Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 4 mai 2016

Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines, Tome 2, Sous la direction d'Olivier Christin

Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines 
Tome.2 
Sous la direction d'Olivier Christin
Métailié
2016

Présentation de l'éditeur
Nous vivons une dérégulation sans précédent de la langue politique, celle des discours des partis, des “débats de société”, des experts invités dans les médias à “décrypter” l’actualité. Quelques querelles récentes sur la laïcité (“ouverte” ou “fermée”, “positive”, “restrictive” ou “inclusive”), sur la république et la démocratie, sur la nation et la citoyenneté, les immigrés et les immigrants, en sont des illustrations parmi d’autres. À leur manière, elles disent très bien la confusion des sens qui s’établit dans la sphère publique à la faveur des stratégies de communicants, des éléments de langage répétés en boucle, de la réduction des enjeux et des défis à des slogans qui servent à marquer les positions des uns et des autres sans dessiner de véritables propositions politiques.
Car s’ils peuvent signifier un renouvellement nécessaire des catégories d’intelligibilité d’un monde en pleine transformation et une compétence linguistique accrue offerte à chacun d’entre nous dans la participation aux affaires publiques, ces changements lexicaux et conceptuels peuvent aussi recouvrir une véritable dépossession démocratique en nous enfermant dans des alternatives simplistes, des questions mal posées et des perspectives théoriques sans issue.
Il sera ici question de Race et de Civilisation, de Multiculturalisme et de Nation, de Dévouement et de Corporatisme, de Populisme et de Citoyenneté, de Terrorisme et de Victime, etc.
Réalisé par des politistes, des sociologues, des historiens et des archéologues, ce dictionnaire a pour ambition de décrire ce que sont réellement ces concepts apparemment familiers, ce qu’ils disent des hommes et des contextes, ce qu’ils nous obligent parfois à penser et ce qu’ils font à nos sociétés. Il veut en proposer des usages enfin critiques.

INTRODUCTION par Olivier Christin et Marion Deschamp 
I. L’INVENTION PERMANENTE DE LA CITÉ MULTICULTURALISME, Francesco Garufo CITOYENNETÉ (des migrants), Gianni D’Amato NATION, Georges Lomné PEUPLE (Volk) et RACE (Rasse), Fabian Link POPULISME, Damir Skenderovic DÉVOUEMENT, Olivier Christin CORPORATISMO, CORPORATISME, CORPORATIONS, Laura Cerasi PRÉCARITÉ ET PREKARITÄT, Franz Schultheis TERRORISME, Marica Tolomelli VICTIME, Irène Herrmann 
II. SOI ET AUTRUI GÉNÉRATION, Jérôme Bourdieu PERSONNE/PERSONHOOD, Chris Fowler GENRE, Xenia von Tippelskirch CIVILISATION, Lionel Obadia RELIGION POPULAIRE, Nicolas Balzamo CRÉOLISATION, Jane Webster INCULTURATION, Bernard Patary
Né en 1961, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé d’histoire, membre de l’Institut universitaire de France (1999-2004), président de l’Université Lumière Lyon II (2008-2009), il est spécialiste de l'histoire religieuse du début de l'époque moderne. Il est actuellement professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel.

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