Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 19 avril 2011

Anne Dufresne, Le salaire, un enjeu pour l'euro-syndicalisme

Anne Dufresne
Le salaire, un enjeu pour l'euro-syndicalisme
Histoire de la coordination des négociations collectives nationales
Presses universitaires de Nancy
2011


Présentation de l'éditeur
Historiquement, le salaire a toujours été au cœur de l'identité syndicale au niveau national. Or, à l'échelle de l’Union européenne, l’euro-syndicalisme a longtemps abandonné le salaire, considéré comme un sujet « tabou ». Et la modération salariale, initiée dans les années 1980 a progressivement été acceptée.
Comment les euro-syndicats peuvent-ils inventer aujourd’hui de nouvelles stratégies pour renouer avec la tradition de la défense du salaire ? Quelles revendications soutiennent-ils ? Un salaire minimum européen ?
Cet ouvrage détaille les initiatives syndicales mises en œuvre depuis le début des années 1990 pour coordonner les négociations collectives nationales sur trois niveaux (interprofessionnel, sectoriel et transfrontalier) au sein de la Confédération européenne des syndicats, des fédérations syndicales européennes (en particulier celle des métallurgistes), et du groupe de Doorn (Allemagne et Benelux).
Longtemps méconnue, l’histoire de la coordination salariale invite pourtant à jeter un regard nouveau sur la négociation collective et les relations professionnelles, à l’échelle européenne. Son cadre dépasse en effet le seul « dialogue social européen ». Processus politique, la coordination vise à renforcer, à court-terme, la position des syndicats lors des négociations nationales et, à plus long terme, à rendre possible des négociations au niveau européen. La tâche est immense, l’exercice extrêmement complexe.
Anne Dufresne identifie ici les raisons de la lenteur avec laquelle la négociation salariale s'européanise. Elle met en lumière son obstacle fondamental : la dépolitisation du salaire sous la contrainte du cadre macro-économique imposé par l'Union économique et monétaire. Mais l'auteure révèle aussi, et surtout, l'ampleur du travail syndical déjà accompli d'échange d'information et d'apprentissage croisé, au-delà des frontières, gage d'une capacité future de mobilisation européenne.
Le salaire sera-t-il un jour au cœur de l’euro-syndicalisme ?

Anne Dufresne est docteure en Sociologie de l'Université libre de Bruxelles (ULB) et de l'Université Paris X-Nanterre (UPX). Elle est chercheure à l'Université catholique de Louvain (UCL) sous mandat du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS). Elle s'intéresse aux questions syndicales et sociales à l'échelon de l'Union européenne.

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