Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 12 juin 2013

Champ libre aux sciences sociales, Manifeste. La connaissance libère + Grande soirée le 22 juin 2013 : les sciences sociales en “révoltes !”

Champ libre aux sciences sociales
Manifeste
La connaissance libère
éditions du Croquant/ En coédition avec La Dispute
2013

Présentation de l'éditeur
Les sciences sociales nous sont aujourd’hui plus que jamais nécessaires. Pour comprendre et faire face aux crises économiques, sociales et politiques ; contre l’esprit du temps fait de résignation et de soumission ; ce sont elles qui produisent les diagnostics les plus réalistes, les critiques les plus affûtées, les armes les plus efficaces. C’est pour cela que les idéologues dominants, décideurs et experts partisans du statut quo et de la politique du pire, veulent les faire taire. Les sciences sociales doivent contre-attaquer et s’organiser pour se rendre accessibles et utiles à tous. Il y a urgence à ce que les sciences sociales se manifestent.
Les sciences sociales que nous voulons défendre et promouvoir, dans le prolongement de Marx, Durkheim, Weber, Bourdieu, et bien d’autres, pourfendent les hypocrisies, les mensonges et les violences de sociétés profondément inégalitaires et injustes. Elles sont un formidable moyen pour nous connaître nous-mêmes, nous réapproprier nos expériences, nos histoires et nos luttes, décider et agir ensemble en connaissance de cause, et efficacement. Elles ont fait de leurs laboratoires des salles d’armes, de leurs concepts et de leurs enquêtes des instruments de vérités. Mais aujourd’hui plus que jamais, les sciences sociales doivent s’organiser pour continuer à produire ces outils critiques et les mettre à disposition de tous. Et il y a urgence. Urgence de s’opposer aux arguments d’autorité et au fatalisme. Urgence de résister aux tentatives de mise sous tutelle politique et académique. Urgence de lutter pour l’autonomie des sciences sociales critiques, et de coopérer à sa diffusion auprès de tous.
Champ libre aux sciences sociales (http://www.champlibre.org/ https://www.facebook.com/ChamplibreSciencessociales) est une association Loi 1901 ouverte à tous qui se propose de mettre en réseau, de faire entendre et de mettre à disposition de tous, les travaux des sciences sociales. Elle cherche à constituer des zones libres et des solidarités dans la recherche, l’édition et l’éducation populaire. Elle organise des événements et des coopérations pour que les résultats des sciences sociales soient discutés par le plus grand nombre, et deviennent des armes pour l’émancipation populaire.


Sommaire
Introduction
Les sciences sociales arment la critique
Rien n’est dans la nature des choses : débusquer et critiquer les dominations
Genre et domination masculine
Les « jeunes » des classes populaires : vous avez dit « sauvageons » ?
Comprendre le jeu des mille familles
Déplacer le regard, bouger le curseur
Contre le rapt politique de la question de l’immigration
Tous politiquement égaux ?
Sciences sociales versus néolibéralisme
Les raisons de la colère
Haro sur la recherche et l’enseignement en sciences sociales !
Mise en faillite des universités et stérilisation des sciences sociales
Deux instruments de mise au pas : le financement par projet et l’évaluation permanente
L’insupportable dimension critique des sciences sociales
Censures et déformations
La « révolution conservatrice » dans l’édition
Contraintes et double jeu des médias
Contre-attaque
« Je » n’est pas neutre
Les preuves du terrain
Notre critique scientifique est politique
Un « Nous » de combat

Aucun commentaire: