Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 17 octobre 2016

François Denord, Le néo-libéralisme à la française. Histoire d’une idéologie politique (Nouvelle édition revue et actualisée)

François Denord
Le néo-libéralisme à la française
Histoire d’une idéologie politique
Nouvelle édition revue et actualisée
Première parution, Démopolis (2007)
Agone
Eléments
2016

Présentation de l'éditeur
« Des années de Guerre froide à la période contemporaine, néolibéralismes social et conservateur coexistent en France. Parfois rivaux, leurs tenants ont un adversaire commun : le socialisme. Un néolibéralisme modéré s’épanouit d’abord chez des économistes et des hauts fonctionnaires. Parallèlement, un discours plus radical prend son essor dans l’univers patronal, où il s’agit de remettre en cause la place prise par l’État dans le développement économique national.
   Le premier de ces néolibéralismes s’impose sur la scène politique durant les années 1950 puis au sein même des bureaucraties d’État. La seconde forme bénéficie des crises pétrolières des années 1970 et des effets produits par l’arrivée au pouvoir d’une majorité socialiste en 1981. Le maintien des structures mises en place à la Libération a pu dissimuler les progrès du néo-libéralisme première manière, parfois qualifié de “gestionnaire”. Durant les années 1980, la vigueur du second a aiguillonné la droite parlementaire pour échafauder le programme de privatisations et de déréglementations qu’elle engage une fois revenue aux affaires. Il aura ainsi fallu près de cinquante ans pour que le modèle néo-libéral se métamorphose en solution politique. »
Ce livre propose la première histoire du néo-libéralisme à la française, une vision du monde qui s’est imposée en France dans les années 1980, moins par l’importation d’une idéologie made in USA & UK qu’issue de l’action d’économistes, patrons et hauts fonctionnaires français pris dans le bouillonnement intellectuel et politique de l’entre-deux-guerres en Europe. En s’appuyant sur des documents d’archives inédits et en revenant sur le rôle de personnalités comme d’institutions, ce livre retrace, des années 1930 aux années 2000, la longue marche de l’idéologie néolibérale. Paru pour la première fois en 2007, il est réédité avec une préface actualisant en particulier le rôle du social-libéralisme dans l’ajustement d’un modèle désormais européen.
Sociologue au CNRS, François Denord est membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CSE-EHESS). Ses travaux portent principalement sur l’articulation entre doctrines et politiques économiques. Il a notamment publié L’Europe sociale n’aura pas lieu (avec Antoine Schwartz, Raisons d’Agir, 2009).  

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