Aaron Cicourel, As manifestações institucionais e cotidianas do habitus, Tempo Social, Volume 19 número 1, junho de 2007, pp. 169-188
Resumo:
O texto examina o conceito de habitus como processos de aquisição de capacidades por bebês e crianças, em meio às práticas e experiências cotidianas de socialização em ambientes de interação familiar, valendo-se de investigações empíricas empreendidas na Cidade do México e em Buenos Aires.
Abstract:
The article explores the concept of habitus viewed as a process through which babies and children acquire capacities in their daily practices and experiences of socialization within contexts of family interaction, based on data from surveys conducted in Mexico City and Buenos Aires.
Entrevista com Aaron Cicourel, MICELI, Sergio, PINHEIRO FILHO, Fernando A.; et al, Tempo Social, Volume 19 número 1, junho de 2007, pp. 131-168
Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
mardi 30 novembre 2010
lundi 29 novembre 2010
Préface de Pierre Bourdieu et de Yves Winkin au livre de Aaron Cicourel, Le raisonnement médical
Préface de Pierre Bourdieu et de Yves Winkin au livre de Aaron Cicourel, Le raisonnement médical, Collection Liber, Seuil, 2002.
dimanche 28 novembre 2010
écouter: Jean-Louis Fabiani à propos de son livre Qu'est-ce qu'un philosophe français ?
écouter: Jean-Louis Fabiani à propos de son livre Qu'est-ce qu'un philosophe français ?
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 27.11.2010
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 27.11.2010
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samedi 27 novembre 2010
Noam Chomsky, Réflexions sur l'université
Noam Chomsky
Réflexions sur l'université
suivies d'un entretien inédit
Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon
Raisons d'agir
2 décembre 2010
Présentation de l'éditeur
"On ne présente pas Noam Chomsky et c’est une grande chance pour les éditions Raisons d’agir que de pouvoir éditer un de ses livres. Un livre projet sur une question essentielle pour son auteur, linguiste majeur et universitaire, puisqu’il porte sur la définition même de l’université. C’est un livre qui touche en cela à des questions très débattues en France ces dernières années avec la réformes des universités qui se déroule dans le cadre du « processus de Bologne ». Questions auxquelles les éditions Raisons d’agir ont déjà consacré un livre (Le cauchemar de Humboldt) qui a marqué la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est enfin un livre original au sens où il reprend et regroupe des textes anciens de Noam Chomsky et un entretien récent qui montre la force et la constance du point de vue développé par l’auteur dans ces matières.
Etonnamment, les idées de Chomsky sur l’éducation en général et sur l’université en particulier, bien que fortes et originales, restent, malheureusement et très injustement, peu connues et inexplorées, surtout dans le monde francophone.
Chomsky défend une conception claire et exigeante de l’université.
On a souvent noté l’influence que la pensée de Wilhelm von Humboldt (1767-1835), notamment par son rationalisme, son libéralisme et la place qu’elle fait à l’idée de nature humaine, a exercé sur la pensée de Chomsky. C’est tout particulièrement le cas de sa réflexion sur l’éducation. C’est bien, pour l’essentiel, à la conception normative de la nature et des fonctions de l’université que ces idées commandaient déjà chez lui, que Chomsky est resté profondément attaché. Il défend à la fois une position idéaliste faisant de l’universalité et de la recherche désintéressée le but même de l’université tout en analysant avec acuité tout ce qui dans la réalité doit être surmonté pour qu’il en soit ainsi et que l’université surmonte la pression des intérêts particuliers dont elle est l’objet."
TA B L E D E S M A T I È R E S
5 Introduction: Chomsky et l’université
11 Vers une conception humaniste
de l’éducation
37 La fonctionde l’université
en temps de crise
65 Réforme de l’enseignement supérieur
et responsabilités de la communauté
universitaire
89 Deux fonctions de l’université
aux États-Unis
135 Éducation supérieure
et engagement d’hier à aujourd’hui
149 La corporatisation de l’université
163 Notes
Réflexions sur l'université
suivies d'un entretien inédit
Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon
Raisons d'agir
2 décembre 2010
Présentation de l'éditeur
"On ne présente pas Noam Chomsky et c’est une grande chance pour les éditions Raisons d’agir que de pouvoir éditer un de ses livres. Un livre projet sur une question essentielle pour son auteur, linguiste majeur et universitaire, puisqu’il porte sur la définition même de l’université. C’est un livre qui touche en cela à des questions très débattues en France ces dernières années avec la réformes des universités qui se déroule dans le cadre du « processus de Bologne ». Questions auxquelles les éditions Raisons d’agir ont déjà consacré un livre (Le cauchemar de Humboldt) qui a marqué la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est enfin un livre original au sens où il reprend et regroupe des textes anciens de Noam Chomsky et un entretien récent qui montre la force et la constance du point de vue développé par l’auteur dans ces matières.
Etonnamment, les idées de Chomsky sur l’éducation en général et sur l’université en particulier, bien que fortes et originales, restent, malheureusement et très injustement, peu connues et inexplorées, surtout dans le monde francophone.
Chomsky défend une conception claire et exigeante de l’université.
On a souvent noté l’influence que la pensée de Wilhelm von Humboldt (1767-1835), notamment par son rationalisme, son libéralisme et la place qu’elle fait à l’idée de nature humaine, a exercé sur la pensée de Chomsky. C’est tout particulièrement le cas de sa réflexion sur l’éducation. C’est bien, pour l’essentiel, à la conception normative de la nature et des fonctions de l’université que ces idées commandaient déjà chez lui, que Chomsky est resté profondément attaché. Il défend à la fois une position idéaliste faisant de l’universalité et de la recherche désintéressée le but même de l’université tout en analysant avec acuité tout ce qui dans la réalité doit être surmonté pour qu’il en soit ainsi et que l’université surmonte la pression des intérêts particuliers dont elle est l’objet."
TA B L E D E S M A T I È R E S
5 Introduction: Chomsky et l’université
11 Vers une conception humaniste
de l’éducation
37 La fonctionde l’université
en temps de crise
65 Réforme de l’enseignement supérieur
et responsabilités de la communauté
universitaire
89 Deux fonctions de l’université
aux États-Unis
135 Éducation supérieure
et engagement d’hier à aujourd’hui
149 La corporatisation de l’université
163 Notes
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Université
vendredi 26 novembre 2010
écouter et lire: Tariq Ali à propos de son livre Obama s'en va-t-en guerre
Tariq Ali: «pour Obama, Yes we can veut dire faire comme avant!»
Propos recueillis par Christophe Ventura, Marianne2, Jeudi 25 Novembre 2010
Tariq Ali : «Avec Obama, c'est l’enterrement de la conscience politique afro-américaine», Par Pierre Puchot et Hugo Vitrani, mediapart, 18 Novembre 2010
écouter: Tariq Ali, émission L'Humeur Vagabonde par Kathleen Evin, France Inter, 17 novembre 2010
Propos recueillis par Christophe Ventura, Marianne2, Jeudi 25 Novembre 2010
Tariq Ali : «Avec Obama, c'est l’enterrement de la conscience politique afro-américaine», Par Pierre Puchot et Hugo Vitrani, mediapart, 18 Novembre 2010
écouter: Tariq Ali, émission L'Humeur Vagabonde par Kathleen Evin, France Inter, 17 novembre 2010
jeudi 25 novembre 2010
Hélène Le Dantec-Lowry, De l'esclave au président. Discours sur les familles noires aux Etats-Unis
Hélène Le Dantec-Lowry
De l'esclave au président
Discours sur les familles noires aux Etats-Unis
Préface de Loïc Wacquant
CNRS
2010
Présentation de l'éditeur
1865 : le 13e amendement abolit l’esclavage sur tout le territoire des États-Unis.
2008 : Barack Obama est élu à la Maison Blanche. Le président américain prononce dans la foulée son célèbre discours engageant les Afro-américains à prendre plus de responsabilités pour conquérir une vie meilleure. Une révolution culturelle est en cours. Cherchant à expliquer cette extraordinaire mutation, Hélène Le Dantec-Lowry décrypte les discours sur le système de parenté noir dans l’histoire américaine. Discours le plus souvent racistes sur l’infériorité des esclaves, puis des migrants ou des résidents des ghettos jusqu’aux années 1940 ; débats passionnés, à partir des années 1960, sur les déficiences supposées des familles noires ou, au contraire, sur les capacités de résistance et l’adaptabilité des réseaux de parenté afro-américains… Confrontant les écrits produits par les Blancs à ceux des Noirs, soulignant l’influence, dans ces controverses, des études sur les femmes et sur les notions de « race, classe et genre », Hélène Le Dantec-Lowry montre que les familles noires américaines sont désormais plus rarement décrites comme un groupe inférieur face à la famille-type blanche, mais plutôt comme un ensemble complexe rendu hétérogène par le métissage, les lieux, les générations et les classes.
Une fresque magistrale, qui renouvelle en profondeur notre connaissance du multiculturalisme aux États-Unis.
Professeur de civilisation américaine à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Hélène Le Dantec-Lowry est spécialiste de l’histoire culturelle et sociale des Noirs et des femmes aux États-Unis.
De l'esclave au président
Discours sur les familles noires aux Etats-Unis
Préface de Loïc Wacquant
CNRS
2010
Présentation de l'éditeur
1865 : le 13e amendement abolit l’esclavage sur tout le territoire des États-Unis.
2008 : Barack Obama est élu à la Maison Blanche. Le président américain prononce dans la foulée son célèbre discours engageant les Afro-américains à prendre plus de responsabilités pour conquérir une vie meilleure. Une révolution culturelle est en cours. Cherchant à expliquer cette extraordinaire mutation, Hélène Le Dantec-Lowry décrypte les discours sur le système de parenté noir dans l’histoire américaine. Discours le plus souvent racistes sur l’infériorité des esclaves, puis des migrants ou des résidents des ghettos jusqu’aux années 1940 ; débats passionnés, à partir des années 1960, sur les déficiences supposées des familles noires ou, au contraire, sur les capacités de résistance et l’adaptabilité des réseaux de parenté afro-américains… Confrontant les écrits produits par les Blancs à ceux des Noirs, soulignant l’influence, dans ces controverses, des études sur les femmes et sur les notions de « race, classe et genre », Hélène Le Dantec-Lowry montre que les familles noires américaines sont désormais plus rarement décrites comme un groupe inférieur face à la famille-type blanche, mais plutôt comme un ensemble complexe rendu hétérogène par le métissage, les lieux, les générations et les classes.
Une fresque magistrale, qui renouvelle en profondeur notre connaissance du multiculturalisme aux États-Unis.
Professeur de civilisation américaine à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, Hélène Le Dantec-Lowry est spécialiste de l’histoire culturelle et sociale des Noirs et des femmes aux États-Unis.
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mercredi 24 novembre 2010
Bourdieu, l'intellectuel et la science de soi, Entretien avec Louis Pinto et Jean-Jacques Rosat
Bourdieu, l’intellectuel et la science de soi
Voilà qu’en ce début d’année plusieurs ouvrages nous proposent une plongée renouvelée dans l’œuvre de Pierre Bourdieu à commencer par sa courte mais incontournable Auto-analyse, jusqu’ici inédite en France. Un travail dont le philosophe Jacques Bouveresse ne manque pas, avec son habituelle rigueur, de souligner l’importance théorique, dans son livre Bourdieu, savant et politique, où il interroge « la dette intellectuelle et personnelle » qui, dans ses propres recherches, l’attache depuis longtemps au sociologue. Le paradoxe, perceptible dans un troisième ouvrage, Travailler avec Bourdieu, où il est aussi question de la personnalité du savant, c’est que l’angle d’analyse puisse, en apparence, faire écho à la dérive narcissique qui submerge notre époque dès qu’on parle d’individu. À travers la question du « sujet » Bourdieu qu’évoquent ces travaux, d’aucuns ont (auront) vite fait de jeter par-dessus bord la scientificité revendiquée du propos sociologique – quelle sociologie peut-on et doit-on construire du sociologue ? – pour céder aux sirènes des « spéculations et fabrications de mythes » qu’évoque Franz Schulteis – le chercheur à qui Bourdieu avait demandé de piloter la première publication de l’*Auto-analyse* en Allemagne, afin de « contrecarrer les mésinterprétations prévisibles » (1). Ni la création littéraire, ni la beauté qu’elle nous donne ne sont méconnues ou méprisées par Bourdieu et Bouveresse. Simplement, ces deux penseurs nous démontrent qu’en sociologie la connaissance de soi, le travail qui vise à mettre au net ses propres déterminants sociaux, ceux du champ dont on dépend, ne tolère, dans l’intérêt même de la vérité scientifique, aucun mélange des genres.Entretien réalisé par Lucien Degoy
(1) Pierre Bourdieu, Ein Soziologischer Selbstversuch, édition Suhrkamp, 2002.
