Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 13 février 2014

Olivier Christin, Vox populi. Une histoire du vote avant le suffrage universel

Olivier Christin
Vox populi 
Une histoire du vote avant le suffrage universel
Collection Liber
SEUIL
2014

 Documents et pièces justificatives : annexes numériques de l'ouvrage

Présentation de l'éditeur
L’élection n’a pas toujours été tenue pour le moyen le plus équitable, le plus efficace et le plus transparent de distribuer les charges et les honneurs publics ou de désigner ceux qui devaient contribuer à la fabrication de la Loi. Longtemps, d’autres systèmes ont joui d’un prestige égal sinon supérieur, qu’il s’agisse du tirage au sort, de l’hérédité, de la cooptation ou de l’appel à l’Esprit Saint.

Les élections existaient pourtant, dans d’innombrables lieux et institutions : les villes et les villages, les ordres religieux et les conclaves ? où agissait justement l’Esprit Saint ? les universités et les académies. Mais elles servaient en réalité d’autres fins que la sélection des meilleurs représentants et la juste répartition des charges, comme la reproduction sociale des élites, la défense de l’orthodoxie… Elles n’avaient finalement pas grand-chose à voir avec la démocratie.

C'est ainsi l'idée d'un progrès linéaire des institutions représentatives depuis la fin du Moyen Âge jusqu'aux révolutions du XVIIIe siècle que met en cause Olivier Christin. Une contribution importante aux débats contemporains sur la démocratie représentative.

Olivier Christin est professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel et directeur d'études à l'École pratique des hautes études à Paris (Ve section). Spécialiste des relations entre arts et réformes religieuses de la première période moderne, il a notamment publié au Seuil La Paix de religion. L'autonomisation de la raison politique au XVIe siècle (1997) et Les Yeux pour le croire. Les dix commandements en images, XVe-XVIIIe siècle (2003).

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