Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


dimanche 18 août 2013

à paraître: Romuald Bodin et Sophie Orange, L’université n’est pas en crise. Les transformations de l’enseignement supérieur : enjeux et idées reçues

Romuald Bodin et Sophie Orange
L’université n’est pas en crise 
Les transformations de l’enseignement supérieur : enjeux et idées reçues
éditions du Croquant
À paraître le 12/09/2013


Présentation de l'éditeur
Depuis quelques années, les rapports ministériels et les controverses (politiques, médiatiques, sociologiques) se multiplient et alimentent la thèse d’une crise de l’Université liée à l’échec important en premier cycle, l’insertion difficile des diplômés et le faible niveau des « nouveaux étudiants ». À ces trois maux sont proposés trois remèdes : sélection, professionnalisation, « propédeutisation ». Or ce diagnostic repose sur une cartographie erronée de l’enseignement supérieur et sur une connaissance partielle des publics universitaires.
En mobilisant les résultats d’enquêtes sociologiques menées auprès d’étudiants de premier cycle universitaire, d’IUT, de STS et d’écoles spécialisées, cet ouvrage remet en cause ces trois constats.
Tout d’abord, la dénonciation de ces trois maux apparaît comme une constante des discours sur l’Université depuis les années 1960 : ils ne permettent en rien de comprendre sa situation actuelle.
Ensuite, en dressant un tel portrait à charge de ces établissements d’enseignement supérieur, des universitaires et des étudiants, ces discours entretiennent surtout le phénomène qu’ils prétendent combattre et contribuent à la dévaluation de l’Université et à la mise en cause de son service public.
Enfin, la rhétorique déployée autour de la « crise de l’Université » ne se contente pas de diffuser une image biaisée de la réalité, elle détourne l’attention de ce qui est vraiment en question : les objectifs politiques et sociaux assignés à l’enseignement supérieur, les désordres actuels du marché du travail et le désengagement progressif de l’État.
Romuald Bodin est sociologue, maître de conférences à l’université de Poitiers et chercheur au GRESCO. Ses recherches portent sur l’échec en premier cycle à l’Université et sur l’accompagnement social des personnes en grande difficulté. Il a publié Les métamorphoses du contrôle social, en 2012 à La Dispute.
Sophie Orange est sociologue, maître de conférences à l’université de Nantes et chercheuse au CENS. Elle a travaillé sur les Sections de technicien supérieur et les choix d’orientation dans l’enseignement supérieur. Dernière publication : L’autre enseignement supérieur. Les BTS et la gestion des aspirations scolaires, en 2013 aux PUF.

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