Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 24 décembre 2011

Karl Kraus, Aphorismes. Dires et contre-dires

Karl Kraus 
Aphorismes
Dires et contre-dires 
Traduit de l'allemand par Pierre Deshusses
Préface de : Pierre Deshusses
  Rivages

2011





Présentation de l'éditeur
Paru en 1909, ce volume rassemble les aphorismes de Karl Kraus (1874-1936) publiés dans son journal "Die Fackel". Partant de la femme et de la différence entre l'homme et la femme, ce recueil se conclut par un retour sur l'enfance. Entre les deux, il y a toute la panoplie du monde : la morale, l'érotisme, le christianisme, la presse, le théâtre, la politique, la bêtise, etc. A la fois système d'un monde et déconstruction du monde, ces textes révèlent le chatoiement de la pensée de Kraus : irritante et enthousiasmante, réactionnaire et progressiste, injuste et pertinente, impertinente toujours !
Contrairement à ce que laisse penser le mot "aphorisme" qui induit une pensée ramassée en quelques mots, on trouve dans ce recueil des réflexions qui font parfois plus d'une page, comme si Kraus se moquait lui-même du cadre qu'il se donnait : "L'aphorisme ne recouvre jamais la vérité ; il est soit une demi-vérité, soit une vérité et demie." On sent une pensée en gestation, résolue à ne pas se fixer sur une vérité unique mais cherchant l'équilibre du monde dans l'oscillation perpétuelle des choses. A chaque fois, Kraus a le courage de la question et l'audace de sa propre mise en question. Provocant jusqu'au bout des mots, il fait briller les zones d'ombre, qui estompent et détourent les vérités révélées.

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