueilli par Omar Merzoug et filmé par Gilles Nadeau pour la Quinzaine littéraire.

dimanche 13 juin 2010

Pierre Bourdieu, Le critique ou le point de vue de l’auteur

Pierre Bourdieu, Le critique ou le point de vue de l’auteur, in M. Zink (ed.), L’Œuvre et son ombre. Que peut la littérature secondaire? (Paris, colloque organisé à la Fondation Hugot du Collège de France, novembre 2000), Paris, Éditions de Fallois, 2002, pp.129-134.

Les services à la personne, François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT


Les services à la personne
François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT
Collection : Repères n°526
La Découverte
2009



Présentation de l'éditeur
Ni un secteur, ni vraiment nouveaux, les services à la personne sont un champ de forces en tension. À la fois instruments de la politique d'emploi et de politique sociale, ils déstabilisent les compromis du « modèle français ». C’est par le prisme de l’emploi que cet ouvrage propose d’explorer la socioéconomie des services à la personne. Combien d’emplois ? Quelles évolutions ? Quelle qualité de l’emploi ? Pour quel service ?
Les activités concernées s’effectuent souvent dans le cadre d’un rapport social où prestataire et usager, ou client, sont en interaction. Cette singularité rend indispensable une approche qui ne transforme pas le service à la personne en un banal produit. L’aide à domicile auprès des personnes âgées est l’archétype d’une telle approche. Elle pose la question de la compatibilité entre le caractère authentiquement professionnel de la prestation et la grande fragilité économique et sociale dans laquelle se trouve souvent le salarié qui l’effectue. Peut-on penser la professionnalisation des salariés sans interroger la qualité des services rendus, ni la nature des conditions de travail et d’emploi ? Au-delà de simples enjeux sectoriels, ces questions engagent de véritables choix de société.


table des matières
Introduction - Précisions terminologiques - Plan de l’ouvrage - Remerciements - I / Les services à la personne dans les économies tertiaires - Un contexte international de croissance tertiaire - Des enjeux sociétaux - Une longue et durable croissance des emplois dans les services - Une croissance différenciée des services - Des gisements d’emplois ? - Les mondes de services - Les services à la personne et l’emploi tertiaire - Un coup de force politique - L’évolution des services d’aide, logique d’action sociale en France - Une exception française : les services mandataires et l’emploi en gré à gré - Élargissement des modalités de recours à l’emploi - Conclusion - II / Les services à la personne : catégories et discours - Les services à la personne : un secteur insaisissable - Un regroupement d’activités hétéroclites - Des trajectoires historiques différenciées - Une catégorie politique - Une catégorie ordinaire - Une anti-réalité statistique - Organisation des prestations et estimation de l’emploi - Situations de multi-employeurs - Situations à statuts multiples - Polyvalence, polyactivité - Chèque emploi service universel (Cesu) - Conclusion - III / Vers un marché des services à la personne ? - Une demande entre discours, incitations et permanences - Une demande incommensurable - Une demande très… demandée - Une demande finalement modérée et très dépendante du revenu - L’offre de services : survie et cohabitation - La résilience du travail au noir - Une offre formelle aux prises avec le politique - Un emploi direct soutenu politiquement - Un secteur associatif à la croisée des chemins - Des entreprises commerciales en quête de qualité - Des centres communaux d’action sociale très hétérogènes - Des enseignes au bilan provisoire peu brillant - Divergences européennes - Comparer l’incomparable - Des tendances communes mais des politiques différentes - Conclusion - IV / La qualité de l’emploi en question - Une qualité globale des emplois très médiocre - Des activités où les bas salaires sont la norme - Une sécurité de l’emploi en trompe-l’oeil - Des conditions de travail qui cumulent les pénibilités industrielles et tertiaires - Des métiers peu reconnus et dévalorisés -La nature de l’employeur est-elle déterminante ? - Rémunérations - Sécurité de l’emploi - Conditions de travail - Reconnaissance - Conclusion - V / Des métiers sans profession - Qualification et/ou professionnalisation ? - De la non-qualification à la professionnalisation - Des débats théoriques lourds de conséquences pratiques - La professionnalisation comme enjeu collectif - La professionnalisation comme idéologie - Entrepreneur de soi-même versus professionnalisation - Une organisation du travail impensée - Une professionnalité plurielle - Vocationnelle - Éthique - Pragmatique - Industrielle - Marchande- Politique - Réglementaire - Servicielle - Des vertus de la pluralité des conventions de professionnalité dans le cas de l’aide à domicile - La professionnalisation : un construit évolutif en tension - Le marchand et le politique : un exemple d’articulation tendue - La question de la professionnalisation des employés de maison - Une question ancienne mais toujours d’actualité - Une professionnalisation difficile - Quelles issues ? - Conclusion : l’aide à domicile, une activité marchande sans le marché ? - Conclusion - La tentation du plein emploi - La tentation, en Europe, d’un vaste marché de l’immigré - Liste des sigles et abréviations - Repères bibliographiques.




