Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 8 mars 2017

Éric Berr, L'intégrisme économique


Éric Berr
L'intégrisme économique
Les Liens qui Libèrent
2017

Présentation de l'éditeur
Le monde est gangréné par un intégrisme économique qui est l’instrument du pouvoir exercé par une minorité à son propre profit. Fonctionnant comme une religion, ou, pire, comme un intégrisme religieux, il vénère un dieu, le Marché, promeut un Ordre apostolique néolibéral, et refuse toute évolution. Il tente d’imposer une lecture rigoriste de ses évangiles économiques, regroupés en dix commandements. À cet effet, il peut compter sur une armée de disciples – théologiens élaborant les tables de la loi, évangélistes économiques et clergé politico-médiatique prêchant la parole intégriste – dont la mission est de convaincre les foules de la bonté du Marché et de combattre les hérétiques qui douteraient de la véracité de ce catéchisme économique.
Lutter contre l’intégrisme économique implique de dévoiler son mode opératoire, c’est-à-dire le mode d’exercice de son pouvoir, afin de déconstruire ses dogmes et de démasquer ses adorateurs, qu’il convient de déradicaliser afin de leur faire retrouver le chemin de la raison, celui du débat et de la recherche de compromis soutenables, donc de l’espoir.

Eric Berr est Maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux. Il est membre du collectif des Économistes atterrés.



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