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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

mardi 31 août 2010

Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude


Frédéric Lordon
Capitalisme, désir et servitude
Marx et Spinoza

La Fabrique
2010




Présentation de l'éditeur
Comment un certain désir s’y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C’est le problème de ce qu’on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d’enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l’enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d’affects qui pouvaient s’y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c’est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s’en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L’enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés.
Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l’occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d’aliénation, d’exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.

Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, travaille au développement d’une économie politique spinoziste (L’intérêt souverain, 2006 ; Spinoza et les sciences sociales, 2008) et sur les crises du capitalisme financier (Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, 2008 ; La crise de trop, 2009)

lundi 30 août 2010

écouter et regarder: Entretien avec Pierre Bourdieu 1er juillet 2000, Millau


Pierre Bourdieu à Millau le 30 juin 2000
Entretien réalisé par Louis Zollet (partie en français) et Chris Arden (partie en anglais) pour l'association de Soutien à la production indépendante de documentaires (SPID)

1[Ecouter] (Flux Real audio de 2'07'')

2[Ecouter] (Flux Real audio de 1'34'')

3[Ecouter] (Flux Real audio de 8'34'')

4[Ecouter] (Flux Real audio de 0'32'')

5[Ecouter] (Flux Real audio de 1'57'')


6[Ecouter] (Flux Real audio de 2'40'')

7[Ecouter] (Flux Real audio de0'48'')

8[Listen] (Sreaming Real audio, 06:22)



Source : Agence multimédia d'information citoyenne

samedi 28 août 2010

à paraître: Robert Darnton, Apologie du livre

Robert Darnton
Apologie du livre
Demain, aujourd'hui, hier

Traducteur: Jean-François Sené
Collection Hors série Littérature
Editions Gallimard
novembre 2010

This is a book about books, an unashamed apology for the printed word, past, present, and future. It is also an argument about the place of books in the digital environment that has now become a fundamental fact of life for millions of human beings. Far from deploring electronic modes of communication, I want to explore the possibilities of aligning them with the power that Johannes Gutenberg unleashed more than five centuries ago. What common ground exists between old books and e-books? What mutual advantages link libraries with the Internet? Those questions may sound empty in the abstract, but they take concrete form in decisions made every day by players in the communication industry—webmasters, computer engineers, financiers, lawyers, publishers, librarians, and a great many ordinary readers.

A former professor of European History at Princeton University, Robert Darnton is Carl H. Pforzheimer University Professor and director of the Harvard University Library. The founder of the Gutenberg-e program, he is the author of many books. He lives in Cambridge, Massachusetts.

vendredi 27 août 2010

Eric HOBSBAWM, Rébellions - La résistance des gens ordinaires : jazz, paysans et prolétaires


Eric HOBSBAWM
Rébellions
La résistance des gens ordinaires : jazz, paysans et prolétaires

Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Stephane Ginsburgh et Hélène Hiessler
Éditions Aden
2010


Présentation de l'éditeur
Nous connaissions la sentence révolutionnaire lancée comme un pavé à la face des puissants : « Un seul héros : le peuple ! » Eric Hobsbawm utilise son talent d’historien pour dénicher des parcours individuels et collectifs représentatifs de la classe opprimée en tant qu’actrice dans la lutte pour la transformation sociale. Ici, pas d’homme providentiel comme moteur de l’histoire ou du progrès : des gens, tout simplement. Dans cette série d’articles publiés entre 1959 et 1994, l’auteur s’attache d’abord à la tradition radicale issue des briseurs de machines anglais ou des cordonniers politisés du XIXe siècle et retrace la formation de la classe ouvrière. Il s’intéresse ensuite aux gens de la campagne, à la paysannerie traditionnelle et aux grands mouvements d’occupation de la terre. Il aborde également des sujets plus contemporains, comme la guérilla au Vietnam ou la révolte de Mai 68, avant de terminer par une série d’articles qui donnent sans doute à ce livre sa dimension la plus originale : le lien établi par Hobsbawm entre la politique et l’émergence du jazz, qu’il considère comme un phénomène anti-commercial et antiraciste, et l’un des rares développements majeurs du domaine des arts à émaner entièrement du milieu pauvre.

