Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 17 septembre 2011

Marlène Benquet, Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché


Marlène Benquet 
Les damnées de la caisse 
Grève dans un hypermarché 
 éditions du Croquant
2011

Présentation de l'éditeur
Le 1er février 2008, les caissières d’un hypermarché du sud de la France ont décidé de se mettre en grève pour demander une prime exceptionnelle de 250 euros, le passage à temps complet des salariées employées à temps partiel contraint et l’augmentation des tickets-restaurant de 3,05 à 5 euros. En dépit de l’inexpérience militante de la grande majorité d’entre elles, la grève a été reconduite tous les matins pendant 16 jours. Cette enquête sur le quotidien d’un hypermarché, les conditions de travail, mais aussi les relations professionnelles, les aspirations et les déceptions de ces caissières, tente de montrer comment cette mobilisation, improbable au regard de leurs caractéristiques sociales, a été possible. Pourquoi sur les 75 000 personnes employées en France dans des hypermarchés, ces employées-là se sont-elles mobilisées, et pourquoi à ce moment-là ? Montrer quelles sont les conditions de la révolte, comment naît et se propage un jugement d’injustice, pourquoi ce qui était perçu comme supportable finit par ne plus l’être : tels sont les objectifs de cette enquête conduite dans un secteur exemplaire du triple mouvement de précarisation, de tertiarisation et de féminisation du marché de l’emploi contemporain.
Marlène Benquet est doctorante à l’EHESS (CMH-ETT) en sciences sociales et enseigne à l’université Paris Descartes. Elle travaille sur les recompositions de relations professionnelles, les nouvelles formes d’emploi et d’organisation du travail et la conflictualité professionnelle dans le secteur de la grande distribution.

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