François-Xavier Devetter est maître de conférences en économie à l’université Lille-I et Telecom Lille-I, membre du Clersé-CNRS (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques). Ses travaux concernent la socioéconomie des conditions de travail et portent notamment sur la question de la qualité des emplois.
Florence Jany-Catrice, maître de conférences d’économie à l’université Lille-I, est une spécialiste des comparaisons internationales portant sur l’emploi tertiaire, de l’emploi non qualifié dans les services, et des indicateurs sociaux. Elle est l’auteur ou la co-auteure de cinq ouvrages sur ces questions.
Thierry Ribault est économiste, chercheur au CNRS, membre du Clersé. Il travaille sur les modalités d’emploi dans les activités de service avec une perspective de comparaison internationale.

à paraître: Francois-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau, La place du travail domestique

Francois-Xavier Devetter
Sandrine Rousseau
La place du travail domestique
Editeur : Raisons D'Agir.
Date de parution : 18/11/2010


Présentation de l'éditeur
Faire le ménage est une activité particulièrement commune : l'entretien du domicile apparaît comme une nécessité naturelle, répétitive, routinière, d'ordre privé. Ce n'est apparemment pas une question politique et économique. Pourtant, le ménage est au centre de nombreux rapports de force et de pouvoir. La question du partage des tâches entre hommes et femmes est évidemment la première qui vient à l'esprit : les femmes plus souvent que les hommes se chargent de ces tâches peu valorisées. Mais là n'est pas le seul enjeu , à la division du travail au sein de la famille se superpose une division du travail extra-familiale, par le biais de l'externalisation, autrement dit, du recours à une femme de ménage. Ainsi d'intime cette question apparemment banale prend des aspects plus larges, interférant avec de nombreuses questions sociales et politiques fondamentales comme " qui occupe ces emplois ? ", " quelle valeur accorder à ces activités ? " ou encore " sous quelles modalités déléguer ou non certaines tâches ? ". La réponse à ces questions loin d'être anodine, est au contraire au centre d'enjeux politiques, économiques et éthiques.
L'externalisation repose sur l'idée suivante : puisque les hommes rechignent à prendre leur part de tâches domestiques, l'égalité au sein du couple peut être en partie retrouvée ou contournée grâce au recours à une tierce personne dont la tâche est de décharger les femmes d'une partie de ce qui crée de l'inégalité au sein du couple. Cette solution non seulement semble résoudre en grande partie la question des rapports de genre mais elle s'inscrit également dans le cadre des politiques de l'emploi et constitue un véritable " gisement d'emplois " pour les salarié(e)s les moins qualifié(e)s et les services rendus facilitent la vie des femmes actives. Cet aspect justifie les nombreuses mesures d'incitation au recours aux services d'une femme de ménage par les particuliers. Le " plan Borloo " en est le dernier exemple.
Enfin, les caractéristiques du marché du travail domestique font que la question de l'entretien du domicile est également au coeur des politiques d'immigration. En effet, une part très importante des employées de maison sont étrangères ou d'origine étrangère (presque la moitié selon l'enquête emploi qui minore très largement la population étrangère en ne mesurant que très imparfaitement le travail informel encore élevé dans le secteur).
La question du ménage et de son organisation sous-tend ainsi plusieurs débats fondamentaux. Pourtant ce thème est assez peu traité en France, notamment en comparaison avec les pays anglo-saxons. Partant d'un objet apparemment marginal, il aboutit à des questions qui touchent à des aspects essentiels du fonctionnement de l'égalité et de la démocratie en France aujourd'hui.

