Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 19 mai 2015

vidéo: André Orléan présente l'ouvrage A quoi servent les économistes s'ils disent tous la même chose? Manifeste pour une économie pluraliste


par Mediapart

écouter: Reportage à la conférence-débat de lancement de l'ouvrage A quoi servent les économistes s'ils disent tous la même chose? Manifeste pour une économie pluraliste
Comme un bruit qui court par Charlotte Perry, Antoine Chao et Giv Anquetil, 16.05.2015
A quoi servent les économistes s'ils disent tous la même chose? 
Manifeste pour une économie pluraliste
Sous la direction d’André Orléan (pour L’AFEP)
Les Liens qui Libèrent
2015

Présentation de l'éditeur
Ce manifeste a été conçu et rédigé dans le cadre de l’Association Française d’Économie Politique (AFEP) par : Philippe Batifoulier, Bernard Chavance, Olivier Favereau, Sophie Jallais, Agnès Labrousse, Thomas Lamarche, André Orléan (coordinateur) et Bruno Tinel.
Alors que, sous la pression des économistes libéraux, la ministre de l’enseignement vient de geler – pour ne pas dire « enterrer » – la création d’une section qui regrouperait les économistes hétérodoxes au sein du CNU (Conseil National des Universités), ces derniers s’insurgent contre la mort annoncée du pluralisme en économie. Après le lancement de la pétition « Pour le pluralisme, maintenant ! » et parce que de l’enseignement de l’économie dépend une partie de l’avenir de notre société, L’AFEP (Association Française d’Économie Politique) prend position contre la pensée unique et pour le maintien d’une économie critique…

Ce livre est avant tout un cri d’alarme. Depuis plusieurs années, on assiste à une uniformisation dramatique de la pensée économique. Cette affaire n’est pas anecdotique parce qu’elle affecte la vie quotidienne de tous les citoyens. Elle a pour enjeu le choix des politiques qui ne peuvent se réduire aux seules conceptions néolibérales. Ce manifeste raconte comment une orthodoxie a fini par étouffer la diversité des conceptions. Il a pour point de départ une lettre dans laquelle l’économiste Jean Tirole jette tout le poids de son récent prix Nobel pour bloquer une réforme visant à restaurer le pluralisme des doctrines économiques à l’université. Dès réception, sa destinataire, Geneviève Fioraso, à l’époque secrétaire d’état à l’enseignement supérieur, retire son décret.
Voilà donc un économiste libéral qui demande à l’État d’intervenir pour l’aider à maintenir sa position de monopole dans l’ordre universitaire et une ministre de gauche qui obtempère. Pourtant il fut un temps où la gauche n’avait pas peur des pensées économiques alternatives et des débats d’idées.
Ce livre appelle à une restauration du pluralisme, condition sine qua non pour que vive en France une démocratie informée et efficace.

Aucun commentaire: