Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 6 mars 2013

Gérard Mauger, Repères pour résister à l’idéologie dominante

Gérard Mauger
Repères pour résister à l’idéologie dominante
Éditions du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
L’idéologie dominante est un discours de maintien de l’ordre. De façon générale, elle porte chacun à se convaincre qu’il faudrait désormais accepter « l’ordre social » tel qu’il s’est imposé comme « allant de soi » : avec enthousiasme ou en traînant les pieds avec l’espoir de « sauver les meubles ».
Le souci d’ancrer ces « repères pour résister à l’idéologie dominante » dans l’actualité impose de se plier aux exigences d’un agenda fixé par les médias et/ou les politiques et exclut pratiquement toute possibilité d’enquête systématique. Ainsi ces « repères » ne concernent-ils que des échantillons « significatifs » de l’idéologie dominante (sur les classes populaires, sur quelques notions-clés de l’idéologie dominante, sur la vie politique) sans viser l’exhaustivité et sans prétendre à la représentativité.
Outre leur intention de clarification, de démystification, de rupture avec « le sens commun » (avec ses « évidences », son ethnocentrisme, ses propensions à la « déshistoricisation », à la « naturalisation », à la « psychologisation ») ces repères ont aussi, et peut-être surtout, une vocation pédagogique. En définitive, il s’agit, comme l’écrit Jacques Bouveresse, de « passer du statut de sociologue pour sociologues à celui de sociologue pour tout le monde », de montrer en acte l’intérêt d’une lecture sociologique des discours médiatiques et politiques et, ce faisant, d’une invitation et d’une initiation à la pratiquer pour son propre compte.
Gérard Mauger est sociologue, directeur de recherches émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS-EHESS-Paris I) et membre de l’association « Savoir/Agir ».

Introduction : Repères. Pour résister à l’idéologie dominante

1ère partie : Un point de vue politique et sociologique

Introduction
1. Sur la « gauche de gauche »
Post-scriptum 1 : « Groupuscules, dissolvez-vous ! »
Post-scriptum 2 : Le sens du virtuel et le sens du possible
2. La sociologie de Bourdieu après Bourdieu
Post-scriptum 1 : Un article en trop
Post-scriptum 2 : Pour une politique « réflexive »
3. « Y aller ou pas ? » Que faire face aux émissions politiques sur l’insécurité ?

2ème partie : Sur l’idéologie dominante

Introduction
I / Sur les classes populaires
Introduction
1. Où sont passés les prolétaires ?
2. Populisme
3. Populisme (2)
4. Racisme de classe
5. « Issus de la diversité »
6. La question sociale occultée
7. Le silence des émeutiers
8. « Racaille »
9. Insécurité : le retour de Lombroso ?

II / Sur quelques notions-clés de l’idéologie dominante
Introduction
1. Monopoly
2. Mérite
3. Une nouvelle méritocratie
4. Moraliser le capitalisme
5. Responsabilité

III/ Sur le champ politique
Introduction
1. Les classes populaires et les jeux électoraux
2. « Panne civique »
3. Les « extrêmes »
4. Réforme
5. Mondialisation, altermondialisme, démondialisation
6. Clivages factices et équivalences en trompe l’œil dans le champ politique

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