L'entretien Louis Pinto-Jean-Jacques Rosat.
Louis Pinto, vous avez eu, comme sociologue au Centre de sociologie européenne fondé par Pierre Bourdieu, une relation de longue date avec son travail qui vous met en prise avec l’Esquisse pour une auto-analyse. Jean-Jacques Rosat, comme directeur de collection, vous êtes lié à la publication de l’ouvrage de Jacques Bouveresse Bourdieu, savant et politique. Estimez-vous qu’il soit bien venu de rapprocher ces deux livres ?
Louis Pinto. On ne peut qu’être frappé, en effet, par la parenté des trajectoires de Bourdieu et Bouveresse et que marquent ces deux livres. Ils sont l’un et l’autre issus de milieux sociaux que l’on peut largement comparer, ils ont connu des cursus scolaires presque identiques, normaliens, philosophes, et ils ont rencontré à peu près au même âge un système de répulsion, de dégoût qui les a orientés vers un certain type de choix. Ils ont horreur de l’emphase, des grands mots, de tout ce qui fait qu’un intellectuel existe comme tel – Bourdieu a écrit : « je n’aime pas en moi l’intellectuel », ce qui indique la distance qu’il entretient avec ce rôle, avec ce rite et avec la figure du philosophe, qui est ou qui a longtemps représenté en France le modèle accompli de l’intellectuel. Bourdieu et Bouveresse sont étrangers à ce monde-là. Ils ne sont pas célébrés par les médias et leurs objets de travail ne se raccordent en quoi que ce soit aux problématiques journalistico-médiatiques, politiques ou d’expertise. Ils ne sont, ni ne se veulent des prophètes. Bourdieu, contrairement à beaucoup de ses collègues, n’a jamais cédé à la tentation de dévier vers le prophétisme social. On évoquera aussi leur sobriété théorique, qui s’inscrit chez Bouveresse dans la tradition wittgensteinienne et chez Bourdieu dans son refus d’identifier la théorie – qui n’est somme toute que le métier de sociologue, à une armature redoutable et intellectuellement inaccessible. On peut dire qu’ils sont des résistants, n’hésitant pas à s’exposer, à descendre sur le terrain afin de pointer du doigt, en particulier dans les médias, ce qui leur semble poser problème intellectuellement. J’ajouterais qu’ils partagent une même conviction rationaliste, manifeste dans leur allergie à toute tentation de type postmoderne relativiste ou radical chic. Une posture réaliste qui va de pair avec cette démarche du « grimpeur » veillant à garder un pied en prise sur le sol que Bouveresse décrit dans son livre comportement que l’on retrouve aussi chez le philosophe lui-même qui, tout en s’affrontant à des questions très abstraites, ne renonce pas à prendre appui dans le monde qui l’entoure en développant en quelque sorte sa sociologie du monde intellectuel.
Jean-Jacques Rosat. Il s’est créé peu à peu entre le sociologue et le philosophe quelque chose de rare : un véritable compagnonnage intellectuel, dont le livre de Bouveresse porte témoignage. Ce volume réunit des interventions prononcées depuis une dizaine d’années, du vivant de Bourdieu et depuis sa mort, à l’occasion tantôt d’un colloque, tantôt d’un dialogue en public avec lui, tantôt d’un hommage ; et chaque fois Bouveresse pense avec Bourdieu, souvent à l’aide de ses idées, souvent aussi en les confrontant aux siennes, et parfois également contre lui. Ils n’appartiennent pas à la même génération (ils ont dix ans d’écart), mais ils ont l’un après l’autre, au sortir de leurs études universitaires, récusé la même alternative qui semblait s’imposer à eux entre l’académisme philosophique et l’avant-garde. Chacun a dû inventer sa propre voie qui a été, pour l’un comme pour l’autre, celle de l’acquisition d’un métier. Bourdieu est devenu sociologue et l’*Esquisse* décrit précisément par quels processus il lui a fallu passer pour devenir le chercheur et le savant qu’il est devenu. Bouveresse est resté philosophe, mais il a entrepris d’acquérir les compétences nécessaires en logique, en philosophie des mathématiques ou en philosophie du langage, et de se former à la philosophie analytique, comme le requiert selon lui l’exercice sérieux de ce métier. Ce n’est que plus tard, une fois que leur pensée s’est formée, et sans qu’on puisse parler d’une quelconque influence de l’un sur l’autre, qu’ils se sont découvert des buts, des problèmes et des adversaires communs.
Pourriez-vous préciser quelques-uns de ces points communs ?
Jean-Jacques Rosat. J’en vois au moins trois. Le premier, c’est le refus de ce que Bourdieu appelle « le discours d’importance » caractéristique du philosophe, leur insistance commune, sur les exigences de rigueur et de modestie, et le prix qu’il y a à payer personnellement si on veut être à la hauteur de la science ou de la philosophie que l’on revendique, qu’il s’agisse par exemple de manier pour l’un les statistiques, pour l’autre la logique. Deuxièmement, tous deux veulent ouvrer à la constitution d’une épistémologie réaliste, c’est-à-dire d’une théorie réaliste de la connaissance scientifique. C’est très clair dans le dernier cours de Bourdieu au Collège de France dont l’*Auto-analyse* est en quelque sorte le post-scriptum et où il avait entrepris d’expliquer pourquoi la science peut progresser vers la vérité sans avoir à supposer on ne sait quelle capacité miraculeuse de l’esprit humain. C’est très clair également dans le travail engagé par Bouveresse depuis une dizaine d’années sur la perception qui est tout entier sous-tendu par la question suivante : comment concilier les exigences d’une théorie réaliste de la perception avec tout ce que la psychologie et la neurobiologie contemporaines nous apprennent sur l’activité de l’esprit et du cerveau humains ? Le troisième point de convergence, c’est leur souci commun de sauvegarder l’autonomie de disciplines comme la sociologie ou la philosophie dans le contexte contemporain de transformation du paysage intellectuel sous la pression des médias ; c’est leur commune inquiétude devant le « journalisme culturel » qui, avec la participation active de nombreux intellectuels, est en train de s’emparer du pouvoir à l’intérieur même du monde du savoir, devant la dépréciation des exigences intellectuelles et scientifiques qui en résulte, et devant la remise en cause de l’autonomie que la science et le véritable travail intellectuel ont acquise grâce à des siècles de luttes. Et, dans ce combat, ils s’appuient fortement l’un et l’autre sur les analyses de Karl Kraus sur la subordination de l’intelligence et des intellectuels à l’empire conjugué de la presse, du pouvoir et de l’argent.
Dans ce contexte, il faudrait peut-être préciser davantage la nature de la démarche mise en œuvre dans l’Esquisse. Pourquoi n’est-elle pas une autobiographie, contrairement à ce qui s’écrit partout, mais plutôt une réflexion sur les critères qui permettent au sujet sociologue de s’appréhender, de se comprendre comme objet de sociologie ?
Louis Pinto. C’est en effet un livre de sociologie, pas une contribution à la littérature people, ce qu’évidemment la plupart des critiques plus ou moins bienveillants ont voulu y voir. Livre de sociologie, dans la mesure où il met en œuvre des instruments spécifiques de l’analyse sociologique. Il suffit pour s’en convaincre de considérer le plan même du texte : on n’y commence pas par la naissance, les parents, la famille, les études, etc. On entre d’emblée dans deux paysages et l’on examine les positions qui s’y déploient. Celui d’abord des khâgnes, période où Bourdieu a 18–20 ans et se destine à la philosophie. L’auteur décrit l’état du champ qui se présente à l’époque dans sa discipline, il ne le fait pas sans évoquer ses goûts et dégoûts, mais son objectif fondamental est de décrire ce qu’il appelle « l’espace des possibles », concept et question bien rarement posés par les biographes. Les biographies précisément sont souvent difficilement utilisables par les sociologues parce que l’individu y cache le champ, y occupe tout le champ. Second tableau, le champ intellectuel par rapport auquel Bourdieu se définit au moment où il commence à travailler et se lance dans l’ethnologie. Il évoque alors les noms propres – ceux d’Aron, de Lévi-Strauss, de Canguilhem -, non pour dire qu’il les a bien connus mais pour associer ces noms à des propriétés génériques, des références intellectuelles et idéologiques en rapport avec des situations sociales. Cette description peut être poussée assez loin pour évoquer, jusque dans la manière d’être de tel ou tel, des propriétés incorporées ce qui peut donner l’impression qu’on évoque des visages familiers, alors que là n’est pas le propos. Il s’agit de se comprendre soi-même à travers des contemporains, des professeurs, etc., et de se comprendre mieux à travers eux. Enfin, troisième partie de l’ouvrage : les dispositions. C’est seulement là que Bourdieu nous parle de sa famille, de sa prime scolarité, là qu’il cherche à comprendre ce qui, dans son bagage social, fut nécessaire, si ça n’est suffisant, pour qu’il se porte vers tel ou tel point de l’espace intellectuel. Ce qui fait par exemple que Bourdieu ne pouvait pas devenir Derrida ou Foucault.
Que répondez-vous aux critiques qui s’étonnent de l’ambition démesurée d’un tel projet : caractériser son propre inconscient, appréhender le retour de son propre refoulé comme dit Bourdieu ? Est-ce véritablement faire œuvre scientifique ?
Louis Pinto. Il y a deux réponses possibles. Celle, préjudicielle, stérilisante, qui déclare sur un mode définitif : « on ne peut pas faire de sociologie sur soi ». Celle, pratique, qui consiste à dire : « essayons de faire mieux, de faire la même chose que lui ». Et l’un des apports, l’une des fonctions politiques les plus intéressants de ce livre pourraient bien être de rendre plus difficile la manière de parler de soi des intellectuels, de combattre plus efficacement la spéculation philosophico-littéraire, la littérature people, en invitant à universaliser cet exercice que Bourdieu s’est imposé : « se penser soi-même ». Qu’il n’ait pas voulu ou pu tout dire est un autre problème qui n’invalide pas la crédibilité de l’entreprise engagée. Il s’agit d’un premier pas qui n’interdit pas de poursuivre, éventuellement collectivement les recherches sur l’individu Bourdieu, certes sans lui, mais avec des instruments qu’il a fournis.