François-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau sont Maîtres de Conférence en Sciences économiques à l'Université de Lille 1 - Telecom Lille I, membre du CLERSE - CNRS (UMR 8019).

samedi 12 juin 2010

revue COnTEXTES n°7, Approches de la consécration en littérature

COnTEXTES n°7, Approches de la consécration en littérature



*Présentation du dossier [Texte intégral]

*Benoît Denis
La consécration [Texte intégral]
Quelques notes introductives

*Jérôme David
La marche des temps : sociologie de la littérature et historicité des œuvres [Texte intégral]

*Björn-Olav Dozo et Michel Lacroix
Petits dîners entre amis (et rivaux) : prix, réseaux et stratégies de consacrants dans le champ littéraire français contemporain [Texte intégral]

*Sylvie Ducas
Prix littéraires en France : consécration ou désacralisation de l’auteur ? [Texte intégral]

*François Provenzano
La consécration par la théorie [Texte intégral]

*Valérie Stiénon
La consécration à l’envers [Texte intégral]
Quelques scénarios physiologiques (1840-1842)

*Björn-Olav Dozo et François Provenzano
Comment les écrivains sont consacrés en Belgique [Texte intégral]

vendredi 11 juin 2010

revue TRANSEO Numéro 02-03 - Figurer l’espace en sciences sociales

revue TRANSEO Numéro 02-03 - Mai 2010
Figurer l’espace en sciences sociales


Armelle Caron, le monde rangé, 2009 (http://www.armellecaron.fr/)


Dossier

* Figurer l’espace en sciences sociales par Simon Borja (GSPE, IEP, Strasbourg) - Anaïs Cretin (LIVE, UdS) - Samuel Depraz (EVS, Lyon III) - Antoine Fleury (Géographie-Cité, CNRS) - Delphine Iost (Centre Marc Bloch, Berlin) - Anne Kwaschik (CIERA, Freie Universität Berlin) - Thierry Ramadier (LIVE, UdS, CNRS)

Partie I : Espace et logiques du pouvoir


* L’espace de la souveraineté par Michel Senellart (Triangle, Ecole normale supérieure de Lyon)

* La spatialisation de la violence symbolique en maison de retraite par Clément Bastien (GSPE) - Olivia Rick (INS-HEA, GSPE)

* Mehrdimensionale Räume als heuristische Modelle zur Beschreibung und Analyse der Marktchancen von Kleinproduzenten in Geschichte und Gegenwart par Daniel Schläppi (Université de Berne)

Partie II : Outils et figuration de l’espace

* Apports et potentialités de l’utilisation de la carte mentale en science politique par Sandra Breux (Université de Montréal) - Hugo Loiseau (Université de Sherbrooke) - Min Reuchamps (Université de Liège)

* Outil de recherche scientifique et participation aux logiques de domination par Simon Borja (GSPE, IEP, Strasbourg) - Anne-Christine Bronner (LIVE, UdS) - Anaïs Cretin (LIVE, UdS) - Thierry Ramadier (LIVE, UdS, CNRS)

* Visualiser les données textuelles par Jean-Marc Leblanc (Céditec, Université Paris-Est Créteil Val de Marne) - Marie Pérès (Laseldi, Université de Franche Comté)

Partie III : Production d’espaces

* A la recherche de l’unité perdue par Elsa Vonau (Centre Marc Bloch, Berlin)

* Trialektik und Heterotopie par Katharina Klung (Promovierende, Universität Zürich)



Documents

* Hans Haacke et la logique culturelle du postmodernisme par Fredric Jameson

* Le Livre des Sains Angeles de François Eximines par Camille Nobilliaux (manuscrit introduit et transcrit par)


Comptes-rendus d’ouvrages

* Pouvoir symbolique : sciences sociales et politique par Christian de Montlibert (CRESS, Université de Strasbourg)

* Quelques livres sur l’état du champ intellectuel par Christian de Montlibert (CRESS, Université de Strasbourg)

* Julia Resnik (ed.), The Production of Educational Knowledge in the Global Era par Leonora Dugonjic (EHESS/CESSP-CSE, Université de Genève)

