Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 13 décembre 2013

Richard Sobel, Capitalisme, travail et émancipation chez Marx

Richard Sobel
Capitalisme, travail et émancipation chez Marx
Presses Universitaires du Septentrion
2012

Présentation de l'éditeur
L'œuvre de Marx est construite autour d'un triptyque « travailliste » – anthropologie générale, socio-économie historique et utopie sociale – dont il s’agit de montrer la puissance, la pertinence et l’actualité. Même si la centralité du travail ne s’institue et ne semble valoir que pour le seul monde moderne, il ne saurait y avoir de société qui n’ait fait, d’une manière ou d’une autre, l’expérience du travail comme forme essentielle de la condition humaine. Si la philosophie du travail définit fondamentalement l’être humain, il revient à la socio-économie des modes de production – en particulier le capitalisme où règne la « loi de la valeur» – de montrer que, dans l’histoire, le travail a toujours été l’objet de multiples aliénations qui obèrent la vérité anthropologique dont il est universellement porteur. Seule une société émancipée de toutes les formes de domination pesant sur le travail permettra à chacun de ses membres de s’épanouir pleinement. On peut bien sûr discuter tel ou tel point du « travaillisme » marxien, à commencer par l’utopie communiste. Mais tant que notre horizon social restera dominé par le capitalisme, cette approche constituera une ressource incontournable pour comprendre le présent, le subvertir et dégager une perspective d’émancipation.
Richard Sobel, philosophe et économiste de formation, est maître de conférences en économie à l'Université Lille 1 et chercheur au Clersé (UMR 8019 CNRS). Il est directeur-adjoint de la Revue Française de Socio-Économie (La Découverte) et membre du Conseil d’Administration de l’Association Française d’Économie Politique. Ses travaux d’histoire de la pensée, d’épistémologie et philosophie économique portent notamment sur les liens entre économie et politique dans les sociétés où domine le capitalisme.

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