Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 20 janvier 2016

Maurice Halbwachs, Keynes, abstraction et expérience. Sur la Théorie générale

Maurice Halbwachs
Keynes, abstraction et expérience 
Sur la Théorie générale
Edition de Gilles Montigny
Rue d'Ulm 
Figures normaliennes
2016

Présentation de l'éditeur
À la fin des années 1930, le sociologue français Maurice Halbwachs publie plusieurs textes consacrés à la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) de l’économiste britannique John Maynard Keynes, l’un des ouvrages phares du XXe siècle. Demeurés jusqu’à présent très confidentiels, ils possèdent une étonnante valeur didactique et permettent d’accéder rapidement au cœur de l’analyse keynésienne. Ils portent aussi un regard critique sur une économie politique trop souvent abstraite. Au final, c’est une remarquable leçon d’interdisciplinarité que nous délivre celui qui fut l’un des proches disciples d’Émile Durkheim et qui est surtout connu pour ses travaux sur la mémoire collective et les classes sociales.  
Désormais reconnu comme figure de premier plan de la sociologie française de la première moitié du XXe siècle, Maurice HALBWACHS (1877-1945) a laissé une œuvre d’une grande richesse, allant de l’étude de la morphologie sociale à celle de la psychologie collective et portant sur la consommation, les classes sociales, la mémoire des groupes et des sociétés, le suicide, la vie urbaine, la religion et la démographie. Elle contient aussi de nombreux écrits méthodologiques consacrés aux problèmes de quantification en sciences sociales. Inspiré par François Simiand (1873-1935), Halbwachs a en outre porté un regard critique sur l’économie politique telle qu’elle a été longtemps pratiquée – de là, entre autres, les écrits sur Keynes ici rassemblés.
Sans que ses idées fassent consensus, John MAYNARD KEYNES (1883-1946) est considéré comme l’économiste le plus important du XXe siècle. S’opposant à l’orthodoxie libérale, ses réflexions, exposées notamment dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), ont profondément influencé la pensée économique moderne. Elles ont montré les limites des raisonnements classiques et néoclassiques, proposé une nouvelle approche du problème du chômage, renouvelé la théorie monétaire, ouvert la voie à l’analyse macroéconomique. Keynes a aussi pris part à de grands débats politico-économiques, tels ceux portant sur les réparations de guerre en 1919 ou la reconstitution d’un système monétaire international en 1944.
Gilles MONTIGNY est ancien élève de l’École normale supérieure de Cachan, agrégé et docteur en sciences sociales, chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales. Il s’est attaché, tant dans ses enseignements que dans ses travaux de recherche, à développer une approche réellement interdisciplinaire des objets étudiés ; cela l’a amené à confronter sciences économiques, sociologie, géographie, statistique sociale, études urbaines. Il s’intéresse particulièrement aux auteurs qui, tel Halbwachs, ont refusé des spécialisations trop étroites et insufflé un esprit d’ouverture aux sciences sociales.
 

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