Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 27 août 2015

Jean-Yves Mollier, Une autre histoire de l’édition française

Jean-Yves Mollier
Une autre histoire de l’édition française
La Fabrique
2015
Présentation de l'éditeur
L’histoire de l’édition française peut se raconter de bien des façons, par l’économie ou les techniques, par la sociologie de la lecture ou l’évolution de la diffusion, par les relations avec le pouvoir ou la carrière des capitaines de l’industrie éditoriale. Le livre de Jean-Yves Mollier – et c’est en cela que son histoire est autre – associe et croise ces approches par un subtil découpage des chapitres, à la fois chronologiques et thématiques. On apprendra comment l’édition moderne est née à l’époque romantique mais par le secteur scolaire, sous l’impulsion de Louis Hachette puis de son concurrent, Pierre Larousse ; comment les éditeurs de Balzac, Hugo et Eugène Sue ont failli succomber face à la contrefaçon belge ; comment un certain Charpentier, ancien commis de librairie, a su produire des livres qui coûtaient deux francs au lieu de vingt. L’aventure se poursuit entre les deux guerres avec la concurrence entre Gallimard et Grasset pour le prix Goncourt nouvellement créé, elle continue sous l’Occupation où Jean-Yves Mollier montre que la profession a été nettement moins résistante qu’elle l’a affirmé par la suite. Les derniers chapitres racontent comment, depuis 1945, des empires que l’on pensait inébranlables se sont écroulés et comment la concentration capitaliste a remplacé les éditeurs par des financiers à la tête de maisons centenaires.
Une somme alerte où les plus avertis sur le sujet découvriront eux aussi bien des nouveautés.
Jean-Yves Mollier est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Spécialiste d’histoire du livre et de l’édition, il a publié de nombreux ouvrages sur le sujet en insistant sur les dimensions économique, sociale, politique et culturelle de cet univers. 

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