Jean-Jacques Rosat. Certains commentateurs se sont empressés de nous expliquer que, malgré les déclarations expresses de Bourdieu, nous n’aurions jamais affaire qu’à une banale autobiographie, mais écrite de telle sorte qu’elle interdirait ou disqualifierait à l’avance tout autre discours sur Bourdieu que celui de Bourdieu lui-même ! Mais il suffit de lire ce livre pour s’apercevoir, au contraire, qu’il y a peu d’intellectuels qui se soient jamais rendus aussi vulnérables et qui aient fourni comme lui, dans un but scientifique, des fragments de leur expérience la plus personnelle, sans reconstruction littéraire, mais sous forme de faits bruts dont le lecteur, bien ou mal intentionné, peut disposer à sa guise. Cela dit, il faut rappeler que l’auto-analyse est présente, plus ou moins explicitement, dans la plupart des livres de Bourdieu. Pour lui, faire de la sociologie n’implique pas seulement la construction de son « objet » mais aussi celle de son « sujet ». On ne naît pas sociologue, on le devient, dans un processus de transformation, qui consiste à la fois en une série d’épreuves et d’événements subis plus ou moins volontairement et en une réflexion permanente sur soi-même, sur sa position, ses réactions et même ses propres émotions. Pour faire une sociologie scientifique, donc objective, le sociologue doit conquérir contre lui-même l’objectivité de sa démarche. Mais Bourdieu ne croit pas que cette difficulté puisse être résolue par la « neutralité », par une impossible mise entre parenthèses de la personne du sociologue. Il pense qu’il faut objectiver celui qui objective, c’est-à-dire faire la théorie de la position sociale qu’occupe le sociologue, et notamment du rapport théorique à la société qui est le sien. C’est donc par un surcroît d’analyse, par un surcroît d’objectivation qu’on peut parvenir à l’objectivité. Et cela suppose un travail sur soi. C’est ce qu’il nous dit dans l’*Esquisse*, par exemple dans ce passage étonnant où il raconte comment une petite phrase anodine, prononcée par sa mère (« ils se sont trouvés davantage parents depuis qu’il y a un polytechnicien dans la famille ») a été le déclic qui l’a fait passer d’une sociologie de la règle à une sociologie des stratégies. Combien faut-il avoir déjà transformé son écoute et son regard pour qu’une conversation banale et familiale puisse constituer le déclencheur d’un tel changement théorique ! Quant aux émotions, dont on dit ordinairement qu’elles constituent un obstacle à l’objectivité du travail, Bourdieu montre – c’est une autre leçon importante de ce livre – que le sociologue doit non pas les refouler mais en faire le point de départ de son enquête, non pas de manière narcissique pour les étendre à l’univers entier, mais pour découvrir ce qu’elles lui apprennent sur des différents mondes sociaux dans lesquels il évolue. Par exemple, le malaise que le jeune Bourdieu éprouve à son arrivée à l’ENS – ce sentiment d’être à la fois élu par une institution prestigieuse et de ne pas y avoir sa place, d’y être illégitime devient pour lui un objet de réflexion, et lui permet de s’interroger sur ce que signifie l’écart entre son milieu d’origine et le monde scolaire, sur les sacrifices et les mutilations de soi qu’exige l’institution et sur la violence symbolique qu’exerce l’appareil scolaire. Les émotions sont un outil de connaissance si on les analyse, si on se livre réellement à une auto-analyse, non pas psychologique ou psychanalytique, mais sociologique, de ses émotions. Ce que montre Bourdieu dans ce livre, c’est que l’être social de l’homme ne se résume pas à ce que l’on appelle d’habitude le moi social, mais qu’il comprend aussi l’intime : le plus intime de moi est aussi social. Ce qui ne veut pas dire que la sociologie explique tout, Bourdieu n’a jamais pensé cela. Il faut donc comprendre les éléments intimes livrés dans certaines parenthèses du livre non comme une biographie déguisée ou déniée mais comme un objet d’étude. C’est dans ses émotions (par exemple le malaise qu’il éprouve en prononçant sa leçon inaugurale au Collège de France et qui lui donne un instant l’envie de s’interrompre et de quitter la salle) que Bourdieu trouve la matière d’une connaissance de soi qui est de nature sociologique et non pas introspective. Et le fait que, dans chacun de ses travaux sociologiques, Bourdieu mette en jeu ses propres émotions ainsi travaillées et analysées a pour effet que chacun de ses livres devient pour son lecteur, si différent que soit son monde ou son propre itinéraire, un outil de connaissance de soi. D’où le fait que beaucoup de lecteurs ressortent de ses livres en se disant : « mais il parle de moi », et en ayant compris quelque chose sur eux-mêmes.
Louis Pinto. J’ajouterais que cette façon de procéder montre que le domaine social n’est pas pour Bourdieu quelque chose qui soit délimité au strictement social. Le social enferme des dimensions psychosomatiques : Bourdieu s’intéresse à plusieurs reprises au corps et au corps socialisé. L’idée même qu’on se fait de l’instance sociale et de ses limites peut être donc sensiblement modifiée. Bourdieu n’était pas sociologiste au sens où il aurait eu une conception théorique et préalable du monde social qu’il essaierait d’appliquer à tout.
L’Esquisse consacre plusieurs pages à l’expérience algérienne de Bourdieu. C’est une période où il est mobilisé, où il est plongé dans la violence de la guerre, où il se lance dans une recherche ethnologique tout en gardant en tête le projet d’une thèse de philosophie sur le temps, qu’il ne fera finalement pas. Comment caractériser le retour qu’effectue Bourdieu sur cette période ou s’affirme pour lui le choix de la science plutôt que celui de la philosophie ?
Louis Pinto. Il nous dit que cette expérience de l’Algérie a constitué un bouleversement intellectuel et personnel considérable, qu’elle lui a permis de prendre de la distance, de « vieillir de trente ans » par rapport à sa génération. Jusqu’à l’Algérie, la carrière philosophique était un des « possibles » de Bourdieu. S’il décide finalement d’écarter ce projet, c’est bien la preuve qu’il y a dans toute destinée individuelle des événements importants, imprévus, susceptibles d’impliquer des ruptures qui ne sont pas délibérées. Bourdieu nous montre, en même temps, que la manière de répondre à ces situations dépend de « l’habitus » dont on est porteur. Lui réagit d’une façon précise, d’autres confrontés à la même situation n’auront pas du tout le même parcours, c’est le cas notamment de Derrida qui se trouvait là au même moment. Derrida ne s’est pas intéressé à l’ethnologie kabyle et il n’a pas abandonné la philosophie.
La conscience de l’enjeu politique de cette guerre vous semble-t-elle un élément décisif dans le choix de Bourdieu ?
Louis Pinto. Il a eu une sympathie pour les dominés, une attirance, une affinité avec les Algériens. Il est probable que se sont débloquées à ce moment là les racines béarnaises qui avaient été complètement occultées par les années de khâgne. Mais ce qui le conduit à ce comportement me semble bien davantage un voyage vers lui-même qu’une prise de conscience politique, pleinement informée, anticolonialiste, telle que Sartre l’a développée en France à l’époque.
Jean-Jacques Rosat. C’est ce que Bourdieu appelle se trouver en « porte-à-faux ». Il a éprouvé toute sa vie la tension entre la solidarité avec son milieu rural d’origine et le monde de l’élite scolaire et universitaire. Et il l’éprouve à nouveau en tant qu’appelé du contingent associé à la violence exercée sur le peuple algérien, et notamment sur les paysans algériens avec lesquels il se sent une réelle proximité. Sa réponse à cette situation, ce ne sera pas porter des valises, mais, comme toujours chez lui, de vivre la tension jusqu’au bout en l’assumant à travers la science. On pourrait dire qu’il invente alors une solidarité par la science avec les dominés. Ce sera sa contribution d’intellectuel spécifique aux luttes d’émancipation.
Louis Pinto. Une contribution d’ailleurs transgressive, car cette idée d’aller s’intéresser à la maison kabyle était parfaitement incongrue dans le champ des études algériennes de l’époque dominées par un mélange subtil d’universalisme républicain et d’idéologie coloniale.
Bourdieu emploie le terme de « conversion » pour caractériser le comportement qu’il adopte alors. C’est un terme paulinien, classique du vocabulaire de la subjectivité, plutôt osé pour quelqu’un qui s’intéresse ou qui va s’intéresser précisément aux déterminants sociaux de la conduite…
Louis Pinto. C’est un terme qu’il utilise néanmoins souvent. Il parle ainsi de « conversion du regard ». Dans la Reproduction, texte relativement marqué par le théoricisme dominant des années soixante, et dont Bourdieu disait plus tard qu’il ne l’aurait pas écrit de la même façon, on trouve un tableau censé décrire les transformations progressives de l’habitus – du stade primaire à l’école, puis ses retraductions ultérieures. Même ce schéma-là reste ouvert, même si on y repère des espaces d’incompatibilité ou d’exclusion (un paysan béarnais ne sera jamais héritier de la couronne d’Angleterre) : on n’y trouve pas de règle déterministe au sens d’un enchaînement mécanique et inévitable de séquences. Le terme de conversion se déploie sur un double registre – celui, d’une part, de la personne, de la dimension affective profonde, et celui plus intellectuel, plus familier de la tradition philosophique de la réflexivité, qu’on retrouve dans l’idée de « réforme de l’entendement » de Spinoza, ou dans l’« Aufklärung » des « Lumières » : la conversion pointant le travail sur soi que doivent accomplir les intellectuels. C’est bien à mon avis la chose qui manque le plus aujourd’hui dans le paysage et qui rapproche précisément l’un de l’autre des intellectuels comme Bourdieu et Bouveresse.
Jean-Jacques Rosat. La conversion n’est pas seulement celle de l’entendement, c’est aussi celle de la volonté. Avec cette Auto-analyse, Bourdieu monte que devenir sociologue c’est mettre non seulement son intelligence, mais tout son être – son corps, sa voix, son intimité dans le travail et la recherche scientifiques.
Comment faut-il interpréter le vocable de « politique » que Bouveresse accole à « savant » dans l’un des chapitres de son livre sur Bourdieu. Lui-même parle de « morale » lorsqu’il dénonce le pouvoir médiatique sans partage. Dans ces deux livres science, morale et politique font au fond bon ménage ?
Louis Pinto. Dans une époque qui est très dure, aussi bien socialement que culturellement, ils contribuent, je crois, à ouvrir les fenêtres, ils font entrer un peu d’air frais dans notre environnement. On sort de la mesquinerie et de la petitesse quotidiennes qui tiennent en particulier à l’omniprésence des médias dans la vie quotidienne, et de la logique commerciale dans la production intellectuelle. La publication de ces livres me semble en effet un acte politique : non seulement parce que leurs auteurs sympathisent avec certaines idées progressistes, mais parce que par leur travail et ce qu’ils disent ils cassent l’effet de « doxa », de domination intellectuelle ou de pensée unique, qui a comme on le sait de considérables effets politiques.
Jean-Jacques Rosat. Défendre, comme le fait Bourdieu, la scientificité de la démarche sociologique – alors que les sociologues sont souvent ou bien méprisés par les philosophes qui tiennent à nouveau le haut du pavé grâce à l’inflation du discours « éthique », ou bien utilisés comme experts et instrumentalisés par les pouvoirs dominants ou défendre, comme le fait Bouveresse, les exigences de la philosophie et de son autonomie, c’est défendre, en premier lieu, la possibilité de connaître des vérités, dans une époque ou domine le relativisme sans principes. Il y a toutefois une divergence qu’il faut signaler ente ces deux penseurs. Bourdieu a tendance à penser qu’une fois qu’on connaît les causes des situations dans lesquelles on se trouve et des opinions qu’on a, on peut en changer, et s’en libérer. Il y a, dans sa démarche, un certain spinozisme. Bouveresse pense lui que la connaissance et la connaissance sociologique, par exemple celle que Bourdieu nous donne des procédés et des prestiges de la télévision, peut conduire à toutes sortes de récupérations cyniques ou manipulatrices. Il ne suffit pas de savoir, ni même de vouloir savoir : il faut vouloir changer. C’est ce qu’il appelle « tirer les conséquences ». Et ses satires du monde philosophique et intellectuel s’en prennent à cette inconséquence.
Louis Pinto. On peut dire que Bourdieu était spinoziste. Pour autant il n’a jamais eu la naïveté de penser que ses livres auraient des effets sociaux immédiats. Bourdieu sait bien que le monde social continue après que le sociologue a travaillé et écrit. Mais dans son esprit, le travail sociologique peut se prolonger d’une façon militante au sens large, à travers un certain nombre d’entreprises pratiques. Ce fut par exemple le cas avec le supplément Liber, publication autour de laquelle il voulait rassembler les individus les plus autonomes dans le champ intellectuel, et bien au-delà de nos frontières nationales. Pour lui, la sociologie n’est qu’une arme dans un monde social dans lequel les rapports de force s’imposent et se poursuivent.
Si l’on peut et doit passer de la question du savoir à celle du pouvoir, les deux domaines ne sont pas, pour autant, interchangeables ?
Louis Pinto. En effet. Bourdieu pensait que la sociologie continuait après que la gauche a accédé au pouvoir ! Il faut le rappeler parce que beaucoup se sont imaginés à ce moment-là que la science, le peuple et le pouvoir coïncidaient. Le monde social continuait, donc le travail du sociologue aussi. Cela a été mal accepté. L’intervention politique de Bouveresse est très concentrée pour sa part sur les médias.
