Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 6 novembre 2012

Michel Foucault, Du gouvernement des vivants. Cours au Collège de France (1979-1980)

Michel Foucault
Du gouvernement des vivants
Cours au Collège de France 
(1979-1980)
Ehess
Gallimard
Seuil
2012

Présentation de l'éditeur
Du Gouvernement des vivants est la première des enquêtes, inédite, que Michel Foucault va mener dans le champ de l’éthique, autant dans les cours du Collège de France que dans les derniers volumes de l’Histoire de la sexualité. 
Du Gouvernement des vivants est un cours charnière. Prononcé au Collège de France au premier trimestre 1980, Michel Foucault y poursuit cette histoire des « régimes de vérité » qui traverse l’ensemble des cours du Collège de France, en y apportant une inflexion majeure : commencée dans le champ du juridique et du judiciaire, l’exploration s’était poursuivie dans le champ politique ? thématique des rapports pouvoir-savoir, puis de la gouvernementalité. Elle s’investit ici dans le champ des pratiques et des techniques de soi, domaine de l’éthique que Michel Foucault ne quittera plus. 
« Comment se fait-il que dans la culture occidentale chrétienne, le gouvernement des hommes demande de la part de ceux qui sont dirigés en plus des actes d’obéissance et de soumission, des “actes de vérité” qui ont ceci de particulier que non seulement le sujet est requis de dire vrai, mais de dire vrai à propos de lui-même, de ses fautes, de ses désirs, de l’état de son âme ? » se demande Michel Foucault. Ce projet le conduit d’une relecture de l’Œdipe-roi de Sophocle à l’analyse des « actes de vérité » propres au christianisme primitif, à travers les pratiques du baptême, de la pénitence et de la direction de conscience. Michel Foucault choisit de s’intéresser aux actes par lesquels le croyant est conduit à manifester la vérité de ce qu’il est lui-même, en tant qu’être indéfiniment faillible. De l’expression publique de sa condition de pécheur, dans le rituel de la pénitence à la verbalisation minutieuse de ses pensées les plus intimes, dans l’examen de conscience, c’est l’organisation d’une économie pastorale centrée sur l’aveu que l’on voit se dessiner.

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