L’auteur : Eric Hobsbawm a été décrit par l'historien David Caute comme « vraisemblablement le plus grand historien vivant – pas seulement du Royaume-Uni, mais du monde ». The New York Review of Books a écrit que « la trilogie d'Eric Hobsbawm sur le XIXe siècle est l’une des plus grandes sommes historiques de ces dernières décennies ». Tony Judt, de l’Université de New York, estime qu’« Hobsbawm ne possède pas seulement plus de connaissances que d’autres historiens, il écrit également mieux qu’eux ». En 2003, il a reçu le Prix Balzan pour l’histoire européenne depuis 1900, notamment « pour sa brillante analyse de la douloureuse histoire de l’Europe du Vingtième Siècle et son habileté à marier la profondeur de ses recherches historiques à un grand talent littéraire. »


This collection of 26 essays range over the history of working men and women between the late 18th century and the present day, and brings back into print a selection of this celebrated historian's pioneering studies into labour history, together with more recent reflections previously unpublished in book form. Eric Hobsbawm's penetrating essays on labour history and social protest opened up a new field of study and set standards of wide-ranging, evocative, incisive analysis. Essays in this collection include the formation of the British working class; labour custom and traditions; the political radicalism of 19th century shoemakers; male and female images in revolutionary movements; revolution and sex; peasants and politics; and the common-sense of Tom Paine. More recent essays include meditations on the May Day holiday; the Vietnam War; socialism and the avantgarde; Mario Puzo, the Mafia and the Sicilian bandit Salvatore Giuliano; and the cultural consequences of Christopher Columbus. Throughout these essays runs a passionate concern for the lives and struggles of ordinary men and women - uncommon people, all of them.

jeudi 26 août 2010

article: Christophe Charle, Comparaisons et transferts en histoire culturelle de l’Europe. Quelques réflexions à propos de recherches récentes

Christophe CHARLE , Comparaisons et transferts en histoire culturelle de l’Europe
Quelques réflexions à propos de recherches récentes
, Cahiers Irice, N°5, 2010

Christophe Charle est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et directeur de l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS/ENS). Auteur ou éditeur d’une trentaine d’ouvrages, il a publié en dernier lieu : Théâtres en capitales, naissance de la société du spectacle à Paris, Berlin, Londres et Vienne (1860-1914), Paris, Albin Michel, 2008 et dirigé Le Temps des capitales culturelles XVIIIe-XXe siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2009.

mercredi 25 août 2010

videos: Roger Chartier, à propos de Bourdieu




Roger Chartier, L’apport de Bourdieu : habitus et espace social, 2 octobre 2002
Socio-histoire des pratiques culturelles
Roger CHARTIER
Responsable de cet entretien : Peter Stockinger - Professeur des universités, INaLCO, ESCoM-AAR, FMSH, Paris, France


Roger Chartier, Retour sur l'étude de l'économie des biens symboliques de Bourdieu, 5 décembre 2002
Séminaire de Roger Chartier
Ecrire, publier, éditer aux 16ème et 17ème siècles
Maison des Sciences de l'Homme


Roger Chartier, Pierre Bourdieu, Mercredi 11 décembre 2002
Pour une historiographie moderne
Responsable de cet entretien : Peter Stockinger
Maison des Sciences de l'Homme

source: Archives Audiovisuelles de la Recherche


Roger Chartier
Directeur d'études à l’EHESS, Professeur au Collège de France

mardi 24 août 2010

en ligne: Les historiens et la sociologie de Pierre Bourdieu, Bulletin de la Société d’Histoire Moderne et Contemporaine, 1999

Les historiens et la sociologie de Pierre Bourdieu, Bulletin de la Société d’Histoire Moderne et Contemporaine, 1999, n° 3-4.
Source: Bibliothèque nationale de France

lundi 23 août 2010

Presentations and Authors, Thirty Years after "Distinction"

30 ans après "La Distinction"
Thirty Years after "Distinction"

