Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 23 février 2015

Arnaud Sébileau, Rester dans le vent. Sociologie des véliplanchistes et de leurs temporalités

Arnaud Sébileau
Rester dans le vent
Sociologie des véliplanchistes et de leurs temporalités
Préface de Gildas Loirand
P.U. Rennes
2014


Présentation de l'éditeur
Tout en retraçant l'histoire sociale de la planche à voile, cet ouvrage traite des conflits entre les promoteurs de ce sport à propos des rythmes de renouvellement de l'offre d'équipements et de la légitimité conditionnelle, du point de vue de la demande, de ces temporalités d'innovation. Principalement membres de la bourgeoisie nouvelle, les véliplanchistes n'actualisent effectivement pas tous leurs pratiques et leurs matériels à la même vitesse que les fabricants et navigateurs de l'élite professionnelle.
Les pratiquants ayant tardé à renouveler leurs équipements s'exposent à être relégués au statut d'amateurs peu éclairés et à être dépassés sur l'eau par des adversaires mieux armés. Ceux qui restent au contraire dans le rythme de transformation de l'offre de matériels et de modalités de navigations ont ainsi le pouvoir de mettre en défaut culturel les plus en retard en la matière. Car ne pas suivre ce tempo condamne à la relégation : c'est ce que subissent les adeptes de la planche à voile disqualifiée d'arrière-garde par ceux qui, parmi eux, sont passés au kitesurf.
Pour rester compétitif et "dans le vent", il ne suffit pas pour autant d'acheter les derniers nés des produits : il faut surtout aux pratiquants de ces sports concéder du temps pour actualiser sans cesse leurs savoirs et prétendre maîtriser la culture légitime en ce domaine. Construite autour de la problématique de la discordance temporelle entre l'offre et la demande, l'analyse proposée par ce livre ne se restreint pas à celle d'un sport : elle permet de comprendre comment, dans les classes dominantes, les produits culturels sont érigés en "mode" et comment ils deviennent désuets.
Arnaud Sébileau est sociologue à l'institut de formation à l'Éducation physique et en sport d'Angers (ifepsa), membre de l'équipe de recherche "Activité physique, corps, sports et santé" (APCoSS) au sein du pôle de recherche de l'université catholique de l'Ouest (UCO), et chercheur titulaire du Centre nantais de sociologie (CENS EA 3260) de l'université de Nantes. 



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