Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 26 août 2016

Milena JAKŠIĆ, La traite des êtres humains en France. De la victime idéale à la victime coupable


Milena JAKŠIĆ
La traite des êtres humains en France
De la victime idéale à la victime coupable
CNRS
2016

Présentation de l'éditeur
À partir d’une enquête menée auprès des magistrats, des avocats, des policiers et des associations en charge de l’identification et de la protection des victimes de la traite des êtres humains, Milena Jakšić interroge les non-dits d’un phénomène dont les pouvoirs publics peinent à prendre la mesure.
Alors que la traite fait l’objet d’une mobilisation importante depuis les années 2000, en France, seules quelques rares affaires sont portées devant les tribunaux. Et lorsque les forces institutionnelles et associatives qui s’intéressent a cette cause parviennent à donner une visibilité aux ≪ victimes de la traite ≫, celles-ci sont aussitôt l’objet de suspicion en tant que femmes immigrées ou prostituées.
Au croisement des études sur les questions sexuelles, les migrations internationales et la criminalité, cette étude solidement informée interroge le statut improbable de ≪ victime coupable ≫. Milena Jakšić parvient à montrer combien la figure de la victime est tributaire des contraintes et des tensions qui régissent la police, la justice ou le monde associatif. Une contribution majeure à la sociologie des figures de l’intolérable.

Sociologue, chargée de recherches au CNRS, Milena Jakšić est membre de l’Institut des sciences sociales du politique (ISP, Université Paris-Ouest Nanterre). Elle est spécialiste de la sociologie des pratiques judiciaires et des causes humanitaires.

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