Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 3 mai 2014

Axelle Dolino-Brodiez, Combattre la pauvreté. Vulnérabilités sociales et sanitaires de 1880 à nos jours

Axelle Dolino-Brodiez
Combattre la pauvreté
Vulnérabilités sociales et sanitaires de 1880 à nos jours
CNRS
2013

Présentation de l'éditeur
Perçue dès la fin du XIXe siècle comme secondaire, vouée à s’éteindre au profit des assurances naissantes puis de la Sécurité sociale, l’assistance aux plus démunis revient aujourd’hui en force. Sa place dans les politiques publiques a beaucoup évolué au fil des décennies.
D’abord monopole des œuvres caritatives au XIXe siècle, elle est prise en charge par les municipalités à la fin du siècle, sur fond de IIIe République sociale naissante ; ce n’est qu’ensuite, au tournant du XXe siècle, que l’État intervient par plusieurs lois sociales majeures.
Cette histoire de l’assistance en France conduit à mettre en avant un fait occulté, et pourtant fondamental : l’aide aux pauvres s’est aussi faite sous double condition de vulnérabilité sociale et sanitaire. Indigents malades, vieillards, handicapés physiques et mentaux, femmes en couche, ont été des publics prioritaires, considérés comme non responsable de leur situation. Sous des formes certes atténuées, le traditionnel clivage entre « bons » et « mauvais » pauvres a longtemps perduré dans la France contemporaine.
Cet ouvrage montre aussi que les pouvoirs publics, locaux et nationaux, se sont toujours appuyés sur les œuvres caritatives, devenues aujourd’hui associations de solidarité. Une collaboration rendue nécessaire pour faire face à un fléau à nouveau actuel.
Les recherches d’Axelle Brodiez (CNRS) portent sur l’histoire des organisations humanitaires. Elle a publié Emmaüs et l’abbé Pierre (2009), ainsi que Le secours populaire français, 1945-2000 (2006).

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