Présentations et Auteurs
Presentations and Authors





Thirty Years After "Distinction"
INHA
November 4, 2010 – November 6, 2010

The conference aims to examine the current relevancy of Pierre Bourdieu's book Distinction in contemporary sociological research on topics as diverse as food practices, political attitudes, housing conditions, forms of residential and geographic mobility, attitudes in the areas of mores and the family, educational styles, cultural practices, etc. The cultural questions, which have undoubtedly retained more than other topics the attention of present-day readers of Distinction, will obviously be particularly focused on, but this thematic orientation is far from exclusive.

samedi 21 août 2010

à paraître: Jack Goody, LE VOL DE L'HISTOIRE

Jack Goody
LE VOL DE L'HISTOIRE
Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde

Traducteur: Fabienne Durand-Bogaert
Collection NRF Essais
Editions Gallimard
le 14/10/2010


L'auteur
L’anthropologue britannique Jack Goody est né en 1919. Parmi ses principaux ouvrages en français figurent La Raison graphique. La domestication de la pensée sauvage (Minuit, 1978), La culture des fleurs (Seuil, 1994), La famille en Europe (Seuil, 2001), L’islam en Europe. Histoire, échanges, conflits (La Découverte, 2004).



Jack Goody is one of the pre-eminent social scientists in the world.
Over the past half century his pioneering writings at the intersections of
anthropology, history, and social and cultural studies have made him one
of the most widely read, most widely cited, and most widely translated
scholars working today.
In The Theft of History Goody builds on his own previous work
(notably The East in the West) to extend further his highly influential
critique of what he sees as the pervasive Eurocentric, or Occidental-
ist, biases of so much western historical writing, and the consequent
‘theft’ by the west of the achievements of other cultures in the inven-
tion of (notably) democracy, capitalism, individualism, and love. This
argument will generate passionate debate, as his previous works have
done, and many will dissent from Goody’s perceptive conclusions. Few,
however, will be able to ignore the force of his thought, or the breadth
of knowledge brought to the discussion.
The Theft of History discusses a number of theorists in detail, includ-
ing Marx, Weber, and Norbert Elias, and engages with critical admira-
tion western historians like Fernand Braudel, Moses Finley, and Perry
Anderson. Many questions of method are raised in these discussions,
and Goody proposes a new comparative methodology for cross-cultural
analysis, one that gives a much more sophisticated basis for assessing
divergent historical outcomes, and replaces outmoded simple differ-
ences between, for example, the ‘backward East’ and the ‘inventive
West’.
Historians, anthropologists, social theorists, and cultural critics will
all find something of real value in The Theft of History. It will be a cat-
alyst for discussion of some of the most important conceptual issues
confronting western historians today, at a time when notions of ‘global
history’ are filtering into the historical mainstream for the first time.

jack goody is Emeritus Professor of Social Anthropology in the
University of Cambridge and a Fellow of St John’s College. Recently
knighted by Her Majesty The Queen for services to anthropology, Pro-
fessor Goody has researched and taught all over the world, is a Fellow
of the British Academy, and in 1980 was made a Foreign Honorary
Member of the American Academy of Arts and Sciences. In 2004 he
was elected to the National Academy of Sciences and he was elected
Commandeur des Arts et Lettres in 2006.

vendredi 20 août 2010

Michel Gollac, La rigueur et la rigolade - À propos de l'usage des méthodes quantitatives par Pierre Bourdieu

Michel Gollac, La rigueur et la rigolade - À propos de l'usage des méthodes quantitatives par Pierre Bourdieu
Article paru dans : Rencontres avec Pierre Bourdieu, sous la direction de Gérard
Mauger, Éditions du Croquant, 2005



Résumé
Au long de son oeuvre, Pierre Bourdieu fait des statistiques un usage remarquable à trois titres : le fond, le choix des méthodes et la forme de l'exposé. Il insère l'usage des statistiques dans une critique sociologique qui remet en cause des catégories de pensée et des préjugés sociaux : conscient du fait que la statistique est un outil critiquable car construit justement à partir de ces catégories, il l'utilise d'autant mieux. Dans le choix des méthodes, sa préférence va à l'analyse des correspondances multiples qui permet de construire des variables au-delà de celles existantes. Dans la forme, enfin, il traduit la créativité du chercheur et recherche la facilité de lecture, plutôt qu'il ne met en vedette la rigueur formelle des ses travaux. Au fil du temps, cependant, il a porté une attention croissante à la rigueur statistique sans renoncer à la rigueur critique de la sociologie. Ainsi Pierre Bourdieu a-t-il fait un usage original des statistiques pour nous faire voir le monde social sous un angle inattendu, avec le plus grand irrespect des catégories ordinaires de pensée. Cette combinaison de rigueur et de liberté peut demeurer une source d'inspiration. C'est ainsi que pour l'évoquer dans cet article, l'auteur a adopté un ton « décalé » qui, paradoxalement, renforce le sérieux de son propos.

