"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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samedi 2 juin 2018

vidéos: Pierre Bourdieu, dans deux documentaires d'Ange Casta


Pierre Bourdieu, in L'image, 1966

"J'ai fait deux films avec Pierre Bourdieu, un tout de suite après les événements de Mai 68 sur cette grande pulsion qui avait agité la génération des 15-21 ans. Ce film s'appelait Les Chemins de la vie. J'en avais d'ailleurs réalisé une première partie avec Françoise Dolto. Et là encore, nous avons beaucoup parlé avec Pierre et nous avons fait un deuxième film, sur l'image, et Dieu sait que c'était un sujet qui intéressait Bourdieu." Ange Casta, in Table ronde: Un intellectuel dans les médias, in Pierre Bourdieu & les médias, rencontres Ina/Sorbonne, 15 mars 2003, L'Harmattan, 2004, P.101


 vidéos: Pierre Bourdieu, dans deux documentaires d'Ange Casta



vidéo: L'image
Avec Pierre Bourdieu, Françoise Giroud, Madeleine Chapsal
Antenne 2
Psychologie
1er janvier 1966

video: L'ADOLESCENCE II: Les Chemins de la vie, avec la participation de Pierre Bourdieu
Avec Pierre Bourdieu, Evelyne Kestemberg 
Office national de radiodiffusion télévision française
Psychologie

07/07/1969


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Voir également: 
Interventions de Pierre Bourdieu: avec le groupe de travail « Pour que vive la Télévision Publique » + témoignage d'Ange Casta à propos du groupe de travail

Pierre BOURDIEU audio-video




lundi 2 avril 2012

David Harvey, Paris, capitale de la modernité


David Harvey
Paris, capitale de la modernité
Traduction coordonnée par Matthieu Giroud
Préface de Matthieu Giroud
Les Prairies Ordinaires
2012

Présentation de l'éditeur
Comment, au milieu du XIXe  siècle, Paris a-t-elle pu devenir l’incarnation urbaine de la modernité ?
Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d’Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l’irruption de ce qu’on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l’émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu’une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l’occasion d’une réflexion magistrale sur la ville contemporaine – sur la part de la population dans l’urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le « droit à la ville ».
DAVID HARVEY enseigne dans le département d’anthropologie de la City University of New York. Chef de file de la « géographie radicale », il a révolutionné sa discipline en repensant les rapports entre l’économie et l’espace. Il a publié deux autres ouvrages aux Prairies ordinaires : Géographie de la domination et Le Nouvel Impérialisme.