Jean-Jacques Rosat. Mais sa critique porte plus loin. Dans la mesure où la figure de l’intellectuel reste en France celle du philosophe, la critique des prétentions exorbitantes, des postures, de la fausse monnaie que nous vendent certains intellectuels, dans les médias et ailleurs, porte sur l’ensemble du monde intellectuel, et elle a des implications évidemment politiques. À condition bien entendu que l’on accepte de lire Bouveresse, comme Bourdieu d’ailleurs, comme un auteur qui oblige à remettre en question un certain nombre de pensées, d’attitudes intellectuelles qui nous sont inculquées soit par le système scolaire, soit par le monde médiatique. « L’effet de savoir » de leurs travaux n’est réel que s’il implique un changement de la volonté, que s’il s’accompagne de la remise en cause de nos propres préjugés et convictions, mais aussi de nos attitudes et de nos réactions.
Louis Pinto. Bouveresse souligne à juste raison que les gens qui reprochent à Bourdieu de se prétendre un sociologue du monde intellectuel, ne se privent pas d’interprétations sociologistes et psychologistes de la pire espèce. L’accuser notamment de céder au ressentiment, à la jalousie, c’est reprendre tous les clichés plaqués depuis des décennies par les dominants sur les dominés révoltés. La sociologie spontanée des dominants depuis au moins le XIXe siècle consiste à dire : « Si vous êtes insatisfaits c’est que vous avez du ressentiment. »
Jean-Jacques Rosat. Ce qui est une autre façon de disqualifier, par définition, toute colère et l’idée même de colère. L’indignation, le sentiment de révolte, le haut-le-cœur que provoquent certaines situations d’injustice sociale, ou de privilèges, dans la société en général, mais aussi dans le monde intellectuel lui-même, voilà nous dit Bouveresse ce qu’on voudrait rendre illégitime. Mais ni lui ni Bourdieu ne se privent d’éprouver ni d’exprimer de l’insatisfaction, des mouvements d’humeur, de la colère. Pour traiter toute colère comme l’expression d’un ressentiment, il faut, au bout du compte, être assez satisfaits du monde « comme il va ».
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mardi 23 novembre 2010
De l'illusion biographique, Jérôme Bourdieu (Entretien avec Robert Maggiori, Libération, 29 janvier 2004)
De l'illusion biographique
Jérôme Bourdieu dit les raisons d'éditer l'ouvrage de «PB», son père.
(Entretien avec Robert Maggiori, Libération, 29 janvier 2004)
Quelle est l'origine de cette Esquisse pour une auto-analyse ?
Cette version de l'Esquisse est celle qui a été traduite et publiée en 2002 chez Suhrkamp, l'éditeur allemand de Pierre Bourdieu. Étant donné la façon dont mon père travaillait, il est impossible de dater exactement ce projet d'auto-analyse. C'est en tout cas l'aboutissement d'un travail qui porte sur la question de la biographie (et de l'illusion biographique) et la mise en oeuvre d'une sociologie réflexive, prenant pour objet le sujet qui adopte le point de vue sociologique.
À quel moment ont été rédigées les premières ébauches du texte ?
En 1995, PB avait rassemblé des fragments et des notes factuelles, des extraits de journaux personnels, des réflexions, des récits (liés à des moments précis de sa vie, comme la guerre d'Algérie ou l'internat de Pau) : il cherchait alors une forme nouvelle d'écriture et d'organisation du texte, pour mener à bien cette entreprise délicate et difficile entre toutes pour lui. Le livre lui-même, dans sa dernière version, a été écrit pendant l'automne 2001, c'est-à-dire au cours des quelques mois qui ont précédé sa mort. Mais il n'a pas été rédigé avec la volonté de clore l'oeuvre par un retour sur soi qui serait maîtrisé jusque dans la connaissance de sa fin prochaine. Il s'agit d'un travail en cours d'élaboration, qui devait être développé et transformé, en relation avec d'autres livres et d'autres projets, le livre sur la théorie générale des champs notamment (avec une sorte de symétrie entre, d'un côté, la montée en abstraction propre à la construction d'une sociologie générale et, de l'autre, la tentative de se soumettre lui-même dans sa particularité la plus particulière aux instruments théoriques qu'il avait construits).
Pourquoi l'«Esquisse» a-t-elle été publiée d'abord en allemand ?
C'est un choix délibéré de PB lui-même : il entendait ainsi, selon une méthode très réfléchie (et déjà utilisée dans le passé) mettre à l'épreuve un texte qui, du fait qu'il analysait le fonctionnement du champ intellectuel français, devait aussi, et peut-être d'abord, être lu, c'est-à-dire en quelque sorte éprouvé, par des lecteurs qui n'en faisaient pas partie (la réussite de l'expérience dépendait du cloisonnement des univers intellectuels français et allemands et, de fait, pas un commentateur français n'a jugé utile, depuis deux ans, de consulter la version allemande).
Qu'est-ce qui vous a décidé à le faire paraître maintenant ?
D'une certaine façon, ce texte n'aurait jamais dû être publié en France. PB voulait continuer d'y travailler, en s'appuyant sur le texte publié en Allemagne. La version qu'il avait reprise, les notes qu'il rédigeait, les discussions nombreuses qu'il avait à son propos avec ses proches, tout témoigne que le texte qui sort aujourd'hui est un travail inachevé. Les éléments disponibles ne permettaient toutefois pas de proposer une édition critique et de faire apparaître l'ensemble des modifications qu'il comptait introduire ou des développements qui lui auraient paru nécessaires. Partant, le plus sage était de s'en tenir au texte de l'édition allemande (dans lequel ont seulement été insérés des éléments bibliographiques). Ce qui est certain, et sur quoi il revient à de nombreuses reprises dans ses notes de travail, c'est qu'il ne voulait pas que ce livre fût pris pour une autobiographie, pour un livre de mémoires ou de souvenirs, mais bien pour un livre scientifique, au même titre que les autres, et, en un sens, étant donné son objet, plus difficile que les autres.
Le texte était destiné à Raisons d'Agir ?
PB a fondé les éditions Raisons d'Agir en 1996 et il avait effectivement l'intention d'y publier un jour la version définitive de ce texte. Cette publication est aussi l'occasion de faire savoir que son action en faveur d'une édition autonome, économiquement et intellectuellement, se poursuit. C'est le privilège un peu écrasant d'un héritier (biologique) — PB a souvent évoqué le poids de l'héritage, notamment dans un chapitre de la Misère du monde, c'est dire qu'il n'y pensait pas de manière abstraite — que de présenter ici ce livre alors qu'en réalité, c'est le fait d'un collectif éditorial, comprenant aussi bien d'anciens auteurs que de nouveaux venus. Raisons d'Agir continue et nous allons désormais inventer à notre tour de nouvelles façons de travailler et de s'engager.
Quelles sont les futures «Raisons d'agir» ?
Nous avons le projet de développer la collection « Cours et Travaux », consacrée à des ouvrages proprement scientifiques (1), ainsi que la « petite » collection Raisons d'Agir, plus directement politique (et qui a été tellement plagiée...), dans laquelle nous avons publié un ouvrage de Frédéric Lordon sur le scandale de la « vertu » financière (2) et un autre sur les syndicats américains et les luttes sociales vues d'Amérique (3). Ces livres sont des instruments du combat qu'il nous paraît important de mener, avec d'autres, contre l'expertise des think tanks patronaux et des institutions économiques nationales ou internationales, tout entières acquises au nouvel ordre libéral. Dans cette perspective, trop vite définie, ce ne sont pas les livres en préparation qui manquent avec, par exemple, un livre sur la catastrophe annoncée de l'AGCS, un autre sur les mirages de la philanthropie financière, un troisième sur la mobilisation des chômeurs et les questions qu'elle pose au salariat, et un encore sur le « mouvement anti-pub ».
(1) Dernier paru : « Franck Poupeau, Une sociologie d'Etat. L'école et ses experts en France », 2003.
(2) Frédéric Lordon : « Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par "l'éthique" ? », 2003.
(3) Rick Fantasia et Kim Voss : « Des syndicats domestiqués. Répression patronale et résistance syndicale aux Etats-Unis », 2003.
Jérôme Bourdieu dit les raisons d'éditer l'ouvrage de «PB», son père.
(Entretien avec Robert Maggiori, Libération, 29 janvier 2004)
Quelle est l'origine de cette Esquisse pour une auto-analyse ?
Cette version de l'Esquisse est celle qui a été traduite et publiée en 2002 chez Suhrkamp, l'éditeur allemand de Pierre Bourdieu. Étant donné la façon dont mon père travaillait, il est impossible de dater exactement ce projet d'auto-analyse. C'est en tout cas l'aboutissement d'un travail qui porte sur la question de la biographie (et de l'illusion biographique) et la mise en oeuvre d'une sociologie réflexive, prenant pour objet le sujet qui adopte le point de vue sociologique.
À quel moment ont été rédigées les premières ébauches du texte ?
En 1995, PB avait rassemblé des fragments et des notes factuelles, des extraits de journaux personnels, des réflexions, des récits (liés à des moments précis de sa vie, comme la guerre d'Algérie ou l'internat de Pau) : il cherchait alors une forme nouvelle d'écriture et d'organisation du texte, pour mener à bien cette entreprise délicate et difficile entre toutes pour lui. Le livre lui-même, dans sa dernière version, a été écrit pendant l'automne 2001, c'est-à-dire au cours des quelques mois qui ont précédé sa mort. Mais il n'a pas été rédigé avec la volonté de clore l'oeuvre par un retour sur soi qui serait maîtrisé jusque dans la connaissance de sa fin prochaine. Il s'agit d'un travail en cours d'élaboration, qui devait être développé et transformé, en relation avec d'autres livres et d'autres projets, le livre sur la théorie générale des champs notamment (avec une sorte de symétrie entre, d'un côté, la montée en abstraction propre à la construction d'une sociologie générale et, de l'autre, la tentative de se soumettre lui-même dans sa particularité la plus particulière aux instruments théoriques qu'il avait construits).
Pourquoi l'«Esquisse» a-t-elle été publiée d'abord en allemand ?
C'est un choix délibéré de PB lui-même : il entendait ainsi, selon une méthode très réfléchie (et déjà utilisée dans le passé) mettre à l'épreuve un texte qui, du fait qu'il analysait le fonctionnement du champ intellectuel français, devait aussi, et peut-être d'abord, être lu, c'est-à-dire en quelque sorte éprouvé, par des lecteurs qui n'en faisaient pas partie (la réussite de l'expérience dépendait du cloisonnement des univers intellectuels français et allemands et, de fait, pas un commentateur français n'a jugé utile, depuis deux ans, de consulter la version allemande).
Qu'est-ce qui vous a décidé à le faire paraître maintenant ?
D'une certaine façon, ce texte n'aurait jamais dû être publié en France. PB voulait continuer d'y travailler, en s'appuyant sur le texte publié en Allemagne. La version qu'il avait reprise, les notes qu'il rédigeait, les discussions nombreuses qu'il avait à son propos avec ses proches, tout témoigne que le texte qui sort aujourd'hui est un travail inachevé. Les éléments disponibles ne permettaient toutefois pas de proposer une édition critique et de faire apparaître l'ensemble des modifications qu'il comptait introduire ou des développements qui lui auraient paru nécessaires. Partant, le plus sage était de s'en tenir au texte de l'édition allemande (dans lequel ont seulement été insérés des éléments bibliographiques). Ce qui est certain, et sur quoi il revient à de nombreuses reprises dans ses notes de travail, c'est qu'il ne voulait pas que ce livre fût pris pour une autobiographie, pour un livre de mémoires ou de souvenirs, mais bien pour un livre scientifique, au même titre que les autres, et, en un sens, étant donné son objet, plus difficile que les autres.
Le texte était destiné à Raisons d'Agir ?
PB a fondé les éditions Raisons d'Agir en 1996 et il avait effectivement l'intention d'y publier un jour la version définitive de ce texte. Cette publication est aussi l'occasion de faire savoir que son action en faveur d'une édition autonome, économiquement et intellectuellement, se poursuit. C'est le privilège un peu écrasant d'un héritier (biologique) — PB a souvent évoqué le poids de l'héritage, notamment dans un chapitre de la Misère du monde, c'est dire qu'il n'y pensait pas de manière abstraite — que de présenter ici ce livre alors qu'en réalité, c'est le fait d'un collectif éditorial, comprenant aussi bien d'anciens auteurs que de nouveaux venus. Raisons d'Agir continue et nous allons désormais inventer à notre tour de nouvelles façons de travailler et de s'engager.
Quelles sont les futures «Raisons d'agir» ?
