Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 20 octobre 2014

Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes

Savoir/agir n°29
Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes
éditions du Croquant
2014
Présentation de l'éditeur
Ecrire, ou simplement prendre position, au sujet des universités n’est pas sans poser de nombreuses difficultés. L’éducation fait partie de ces objets de discussion sur lesquels tout le monde a un avis ou, mieux, se doit d’en avoir un. Qu’il s’agisse du supérieur ou des autres niveaux de l’éducation nationale, les publications scientifiques, les commentaires médiatiques et les jugements les plus divers se suivent année après année, avec la même régularité et la même intensité. Les fonctions d’encadrement de la jeunesse, de reproduction et de légitimation des hiérarchies remplies par l’enseignement expliquent sans doute cette logorrhée collective et le caractère particulièrement tranché des prises de positions qui la constituent, mais aussi l’inquiétude et le pessimisme qui semblent généralement les animer. Il y a de ce point de vue une forte proximité entre ces dernières et les discours sur la famille, le mariage, les valeurs ou encore l’immigration. Ecrire sur l’enseignement supérieur c’est donc de fait s’inscrire dans un espace discursif saturé et déjà fortement structuré, où la rhétorique de la crise, du déclin, de la dégradation, tient une place centrale. Or, le discours de la « crise de l’université » est un élément clé de la rhétorique réformiste qui tend à remettre en question aujourd’hui la mission de service public de formation et de diffusion des connaissances scientifiques au plus grand nombre qui est celle des universités.

Sommaire

Éditorial, par Frédéric Lebaron
Dossier : Austère Université. Faux diagnostics pour vraies réformes
Présentation du dossier, par Romuald Bodin et Sophie Orange
De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires et stratégies gestionnaires des universités, par Odile Henry et Jérémy Sinigaglia
Folle rationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Universitaires en danger par Fanny Darbus et Fanny Jedlicki
Le rôle des palmarès et classements, ou comment les étudiant.e.s en Licence 3 de Gestion à Paris-Dauphine évaluent leur formation par Séverine Chauvel et Pierre Clément
Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ? par Léonard Moulin
La résistible ascension de la gestion universitaire et la transformation de la culture académique par Brice Le Gall
L’essor des écoles supérieures de commerce, cas d’école de la privatisation de l’enseignement supérieur en France ? par Marianne Blanchard
La « réussite pour tous » passe-t-elle par la « professionnalisation » de l’enseignement supérieur ? par Vanessa Pinto
Grand entretien avec Lyonel Trouillot
Haïti, une occupation molle
Chronique de la gauche de gauche 
Front de gauche. Refondation ? Relance ? par Louis Weber
La rhétorique réactionnaire 
Sur l’origine et les fondements de l’inégalité, par Gérard Mauger
Médias 
Front national : indignations sélectives et banalisation effective, par Henri Maler et Julien Salingue
Chronique d’outre-Manche 
Les écrivains écossais et la question de l’indépendance, par Keith Dixon
 

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