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Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires
(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)

lundi 29 août 2011

Wittgenstein et les questions du sens, L'art du Comprendre N° 20, Juillet 2011

Wittgenstein et les questions du sens, L'art du Comprendre N° 20, Juillet 2011
Christiane Chauviré (dir.)

Présentation de l'éditeur
Ludwig Wittgenstein est ce penseur original et profond, largement revendiqué par la modernité philosophique.
Il l'est au titre de son appartenance initiale à la rénovation de la logique et de la philosophie réalisée par Frege et Russell, au titre de sa postérité (positivisme logique viennois, pensée anglo-saxonne), mais aussi pour son oeuvre ultérieure, largement diffusée dans la philosophie du XXe siècle, tout aussi radicale en son projet de débusquer les impasses du sens, dans la veine d'un Brentano ou d'un Mach qui auraient pratiqué Russell, Schlick, et Carnap.
Cette seconde philosophie ouvre la voie à une conception opératoire de la signification en termes d'usage. Elle se défie des ambitions démesurées de la métaphysique ou de certaines prétentions abusives de l'herméneutique, toutes deux à rapporter aux aspects de leur formulation. Le présent numéro de L'Art du Comprendre, riche de lectures précises et heuristiques de l'oeuvre, prend aussi en compte des influences sur elle ou des rapprochements parfois insuffisamment considérés, de Goethe à Nietzsche, Spengler ou Heidegger...
Il tente d'offrir ainsi le parcours réflexif d'une pensée forte qui rejoint par le biais des contextes et des formes problématisées du langage le mouvement de la vie qui les sous-tend.