Nous avons le projet de développer la collection « Cours et Travaux », consacrée à des ouvrages proprement scientifiques (1), ainsi que la « petite » collection Raisons d'Agir, plus directement politique (et qui a été tellement plagiée...), dans laquelle nous avons publié un ouvrage de Frédéric Lordon sur le scandale de la « vertu » financière (2) et un autre sur les syndicats américains et les luttes sociales vues d'Amérique (3). Ces livres sont des instruments du combat qu'il nous paraît important de mener, avec d'autres, contre l'expertise des think tanks patronaux et des institutions économiques nationales ou internationales, tout entières acquises au nouvel ordre libéral. Dans cette perspective, trop vite définie, ce ne sont pas les livres en préparation qui manquent avec, par exemple, un livre sur la catastrophe annoncée de l'AGCS, un autre sur les mirages de la philanthropie financière, un troisième sur la mobilisation des chômeurs et les questions qu'elle pose au salariat, et un encore sur le « mouvement anti-pub ».
(1) Dernier paru : « Franck Poupeau, Une sociologie d'Etat. L'école et ses experts en France », 2003.
(2) Frédéric Lordon : « Et la vertu sauvera le monde... Après la débâcle financière, le salut par "l'éthique" ? », 2003.
(3) Rick Fantasia et Kim Voss : « Des syndicats domestiqués. Répression patronale et résistance syndicale aux Etats-Unis », 2003.
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lundi 22 novembre 2010
Publications en ligne: Pierre Bourdieu et la philosophie
Publications en ligne: Pierre Bourdieu et la philosophie, la théorie en pratique
(c'est une liste de publications (en ligne) à compléter, version revue et augmentée le 22/01/2012, Gilbert Quélennec)
---
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Descartes, Pascal, Spinoza, Leibniz
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Hume, Rousseau, Kant, Nietzsche, Hegel
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Husserl
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Ernst Cassirer
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de L’Ontologie politique de Martin Heidegger
en ligne: Pierre Bourdieu, "méditations Wittgensteiniennes"
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Georges Canguilhem + du projet de thèse "Les structures temporelles de la vie affective" à la théorie de la pratique
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Maurice Merleau-Ponty
en ligne: Pierre Bourdieu, avec et contre John Langshaw Austin
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Jules Vuillemin
Pierre Bourdieu, à propos de: Henri joly, Jean-Claude Pariente, Louis Marin
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de: Althusser, Deleuze, Foucault, Habermas, Derrida, Searle, Bouveresse
en ligne: Pierre Bourdieu, entretiens avec Didier Eribon
À propos du DES de Bourdieu, les Animadversiones de Leibniz
Le temps dans la mémoire, l'imagination et la perception, cours de terminale, lycée de Moulins, 1954-55
"Les structures temporelles de la vie affective", projet de thèse sous la direction de Canguilhem, (1956?)
Les sous-prolétaires algériens, in Temps modernes, 12, 1962, pp. 1030-1051, in Agone, n°26/27, 2002, pp.203- 224
Condition de classe et position de classe, Archives européennes de sociologie, t. VII, 1966, n° 2, pp. 201-229
Champ intellectuel et projet createur, Les temps modernes, November 1966, pp. 865-906, aussi Intellectual field and creative project, Social Science Information, April 1969, 8: 89-119
Structuralism and Theory of Sociological Knowledge, Social Research 35 (1968), 681–706
Genèse et structure du champ religieux, Revue française de sociologie, 1971, Numéro 12-3, pp. 295-334
L'opinion publique n'existe pas. Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309. Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235.
The three forms of theoretical knowledge, Social Science Information, XII, 1, 53-80, 1973
Avenir de classe et causalité du probable, Revue française de sociologie, 1974, Numéro 15-1, pp. 3-42
Méthode scientifique et hiérarchie sociale des objets, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.1, pp. 4-6
avec Yvette Delsaut, Le couturier et sa griffe : contribution à une théorie de la magie, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.1, pp. 7-36
L'invention de la vie d'artiste, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 2, pp. 67-93
avec Monique De Saint Martin, Les catégories de l'entendement professoral, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.3, pp. 68-93
La lecture de Marx: quelques remarques critiques à propos de Quelques remarques critiques à propos de "Lire le Capital", Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 65-7, aussi in Ce que parler veut dire, aussi in Langage et pouvoir symbolique
L'ontologie politique de Martin Heidegger, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 109-15, aussi L'ontologie politique de Martin Heidegger, Minuit, 1988, p.67n
avec Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.2-3, pp. 3-73
Le langage autorisé, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 183-190
La spécificité du champ scientifique et les conditions sociales du progrès de la raison, Sociologie et sociétés, vol. 7, n° 1, 1975, p. 91-118, aussi Le champ scientifique, Actes de la recherche en sciences sociales, 2-3 (1976), 88–104
Le sens pratique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.1, pp. 43-86
Sur le pouvoir symbolique, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1977, Numéro 3, pp. 405-411
Questions de politique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1977, Numéro 1, pp. 55-89
La production de la croyance : contribution à une économie des biens symboliques, Actes de la recherche en sciences sociales, Année 1977, Numéro 13, pp. 3-43
Remarques provisoires sur la perception sociale du corps, Actes de la recherche en sciences sociales, 1977, Numéro 14, pp. 51-54
Dialogue sur la poésie orale en Kabylie, entretien avec Mouloud Mammeri, Actes de la recherche en sciences sociales, 1978, Numéro 23, pp. 51-66
Racisme de l’intelligence, Kolloquium 'Races, sociétés et aptitudes' der UNESCO (MRAP), Mai 1978), in: Cahiers Droit et liberté (Paris), Nr. 382 (Beiheft), S. 67-71; in Questions de sociologie, S. 264-268; in: Réforme (Paris), 1. Dezember 1979, S. 6-7; in: Jean Belkhir (Hg.): L'intellectuel L'intelligentsia et les manuels, Paris 1983: Éd. Anthropos, S. 187-194; unter dem Titel "Tout racisme est un essentialisme" auch in: Différences, Nr. 24/25, Juni/Juli 1983, S. 44.
Les trois états du capital culturel, Actes de la recherche en sciences sociales, 1979, Numéro 30, pp. 3-6
Le mort saisit le vif, Actes de la recherche en sciences sociales, 1980, Numéro 32-33, pp. 3-14
Le Nord et le Midi : Contribution à une analyse de l'effet Montesquieu, Actes de la recherche en sciences sociales, 1980, Numéro 35, pp. 21-25
Sartre, The London Review of Books, Vol. 2 No. 22 · 20 November 1980, pages 11-12, aussi
Sartre, l'invention de l'intellectuel total, Libération, 31/03/1983. Repris in Agone, n°26/27, 2002, pp.225- 232
Epreuve scolaire et consécration sociale, Actes de la recherche en sciences sociales, 1981, Numéro 39, pp. 3-70
Zaslawsky, Contre la magie des mots, Libération, 7 décembre 1982, P.21
Les rites comme actes d'institution, Actes de la recherche en sciences sociales, 1982, Numéro 43, pp. 58-63
Une critique armée, Entretien avec C.H.D. Zimmermann (1983), (paru dans Pierre Bourdieu, La responsabilità delli inttelettuali, Sagittari Laterza, Roma-Bari ,1991, pp.25-42 et publié à l'origine en allemand in Satz und Gegensatz.Uber die Verantwortung des Intellecktuellen, Berlin, Verlag Klaus Wagenbach, 1989. traduit de l’italien par Jacques Gasseng.
Vous avez dit "populaire" ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1983, Numéro 46, pp. 98-105
Les sciences sociales et la philosophie, Actes de la recherche en sciences sociales, Éducation et philosophie, Numéro 47-48 1983, pp. 45-52, (voir également L'oubli de l'histoire, in Pierre Bourdieu Méditations pascaliennes, Seuil, 1997
La dernière instance, in Le siècle de Kafka, Paris, Centre Georges Pompidou, 1984, p.268-270
Espace social et genèse des "classes", Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, Numéro 52-53, pp. 3-14
La délégation et le fétichisme politique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, 52-53, pp. 49-55
Le hit-parade des intellectuels français ou qui sera juge de la légitimité des juges ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, Numéro 52-53, pp. 95-100
Le plaisir de savoir, In Le Monde , 27/06/1984, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
Non chiedetemi chi sono. Un profilo di Michel Foucault, L'indice, 1 octobre 1984
Les intellectuels et les pouvoirs, In Michel Foucault. Une histoire de la vérité, Syros, 1985, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
Der Kampf um die symbolische Ordnung (Gespräch mit Axel Honneth, Hermann Kocyba und Bernd Schwibs), in: Ästhetik und Kommunikation, 16, 61-62, 1986, p.142-163, aussi Fieldwork in philosophy, Choses dites, Les Éditions de Minuit, P.13-46, Fieldwork in Philosophy” en Cosas Dichas, Barcelona, Gedisa, 1993, pp. 17-34
Le champ intellectuel: un monde à part, (entretien avec Karl-Otto Maue en décembre 1985), in Choses dites, Minuit, 1987, aussi The Intellectual Field A World Apart, in Theory in contemporary art since 1985, Wiley-Blackwell, 2004
« De la règle aux stratégies : entretien avec P. Bourdieu », P. Lamaison, Terrain, n° 4, 1985, pp. 93-100.
La science et l'actualité, Actes de la recherche en sciences sociales, 1986, Numéro 61, pp. 2-3
Preface to the English Edition, Homo Academicus ( Cambridge, Polity Press), 1988, xi-xxvi.
Le sociologue et la philosophie, Entretien avec H. Ichizaki (1989), (paru dans Pierre Bourdieu,La responsabilità delli inttelettuali, Sagittari Laterza, Roma-Bari ,1991, pp.95-106 et publié à l'origine en allemand in Satz und Gegensatz.Uber die Verantwortung des Intellecktuellen, Berlin, Verlag Klaus Wagenbach, 1989. traduit de l’italien par Jacques Gasseng.)
The Scholastic Point of View, Cultural Anthropology, 5, 1990, p.380-39, aussi in Raisons pratiques, P.215-230, (1994), 1996
Les conditions sociales de la circulation internationale des idées, [Conférence prononcée le 30 octobre 1989 pour l’inauguration du Frankreich-Zentrum de l’université de Fribourg. Ce texte a été publié en 1990 dans les Cahiers d’histoire des littératures romanes (14e année, 1-2, p.1-10); dans Actes de la recherche en sciences sociales, La circulation internationale des idées (2002/5, 145, p. 3-8) ; sur le site du projet Espace des Sciences Sociales Européen (ESSE); dans Forschen und Handeln/Recherche et action (Rombach-Verlag, 2004, p.21-33) et dans L'espace intellectuel en Europe (La Découverte, 2009, p.27-39)]
Le Bon Plaisir De Pierre Bourdieu par Pascale Casanova, 1ère diffusion : 23/6/90 Avec les témoignages de Jacques Derrida, Jérôme Lindon, Georges Duby, Tassadit Yacine, Pierre Encrevé, Loïc Wacquant, Haruhisa Kato et Denis Podalydès. 27 janvier 2002
La domination masculine, Actes de la recherche en sciences sociales, 1990, Numéro 84, pp. 2-31
Le champ littéraire, Actes de la recherche en sciences sociales, 1991, Numéro 89, pp. 3-46
Questions à Pierre Bourdieu in Lire les sciences sociales, 1989-1992, textes rassemblés par Gérard Mauger et Louis Pinto, Belin, 1994, P.311-332.
Présentation et questions par Gérard Mauger et Louis Pinto à propos de Réponses. Pour une anthropologie réflexive, Pierre Bourdieu avec Loïc Wacquant, Seuil, 1992. (Une nouvelle édition de Réponses est à paraître en 2012)
avec Jacques Derrida, Pour Louis Marin, Liber. Revue européenne des livres, n. 12, 1992
Esprits d'Etat, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 96-97, pp. 49-62
À propos de la famille comme catégorie réalisée, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 100, pp. 32-36
Stratégies de reproduction et modes de domination, Actes de la recherche en sciences sociales, 1994, Numéro 105, pp. 3-12
préface, à T. Moi, Simone de Beauvoir, Diderot éditeur, 1995, aussi Apologie pour une femme rangée, in Liber-Revue internationale des livres, 33, décembre 1997
Sollers tel quel, Libération, 27/01/1995
«Extra-ordinaire Baudelaire» (communication au Colloque «Baudelaire, nouveaux chantiers», Lille, 15 mai 1993), in J. Delabroy, Y. Charnet (eds), Baudelaire: nouveaux chantiers, Lille, Presses universitaires du Septentrion, p.279-288; aussi, in H. Krauss (ed.), Cahiers d'Histoire des Littératures Romanes (20 ans), 1-2, 1996, p.134-141; aussi, «Comment lire un auteur?», in Méditations pascaliennes [1997], p.101-109.
