Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 21 mars 2017

Bruno Amable et Stéfano Palombarini, L’illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français

Bruno Amable
Stéfano Palombarini
L’illusion du bloc bourgeois
Alliances sociales et avenir du modèle français
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2017

Présentations de l'éditeur
La crise politique française entre dans sa phase la plus aiguë depuis plus de trente ans, avec l’éclatement des blocs sociaux traditionnels, de gauche et de droite. L’éloignement des partis «de gouvernement» des classes populaires semble inexorable; il laisse sur la touche, d’un côté, artisans, commerçants et petits entrepreneurs déçus par la timidité des réformes de la droite libérale et, de l’autre, ouvriers et employés hostiles à une unification de l’Europe des marchés à laquelle le parti socialiste reste attaché.
La présidence Hollande est de ce point de vue moins une anomalie que l’échec définitif des tentatives de concilier la base sociale de la gauche et la «modernisation» du «modèle français». Ce projet se prolonge désormais par la tentative d’édifier un «bloc bourgeois» fondé sur la poursuite des «réformes structurelles», destinées à dépasser le clivage droite/gauche par une nouvelle alliance entre classes moyennes et supérieures.
L’émergence, en réaction, d’un pôle « souverainiste », coexiste avec les tentatives de reconstruire les alliances de droite et gauche dans un paysage politique fragmenté.
L’avenir du «modèle français » dépend de l’issue d’une crise politique qui n’est donc pas liée à des querelles d’appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant.
Elle est loin d’être terminée.

Bruno Amable et Stefano Palombarini sont économistes.
Ils ont publié L’Économie politique n’est pas une science morale aux éditions Raisons d’agir en 2005.  

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