Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 14 octobre 2013

Corine Eyraud, Le capitalisme au cœur de l’État. Comptabilité privée et action publique

Corine Eyraud
Le capitalisme au cœur de l’État
Comptabilité privée et action publique
éditions du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1990, de plus en plus d’États connaissent une transformation majeure de leur système de comptabilité : ils passent d’une comptabilité publique spécifique destinée à contrôler la régularité de l’emploi des fonds publics à une compta­bilité privée d’entreprise, permettant d’évaluer un patrimoine et de calculer un résultat. C’est le cas de la France depuis le 1er janvier 2006. Cet ouvrage analyse le nouveau dispositif comptable de l’État français et le contexte dans lequel ce dispositif se déploie, en partie via le Nouveau management public. Mais quelles sont les conséquences de l’intégration de la rationalité économique au sein de l’État ? Que penser, par exemple, des choix de ne pas valoriser l’éducation, la recherche, la santé comme des investissements mais de les considérer comme des charges ?
En s’appuyant sur le cas de l’enseignement supérieur et de la recherche, Corine Eyraud montre à quel point ces transformations se posent en termes de perte de spécificités du secteur public. Et, même si la France – contrairement à la Grande-Bretagne par exemple – ne connaît pas encore une remise en cause profonde de son secteur public, l’esprit d’un « capitalisme néolibéral » pénètre ce secteur, et des pratiques de prédation sont déjà en place au service d’intérêts privés.
Dans une analyse claire et rigoureuse, l’auteur montre que nous faisons face à une nouvelle configuration acteurs privés-publics. Elle souligne la nécessité de penser ensemble les transformations de l’État et celles du capitalisme pour mieux en appréhender les enjeux, et appelle à l’émancipation de l’État.
Corine Eyraud est sociologue à l’université d’Aix-­Marseille, chercheur au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST). Ses travaux croisent les champs de la sociologie économique, de la socio­logie de la quantification, de la sociologie de l’État et de l’enseignement supérieur.

Aucun commentaire: