Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 13 juillet 2013

écouter: Sylvain Venayre, Les Origines de la France. Quand les historiens racontaient la nation

écouter: Sylvain Venayre, Les Origines de la France. Quand les historiens racontaient la nation
Concordance des temps, 08.06.2013

Sylvain Venayre
Les Origines de la France
Quand les historiens racontaient la nation
Seuil
2013

Présentation de l'éditeur
Le débat sur l’identité nationale est refermé, la Maison d’histoire de France est enterrée. Mais comment prendre congé des idées fausses que continuent à défendre les tenants d’une continuité mystique de l’identité nationale ? En démontrant que la question des origines de la France est une invention des historiens du XIXe siècle, Sylvain Venayre propose une sortie élégante et savante de cette controverse typiquement française.
Car l’écriture de l’histoire de France a connu un bouleversement décisif au lendemain de la Révolution. Les rois détrônés, le peuple tout entier en devenait l’acteur central. A ceux qui voulaient désormais écrire cette nouvelle histoire, une question fondamentale était posée : de quand date la France ? D’Augustin Thierry à Ernest Lavisse, en passant par Guizot, Michelet ou Vidal de la Blache, il n’en est guère qui, des années 1810 aux années 1930, y échappèrent.
En dix brefs chapitres suivis d’une brève anthologie de textes, cet essai à l'écriture alerte retrace l’extraordinaire floraison des théories sur les origines de la France. On y croise les Francs, les Gaulois, les Celtes, les Romains et toutes les métaphores – l’arbre généalogique, les racines, le germe, la nature, le baptême, le sol, le sang… – utilisées jusqu’à nos jours. Si, dans les premières décennies du XXe siècle, la « hantise des origines » cesse de passionner les historiens, elle ne continue pas moins d'irriguer les discours politiques.
Rappeler l’histoire de ces théories, c'est aussi se donner les moyens de les mettre à distance.
Sylvain Venayre est maître de conférences habilité à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Il a récemment publié Panorama du voyage. 1780-1920 (Les Belles Lettres, 2012).


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