Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 16 novembre 2012

Kevin Mulligan, Wittgenstein et la philosophie austro-allemande

Kevin Mulligan 
Wittgenstein et la philosophie austro-allemande
Problèmes & Controverses
Vrin
2012

Présentation de l'éditeur
La philosophie contemporaine doit beaucoup à deux philosophes autrichiens – Edmund Husserl et Ludwig Wittgenstein. Les problèmes philosophiques que ce dernier a mis au centre de la philosophie analytique sont souvent des problèmes nouveaux par rapport aux questions soulevées par les pères de cette tradition, Frege, Moore, Russell et Ramsey. Ils étaient pourtant au centre des traditions, autrichiennes puis austro-allemandes, qui remontent à Bolzano et à Brentano : la psychologie descriptive des élèves de Brentano, la phénoménologie de Husserl et de ses premiers élèves et les différentes écoles de la psychologie de la Gestalt. Ces problèmes appartiennent à la philosophie de l’esprit et du langage : qu’est-ce que vouloir dire quelque chose, vouloir, vouloir faire, éprouver, compter sur une certitude primitive? Y-a-t-il des objets psychologiques ou mentaux privés? « Je » désignet- il? Quel rapport y a-t-il entre le non-sens, la signification et les règles? Entre les règles et les signaux qui nous guident et les symboles qui représentent?
Les mentalismes, platonismes et essentialismes qui caractérisent souvent la philosophie austro-allemande tranchent avec le rejet systématique de tels « ismes » chez Wittgenstein. Il est cependant manifeste que ce dernier, comme ses prédécesseurs et contemporains austro-allemands, met la description de l’esprit et du langage au coeur de ses réflexions. D’où la question à laquelle répond cet ouvrage : les descriptions de Wittgenstein sont-elles meilleures que celles données par les héritiers de Bolzano et de Brentano?

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