Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 11 septembre 2012

Lire les sciences sociales: Sociologie de la Psychanalyse, 21 septembre 2012

lire les sciences sociales

Vendredi 21 septembre 2012

SOCIOLOGIE DE LA PSYCHANALYSE

Présentation et discussion des travaux de
Samuel LÉZÉ et Sandrine GARCIA

En présence des auteurs
 

L’autorité des psychanalystes, S. Lézé (Paris, PUF, 2010). Comment expliquer la place ambiguë de la psychanalyse dans notre société ? S. Lézé a exploré pendant une dizaine d’années l’univers parisien de la psychanalyse. Il relate non seulement le parcours des patients et des psychanalystes dans un monde qui possède ses propres règles, mais aussi un épisode-clé de l’histoire du mouvement freudien en France (États Généraux de la psychanalyse, Réglementation du titre de psychothérapeute, parution d’un Livre noir de la psychanalyse), dont l’autorité est aujourd’hui contestée au nom de la scientificité et de l’efficacité de psychothérapies modernes…À travers l’anthropologie d’un lieu commun faussement familier et qui suscite le plus souvent une critique radicale ou un engouement total, l’auteur interroge la rationalité d’une pratique finalement méconnue de la plupart d’entre nous. Présentation et discussion par Michel Daccache



Mères sous influence, S. Garcia (Paris, La Découverte, 2011). Comment est-on passé de la dénonciation de la « maternité esclave » par le MLF à la culpabilisation des mères ? De quelle manière la toute-puissance exercée par les parents sur leurs enfants a-t-elle cédé la place à l'encadrement des mères et des pères par les professionnels de la santé et de l'éducation ? Interrogeant ces évolutions paradoxales, S. Garcia donne à voir comment, durant la lutte pour la régulation des naissances, de nombreux médecins dénoncent le magistère moral exercé par un Ordre des médecins majoritairement catholique, au profit d'une autorité se voulant uniquement scientifique. Puis, revisitant les étapes majeures de la construction de la « cause de l'enfant », l'auteure montre comment nombre de psychanalystes de l'enfant - en particulier Françoise Dolto - investissent massivement le champ de l'éducation : le destin des femmes passe désormais par le bien-être de l'enfant tel que le définissent ces experts. Ce brouillage des registres entre clinique et morale aboutit à la dénonciation d'une nouvelle maltraitance : la « violence éducative » qu'exerceraient les parents réfractaires aux bons usages. D'où l'émergence d'un militantisme individuel et institutionnel pour faire sanctionner les « déviances » parentales, au risque de stigmatiser les pratiques les plus éloignées de la norme incarnée par les classes moyennes : celles des milieux populaires. Présentation et discussion par Sophie Noël

14 h 00 - 19 h 00
CNRS/Site Pouchet, Salle 221

59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière

Aucun commentaire: