Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 13 avril 2016

Savoir/Agir n° 35, Dettes publiques/finances publiques

Savoir/Agir n° 35, Dettes publiques/finances publiques
éditions du Croquant
2016

Présentation de l'éditeur
Dans les débats politiques, la dette publique apparaît comme passif du Trésor public, excès de dépense et charge pour les générations futures. Pourtant, pour certaines catégories économiques et sociales, elle est un actif, un titre de créance rémunérateur. Prétendues victimes du fardeau de la dette, les privilégiés héritent en réalité de l’épargne placée par leurs aïeux dans des emprunts d’États (les obligations du Trésor), dont les taux d’intérêt sont parfois protégés contre l’inflation. 
En analysant la structure des dettes publiques dans le monde, ainsi que les conflits qu'elles suscitent, ce numéro de la revue met en lumière les relations entre capital financier privé et gestion des finances publiques.
L’explosion des ratios de dette publique rapportés au PIB des États à la suite de la crise pose une question nouvelle : faut-il tout mettre en œuvre pour la rembourser quitte à renoncer aux politiques sociales ? Les dettes publiques sont donc affaire de lutte des classes. Elles mettent aux prises sous une forme inédite les détenteurs de capital financier et les bénéficiaires des dépenses publiques et des prestations sociales.
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