Summary
Throughout his work, Pierre Bourdieu's use of statistics was remarkable on three counts: content, choice of method, and expository form. He incorporated the use of statistics into a sociological critique that challenged categories of thought and social prejudices. He realized that statistics was a tool open to criticism precisely because it was built on the basis of these categories­and he was thus able to use it all the more effectively. In his choice of methods, he preferred multiple correspondence analysis (MCA), which allows the construction of variables other than existing ones. As regards form, Bourdieu focused on the researcher's creativity and was more concerned to achieve readability than to showcase the formal rigor of his work. Over time, however, he paid increasing attention to statistical rigor without sacrificing the critical rigor of sociology. In sum, Pierre Bourdieu made innovative use of statistics to show us the social world from an unexpected angle, with the greatest irreverence for the ordinary categories of thought. This combination of rigor and freedom can still inspire. To discuss Bourdieu in this article, the author has accordingly chosen an «offbeat» style that, paradoxically, underscores the seriousness of his approach.

jeudi 19 août 2010

video et article: Alain DESROSIERES, L’influence de Pierre Bourdieu

video: Alain DESROSIERES, L’influence de Pierre Bourdieu

"Sociologie et statistiques : Retour sur « Comment faire des choses qui tiennent : histoire sociale et statistique »"
> Lundi 28 février 2005, EHESS

Alain DESROSIERES, Bourdieu et les statisticiens : une rencontre improbable et ses deux héritages
(publié dans : Encrevé P. , Lagrave R.M., Travailler avec Bourdieu, Flammarion, Paris, 2003, pp.209-218)

Alain DESROSIERES - Méthodes Comparées, INSEE - Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, Chercheur associé au Centre Alexandre Koyré

mercredi 18 août 2010

Claude Seibel, Les liens entre Pierre Bourdieu et les statisticiens, à partir de son expérience algérienne

Claude Seibel, Les liens entre Pierre Bourdieu et les statisticiens, à partir de son expérience algérienne
Article paru dans « La liberté par la connaissance : Pierre Bourdieu (1930-2002) »,
ouvrage publié sous la direction de Jacques Bouveresse et Daniel Roche,
dans le cadre de la collection du Collège de France, Odile Jacob, 2004

Résumé
A la fin des années soixante, dans une rencontre improbable en Algérie, des statisticiens de l'Insee, pour la plupart débutants, ont lancé avec des sociologues, eux aussi débutants, des enquêtes ambitieuses sur l'emploi, le logement, la consommation des ménages... Il s'agissait de décrire et de mieux comprendre, par le regard croisé de la statistique, de l'économie, de la sociologie et de l'ethnographie, la réalité bouleversée de l'Algérie. « Travail et travailleurs en Algérie », publié en 1964, est la plus connue de ces enquêtes. Ainsi, se sont noués des rapports de travail, inédits pour l'époque, entre statisticiens et sociologues mobilisant ensemble les ressources de leur discipline scientifique. Marquée par les fortes personnalités de Pierre BOURDIEU et d'Alain DARBEL, cette entreprise s'est poursuivie pendant une vingtaine d'années en impliquant progressivement d'autres sociologues et de nombreux statisticiens au sein de l'Insee.

