Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 27 septembre 2014

Max Weber, La ville

Max Weber
La ville
La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
édition critique française établie par Yves Sintomer, traduction française par Aurélien Berlan
Comment définir la notion de ville, ou plutôt, comment rendre justice de la diversité du phénomène urbain sans renoncer pour autant à l'ambition conceptuelle ? Pour quelles raisons, en Occident seulement, les citadins se sont-ils parfois constitués en « citoyens » de leur ville, prenant l'administration de leurs affaires en main propre ? Et par quels curieux détours historiques cette figure typiquement occidentale du « citoyen » a-t-elle paradoxalement engendré celle du « bourgeois » moderne, de l'Homo oeconomicus consacrant sa vie au gain pacifique plus qu'aux affaires publiques ?
C'est à ces questions toujours actuelles que Max Weber tente de répondre dans cette vaste fresque sociohistorique publiée ici dans une nouvelle et rigoureuse traduction. Dix ans après L'Éthique protestante, il y examine comment s'est constituée la couche sociale de travailleurs libres sans laquelle le développement d'une éthique du travail, condition sine qua non du capitalisme moderne, eût été impossible. Il y analyse aussi les luttes sociales qui ont peu à peu fait passer le pouvoir politique, traditionnellement aux mains des élites militaires, dans celles de nouvelles élites économiques - des luttes qui, dans les villes, opposaient plus des « ordres » que des « classes » et présupposaient la fraternisation insurrectionnelle des bourgeois en « communes » autonomes. Ce faisant, il propose une généalogie du bourgeois moderne, vecteur social et corrélat anthropologique des deux puissances déterminantes de la modernité globale : le capitalisme d'entreprise et l'État bureaucratique.

Max Weber, principal fondateur de la sociologie allemande, fait l'objet d'une redécouverte en France depuis quelques années, comme l'attestent les traductions récentes ou annoncées d'œuvres du sociologue allemand (Sociologie des religions, Gallimard, 1996), ainsi que les travaux qui lui sont consacrés (Pierre Bouretz, Les promesses du monde, la philosophie de Max Weber, Gallimard, 1996). Il est notamment l'auteur de L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme.


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