Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 30 mai 2014

Liêm Hoang-Ngoc, Les mystères de la Troïka

Liêm Hoang-Ngoc
Les mystères de la Troïka
Préface de Frédéric Lebaron
éditions du Croquant
juin 2014
Présentation de l'éditeur
La Troïka a été mise sur pieds par les États de la zone euro pour traiter la crise de la dette souveraine en Irlande, en Grèce, au Portugal et à Chypre. Dans cet ouvrage, Liêm Hoang-Ngoc, co-auteur du rapport d’enquête du Parlement européen sur l’action de la Troïka, met en exergue les controverses que son intervention a suscitées. Cette dernière ne repose pas sur des bases juridiques solides et pose un problème de légitimité démocratique d’autant plus aigu que de nombreux désaccords sont apparus au sein-même de la Troïka entre le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne. Non seulement ces différends n’ont été tranchés dans aucune instance communautaire, mais surtout, la Troïka a imposé aux États sous programme, « le pistolet sur la tempe », des politiques d’austérité aussi impopulaires qu’inefficaces. Ces politiques se sont montrées complaisantes envers le monde de la finance. De plus, elles ont non seulement accru le chômage, la précarité et les inégalités mais elles ont aussi détruit la cohésion sociale, sans même atteindre leurs objectifs en matière de croissance et de désendettement. Devant cet échec économique, l’auteur, en écho au rapport d’enquête, en appelle à une révision des politiques menées et à un contrôle démocratique des mécanismes de solidarité financière au sein de l’Europe.
Député au Parlement européen, membre de la commission des affaires économiques et monétaires et membre du Bureau national du Parti socialiste, Liêm Hoang-Ngoc est également maître de conférences en Sciences économiques à l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne. Initiateur de l’« Appel des économistes pour sortir de la pensée unique » en 1996, il a publié notamment : Sous la crise, la répartition des revenus, La Dispute, 2009 ; Il faut faire payer les riches, Seuil, 2011 ; Les théories économiques, petit manuel hétérodoxe, La Dispute, 2011.

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