«Il ne faisait jamais le philosophe» (à propos de Georges Canguilhem), Les Inrockuptibles, 25, 27 septembre-3 octobre 1995, p.12, aussi “En homenaje a Canguilhem”, en P. Bourdieu, 1997, Capital cultural, escuela y espacio social, México, Siglo XXI, pp.203-206
In memorian Gilles Deleuze, in Liber-Revue internationale des livres, 28, septembre 1996
" Qu'est-ce que faire parler un auteur? A propos de Michel Foucault ", Sociétés et Représentations, 3, novembre 1996, p.13-18.
" Conformismes et résistance " (débat avec J. Bouveresse) (Oxford, 1996), in La Lettre de la Maison française d'Oxford, 7, p.177-189, aussi in Jacques Bouveresse, Bourdieu, savant & politique, Agone, 2004
La double vérité du travail, Actes de la recherche en sciences sociales, 1996, Numéro 114, pp. 89-90, aussi in Méditations pascaliennes [1997], p.241-244.
« L'anthropologie imaginaire de la rational action theory », Le champ économique, Actes de la recherche en sciences sociale, n°119, 1997, p.64
L'intellectuel négatif, janvier 1998, in Contre-Feux, Raisons d'Agir, 1998, pp.105-107
Le fonctionnement du champ intellectuel, Regards Sociologiques n°17/18 Le champ littéraire (1999)
A scholarship with committment. Pour un savoir engagé, (intervention de Pierre Bourdieu au Modern Language Association Meetings, à Chicago en décembre 1999), revue Agone, 23 | 2000, P.205-211
"Vive le Streit. Jürgen Habermas zum Geburtstag", Süddeutsche Zeitung, 137, 18 juin 1999
" Entretien avec Franz Schultheis sur Sartre ", (15 avril 2000), in L'Année sartrienne. Bulletin du Groupe d'études sartriennes, 15, juin 2001, p. 194-207.
Entretien avec Gisèle Sapiro ( 7 juin 2000), in Pierre Bourdieu, sociologue, (sous la direction de Louis Pinto, Gisèle Sapiro et Patrick Champagne), Fayard, 2004, p.79-91
Philosophie, science, engagement In L’Infréquentable Michel Foucault : renouveaux de la pensée critique, actes du colloque tenu au Centre Georges Pompidou les 21 et 22 juin 2000, EPEL, 2001, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
" Wittgenstein, le sociologisme et la science sociale ", mai 2001, in J. Bouveresse, S. Laugier, J.-J. Rosat, Wittgenstein, dernières pensées, Marseille, Agone, 2002, p.345-353.
Le mystère du ministère, Actes de la recherche en sciences sociales, 2001, Numéro 140, pp. 7-11
L'objectivation participante, Actes de la recherche en sciences sociales, 2003, Numéro 150, pp. 43-58
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voir également:
en ligne: Pierre Bourdieu, autour des Méditations pascaliennes
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de l'ouvrage Raisons pratiques
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de Réponses. Pour une anthropologie réflexive
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur la socioanalyse
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur la science de la science et la réflexivité
Résumés des Cours de Pierre Bourdieu au Collège de France, 1991-2001
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur l'économie
en ligne: Pierre Bourdieu et l'Histoire
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur la violence symbolique
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur le champ médiatique
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur la souffrance sociale
en ligne: Pierre Bourdieu et la psychanalyse
Textes de Pierre Bourdieu à propos de l'État
en ligne: Pierre Bourdieu et le droit
en ligne: Pierre Bourdieu, du réseau européen des artistes et des savants au mouvement social européen
Articles de Pierre Bourdieu utilisant l'analyse des correspondances
publications de Pierre Bourdieu sur la sociologie du langage
videos-articles: Pierre Bourdieu à propos de l'espace social et des classes sociales
articles-audio-video: Pierre Bourdieu, sur la notion de Champ
Articles de Pierre Bourdieu sur le concept de Capital (culturel, social, symbolique, scientifique)
audio-video-articles de Pierre Bourdieu sur le concept d'habitus
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur: le champ littéraire, le champ artistique, la musique
en ligne: Pierre Bourdieu, sociologie de l'éducation
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur le champ politique
en ligne: Pierre Bourdieu et l'Anthropologie
(c'est une liste de publications (en ligne) à compléter, version revue et augmentée le 22/01/2012, Gilbert Quélennec)
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en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Descartes, Pascal, Spinoza, Leibniz
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Hume, Rousseau, Kant, Nietzsche, Hegel
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Husserl
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Ernst Cassirer
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de L’Ontologie politique de Martin Heidegger
en ligne: Pierre Bourdieu, "méditations Wittgensteiniennes"
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Georges Canguilhem + du projet de thèse "Les structures temporelles de la vie affective" à la théorie de la pratique
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Maurice Merleau-Ponty
en ligne: Pierre Bourdieu, avec et contre John Langshaw Austin
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de Jules Vuillemin
Pierre Bourdieu, à propos de: Henri joly, Jean-Claude Pariente, Louis Marin
en ligne: Pierre Bourdieu, à propos de: Althusser, Deleuze, Foucault, Habermas, Derrida, Searle, Bouveresse
en ligne: Pierre Bourdieu, entretiens avec Didier Eribon
À propos du DES de Bourdieu, les Animadversiones de Leibniz
Le temps dans la mémoire, l'imagination et la perception, cours de terminale, lycée de Moulins, 1954-55
"Les structures temporelles de la vie affective", projet de thèse sous la direction de Canguilhem, (1956?)
Les sous-prolétaires algériens, in Temps modernes, 12, 1962, pp. 1030-1051, in Agone, n°26/27, 2002, pp.203- 224
Condition de classe et position de classe, Archives européennes de sociologie, t. VII, 1966, n° 2, pp. 201-229
Champ intellectuel et projet createur, Les temps modernes, November 1966, pp. 865-906, aussi Intellectual field and creative project, Social Science Information, April 1969, 8: 89-119
Structuralism and Theory of Sociological Knowledge, Social Research 35 (1968), 681–706
Genèse et structure du champ religieux, Revue française de sociologie, 1971, Numéro 12-3, pp. 295-334
L'opinion publique n'existe pas. Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309. Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235.
The three forms of theoretical knowledge, Social Science Information, XII, 1, 53-80, 1973
Avenir de classe et causalité du probable, Revue française de sociologie, 1974, Numéro 15-1, pp. 3-42
Méthode scientifique et hiérarchie sociale des objets, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.1, pp. 4-6
avec Yvette Delsaut, Le couturier et sa griffe : contribution à une théorie de la magie, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.1, pp. 7-36
L'invention de la vie d'artiste, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 2, pp. 67-93
avec Monique De Saint Martin, Les catégories de l'entendement professoral, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.3, pp. 68-93
La lecture de Marx: quelques remarques critiques à propos de Quelques remarques critiques à propos de "Lire le Capital", Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 65-7, aussi in Ce que parler veut dire, aussi in Langage et pouvoir symbolique
L'ontologie politique de Martin Heidegger, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 109-15, aussi L'ontologie politique de Martin Heidegger, Minuit, 1988, p.67n
avec Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.2-3, pp. 3-73
Le langage autorisé, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 183-190
La spécificité du champ scientifique et les conditions sociales du progrès de la raison, Sociologie et sociétés, vol. 7, n° 1, 1975, p. 91-118, aussi Le champ scientifique, Actes de la recherche en sciences sociales, 2-3 (1976), 88–104
Le sens pratique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.1, pp. 43-86
Sur le pouvoir symbolique, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1977, Numéro 3, pp. 405-411
Questions de politique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1977, Numéro 1, pp. 55-89
La production de la croyance : contribution à une économie des biens symboliques, Actes de la recherche en sciences sociales, Année 1977, Numéro 13, pp. 3-43
Remarques provisoires sur la perception sociale du corps, Actes de la recherche en sciences sociales, 1977, Numéro 14, pp. 51-54
Dialogue sur la poésie orale en Kabylie, entretien avec Mouloud Mammeri, Actes de la recherche en sciences sociales, 1978, Numéro 23, pp. 51-66
Racisme de l’intelligence, Kolloquium 'Races, sociétés et aptitudes' der UNESCO (MRAP), Mai 1978), in: Cahiers Droit et liberté (Paris), Nr. 382 (Beiheft), S. 67-71; in Questions de sociologie, S. 264-268; in: Réforme (Paris), 1. Dezember 1979, S. 6-7; in: Jean Belkhir (Hg.): L'intellectuel L'intelligentsia et les manuels, Paris 1983: Éd. Anthropos, S. 187-194; unter dem Titel "Tout racisme est un essentialisme" auch in: Différences, Nr. 24/25, Juni/Juli 1983, S. 44.
Les trois états du capital culturel, Actes de la recherche en sciences sociales, 1979, Numéro 30, pp. 3-6
Le mort saisit le vif, Actes de la recherche en sciences sociales, 1980, Numéro 32-33, pp. 3-14
Le Nord et le Midi : Contribution à une analyse de l'effet Montesquieu, Actes de la recherche en sciences sociales, 1980, Numéro 35, pp. 21-25
Sartre, The London Review of Books, Vol. 2 No. 22 · 20 November 1980, pages 11-12, aussi
Sartre, l'invention de l'intellectuel total, Libération, 31/03/1983. Repris in Agone, n°26/27, 2002, pp.225- 232
Epreuve scolaire et consécration sociale, Actes de la recherche en sciences sociales, 1981, Numéro 39, pp. 3-70
Zaslawsky, Contre la magie des mots, Libération, 7 décembre 1982, P.21
Les rites comme actes d'institution, Actes de la recherche en sciences sociales, 1982, Numéro 43, pp. 58-63
Une critique armée, Entretien avec C.H.D. Zimmermann (1983), (paru dans Pierre Bourdieu, La responsabilità delli inttelettuali, Sagittari Laterza, Roma-Bari ,1991, pp.25-42 et publié à l'origine en allemand in Satz und Gegensatz.Uber die Verantwortung des Intellecktuellen, Berlin, Verlag Klaus Wagenbach, 1989. traduit de l’italien par Jacques Gasseng.
Vous avez dit "populaire" ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1983, Numéro 46, pp. 98-105
Les sciences sociales et la philosophie, Actes de la recherche en sciences sociales, Éducation et philosophie, Numéro 47-48 1983, pp. 45-52, (voir également L'oubli de l'histoire, in Pierre Bourdieu Méditations pascaliennes, Seuil, 1997
La dernière instance, in Le siècle de Kafka, Paris, Centre Georges Pompidou, 1984, p.268-270
Espace social et genèse des "classes", Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, Numéro 52-53, pp. 3-14
La délégation et le fétichisme politique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, 52-53, pp. 49-55
Le hit-parade des intellectuels français ou qui sera juge de la légitimité des juges ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1984, Numéro 52-53, pp. 95-100
Le plaisir de savoir, In Le Monde , 27/06/1984, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
Non chiedetemi chi sono. Un profilo di Michel Foucault, L'indice, 1 octobre 1984
Les intellectuels et les pouvoirs, In Michel Foucault. Une histoire de la vérité, Syros, 1985, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
Der Kampf um die symbolische Ordnung (Gespräch mit Axel Honneth, Hermann Kocyba und Bernd Schwibs), in: Ästhetik und Kommunikation, 16, 61-62, 1986, p.142-163, aussi Fieldwork in philosophy, Choses dites, Les Éditions de Minuit, P.13-46, Fieldwork in Philosophy” en Cosas Dichas, Barcelona, Gedisa, 1993, pp. 17-34
Le champ intellectuel: un monde à part, (entretien avec Karl-Otto Maue en décembre 1985), in Choses dites, Minuit, 1987, aussi The Intellectual Field A World Apart, in Theory in contemporary art since 1985, Wiley-Blackwell, 2004
« De la règle aux stratégies : entretien avec P. Bourdieu », P. Lamaison, Terrain, n° 4, 1985, pp. 93-100.