Summary
In the late 1960s, in an unlikely encounter in Algeria, INSEE statisticians (most of them at the start of their careers) teamed up with sociologists (also beginning their careers) to launch ambitious surveys on employment, housing, personal consumption, and other topics. The aim was to describe and better understand Algeria's turmoil through the combined scrutiny of statistics, economics, sociology, and ethnography. The best known of these surveys is Travail et travailleurs en Algérie (Work and Workers in Algeria), published in 1964. The project created working relationships of an unprecedented kind between statisticians and sociologists pooling the resources of their scientific disciplines. Shaped by the strong personalities of Pierre Bourdieu and Alain Darbel, the enterprise continued for about twenty years, gradually involving other sociologists and many INSEE statisticians.

mardi 17 août 2010

écouter: Lahouari Addi, Pierre Bourdieu, l’Algérie et le pessimisme anthropologique

Jeudi 19 avril 2007, Maison de l'Orient et de la Méditerranée
Lahouari Addi, professeur à l’Insitut d’Etudes Politiques de Lyon, membre du GREMMO
écouter:« Pierre Bourdieu, l’Algérie et le pessimisme anthropologique »

- texte de Lahouari Addi



Lahouari Addi est auteur d’un livre sur Bourdieu intitulé « Sociologie et anthropologie chez Pierre Bourdieu. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques », La Découverte, 2002

samedi 14 août 2010

à paraître: Didier Éribon, De la subversion Droit, norme et politique


Didier Éribon
De la subversion
Droit, norme et politique

(Ce volume réunit les textes - dans des versions développées - de trois conférences données à Berkeley, Yale et Paris entre 2004 et 2009)
éditions Cartouche
à paraître octobre 2010



Présentation qui figure au dos de la couverture :
Les trois textes qui composent cet ouvrage portent sur des questions qui ont trait au genre et à la sexualité, mais aussi, par voie de conséquence, aux rapports complexes qu’entretiennent la subversion et la norme. S’ils prennent pour point de départ les mobilisations qui se sont développées pour exiger la reconnaissance juridique des couples de même sexe et des familles homoparentales, ils tentent de réfléchir, de manière plus générale, sur la dissidence et sur les politiques minoritaires, notamment lorsqu’elles en viennent, inévitablement, à s’adresser au droit et à lutter pour sa transformation…

Pour être effective, la subversion ne saurait être que située, partielle et toujours à recommencer. Subvertir est un verbe transitif : on subvertit quelque chose à un moment donné, ou on ne subvertit rien du tout.


Table des matières :

Avant-propos

1) Vies hantées : Le sida et l'avenir de notre passé.

2) Politiques mineures : Pour un nouvel Anti-Oedipe.

3) Inventer : Réflexions sur la pluralité des pratiques de l'alliance et de la parenté.

jeudi 12 août 2010

Robert Boyer, « Pierre Bourdieu analyste du changement ?

Robert Boyer, « Pierre Bourdieu analyste du changement ? Une lecture à la lumière de la théorie de la régulation », Couverture Orange CEPREMAP n° 2004-01, janvier 2004.

Résumé
Pierre Bourdieu étend-il une variante de l’économie la plus classique à la théorie des champs et se borne-t-il à une analyse de la reproduction ? Un parcours de ses travaux suggère une réponse négative à ces deux questions. Certes le vocabulaire de l’économie est amplement mobilisé mais il se décline de façon spécifique dans chaque champ et livre des résultats bien différents de ceux que développe la théorie des choix rationnels qu’un économiste appliquerait de façon indiscriminée à l’ensemble des phénomènes sociaux. De même, au-delà d’un ensemble de concepts qui semblent évoquer une histoire immobile, le jeu entre variations et invariants est central, d’autant plus que Pierre Bourdieu fait un usage fréquent de la mise en perspective historique. Il propose au moins cinq mécanismes explicatifs du changement et des crises : innovation à l’initiative des dominants d’un champ, entrée des nouveaux acteurs, déplacement endogène des frontières entre champs sous l’effet des stratégies qui s’y déploient, luttes pour le pouvoir de l’État et surtout désynchronisation entre champ et habitus due au changement de contexte. Enfin, apparaissent des homologies frappantes entre la sociologie de Pierre Bourdieu et les recherches inspirées par la théorie de la régulation, même si les objectifs et les notions de base des deux constructions théoriques demeurent distincts.

