Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 25 octobre 2011

Carole Reynaud-Paligot, De l'identité nationale

Carole Reynaud-Paligot
De l’Identité nationale
Science, race et politique en Europe et aux Etats-Unis, XIXe-XXe siècles
Puf
2011

Présentation de l'éditeur
A partir des années 1850, une véritable " internationale raciologique " voit le jour au sein des sociétés occidentales : des sociétés savantes apparaissent, des cours sont dispensés, des revues et des ouvrages sont publiés, des musées exposent des collections de crânes, des cerveaux momifiés aux côtés d'objets ethnologiques.
Cette science s'installe au moment où les identités collectives prennent comme référence centrale la nation, au moment où s'affirment et s'exacerbent les identités nationales des Etats occidentaux. La science des races apporte ainsi sa contribution à la construction des identités nationales au sein des nations occidentales, contribuant à une véritable racialisation des identités dans des États très différents : les anciens Etats-nations (France et Grande-Bretagne), les vieux Empires multiculturels (Autriche-Hongrie, Russie tsariste puis soviétique), les Etats-nations en formation tels que l'Allemagne ou encore la Turquie kémaliste.
Chercheur associée au Centre de recherche en histoire du XIXe siècle (Paris I-Paris IV), l'auteur enseigne au sein des universités de New York et de Californie à Paris. Elle est l'auteur de Parcours politique des surréalistes 1919-1969 (Editions du CNRS, 1995, réimp. 2001), La République raciale 1860-1930. Paradigme racial et idéologie républicaine (PUF, 2006), Races, racisme et antiracisme dans les années 1930 (PUF, 2007).

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