Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 2 mars 2016

Jérôme Meizoz, La littérature "en personne". Scène médiatique et formes d'incarnation

Jérôme Meizoz
La littérature "en personne"
Scène médiatique et formes d'incarnation
Slatkine
Érudition 
2016

Présentation de l'éditeur
Que se passe-t-il quand les écrivains (et les artistes en général) sont appelés à se produire «en personne » devant un public ? Quel est l’impact sur le champ littéraire de la tendance à une spectacularité généralisée, à l’ère médiatique moderne ? Quel impact ces formes d’incarnation des auteurs ont-elles sur la lecture ? Comment, dans un tel dispositif, redéfinir la complexité de la notion d’« auteur » ? Enfin, quel enjeu y a-t-il à envisager la littérature comme une activité, plutôt que comme un corpus inerte de « textes » ? À travers des figures aussi diverses qu’Arthur Cravan, Henri Calet, L.-F. Céline, Michel Houellebecq, Annie Ernaux, Gaston Cherpillod, Richard Millet, Jean d’Ormesson, Jean-Philippe Toussaint, Noëlle Revaz, Edouard Louis, Jean-Pierre Rochat ainsi que celles de slameurs contemporains, cet essai examine l’activité littéraire et son dispositif complexe, l’exposition médiatique des auteurs et leur statut de «marque » éditoriale.
Jérôme Meizoz, né en Valais en 1967, vit à Lausanne. Il est professeur associé de littérature française à l’UNIL où il co-dirige la Formation doctorale interdisciplinaire. Lauréat du Prix de l’Académie suisse des sciences humaines (ASSH) en 2005, il est l’auteur de nombreuses études : L’Âge du roman parlant 1919-1939 (2001, préface de Pierre Bourdieu), Le Gueux philosophe. Jean-Jacques Rousseau (2003), L’Œil sociologue et la littérature (2004), Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur (2007) et La Fabrique des singularités (2011). Ses textes polémiques ont été réunis dans Confrontations (2005) et dans Saintes colères (2014). Le récit Morts ou vif, a reçu la mention « Livre de la Fondation Schiller 2000 » avant Les Désemparés (2005), Père et passe (2008), Séismes (2013), Temps mort (2014, préface d’Annie Ernaux) et Haut Val des loups (2015).

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