Robert Boyer
PSE - Paris-Jourdan Sciences Economiques (CNRS-EHESS-ENPC-ENS)
e-mail: robert.boyer AT ens.fr ; http://www.jourdan.ens.fr/~boyer

mercredi 11 août 2010

Philippe Hamon, L’or des peintres


Philippe Hamon
L’or des peintres
L’image de l’argent du XVe au XVIIe siècle

Presses Universitaires de Rennes
2010



Présentation de l'éditeur
Le changeur et sa femme de Quentin Metsys, la Vocation de Saint Matthieu du Caravage, le Tricheur à l’as de carreau de Georges de la Tour : trois peintures célèbres qui font place à l’argent, parmi des centaines d’autres souvent moins connues. Ces oeuvres d’art admirées dans les musées ou les églises s’offrent comme sources pour l’historien. A partir d’elles, on cherchera à mieux comprendre le rapport qu’entretiennent avec l’argent hommes et femmes du XV-XVIIe siècles en Europe occidentale.

L’argent occupe une place de premier ordre dans les pratiques sociales eet les croyances : quelles visions en donne l’image, et particulièrement la peinture ? Tel est l’enjeu de cet essai, qui s’attache particulièrement à rendre compte des luttes de représentation que sa présence fait naître fréquemment. Choisir l’image comme source unique suppose le recours à une méthodologie propre, d’autant que l’argent, sous forme de pièces de monnaie, ne constitue généralement qu’un détail sur les tableaux. L’icône monétaire y occupe uneposition spécifique, en tant qu’objet social,, mais aussi comme signe au sein de l’image.

Plutôt que de procéder à une sélection, ce livre entend fournir un panorama d’ensemble des modalités de significations de l’argent en image. On y analyse des figures attendues : avarice, usure, impôt ou charité. Mais surgissent aussi des thématiques plus originales, de la circulation de l’argent dans les corps au rapprochement entre monnaie et Eucharistie.

Une question traverse ces oeuvres et les sociétés qui les produisent : comment vivre avec l’argent ? Le livre fait place à un héritage très négatif, qui fonde une relation toujours problématique. Mais il montre aussi comment l’iconographie ouvre des pistes pour une progressive acclimatation de la monnaie, suivant des voies parfois surprenantes.


Sommaire
Un historien et des images

* La peinture comme source historique
* Le paramètre monétaire
* L’icône monétaire : contextes et réceptions

À corps perdus

* Servir Mammon
* Corps en jeu, corps enjeu : argent et relations sexuelles
* Corps à corps avec l’argent

Communautés, autorités

* Communautés : jeu d’échelles
* Pouvoir politique et argent
* Les deniers du culte

Pratiques sociales, tensions sociales

* La charité : un modèle ?
* Les prédateurs

Une puissance à apprivoiser

* Puissance de l’argent
* Vivre avec l’argent

Philippe Hamon, professeur d’histoire moderne à l’université Rennes 2, est ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud et agrégé d’histoire. Il est membre du Centre de recherches historiques de l’Ouest (Cerhio, UMR CNRS 6258). Le présent ouvrage est issu de son mémoire d’habilitation à diriger des recherches.

lundi 9 août 2010

Pierre Bourdieu, Comment se représente-t-on le monde social ?


Pierre Bourdieu, Comment se représente-t-on le monde social ?
"Les quelques pages dont on pourra ici trouver le manuscrit ne sont en rien des notes jetées à la hâte et sans objet bien cerné. Elles exposent, au contraire, un projet longuement mûri et élaboré par Pierre Bourdieu, discuté et repris maintes fois jusqu’à cette dernière version qu’il souhaitait voir servir de canevas à un numéro spécial des Actes de la recherche en sciences sociales ou à un ouvrage collectif. En regardant plus précisément ce sommaire, on comprend en effet l’importance que ce projet pouvait revêtir aux yeux de Pierre Bourdieu, en raison des enjeux théoriques qu’il convoque et des effets pratiques sur la recherche qu’il promet, sur trois terrains au moins." Olivier Christin « Comment se représente-t-on le monde social ? », Actes de la recherche en sciences sociales, Représentations du monde social. Textes, images, cortèges, 4/2004 (no 154), p. 3-9.

samedi 7 août 2010

à paraître: Agone 44, Rationnalité, vérité & démocratie

Revue Agone 44
Rationnalité, vérité & démocratie
À paraître le 26/10/2010


Numéro de revue tiré du colloque du 28 mai au Collège de France, voir les videos

SOMMAIRE (provisoire)

