Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 17 février 2016

Festival Raisons d’agir 2016, « L’Europe et ses pouvoirs », Du mercredi 23 au vendredi 25 mars 2016, à Poitiers

 

Festival Raisons d’agir 2016 

« L’Europe et ses pouvoirs »

11e édition du Festival Raisons d’agir – Du mercredi 23 au vendredi 25 mars 2016 à l’Espace Mendès-France, à l’UFR sciences et arts de l’université de Poitiers, au cinéma TAP-Castille et Plan B, Poitiers

Présentation par le Festival Raisons d’agir 
Le traitement imposé à la Grèce, au printemps 2015, a comme valeur d’exemple : suffrage universel bafoué, sentiment national humilié, classes les plus pauvres ruinées, le tout au nom de l’Union européenne et de ses banques. Comment un tel scenario a-t-il été possible ? Comment les tenants du libéralisme économique sont-ils parvenus à imposer un ensemble d’institutions et de politiques publiques essentiellement centrées sur les modalités de la compétition économique et sur l’austérité budgétaire, y compris s’il le faut, sous une forme autoritaire ? L’idée européenne, les institutions européennes se réduisent-elles à cela ? Ne peuvent-elles produire que cela ?
Face au reste du monde, l’Europe présente aujourd’hui un singulier visage : celui de murs et de barbelés qui se dressent partout le long de ses frontières pour refouler des centaines de milliers de réfugiés politiques et économiques. Là encore, on semble loin de la promesse d’un continent pacifique, rayonnant dans le monde par son attachement aux droits et à la tolérance. Comment l’Union européenne peut-elle être aussi impuissante ? Quels recours ont les citoyens ?
Au fond, nous connaissons mal l’Europe. D’ailleurs, les élections européennes sont celles où le taux d’abstention atteint souvent des taux record. Selon que l’on parle de l’industrie, de l’agriculture, de l’environnement, de l’éducation ou des droits de l’homme, le fonctionnement des institutions européennes est en réalité assez varié. Et les prérogatives des différentes institutions européennes restent floues et mal connues. Quelques symboles tentent de donner corps à l’Europe : l’Eurovision, la ligue des champions ou encore les étudiants d’Erasmus. Mais le sentiment d’une communauté européenne et un espace de délibération à l’échelle du sous-continent peinent à se constituer.
De leur côté, ceux qui font l’Europe, euro-fonctionnaires, parlementaires, experts, représentants de groupes d’intérêt, journalistes, vivent repliés sur eux-mêmes. Le quartier européen de Bruxelles est le lieu rêvé des lobbies qui veulent défendre leurs intérêts financiers.  Ce monde du pouvoir européen a même ses chercheurs en sciences sociales, qui développent eux aussi leurs propres outils d’analyse, selon des schémas qui justifient le discours des technocrates sur l’importance d’une certaine intégration européenne.
Se réapproprier la connaissance de ce qui fait l’Europe au quotidien, dans ses règles de fonctionnement comme dans ses réalités sociales, est donc un enjeu particulièrement important. Les chercheurs en sciences sociales et tous ceux qui veulent peser sur la situation actuelle doivent trouver les leviers pour repenser les enjeux européens, pour dévoiler les mécanismes à l’œuvre et penser les alternatives possibles.
Fidèle à sa formule, le festival Raisons d’Agir associera le regard des chercheurs à celui des artistes, des militants et des étudiants, afin de mener une réflexion collective sur les débats politiques contemporains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croiser, sur ces questions difficiles, les expériences individuelles et collectives, les savoirs et l’approche sensible des faits.

Informations pratiques

Programme



 (source: Festival Raisons d’agir)

 

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