Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 30 décembre 2016

Abderrahmane Rachik, La société contre l’état. Mouvements sociaux et stratégie de la rue au Maroc

 
Abderrahmane Rachik
La société contre l’état
Mouvements sociaux et stratégie de la rue au Maroc
La Croisée des Chemins
Essais
2016
Présentation de l'éditeur
L’analyse des mouvements sociaux permet d’examiner le processus du changement social et la nature de la relation qui lie l’Etat au citoyen. Après l’explosion des différentes émeutes au Maroc (1981, 1984 et 1990), la conquête pacifique de l’espace public urbain devient subitement un enjeu politique de taille.
Depuis, la politique ne se déroule plus seulement dans les sphères conventionnelles. Elle se fait également dans la rue. Face à l’augmentation des mouvements sociaux protestataires, le pouvoir politique hésite, tolère, autorise, dialogue, mais interdit également avec violence des marches et des sit-in non autorisés.
En 2005, les actions collectives des différents mouvements sociaux dans l’espace public (sit-in, manifestation, marche, etc.) se sont traduites en 700 protestations, soit une moyenne de deux sit-in par jour. Ce chiffre passe de 5.000 actions en 2008 à 6.438 en 2009 pour atteindre 8.600 en 2010 et plus de 18.000 actuellement, soit 50 protestations collectives par jour. Sous le gouvernement mené par le PJD, le nombre de protestations a été multiplié par 26 par rapport à l’année 2005.
En cherchant l’intégration sociale et spatiale d’une population fragile, les politiques publiques engagées provoquent des effets pervers. Elles ont pour conséquence de nourrir l’espoir et multiplier les attentes sociales, et les revendications collectives.

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