Éditorial, Jacques Bouveresse
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action, Jean-Jacques Rosat
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?, Pascal Engel
Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale, Thierry Discepolo
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité, Jacques Bouveresse
La soif de pouvoir tempéré par l’auto-aveuglement, Noam Chomsky, traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Dialogue sur la science et la politique, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky, Entretien avec Daniel Mermet

Histoire radicale

Au-delà du marxisme, de l’anarchisme et du libéralisme : le parcours scientifique et révolutionnaire de Bruno Rizzi, Paolo Sensini, traduit de l’italien par Miguel Chueca, présentation de Charles Jacquier

La Leçon des choses

Ce qui compte. La classe ouvrière blanche ? À propos de Who Cares about the White Working Class ?, de Kjartan Páll Sveinsson, Walter Benn Michaels
Reclasser Mai 68. À propos de La Pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle de Serge Audier, Alexander Zevin
La nouvelle élite réactionnaire intronisée par Le Débat, Camille Trabendi
Notes sur la mobilisation des intellectuels français en faveur du syndicat polonais Solidarnos (décembre 1981), Pierre Bourdieu, présentation par Franck Poupeau & Thierry Discepolo

vendredi 6 août 2010

Emmanuelle Lallement, LA VILLE MARCHANDE


Emmanuelle Lallement
LA VILLE MARCHANDE
enquête à Barbès

préface de Yves Winkin
Téraèdre
2010


Présentation de l'éditeur
Une ethnologue nous convie à des promenades dans ce " Barbès ", autant mythe que quartier de Paris, connu bien au-delà des limites de la capitale, voire de la France.
D'une lecture plaisante, ce livre est néanmoins en passe de devenir un des classiques de l'ethnologie urbaine, tant l'acuité du regard et la pertinence des analyses y sont grandes.

Emmanuelle Lallement est ethnologue, maître de conférences à l'Université Paris-Sorbonne-CELSA et associée au LAIOS, Institut interdisciplinaire d'anthropologie du Contemporain, EHESS-CNRS.

mercredi 4 août 2010

De la subversion en religion, Tangi CAVALIN, Charles SUAUD et Nathalie VIET-DEPAULE (dir.)


De la subversion en religion
Tangi CAVALIN, Charles SUAUD et Nathalie VIET-DEPAULE (dir.)
Karthala
2010



Présentation de l'éditeur
S'il est acquis que les religions contribuent à la justification de l'ordre établi, elles peuvent aussi jouer comme une force de changement. A partir d'analyses de ces empruntés à l'histoire de l'Eglise catholique, mais aussi à celles d'autres religions, ce livre examine des contestations internes qui ont eu pour enjeux de mettre en question les relations traditionnelles entre des agents religieux, des laïcs et des institutions et de redéfinir la place des Eglises ou des organisations religieuses dans certaines sociétés. Le point de vue adopté dans cet ouvrage prend le parti de comprendre les subversions relligieuses en ce qu'elles engagent pleinement les esprits et les corps.

lundi 2 août 2010

Gabriella Paolucci, Bourdieu dopo Bourdieu



Gabriella Paolucci
Bourdieu dopo Bourdieu
Studi sociali
UTET Università
2010




Présentation de l'éditeur
Pierre Bourdieu è una delle figure più significative e originali delle scienze sociali del xx secolo. Sociologo con una formazione intellettuale non comune per ampiezza e complessità, ha prodotto un insieme di studi e ricerche di una sofisticazione teorica e di un rigore empirico straordinari. Nel corso della sua carriera, iniziata negli anni Cinquanta e terminata prematuramente nel 2002, si è occupato di una gamma amplissima di temi, spaziando dalla religione al diritto, dalla scuola ai consumi, dalla letteratura al linguaggio, dalla struttura sessuata del potere alla fotografia, dalla condizione del sottoproletariato nelle periferie parigine al mercato immobiliare. Ciò che conferisce unità a questa varietà di interessi è una teoria della pratica umana che ricostruisce i meccanismi della riproduzione dell’ordine costituito e del dominio. Per questo Bourdieu si situa nell’alveo del pensiero critico del Novecento.
Contrariamente ad altri Paesi, in Italia manca ancora una lettura critica complessiva dell’opera del sociologo francese. Bourdieu dopo Bourdieu, grazie ai contributi di studiosi del pensiero bourdieusiano, non solo italiani, restituisce al pubblico una visione d’insieme del progetto scientifico di Bourdieu: una mappa indispensabile per orientarsi in una produzione amplissima e molto diversificata.
I saggi raccolti nel volume curato da Gabriella Paolucci non si limitano a considerare alcuni dei passaggi più significativi del lavoro di Bourdieu, ma analizzano anche l’influenza che la prospettiva teorica di questo straordinario intellettuale ha esercitato nelle scienze sociali a livello internazionale, nonché il peso che Pierre Bourdieu ha avuto in Italia.


