Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 23 janvier 2015

Agone 55, Hégémonie ou déclin de l’empire

Agone 55
Hégémonie ou déclin de l’empire
Agone
2015

Présentation de l'éditeur
Coordination Philippe Olivera & Clément Petitjean
"Avec ce qui est encore la première économie du monde, leurs marchés financiers, leur monnaie de réserve, leurs forces armées, leurs bases réparties dans le monde, leur industrie culturelle et leur langue internationale, les États-Unis disposent d’un ensemble d’atouts avec lesquels aucun autre État ne peut encore commencer à rivaliser. Les autres grandes puissances ne font rien pour contrebalancer le poids de l’Amérique, à la fois à cause de leur interdépendance économique et parce qu’elles ont tout intérêt à ce qu’elle continue à jouer son rôle de gardien de l’ordre dans les zones du monde les moins stables. Ainsi, alors que le poids des États-Unis dans l’économie mondiale décroît lentement, leur puissance politique reste sans commune mesure avec celle de quelque autre pays que ce soit."

Le début du XXIe siècle - les attentats du 11 septembre, l’invasion de l’Irak en 2003, la crise financière de 2008, la poursuite de la guerre en Afghanistan et le poids croissant de la Chine - a marqué un retour en force des débats autour de l’impérialisme américain. Assiste-t-on actuellement à un déclin de l’empire ? Faut-il au contraire parler d’une recomposition des formes de la domination mondiale ? À travers des études de cas, des essais critiques et des réflexions théoriques, les auteurs regroupés ici développent des interprétations concurrentes de l’impérialisme, son histoire, ses manifestations contemporaines, ses perspectives futures.

Au sommaire :

- Fredric Jameson, "Mondialisation et stratégie politique"
- Peter Gowan, "Cosmopolitisme néolibéral"
- Giovanni Arrighi, "Le début de la fin de l’hégémonie américaine"
- Patrick O’Brien, "Le mythe de la succession anglophone"
- Robin Blackburn, "Margarine impériale"
- Alan Cafruny & Timothy Lehmann, "Par-delà l’horizon. Les États-Unis et l’Irak"
- Peter Nolan, "Archipels impériaux. La Chine, le colonialisme occidental et le droit de la mer"
- Perry Anderson, "Notes sur l’état du monde"

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