Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 27 février 2013

Le mental et le social, Bruno Ambroise & Christiane Chauviré (eds.)

Le mental et le social 
Bruno Ambroise & Christiane Chauviré (eds.)
Raisons Pratiques 23
Ehess
2013

Présentation de l'éditeur
Synthèse des courants qui, en philosophie et en sciences humaines, ont mis en évidence l’articulation étroite du mental et du social., ce livre esquisse une théorie sociale du mental et va à l’encontre de nombre de conceptions en vogue. 
L’esprit n’est pas tant une entité fantomatique qu’une modalité de l’action et de l’interaction avec l’environnement, qu’il soit naturel ou social. Il ne s’agit pas de nier l’existence des processus et des états mentaux, mais plutôt de contester la vertu explicative du recours à de tels processus ou états : les invoquer dans une explication du comportement n’élucide pas le mental, car seule une grammaire des capacités mentales peut le faire. L’analyse grammaticale des termes mentaux de notre vocabulaire ordinaire fait en effet voir l’esprit comme un faisceau de capacités qui se déploient dans les pratiques et la communication.
Une telle conception sociale de l’esprit a été développée par différentes approches en philosophie, et en sciences humaines et sociales, notamment par Wittgenstein et les néo-wittgensteiniens, par les pragmatistes américains, par les promoteurs de la psychologie et de l’anthropologie écologiques, ou par ceux de la psychologie culturelle. Elle permet d’ancrer l’esprit dans la nature d’une autre façon que les courants néo-cartésianistes aujourd’hui florissants : l’esprit et ses manifestations ne relèvent pas d’une sphère sui generis close sur elle-même, mais se déploient comme des modalités des pratiques humaines et sociales.

SOMMAIRE
B. Ambroise & C. Chauviré : Présentation
P.-H. Castel – Les "rituels pathologiques" des obsessionnels
B. Dupret & L. Quéré – Erreur et dérangement mental
W. Feuerhahn – Instituer les "neurosciences sociales"
G. Garreta – Des causes du sens aux pratiques sociales. Dewey entre Wittgenstein et Malinowski
M. Girel – Peirce et l’articulation sociale du doute
S. Laugier – Le sujet et le public. Une conception ordinaire de l’esprit
M. Le Du – Anthropologie et relations internes
P. Livet – Le traitement du vague et les conditions d'une théorie sociale du mental
N. Mariot & W. Lignier – Où trouve-t-on les moyens de penser ?
F. Parot – Entre causes mentales et causes sociales
A. Pustilnik – Violence sur le cerveau (traduction)
H. Putnam – Le réductionnisme et la nature de la psychologie
C. Travis – La nature sociale de la pensée

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