La science et l'actualité, Actes de la recherche en sciences sociales, 1986, Numéro 61, pp. 2-3
The Historical Genesis of a Pure Aesthetic, The Journal of Aesthetics and Art Criticism
Vol. 46, Analytic Aesthetics (1987), pp. 201-210, aussi in les Règles de l'art,"La genèse historique de l'esthétique pure"*Preface to the English Edition, Homo Academicus (
Le sociologue et la philosophie, Entretien avec H. Ichizaki (1989), (paru dans Pierre Bourdieu,La responsabilità delli inttelettuali, Sagittari Laterza, Roma-Bari ,1991, pp.95-106 et publié à l'origine en allemand in Satz und Gegensatz.Uber die Verantwortung des Intellecktuellen, Berlin, Verlag Klaus Wagenbach, 1989. traduit de l’italien par Jacques Gasseng.)
The Scholastic Point of View, Cultural Anthropology, 5, 1990, p.380-39, aussi in Raisons pratiques, P.215-230, (1994), 1996
Les conditions sociales de la circulation internationale des idées, [Conférence prononcée le 30 octobre 1989 pour l’inauguration du Frankreich-Zentrum de l’université de Fribourg. Ce texte a été publié en 1990 dans les Cahiers d’histoire des littératures romanes (14e année, 1-2, p.1-10); dans Actes de la recherche en sciences sociales, La circulation internationale des idées (2002/5, 145, p. 3-8) ; sur le site du projet Espace des Sciences Sociales Européen (ESSE); dans Forschen und Handeln/Recherche et action (Rombach-Verlag, 2004, p.21-33) et dans L'espace intellectuel en Europe (La Découverte, 2009, p.27-39)]
Le Bon Plaisir De Pierre Bourdieu par Pascale Casanova, 1ère diffusion : 23/6/90 Avec les témoignages de Jacques Derrida, Jérôme Lindon, Georges Duby, Tassadit Yacine, Pierre Encrevé, Loïc Wacquant, Haruhisa Kato et Denis Podalydès. 27 janvier 2002
La domination masculine, Actes de la recherche en sciences sociales, 1990, Numéro 84, pp. 2-31
Le champ littéraire, Actes de la recherche en sciences sociales, 1991, Numéro 89, pp. 3-46
Questions à Pierre Bourdieu in Lire les sciences sociales, 1989-1992, textes rassemblés par Gérard Mauger et Louis Pinto, Belin, 1994, P.311-332.
Présentation et questions par Gérard Mauger et Louis Pinto à propos de Réponses. Pour une anthropologie réflexive, Pierre Bourdieu avec Loïc Wacquant, Seuil, 1992. (Une nouvelle édition de Réponses est à paraître en 2012)
avec Jacques Derrida, Pour Louis Marin, Liber. Revue européenne des livres, n. 12, 1992
Esprits d'Etat, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 96-97, pp. 49-62
À propos de la famille comme catégorie réalisée, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 100, pp. 32-36
Stratégies de reproduction et modes de domination, Actes de la recherche en sciences sociales, 1994, Numéro 105, pp. 3-12
préface, à T. Moi, Simone de Beauvoir, Diderot éditeur, 1995, aussi Apologie pour une femme rangée, in Liber-Revue internationale des livres, 33, décembre 1997
Sollers tel quel, Libération, 27/01/1995
«Extra-ordinaire Baudelaire» (communication au Colloque «Baudelaire, nouveaux chantiers», Lille, 15 mai 1993), in J. Delabroy, Y. Charnet (eds), Baudelaire: nouveaux chantiers, Lille, Presses universitaires du Septentrion, p.279-288; aussi, in H. Krauss (ed.), Cahiers d'Histoire des Littératures Romanes (20 ans), 1-2, 1996, p.134-141; aussi, «Comment lire un auteur?», in Méditations pascaliennes [1997], p.101-109.
«Il ne faisait jamais le philosophe» (à propos de Georges Canguilhem), Les Inrockuptibles, 25, 27 septembre-3 octobre 1995, p.12, aussi “En homenaje a Canguilhem”, en P. Bourdieu, 1997, Capital cultural, escuela y espacio social, México, Siglo XXI, pp.203-206
In memorian Gilles Deleuze, in Liber-Revue internationale des livres, 28, septembre 1996
" Qu'est-ce que faire parler un auteur? A propos de Michel Foucault ", Sociétés et Représentations, 3, novembre 1996, p.13-18.
" Conformismes et résistance " (débat avec J. Bouveresse) (Oxford, 1996), in La Lettre de la Maison française d'Oxford, 7, p.177-189, aussi in Jacques Bouveresse, Bourdieu, savant & politique, Agone, 2004
La double vérité du travail, Actes de la recherche en sciences sociales, 1996, Numéro 114, pp. 89-90, aussi in Méditations pascaliennes [1997], p.241-244.
« L'anthropologie imaginaire de la rational action theory », Le champ économique, Actes de la recherche en sciences sociale, n°119, 1997, p.64
L'intellectuel négatif, janvier 1998, in Contre-Feux, Raisons d'Agir, 1998, pp.105-107
Le fonctionnement du champ intellectuel, Regards Sociologiques n°17/18 Le champ littéraire (1999)
A scholarship with committment. Pour un savoir engagé, (intervention de Pierre Bourdieu au Modern Language Association Meetings, à Chicago en décembre 1999), revue Agone, 23 | 2000, P.205-211
"Vive le Streit. Jürgen Habermas zum Geburtstag", Süddeutsche Zeitung, 137, 18 juin 1999
" Entretien avec Franz Schultheis sur Sartre ", (15 avril 2000), in L'Année sartrienne. Bulletin du Groupe d'études sartriennes, 15, juin 2001, p. 194-207.
Entretien avec Gisèle Sapiro ( 7 juin 2000), in Pierre Bourdieu, sociologue, (sous la direction de Louis Pinto, Gisèle Sapiro et Patrick Champagne), Fayard, 2004, p.79-91
Philosophie, science, engagement In L’Infréquentable Michel Foucault : renouveaux de la pensée critique, actes du colloque tenu au Centre Georges Pompidou les 21 et 22 juin 2000, EPEL, 2001, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002
" Wittgenstein, le sociologisme et la science sociale ", mai 2001, in J. Bouveresse, S. Laugier, J.-J. Rosat, Wittgenstein, dernières pensées, Marseille, Agone, 2002, p.345-353.
Le mystère du ministère, Actes de la recherche en sciences sociales, 2001, Numéro 140, pp. 7-11
L'objectivation participante, Actes de la recherche en sciences sociales, 2003, Numéro 150, pp. 43-58
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voir également:
en ligne: Pierre Bourdieu, autour des Méditations pascaliennes
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de l'ouvrage Raisons pratiques
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de Réponses. Pour une anthropologie réflexive
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur la socioanalyse
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur la science de la science et la réflexivité
Résumés des Cours de Pierre Bourdieu au Collège de France, 1991-2001
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur l'économie
en ligne: Pierre Bourdieu et l'Histoire
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur la violence symbolique
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur le champ médiatique
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur la souffrance sociale
en ligne: Pierre Bourdieu et la psychanalyse
Textes de Pierre Bourdieu à propos de l'État
en ligne: Pierre Bourdieu et le droit
en ligne: Pierre Bourdieu, du réseau européen des artistes et des savants au mouvement social européen
Articles de Pierre Bourdieu utilisant l'analyse des correspondances
publications de Pierre Bourdieu sur la sociologie du langage
videos-articles: Pierre Bourdieu à propos de l'espace social et des classes sociales
articles-audio-video: Pierre Bourdieu, sur la notion de Champ
Articles de Pierre Bourdieu sur le concept de Capital (culturel, social, symbolique, scientifique)
audio-video-articles de Pierre Bourdieu sur le concept d'habitus
en ligne: Publications de Pierre Bourdieu sur: le champ littéraire, le champ artistique, la musique
en ligne: Pierre Bourdieu, sociologie de l'éducation
en ligne: publications de Pierre Bourdieu sur le champ politique
en ligne: Pierre Bourdieu et l'Anthropologie
dimanche 21 novembre 2010
à paraître: Alain Accardo, Engagements. Chroniques et autres textes (2000-2010)
Alain Accardo
Engagements
Chroniques et autres textes (2000-2010)
Préface de Thierry Discepolo suivie d’un entretien avec Paul Ariès, Raphaël Desanti, Sophie Divry, Samuel Foutoyet, Cédric Lefebvre, et Giancarlo Rossi
Agone
à paraître le 20/01/2011
Présentation de l'éditeur
Cet ensemble de textes – dont certains sont déjà parus (notamment dans La Décroissance ou Le Sarkophage), d’autres inédits ou introuvables – constitue à la fois un exercice d’analyse de l’actualité politique entre marxisme et sociologie critique, une critique des médias comme instruments de propagande, une socio-analyse des classes moyennes et de leur fonction dans la reproduction de l’ordre social.
Pour l’auteur, cette démarche prend sa source au moment de la guerre d’Algérie, alors que jeune étudiant en philo il rencontre Pierre Bourdieu et participe à sa première enquête de terrain.
Au sommaire
Entre Fanon et Camus / Les racines algériennes de la sociologie de Pierre Bourdieu / Un savant engagé. À propos de Pierre Bourdieu / Un journalisme de classes moyennes / Succession Lagardère : la norme ou l’énorme ? / Karl Kraus : contre l’empire de la bêtise / Un spectacle déchirant / Le cœlacanthe et le politologue / Bestiaire 2007 / Un vrai problème / La connivence / Exhortation à une refondation de la gauche anticapitaliste / Courage, camarades ! / Théorie du complot / Vive le changement ! / La peste publicitaire / Médiocratie / Bas les masques ! / Quelle refondation ? / Néotaylorisme / La fabrique des humanoïdes / Insurrection / Incommunication / Parlons net ! / Jusqu’où tomberons-nous ? / Le cirque médiatique / Autoplumage / Contre-réforme / Babbit ou Les Néobarbares / Faux et usage de faux / Le génie et l’audace / L’An I au miroir de Sarkozy / L’hydre / Vous enseignez quoi exactement ? / Exercice de rentrée / Le doigt de Dieu / Culte vaudou / Jérémiades audiovisuelles / Hurrah for Obama / Mythologie scolaire / Les avocats procureurs / Lettre-feux d’Ouchronia / Big Brother / Spirale ascendante / Sauce vert / (Auto-)dérision / Légalité de l’immoralité / La douzième question / Panem et circenses / Les peigne-culs et les gratte-culs / L’imagination au Panthéon / Sois gai, ris donc ! / Vision du monde / Vidons le bocal ! / Sisachthie / Le fétiche culture / Les haines entre pauvres / Taratata plan-rataplan / C’est plus compliqué que ça…
Extraits
Les idées, si justes soient-elles, ne sont jamais que des idées et n’ont jamais rien révolutionné dans l’histoire par elles-mêmes : y sont parvenues celles qui ont rencontré les intérêts de groupes sociaux suffisamment larges et puissants qui leur ont donné la force et l’impact nécessaires pour abattre les citadelles du conservatisme. Les intellectuels n’ont rien d’autre à faire que d’exprimer et faire circuler des idées, expliquer, expliquer sans cesse, contre la mauvaise foi, le refus de savoir, la caricature, la haine qui ne désarme pas ; voire contre la détestable propension de beaucoup à jouer avec les idées comme avec des parures symboliques plutôt que chercher des moyens d’agir effectivement sur le réel. Les idées mènent le monde, c’est entendu, encore faut-il que les gens concernés aient envie de se fatiguer à les suivre.
