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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

mercredi 30 mars 2011

Jérôme Meizoz, La Fabrique des singularités. Postures littéraires II

Jérôme Meizoz
La Fabrique des singularités
Postures littéraires II
SLATKINE
2011

Présentation de l'éditeur
Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C.F. Ramuz, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu'à des publications en France, Belgique et au Québec. De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire. Plusieurs biais d'interrogation traversent cet ouvrage, au gré d'articles réunis et de textes inédits : Quels sont les cadres qui régissent l'énonciation littéraire dans la modernité ? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires ? Quel est l'impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics ? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales ? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi ?

JÉRÔME MEIZOZ enseigne la littérature française à l'Université de Lausanne où il dirige la Formation doctorale interdisciplinaire. Il a publié de nombreuses études, dont Ramuz (1997), L'Age du roman parlant (2001), Le Gueux philosophe (2003), L'Œil sociologue et la littérature (2004) et Postures littéraires (2007) ainsi que des récits et romans : Les Désemparés (2005) ; Père et passe (2008) ; Fantômes, avec le peintre Zivo (2010).