jeudi 10 juin 2010

Revue Savoir/agir n°12, Luttes au travail


Revue Savoir/agir n°12
Luttes au travail
Éditions du Croquant
2010



Présentation de l'éditeur
« Luttes au travail », s’efforce d’apporter un éclairage original sur les conflits salariaux de l’année 2009. Il ne s’agit pas de braquer les projecteurs sur les stratégies nationales des organisations syndicales, mais de rassembler des textes issus d’enquêtes empiriques, menées dans divers univers professionnels, qui se distinguent tant sur le plan des activités de travail qu’au niveau de la structuration syndicale. C’est donc une logique du zoom qui est privilégiée et non une vue d’ensemble des mobilisations au travail. La focale est centrée sur les protestations liées aux conditions de travail, sur les modes d’action, les ressources qui peuvent favoriser l’action collective ou au contraire les contraintes qui pèsent sur les salariés dans leur entreprise de contestation. Des enquêtes de terrain permettent de nourrir la réflexion politique sur les conditions de possibilité de mobilisations sur des bases professionnelles et sur les raisons de leurs relatifs succès ou échecs. Sans prétendre à l’exhaustivité, il s’agit d’éclairer des processus généraux en partant d’exemples locaux et circonstanciés de luttes menées par des salariés certes différents, mais dont les revendications et parfois les modes d’action sont proches.
Un article de Sophie Béroud et Baptiste Giraud sur le mouvement des transports en commun lyonnais analyse les effets de la loi sur le service minimum.
Corinne Delmas et Jean-Robin Merlin abordent la façon dont SUD-PTT et la CGC ont appréhendé les questions de « souffrance au travail » à France Télécom, en s’appuyant sur une contre-expertise au sein de l’Observatoire du stress et des mobilités forcées.
Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin et Lucie Tourette présentent une partie de l’enquête qu’ils mènent actuellement auprès des travailleurs sans-papiers en lutte.
Sébastien Grollier éclaire la difficile prise en charge des intérimaires par les syndicats.
Bertrand Geay montre à quel point les conditions de travail étaient au cœur des mobilisations des enseignants-chercheurs de 2009.
Enfin, Eve Meuret-Campfort revient sur la grève des ouvrières de Chantelle à Nantes dans les années 1980 en plaçant les questions de genre au centre de ses analyses.

Éditorial
Vers un mouvement social européen ?
Frédéric Lebaron

Dossier
Luttes au travail
Annie Collovald, Nathalie Éthuin, Laurent Willemez

Restriction du droit de grève et stratégies syndicales dans
les transports publics
Sophie Béroud, Baptiste Giraud

L’intérim en grève : La mobilisation des travailleurs sans papiers intérimaires
Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin, Lucie Tourette

Quelle syndicalisation des travailleurs de l’intérim ?
Sébastien Grollier

L’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom : logiques et modes d’action d’une structure originale
Corinne Delmas, Jean-Robin Merlin

Luttes de classes, conflits de genre : les ouvrières de Chantelle à Nantes
Ève Meuret-Campfort

La toge, la paillasse et le mégaphone
Bertrand Geay

Grand entretien avec Florence Aubenas

Reportage en précarité

Paroles
« T’as toujours cette image-là qui te retombe sur le dos »

La rhétorique réactionnaire
Panne civique
Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

Après les régionales, quel Front de gauche ?
Louis Weber

Alterindicateurs
Les conséquences sociales de la crise mondiale : quelques réflexions à partir de données récentes
Frédéric Lebaron

Actualité
Une nouvelle méritocratie
Gérard Mauger

Europe
La grève « européenne » du lait de 2009
Élise Roullaud

Politiques d’ailleurs
Le Mouvement vert en République islamique d’Iran
Fariba Adelkhah

Culture
Venise, Biennale 2009
Éveline Pinto
(La version originale et complète de cet article est disponible sur ce blog Eveline Pinto, Venise, été 2009. En revenant de la Biennale)

Ruban comme le fil du récit, blanc comme un trou de mémoire, « Le ruban blanc »
Renée Falson

video: Noam Chomsky, Interpretation and understanding: language and beyond



À l'invitation de l'Assemblée des professeurs du Collège de France, sur proposition de Jacques Bouveresse
Le lundi 31 mai 2010, à 17 heures, Collège de France


Noam Chomsky
Interpretation and understanding: language and beyond
(version française)

Noam Chomsky - discussion générale (version française)

Noam Chomsky - Interpretation and understanding: language and beyond (English version)

Noam Chomsky - discussion générale (English version)





Noam Chomsky
Professeur, Massachusetts Institute of Technology (U.S.A.)