***
La guerre d’Algérie a été à bien des égards un tournant, pour le meilleur et pour le pire, bien au-delà du théâtre des opérations militaires, tournant marqué par des changements profonds dans tous les domaines, jusqu’au plus intime des individus. Pour certains, elle n’a pas été simple péripétie mais vécue de bout en bout comme une remise en question radicale de notre monde, tant extérieur qu’intérieur. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’expérience fut rigoureusement identique pour le normalien agrégé de philosophie, d’origine paysanne béarnaise, et pour ses étudiants, l’instituteur kabyle Abdelmalek Sayad et le « Français d’Algérie » (en réalité petit-fils d’immigrés napolitains) que j’étais. Mais tout bien considéré, nous devions tous faire face aux mêmes questions fondamentales. La grande différence, c’est que les gens comme Bourdieu étaient sensiblement mieux équipés mentalement que nous pour les aborder. Mais eux aussi avaient à fabriquer leurs propres réponses – même s’ils avaient déjà trouvé des « interrogations structurantes de [leur] propre réflexion » chez Husserl ou d’autres, comme on l’a écrit. […]Sayad et moi, en effet, qui étions sans doute les plus âgés de ses étudiants (il avait seulement vingt-huit ans, quatre ans de plus que nous) étions tous deux aux prises, chacun à sa façon, avec les épineux problèmes de la double culture et du déclassement. Sayad en tant que Kabyle instruit et très assimilé ; moi en tant que « miraculé » scolaire. Tous deux à la fois très proches de notre milieu originel respectif et déjà pourtant à des années-lumière. Tous deux écartelés intérieurement par les interrogations contradictoires nées d’une guerre autant civile que militaire, qui déchirait les populations auxquelles nous appartenions. Tous deux révulsés et terrifiés par la fascisation rampante de notre société. Nous éprouvions le besoin vital d’y voir clair, d’analyser, de trouver les concepts qui permettraient d’ordonner un peu le chaos dans lequel s’enfonçait le pays et nous avec. Ce besoin intense de réfléchir fit abandonner à Sayad sa condition d’instituteur et à moi mes études de lettres classiques presque terminées pour entamer ensemble des études de philo dont nous espérions bien qu’elles nous apporteraient l’adaequatio rei et intellectus à quoi nous aspirions.
***
Que la peste publicitaire ait atteint aussi l’École, voilà qui ne peut guère surprendre. Elle est devenue progressivement la principale instance éducative chargée de façonner le nouveau type d’humain que réclamait le productivisme capitaliste : le consommateur, individu soumis au despotisme insatiable de ses envies du moment et dont l’essence sociale tend à se réduire à son pouvoir d’achat. L’évolution du capitalisme a abaissé d’un degré encore, par le biais de la publicité, le niveau de formation de la masse de la population. Jusque-là, ce niveau était celui du travailleur manuel ou intellectuel, dont l’École républicaine, prétendument libératrice, se chargeait de faire un semi-robot bien formaté, que son appartenance à l’entreprise réduisait à sa force de travail. On était déjà en cela très éloigné du modèle humain défini par les Lumières, celui d’un individu citoyen, fondant sur sa capacité de réflexion, sur le libre usage de sa raison, l’exercice de droits et de devoirs à la fois personnels et universels. Grâce à la technologie publicitaire, le système capitaliste a fait accomplir à l’ensemble des populations un pas de plus dans l’aliénation. Les entreprises tendaient à transformer en ilotes disciplinés les travailleurs qui franchissaient leur seuil. La publicité tend désormais à transformer les hommes et les femmes en somnambules hallucinés, perpétuellement en proie au mirage consumériste, qui voue le plus souvent leur existence aux fantasmes et à la frustration, parfois jusqu’à la névrose et aux anti-dépresseurs. […]Une fois de plus, l’École n’a rien vu venir. Sous couvert de démocratiser l’accès du peuple à un savoir censé le « délivrer de ses chaînes », elle n’a pas su ni voulu voir que son travail avait pour résultat objectif massif de légitimer, par la distribution du capital culturel, la soumission de ce peuple à des « élites » déjà favorisées par la distribution du capital économique.
Le même aveuglement idéologique – qui avait empêché l’École du début du XXe siècle de comprendre quelle part irremplaçable elle prenait au contrôle social des masses laborieuses par le pouvoir du capital – a empêché l’École de la fin du siècle de déceler sous quel travestissement symbolique le loup, c’est-à-dire « le nouvel esprit du capitalisme », était en train de pénétrer dans la bergerie. Quand les classes laborieuses étaient encore des « classes dangereuses », l’École les endoctrinait en leur prêchant la bonne morale des familles. Dans une société que l’évolution de l’économie capitaliste a « moyennisée », un alibi esthétique est venu se rajouter à l’arsenal de la légitimation du système. Ce n’est plus au nom du Bien, du Vrai, du Juste et de l’Utile, mais c’est au nom du Beau, de l’Agréable, du primat du sensible sur l’intelligible et du corporel sur le spirituel, du plaisir immédiat sur la satisfaction différée, que la publicité s’est insinuée dans tous les secteurs de la pratique sociale, y compris à l’École. […]
On touche ici au rapport compliqué, de connivence et de réticence à la fois, pour une part objectif et involontaire, pour une part conscient et intentionnel, que les classes moyennes n’ont cessé d’entretenir avec le système capitaliste qui les a engendrées, et auquel elles n’ont cessé d’apporter leur collaboration tout en le critiquant.
Sociologue, Alain Accardo est notamment l’auteur de Introduction à une sociologie critique (Agone, 2006), Journalistes précaires, journalistes au quotidien (Agone, 2007) et Le Petit-bourgeois Gentilhomme (2009).
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Accardo
samedi 20 novembre 2010
Vincent Bontems, Bachelard
Vincent Bontems
Bachelard
Les Belles Lettres
2010
Présentation de l'éditeur
Gaston Bachelard (1884-1962), figure exemplaire de l'école laïque — boursier d'origine modeste, il finira par occuper la chaire d'histoire et de philosophie des sciences de la Sorbonne — est un penseur non conventionnel : s'appuyant sur une physique, une chimie et des mathématiques en pleine révolution, mais aussi sur Freud et Jung (réinterprétés), il a construit une épistémologie d'un rationalisme subtil qui a largement fait école, comprenant le progrès de la science comme une suite de discontinuités ; métaphysicien, il s'est opposé à Bergson sur le problème du temps, défendant une philosophie de l'instant contre sa philosophie de la durée ; il a aussi renouvelé l'approche de la poésie, en donnant une importance inédite à l'Imaginaire.
On examine ici l'œuvre foisonnante de Bachelard : son épistémologie, depuis l'Essai sur la connaissance approchée jusqu'au Matérialisme rationnel en passant par La Philosophie du non et Le nouvel esprit scientifique ; sa « métaphysique », ramassée dans L'Intuition de l'instant et La Dialectique de la durée ; sa poétique, depuis La Psychanalyse du feu jusqu'à La Poétique de la rêverie en passant par L'Eau et les rêves et La Poétique de l'espace.
On s'intéresse enfin à la nombreuse postérité de Bachelard.
Sommaire
Repères biographiques : une trajectoire « républicaine ».
Introduction : l'originalité d'une tradition de recherche : l'épistémologie historique. (5 pages)
1 La dynamique de l'esprit scientifique
1.1 La connaissance approchée et la rectification.
1.2 Les notions d'obstacle et de rupture épistémologiques.
1.3 La crise des objets induite par la « nouvelle physique » (relativité et microphysique).
1.4 La structure des révolutions théoriques : la récurrence conceptuelle.
2 Une philosophie contemporaine des sciences
2.1 Matérialisme rationnel et rationalisme appliqué.
2.2 Epistémologies régionales et transrationalisme.
2.3 La critique du substantialisme métaphysique.
2.4 Les progrès de la philosophie du non-.
3 L’alternance du jour et de la nuit (20 pages)
3.1 Elaboration d’une méta-poétique.
3.2 L’exploration imaginaire des quatre éléments.
3.3 La nature du temps (1) : contre Bergson.
3.4 La nature du temps (2) : méditation et rythmanalyse.
Le bachelardisme d’hier et d’aujourd’hui
La première vague : Cavaillès, Lautman, Gonseth, Enriques, le Congrès Descartes de 1937.
L’institutionnalisation : Canguilhem et Simondon, Bourdieu, Foucault, Dagognet, Lecourt.
L’actualité de la pensée bachelardienne :
La perspective d’un nouveau dialogue transatlantique.
La complémentarité avec la sociologie des sciences.
Le prolongement des analyses phénoménotechniques.
Vincent Bontems, ancien élève de l'ENS Ulm est philosophe, il travaille dans un laboratoire de recherche du CEA. On lui doit les entretiens avec Bernard Stiegler, parus en 2008 (Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir).
Bachelard
Les Belles Lettres
2010
Présentation de l'éditeur
Gaston Bachelard (1884-1962), figure exemplaire de l'école laïque — boursier d'origine modeste, il finira par occuper la chaire d'histoire et de philosophie des sciences de la Sorbonne — est un penseur non conventionnel : s'appuyant sur une physique, une chimie et des mathématiques en pleine révolution, mais aussi sur Freud et Jung (réinterprétés), il a construit une épistémologie d'un rationalisme subtil qui a largement fait école, comprenant le progrès de la science comme une suite de discontinuités ; métaphysicien, il s'est opposé à Bergson sur le problème du temps, défendant une philosophie de l'instant contre sa philosophie de la durée ; il a aussi renouvelé l'approche de la poésie, en donnant une importance inédite à l'Imaginaire.
On examine ici l'œuvre foisonnante de Bachelard : son épistémologie, depuis l'Essai sur la connaissance approchée jusqu'au Matérialisme rationnel en passant par La Philosophie du non et Le nouvel esprit scientifique ; sa « métaphysique », ramassée dans L'Intuition de l'instant et La Dialectique de la durée ; sa poétique, depuis La Psychanalyse du feu jusqu'à La Poétique de la rêverie en passant par L'Eau et les rêves et La Poétique de l'espace.
On s'intéresse enfin à la nombreuse postérité de Bachelard.
Sommaire
Repères biographiques : une trajectoire « républicaine ».
Introduction : l'originalité d'une tradition de recherche : l'épistémologie historique. (5 pages)
1 La dynamique de l'esprit scientifique
1.1 La connaissance approchée et la rectification.
1.2 Les notions d'obstacle et de rupture épistémologiques.
1.3 La crise des objets induite par la « nouvelle physique » (relativité et microphysique).
1.4 La structure des révolutions théoriques : la récurrence conceptuelle.
2 Une philosophie contemporaine des sciences
2.1 Matérialisme rationnel et rationalisme appliqué.
2.2 Epistémologies régionales et transrationalisme.
2.3 La critique du substantialisme métaphysique.
2.4 Les progrès de la philosophie du non-.
3 L’alternance du jour et de la nuit (20 pages)
3.1 Elaboration d’une méta-poétique.
3.2 L’exploration imaginaire des quatre éléments.
3.3 La nature du temps (1) : contre Bergson.
3.4 La nature du temps (2) : méditation et rythmanalyse.
Le bachelardisme d’hier et d’aujourd’hui
La première vague : Cavaillès, Lautman, Gonseth, Enriques, le Congrès Descartes de 1937.
L’institutionnalisation : Canguilhem et Simondon, Bourdieu, Foucault, Dagognet, Lecourt.
L’actualité de la pensée bachelardienne :
La perspective d’un nouveau dialogue transatlantique.
La complémentarité avec la sociologie des sciences.
Le prolongement des analyses phénoménotechniques.
Vincent Bontems, ancien élève de l'ENS Ulm est philosophe, il travaille dans un laboratoire de recherche du CEA. On lui doit les entretiens avec Bernard Stiegler, parus en 2008 (Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir).
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vendredi 19 novembre 2010
livres en ligne: Jacques Bouveresse, Essais II. Essais III. Essais IV. et Essais V
(re)découvrez les livres (en ligne) de Jacques Bouveresse aux éditions Agone:
Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire
Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage
Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ?
Essais V - Descartes, Leibniz, Kant
Essais II. L’époque, la mode, la morale, la satire
Essais III. Wittgenstein & les sortilèges du langage
Essais IV. Pourquoi pas des philosophes ?
Essais V - Descartes, Leibniz, Kant
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jeudi 18 novembre 2010
écouter: Manifeste d'économistes atterrés, avec Thomas Coutrot, Henri Sterdyniak et André Orléan
écouter: Manifeste d'économistes atterrés
Avec Thomas Coutrot, co-président d'Attac, Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et André Orléan, directeur d'études à l'Ehess, Là-bas si j'y suis, par Daniel Mermet, 16 novembre 2010
voir également les videos: Colloque Economistes atterrés
Avec Thomas Coutrot, co-président d'Attac, Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et André Orléan, directeur d'études à l'Ehess, Là-bas si j'y suis, par Daniel Mermet, 16 novembre 2010
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