Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 1 février 2014

écouter: Gérard Duménil et Dominique Lévy, La grande bifurcation. En finir avec le néolibéralisme

écouter: Gérard Duménil, La grande bifurcation. En finir avec le néolibéralisme  
Parenthèse par Laurence Luret, 26.01.2014
Gérard Duménil et Dominique Lévy
La grande bifurcation
En finir avec le néolibéralisme
L'horizon des possibles
La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
Les économies et les sociétés des États-Unis et de l'Europe sont aujourd'hui au seuil d'une grande bifurcation. À droite, de nouvelles configurations sociales se dessinent sous nos yeux, prolongeant, en dépit de la crise, les voies néolibérales au bénéfice des plus favorisés. L'urgence est grande du basculement vers l'autre branche de l'alternative, à gauche cette fois. Tel est le constat de ce livre, nourri par une enquête sur la dynamique historique du capitalisme depuis un siècle.
Derrière l'évolution aujourd'hui bien documentée des inégalités entre revenus du capital et revenus du travail, et entre hauts et bas salaires, se cache une structure de classes non pas bipolaire mais tripolaire - comprenant capitalistes, cadres et classes populaires -, qui fut tout au long du siècle dernier le terrain de différentes coalitions politiques. L'alliance sociale et surtout politique entre capitalistes et cadres, typique du néolibéralisme, est le marqueur de la droite ; celle entre classes populaires et cadres, qui a caractérisé l'après-Seconde Guerre mondiale en Occident, fut celui de la gauche.
Dans ce livre documenté et engagé, issu de nombreuses années de recherches, Gérard Duménil et Dominique Lévy défendent dès lors une thèse simple reposant sur une idée centrale : la réouverture des voies du progrès social passe par la capacité politique d'ébranler les grands réseaux financiers de la propriété capitaliste et la connivence entre propriétaires et hauts gestionnaires. Telle est la condition pour enclencher un nouveau compromis à gauche entre classes populaires et cadres, et ouvrir les voies du dépassement graduel du capitalisme.   
Gérard Duménil est un économiste « hétérodoxes », chercheur au CNRS, et auteur, avec Dominique Lévy, de plusieurs ouvrages, dont leur second livre publié en anglais chez Harvard University Press, The Crisis of Neoliberalism (2011), confirme leur position d’intellectuels d’envergure mondiale. Dominique Lévy sont des économistes « hétérodoxes », chercheurs au CNRS, et auteur, avec Gérard Duménil, de plusieurs ouvrages, dont leur second livre publié en anglais chez Harvard University Press, The Crisis of Neoliberalism (2011), confirme leur position d’intellectuels d’envergure mondiale.

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