Gli autori – Introduzione - PARTE PRIMA . Posizionamenti – 1. Oltre l’oggettivismo, oltre il soggettivismo – 2. L’auto-socio-analisi del sociologo o gli interessi interessati dei ricercatori – 3. Sociologia e politica: le forme dell’impegno politico di Bourdieu - PARTE SECONDA. Parole chiave – 4. Una libertà vincolata. La formazione della teoria dell’habitus -5. La nozione di campo. Genesi, funzioni, usi, abusi, prospettive – 6. «Con Marx, senza Marx». Sul capitale di Bourdieu – 7. Una sottomissione paradossale: la teoria della violenza simbolica – 8. Istituzioni educative e riproduzione dell’ordine sociale – 9. L’idea di campo scientifico e la sua fortuna negli studi sulla tecnoscienza – 10. Un ospite di scarso riguardo: Pierre Bourdieu in Italia - Indice


Gabriella Paolucci è docente di Sociologia all’Università di Firenze. I suoi interessi ruotano intorno alla dimensione spazio-temporale delle società contemporanee, alla teoria sociale e del mutamento. Tra i suoi volumi: Tempi postmoderni, 1993; La città macchina del tempo, 1998; Cronofagia, 2003; Jean-Paul Sartre. Visita a Cuba, 2005; Libri di pietra, 2007; Donne, tempi e spazi, 2008. Su Pierre Bourdieu ha scritto saggi per riviste e volumi collettanei.

dimanche 1 août 2010

à paraître: John Hagan, Who Are the Criminals?


John Hagan
Who Are the Criminals?
The Politics of Crime Policy from the Age of Roosevelt to the Age of Reagan

Princeton University Press
November 2010


Présentation de l'éditeur
How did the United States go from being a country that tries to rehabilitate street criminals and prevent white-collar crime to one that harshly punishes common lawbreakers while at the same time encouraging corporate crime through a massive deregulation of business? Why do street criminals get stiff prison sentences, a practice that has led to the disaster of mass incarceration, while white-collar criminals, who arguably harm more people, get slaps on the wrist--if they are prosecuted at all? In Who Are the Criminals?, one of America's leading criminologists provides new answers to these vitally important questions by telling how the politicization of crime in the twentieth century transformed and distorted crime policymaking and led Americans to fear street crime too much and corporate crime too little.

John Hagan argues that the recent history of American criminal justice can be divided into two eras--the Age of Roosevelt (roughly 1933 to 1973) and the Age of Reagan (1974 to 2008). A focus on rehabilitation, corporate regulation, and the social roots of crime in the earlier period was dramatically reversed in the later era. In the Age of Reagan, the focus shifted to the harsh treatment of street crimes, especially drug offenses, which disproportionately affected minorities and the poor and resulted in wholesale imprisonment. At the same time, a massive deregulation of business provided new opportunities, incentives, and even rationalizations for white-collar crime--and helped cause the 2008 financial crisis and subsequent recession.

The time for moving beyond Reagan-era crime policies is long overdue, Hagan argues. The understanding of crime must be reshaped and we must reconsider the relative harms and punishments of street and corporate crimes.

John Hagan is the John D. MacArthur Professor of Sociology and Law at Northwestern University and the American Bar Foundation. He received the Stockholm Prize in Criminology in 2009. His books include Darfur and the Crime of Genocide.