Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
mercredi 16 février 2011
en ligne: Jean-Louis Fabiani, Les programmes, les hommes et les œuvres + Enjeux et usages de la « crise » dans la philosophie universitaire en France au tournant du siècle
Jean-Louis Fabiani, Les programmes, les hommes et les œuvres, Actes de la recherche en sciences sociales, 1983, Numéro 47-48, pp. 3-20
Jean-Louis Fabiani, Enjeux et usages de la « crise » dans la philosophie universitaire en France au tournant du siècle, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1985, Volume 40, Numéro 2, pp. 377-409
Libellés :
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