"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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jeudi 8 mars 2018

Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard (dir.), La reconnaissance à l'oeuvre. Luttes de classement artistique, processus, ambivalence



La reconnaissance à l'oeuvre 
Luttes de classement artistique, processus, ambivalence
Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard (dir.),
P. U. de Limoges
Sociologie & Sciences sociales
2018

Présentation de l'éditeur
S’inscrivant dans l’analyse des continuités mais aussi des transformations contemporaines des mondes de l’art, cet ouvrage met l’accent sur les processus de longue durée et les changements historiques des règles du jeu de la reconnaissance. Il explore les modalités de construction de la valeur et la transformation des critères et des formes de classification des œuvres en fonction de différents cadres sociaux, historiques et politiques et pointe le rôle qu’y joue la scène internationale.
L’intérêt porté aux critères de classification de l’excellence artistique permet de souligner les luttes existant entre différents principes de reconnaissance, entre des principes autonomes et hétéronomes de classification des biens culturels.
Enfin, l’ouvrage invite à prêter attention à des œuvres et des genres dominés, ou dont l’identification comme art n’est pas « allée de soi » (bandes dessinées, affiches, cinéma, cirque, littérature best-seller, avant-garde plasticienne, musique populaire, etc.) et souligne l’ambivalence même des reconnaissances acquises. De la sorte, il souhaite rendre tangible le caractère profondément social des critères esthétiques et des modes de production des créations artistiques. 



Introduction - Processus de reconnaissance :  études de genres artistiques dominés (Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard)

Première partie : La légitimation ambivalente de genres artistiques dominés

- L’artiste plutôt que son art :  Ambivalence de la reconnaissance de la bande dessinée par l’exposition (Jean-Matthieu Méon)
- De la relégation à la consécration :  L’accès à la reconnaissance  du « nouveau cirque » (Marine Cordier)
- Le cinéma d’animation malgré lui : reconnaissance et renouvellement (Cécile Noesser)
- Une Biennale internationale de l’Affiche  à Varsovie (Katarzyna Matul)
- Du divertissement populaire à l’art :  La légitimation de Chaplin dans les années 1920 (Fabio Andreazza)

Deuxième partie : Luttes de classement dans la définition de l’excellence artistique

- Vendre sans se vendre.  La valorisation paradoxale d’un roman bestseller littéraire (Marie-Pierre Pouly)
- Concurrence, consensus et consécration dans la musique populaire (Vaughn Schmutz, Alex Van Venrooij)
- Premiers canons :  Comment l’avènement de l’histoire de l’art a structuré la compréhension de l’art moderne aux États-Unis (Laura Braden)
- L’arrivée de nouveaux artistes dans le champ culturel argentin au sortir de la dictature, (1984-1993) (Mariana Cerviño)
- Qui choisit qui ?  Le droit d’entrée pour les nouveaux pensionnaires de la Villa Médicis après la suppression du Grand Prix de Rome (Annie Verger)
Postface Reconnaissance de l’art /  Art de la reconnaissance (Yvon Lamy)




lundi 18 août 2014

Annie et Gabriel Verger, Dictionnaire biographique des pensionnaires de l'Académie de France à Rome (1666-1968)



Annie et Gabriel Verger
Dictionnaire biographique des pensionnaires de l'Académie de France à Rome
1666-1968
préface d'Eric de Chassey
3 volumes
Editions de l'Echelle de Jacob
2011

lire l'introduction

Présentation de l'éditeur
Ce dictionnaire est le fruit d'une recherche de quinze ans basée sur des dépouillements systématiques dans les archives de la Villa Médicis et de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts, les archives nationales, les Etats civils, etc. Cet outil permet désormais à l'utilisateur d'observer de manière détaillée la trajectoire de chaque pensionnaire qui, ayant obtenu le Prix de Rome, a pu entrer dans cette prestigieuse institution qui a traversé les divers régimes politiques en restant au service des artistes français venant se former à l'école des grands maîtres italiens.
Annie Verger est docteur en histoire de l’art et en sociologie

vendredi 26 octobre 2012

Christophe Charle et Jacques Verger, Histoire des universités - XIIe-XXIe siècle (Version augmentée)

Christophe Charle
Jacques Verger
Histoire des universités
XIIe-XXIe siècle
Version augmentée
Quadrige
Puf
2012

Présentation de l'éditeur
L’histoire des universités permet de mieux comprendre une partie de notre héritage intellectuel et du fonctionnement de nos sociétés, ainsi que la circulation des modèles culturels et des savoirs. Chaque époque a dû résoudre le dilemme renaissant entre préservation du savoir passé et intégration de l’innovation. Aux origines mêmes de l’institution, dès le Moyen Âge, c’est le défi de nouveaux savoirs en même temps que le souci de leur légitimation et de leur utilisation sociale qui ont donné naissance à l’université.
À l’époque moderne, elle a dû faire face aux ruptures religieuses, politiques et intellectuelles nés. À partir du XIXe siècle enfin, la multiplicité des modèles nationaux, locaux et internationaux attestent de manière persistante que le projet d’un enseignement supérieur distinct de la stricte transmission d’un savoir figé devait évoluer en rythme avec la société. La comparaison des temps et des lieux permettra au lecteur d’amorcer des réflexions sur le présent incertain des enseignements supérieurs grâce au recul critique fourni par le regard historique
Christophe Charle et Jacques Verger, respectivement professeur et professeur émérite dans deux universités issues de l’ancienne Sorbonne sont des spécialistes internationalement reconnus de l’histoire des universités et plus largement de la culture européenne, le premier à l’époque contemporaine, le second à l’époque médiévale. Ils ont publié chacun près d’une vingtaine de livres traduits en plusieurs langues.