Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 12 juin 2015

Savoir/agir, 32, Réinventer les partis politiques

Savoir/agir, 32, Réinventer les partis politiques
éditions du Croquant
2015
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Présentation de l'éditeur
Les partis politiques sont parmi les institutions suscitant la défiance la plus forte aujourd’hui. Le phénomène n’est pas nouveau. Les partis ont toujours été associés dans les représentations dominantes à des “organisations oligarchiques”, des machines à “diviser”, à “exercer le pouvoir à tout prix”, “cultiver des clivages artificiels”, à des bureaucraties… Ces critiques se sont exacerbées avec “la crise de la représentation”. Les fonctions des partis politiques semblent s’être affaiblies : ils ne produisent plus d’offres politiques discriminantes, ne sont plus ni des creusets idéologiques ni des intellectuels collectifs, n’encadrent plus à gauche des milieux populaires dont on souligne la déshérence politique, l’abstention ou “la droitisation”. Avec le déclin du militantisme et le processus d’hyperprofessionnalisation de la politique, leur ancrage et leur représentativité sociale se sont à l’évidence érodés. Le poids des médias et des sondages et la personnalisation politique qui en découle contribuent également à les délégitimer. Les partis politiques, liés inévitablement à la démocratie représentative et électorale qu’ils encadrent, sont ainsi condamnés à se “réinventer”, se “rénover”, à s’adapter à la nouvelle donne et à trouver de nouvelles réponses, notamment sur le terrain des pratiques démocratiques (primaires). Certaines vieilles organisations mettent en scène le changement de leurs discours ou de leurs méthodes. De nouvelles formes s’inventent faisant place à plus d’inter activité (via Internet notamment) avec des modalités plus horizontales ou directes de participation.
Ce dossier de la revue est consacré à ce travail multiforme et très différencié selon les organisations cherchant à se dépasser ou à se “réinventer”.

Sommaire

Éditorial

Troubles dans l’ordre néolibéral, par Frédéric Lebaron

Dossier

Réinventer les partis politiques ?, par Nathalie Éthuin et Rémi Lefebvre
L’illusion d’un changement. Ou comment le Front national n’est pas devenu un « nouveau » parti, par Alexandre Dézé
Du PS à l’UMP. De quoi les primaires sont-elles le nom ?, par Rémi Lefebvre
Le « peuple de gauche » aux urnes ? Une enquête sur les électeurs de la primaire socialiste de 2011 à Amiens, par Pierre Mongaux
Dépoussiérer les partis politiques français avec Internet ?, par Anaïs Theviot
L’avenir des illusions partisanes, par Julien Fretel
Podemos, un parti de « non professionnels » ?, Héloïse Nez
De la contestation au pouvoir. Les ressorts de l’ascension électorale de Syriza, par Lamprini Rori

Grand entretien avec Christophe Charle

De la littérature à l’histoire, un parcours singulier

Chronique de la gauche de gauche

Heureusement, il y a la Grèce !, par Louis Weber

Chronique d’outre-Manche

Business as usual ? Victoire conservatrice aux élections législatives britanniques, par Keith Dixon

Médias

Les revues de sciences humaines et sociales. L’évaluation de la recherche et des chercheurs, par Jean Pérès

Culture

Un mariage aux frontières des classes populaires, par Olivia Bonechi



(source: Savoir/agir)

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