Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 21 mai 2013

Michael Hardt & Antonio Negri, Déclaration. Ceci n'est pas un manifeste

Michael Hardt 
& Antonio Negri
Déclaration
Ceci n'est pas un manifeste
Raisons d'agir
2013

Présentation de l'éditeur
   Ce livre n'est pas un manifeste. Les manifestes entendent faire advenir un autre monde en endossant le rôle du prophète qui crée un peuple à son image. Les mouvements de protestation contemporains, dont Occupy Wall Street ou les Indignés constituent la dernière expression, ont renversé cet ordre, rendant les manifestes et les prophètes obsolètes. Ils sont descendus dans la rue et, au lieu de suivre les puissants sur leurs lieux de réunions officielles ou officieuses, ils ont occupé les places et les espaces publics : ils n'entendent pas tant constituer une menace face aux puissants qu'une force de proposition. Plus important encore, ces multitudes mobilisées, à travers leurs discours comme leurs pratiques, leurs slogans et leurs désirs, ont engendré de nouveaux principes politiques : comment leurs déclarations peuvent-elles devenir les principes d'organisation d'une nouvelle société ? Comment peuvent-elles réinventer des relations sociales susceptibles de ruiner les rapports d'exploitation de l'ancien monde ? Comment ces déclarations de révolte peuvent-elles devenir un pouvoir véritablement constituant ? 
   Dans ce livre court et dense, Toni Negri et Michael Hardt, s’appuient sur leurs travaux antérieurs qui exploraient la diversité des formes de résistance et d’organisation contre l’ordre social dominant et la brutalité des rapports de force propres au capitalisme mondialisé, pour offrir une perspective sur une nouvelle manière de construire collectivement la société, le commun, de telle sorte que chacun, à égalité, participe à la définition et à la mise en œuvre d’un capacité à agir collective sans qu’elle ne soit accaparée et dévoyée au bénéfice de quelques uns par la propriété privée ou par l’État. 
   Toni Negri est un philosophe et militant italien. Il vient de sortir, avec Michael Hardt, professeur à l'université de Duke, le troisième volume d'une "trilogie politique" consacrée aux formes de domination impériales (Empire, 2000), aux mouvements qui en résultent (Multitudes, 2004) et aux perspectives de sortie possibles du capitalisme (Commonwealth, 2012). Ce petit livre condense en quelque sorte leurs réflexions à partir des mouvements récents, Occupy the Street et Les indignés. 


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