Re-découvrir: Jules Vuillemin, Nécessité ou contingence


Jules Vuillemin
Nécessité ou contingence
L’aporie de Diodore et les systèmes philosophiques avec un index des citations, des matières et des noms propres

Collection « Le sens commun »
Minuit
1984



Présentation de l'éditeur
Les conditions qui rendent possible un acte libre existent-elles dans la nature et en nous-mêmes ? Y a-t-il nécessité ou contingence ?
Un philosophe grec du nom de Diodore Kronos, à peu près contemporain d’Aristote, a formulé une aporie connue sous le nom d’argument dominateur. C’est un fait que les anciens ont considéré cette aporie comme valide. À leurs yeux, elle démontrait l’incompatibilité de plusieurs principes dont on s’accorde à trouver la présence dans les conditions d’un acte libre et que le bon sens est porté spontanément à tenir pour vrais. Réduits à l’essentiel, voici ces principes :
a) Le passé étant irrévocable, seul un événement futur peut être possible.
b) Un impossible ne peut pas être la conséquence logique d’un possible.
c) Il y a un possible dont la réalisation n’a jamais lieu, ni dans le présent, ni dans le futur.
d) Ce qui est, est nécessairement pendant qu’il est.
C’est encore un fait, historiquement attesté, que, en réponse à la question de la nécessité ou de la contingence, les philosophes de l’Antiquité ont élaboré plusieurs solutions mutuellement exclusives en procédant comme on fait, en mathématiques, lorsqu’il s’agit d’accommoder un système d’axiomes démontré incohérent. Ils ont sacrifié l’un d’eux pour sauver ceux qui leur paraissaient inattaquables.

‑‑‑‑‑ Table des matières ‑‑‑‑‑

Introduction
I. Objet et plan de ce livre –II. Méthode suivie dans les trois premières parties : l’analyse des systèmes – III. Examen de quelques questions préalables. Réponses à ces questions – IV. introduction de la méthode synthétique dans la quatrième partie

Première partie : L’argument dominateur
Chapitre I : L’argument dominateur. Sur quelques interprétations passées et sur leurs défauts. Conditions que doit remplir une interprétation acceptable
1. Le texte d’Épictète chronologique – 2. L’interprétation de Zeller. Confusion du logique et du chronologique – 3. Ambiguïté dans la première prémisse : nécessité et irrévocabilité. Signification de la première prémisse – 4. L’interprétation de Prior ; elle contient deux prémisses supplémentaires dont l’une est explicitement rejetée par Aristote, elle suppose ambiguë la première prémisse
Chapitre II : Reconstruction du dominateur
5. Un paradigme aristotélicien : De Caelo, I, 283b 6-17. Son contexte – 6. Le principe de conservation du statut modal – 7. Le principe de la réalisation possible du possible – 8. Le principe de nécessité conditionnelle – 9. L’irrévocabilité du passé ou le principe de l’impossibilité de réaliser le possible dans le passé – 10. Le principe de l’expansion diachronique de la nécessité – 11. Première reconstruction de la démonstration du De Caelo. Un sophisme dans la distribution des modalités ? – 12. Seconde reconstruction de la démonstration du De Caelo : l’addition du principe de la nécessité conditionnelle la rend légitime – 13. La troisième prémisse du dominateur – 14. Première reconstruction du dominateur : un sophisme dans la distribution des modalités ? – 15. Seconde reconstruction du dominateur : l’addition du principe de nécessité conditionnelle la rend légitime – Appendice

Seconde partie :
Les systèmes de la nécessité : mégariques et stoïques
Chapitre III : Un système de fatalisme logique : Diodore Kronos
16. La solution de Diodore – 17. Deux interprétations possibles quant à l’objet des modalités diodoréennes : interprétation nominaliste et interprétation réaliste – 18. Signification de l’implication diodoréenne – 19. Le nominalisme de Diodore 20. Le nécessitarisme de Diodore

Chapitre IV : Éternel retour et temps cyclique : la solution de Cléanthe
21. Première conjecture. Nécessité du passé secundum vocem et secundum rem : la conception d’Ockham dans l’hypothèse de la reconstruction de Prior. Modalité de dicto et modalité de re – 22. Insuffisance de la solution d’Ockham. Mise en cause. du principe de nécessité conditionnelle :Jean Duns Scot – 23. Retour à Cléanthe et seconde conjecture : caractère conditionnel de la nécessité du passé selon Cléanthe ; l’interprétation de Leibniz – 24. Troisième conjecture : temps cyclique et conception numérique de l’identité des êtres dans l’éternel retour

Chapitre V : La liberté comme élément du destin : Chrysippe
25. Les doutes de Chrysippe portent sur la lettre, c’est-à-dire sur la forme négative de la seconde prémisse du Dominateur, non sur sa forme positive – 26. Doute de Chrysippe sur la définition croisée des modalités. De ce qu’il n’est pas possible qu’un événement ait lieu, on ne peut conclure à la nécessité de son contraire – 27. Le système non canonique des modalités selon Chrysippe – 28. Un système apparenté au système « Q » de Prior

