Bruno Ambroise et Sandra Laugier (dir.)
Textes clés
de philosophie du langage
Vol. II : Sens, usage et contexte
Vrin
2011
Présentation de l'éditeur
La philosophie du langage issue du « tournant linguistique » peut paraître dépassée par la philosophie de l’esprit et les approches cognitivistes. Ce second volume des Textes-clés de philosophie du langage vise, comme le premier, à montrer au contraire la vitalité et la radicalité de la réflexion sur le langage produite au XXe et au XXIe siècles. Le premier envisageait le rapport du langage au monde, les manières dont le langage peut dire les choses (et le vrai); le second présente diverses manières de considérer que le langage fait des choses en disant, met en relation des humains dans des contextes, au sein d’une forme de vie humaine et sociale. D’où le renouvellement des analyses du langage et l’émergence d’une nouvelle discipline, la pragmatique, qui prend en compte des éléments du fonctionnement linguistique oubliés par les conceptions strictement véri-conditionnelles.
Cette philosophie du langage, fondée sur la description des usages ordinaires et la mise en évidence de la dimension praxéologique du langage, n’a cependant pas renoncé à la visée réaliste du tournant linguistique. On verra que la philosophie du langage ordinaire, dissidente par rapport à la philosophie analytique classique, attentive aux usages et situations, recherche, perfectionne et raffine l’adéquation au réel, poursuivie désormais en termes de sensibilité au détail du réel.
Avec des textes de J.L. Austin, P. Grice, D. Kaplan, S. Kripke, D. Lewis, A. Reinach, J. R. Searle, P.F. Strawson,Ch. Travis et L. Wittgenstein
Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
jeudi 25 août 2011
Bruno Ambroise et Sandra Laugier (dir.), Textes clés de philosophie du langage, Vol. II : Sens, usage et contexte
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