Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 29 octobre 2015

L'insurrection entre histoire et littérature (1789-1914), Sous la direction de Quentin Deluermoz et Anthony Glinoer


L'insurrection entre histoire et littérature (1789-1914)
Sous la direction de Quentin Deluermoz et Anthony Glinoer
Publications de la Sorbonne
Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles
2015

Présentation de l'éditeur
Tout au long du XIXe siècle, la France a vécu au rythme des insurrections. Qu'elles aient été transformées en révolutions ou qu'elles aient été éteintes, réprimées, trahies, les insurrections ont modelé le rapport à l’histoire en train de s’écrire. Ce livre se propose de reprendre à nouveaux frais une double question dont les enjeux sont profonds : ce que l’insurrection, temps d’ouverture des possibles, espérés ou craints, fait à l’écriture et à la littérature ; ce que la littérature, ses auteurs, ses topiques, fait dans le temps insurrectionnel. Comment les moments insurrectionnels ont-ils redéfini la fonction et le statut d’écrivains comme Jules Vallès, Eugène Sue et Louise Michel, d’un genre comme les mémoires de protagonistes de l’insurrection, d’un médium comme l’affiche ? Comment les discours littéraire et historien travaillent-ils l’insurrection, pendant et après l’évènement, au moyen de quelles mises en intrigue, de quelles mises en forme particulières et avec quelle efficacité ? Quelles rencontres peut-on observer, par exemple, entre le Dumas des journaux de 1848, le Hugo des Misérables et le Michelet de l’Histoire de la révolution française ? Quel sens, enfin, donner aux prises d’écriture anonymes, par lesquelles les acteurs tentent de s’inscrire dans l’histoire ? Historiens et littéraires, à parts égales, ont été invités à répondre à ces questions. Partant de cas d’études qui empruntent tant à la Grande révolution de 1789-1794 qu’aux insurrections de 1848 et à la Commune de Paris, les articles qui composent cet ouvrage montrent qu’il existe bien à cette époque un lien fort entre littérature et insurrection qui doit être repensé.

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