Troisième partie :
Les systèmes de la contingence : lycée, jardin, académie
Chapitre VI : Aristote. Vers une réhabilitation de l’opinion comme connaissance probable des choses contingentes
29. Le chapitre IX du De Interpretatione – 30. Articulation du texte. L’introduction (18a 28-34). Le problème posé – 31. Validité des principes de non-contradiction et du tiers exclu (18a 38 et 18b 17-25) – 32. Examen et critique de la théorie mégarique (18a 34-18b 17 et 18b 25-19a 22) – 33. Solution d’Aristote (19a°22-19b 4) : nécessité conditionnelle et exceptions au principe de bivalence – 34. La conception générale d’Aristote confirme la solution donnée dans le De Interpretatione : différence entre Aristote et Diodore Kronos – 35. Première hypothèse interprétative. plus de deux valeurs de vérité – 36. Deuxième hypothèse interprétative : propositions sans valeur de vérité déterminée – 37. Troisième hypothèse interprétative : la probabilité

Chapitre VII : Épicure et l’intuitionnisme
38. Première interprétation logique de la négation épicurienne du tiers-exclu : la logique à trois valeurs de Lukasiewicz ; raisons de rejeter cette solution – 39. Deuxième interprétation logique de la négation épicurienne du tiers-exclu : le système intuitionniste – 40. Les « critères » épicuriens sont-ils compatibles avec l’intuitionnisme ? – 41. Conséquences des critères épicuriens : pluralité des hypothèses et rejet du tiers-exclu – 42. Le Dominateur et l’épicurisme – 43. Autres conceptions intuitionnistes de la réalité : Descartes et Kant

Chapitre VIII : Carnéade et le nominalisme sceptique des modalités
44. Quelle est la relation entre le principe du tiers-exclu et le principe de causalité (De Fato, X-XII) ? – 45. Mise en cause de la définition dogmatique donnée par Aristote de la vérité (De Fato, XIV) – 46. Carnéade et le Dominateur (De Fato, IX) – 47. De Carnéade aux logiques à noms « fictifs » : l’amplification chez Buridan – 48. Carnéade n’abandonne pas le principe de nécessité conditionnelle ; il le prive seulement de la portée ontologique que lui confère l’interprétation dogmatique de la vérité

Chapitre IX : Platonisme et nécessité conditionnelle
49. Le platonisme et le principe de nécessité conditionnelle – 50. Conséquences de la liaison entre nécessité conditionnelle et substantialité du sensible sur la modalité, la causalité et la liberté – 51. Conséquences que l’abandon du principe de nécessité conditionnelle et de la substantialité du sensible entraîne pour la modalité, la causalité et la liberté chez Platon et les platoniciens. Le même abandon, principe de conséquences semblables chez Jean Duns Scot

Quatrième partie :
Classification synthétique des systèmes de la modalité
Chapitre X : Assertion, modalité et loi naturelle
52. Analyse et synthèse ; plan de la quatrième partie – 53. Classification des assertions fondamentales – 54. Esquisse d’une classification des systèmes philosophiques – 55. Les modalités comme constituants des lois naturelles ; principe de leur classification philosophique – 56. Les lois classificatoires : I. Réalisme et validité. II. Réalisme et validité approchée des lois naturelles III. Les classifications naturelles : taxinomies conceptualistes, généalogies et tableaux périodiques du nominalisme des choses – 57. Les lois causales : I. Les lois de l’accident : lois du signe parfait et extrémales conceptualistes. II. Réductions élémentaires du nominalisme des choses. III. Nominalisme des événements et lois de champ – 58. Les règles et les systèmes de l’examen : I. Intuitionnisme, lois, constructions : A. La validité intuititionniste. B. Esquisse d’une histoire de l’intuititionnisme physique. C. Trois exemples. II. Le scepticisme : la loi comme convergence vers une même probabilité a posteriori – 59. Application de la précédente classification aux solutions du Dominateur

Chapitre XI : Aperçu sur la classification des systèmes philosophiques dans leur rapport avec la question de la nécessité et de la contingence
60. Retentissement de l’ordre synthétique sur les matériaux disposés suivant la méthode analytique – 61. Le Réalisme – 62. Le Conceptualisme – 63. Le Nominalisme – 64. L’Intuitionnisme – 65. Le Scepticisme

Index des citations des textes antiques et médiévaux – Index des noms propres – Index des matières – Bibliographie